Retour à l’envoyeur


Gymnastique neuronale

Mon premier est ma première
et ma seconde est aussi ma première
ma troisième est ma sixième
ma quatrième appartient à l’oiseau
ma cinquième, c’est elle
ma sixième est ma neuvième
ma septième est première dans l’Un
ma huitième est le commencement de l’erreur
ma neuvième est redondante dans Andromaque
ma dixième est égale à cinq
ma onzième se trouve à l’intérieur de l’œuf
ma douzième est égale à ma septième
ma treizième est égale à dix.

Mon Tout ? bah, c’est Tout ce que je vous souhaite…

Enki sigle


Lenore, the cute little dead girl – (2) The New Toy


C’est le temps des cadeaux pour ces chers petits…

Leonore – Hug me !.jpg

« A Dirge for her (them), the doubly dead.
   In that she died so young »

« Lenore » Edgar Allan Poe, 1831


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la fabrique de la rareté


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       La collection Pluriel des éditions Fayard qui propose des ouvrages en format de poche vient d’expérimenter une nouveauté dans le domaine de l’édition qui mérite d’être saluée.      
     Ayant commandé le livre « Les origines de la culture » de René Girard chez mon libraire favori, j’ai eu la surprise de constater à la réception qu’il devait se lire à l’envers ! Ainsi, lorsque vous ouvrez le livre à la première page, vous tombez effectivement sur le titre du livre, mais écrit à l’envers.      

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    Vous me direz que c’est inutile de faire des histoires pour si peu et qu’il me suffit simplement de faire pivoter le livre d’un tour complet pour lire le texte à l’endroit. Et vous aurez entièrement raison ! j’ai donc mis le texte à l’endroit et tourné la page pour lire l’introduction. Le texte de la page suivante est effectivement apparu à l’endroit mais  un nouveau problème s’est présenté car les pages se lisent maintenant de droite à gauche ce qui, vous l’avouerez, est tout de même singulier… Quant à l’épaisseur du livre restant à lire, elle se trouve à gauche alors que dans le cas normal elle se situe à droite…
      Comme si René Girard n’était déjà pas si difficile à lire !

     Vous me direz alors que c’est une erreur de l’imprimerie et qu’il suffit de demander à l’éditeur de l’échanger contre un nouvel exemplaire pour que le problème soit résolu, mais alors là, désolé, vous n’aurez pas raison… Il est absolument hors de question que j’échange une chimère contre un livre désespérément normal. Si votre chienne mettait bas un chiot à 2 têtes avec une queue de dragon, l’échangeriez-vous contre un chiot ordinaire ?  Bien sûr que non ! Vous seriez fier de vous promener en ville en sa compagnie et d’attirer ainsi tous les regards. Je vais ranger immédiatement ce livre dans mon cabinet de curiosité où il côtoiera, dans un rassemblement à la Prévert, des cristaux de roches dénichés dans le massif du Mont-Blanc au-dessus du glacier d’Argentière, une sphère métallique censée être une météorite trouvée au pied des falaises battues par la mer en Normandie, une rose des sables du Sahara, l’attestation encadrée de mon certificat d’études, une plume sergent-major datant de ma première année d’école primaire encore toute tachée d’encre violette, un coquillage des mers du sud que j’avais dérobé pour écouter la mer quand j’avais 8 ans dans le placard des sciences naturelles de l’école Carnot d’Aspergopolis (j’en ai encore la honte), un galet noir ovoïde de forme parfaite ramassé sur la grande plage de la baie d’Audierne en Bretagne que j’ai toujours supposé être un œuf fossilisé de dinosaure, un morceau de pierre arraché à une colonne du théâtre antique de Taormina en Sicile par ma maman qui pensait ainsi me faire plaisir (imaginez le désastre si toutes les mamans du monde arrachaient un morceau de monument historique pour faire plaisir à leur fils…), un pavé ramassé rue de la Contrescarpe en mai 68 à Paris qui sent encore les lacrymos (les gilets jaunes peuvent aller se rhabiller…), plusieurs pin’s à la gloire de l’Union Soviétique ramené d’un voyage à Moscou, mon duvet imbibé de la sueur de 10 années de courses en montagne roulé en boule compacte que je n’ai jamais osé ouvrir depuis plusieurs décennies, le vieux piton qui avait cédé lors d’une ascension en montagne et m’avait entraîné dans sa chute, une patte de poulet devenue toute ratatinée avec laquelle j’avais joué enfant (en tirant le tendon les serres se rétractaient…), une vieille moulinette métallique à fixer sur le plateau d’une table identique à celle avec laquelle le réalisateur iconoclaste Jean-Christophe Averty moulinait des bébés à la télévision dans les années soixante, un exemplaire unique d’oiseau mécanique enfermé dans une cage qui tourne sur lui-même après qu’on ait remonté le mécanisme payé très cher mais qu’un ami brocanteur m’a dit ensuite être fabriqué en Chine pour 3 sous à des millions d’exemplaires,  un putti en plâtre au joli sourire mais sans ses 4 membres trouvé lors d’un relevé dans le grenier d’un presbytère, deux très beaux Alebrijes, ces sculptures en bois d’animaux fantastiques, ramené de Oaxaca au Mexique,  etc, etc…      

     De plus, imaginez que ce livre-chimère soit unique, il vaudrait une fortune ! Des collectionneurs sont prêts à dépenser des sommes folles dans l’acquisition de spécimens uniques résultant d’une erreur d’impression ou de composition. Avec ce livre, ma retraite sera peut-être assurée…

connaissez-vous-les-chats-chimere-ces-felins-a-double-face.jpgBah quoi ? qu’est-ce que j’ai ?


Connaissez-vous le coprin chevelu ?


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     Le coprin chevelu (Coprinus comatus) est l’un des derniers champignons que l’on ramasse en fin d’automne. Il pousse dans les champs en lisière de forêt et dans les larges chemins forestiers car il a besoin de lumière. C’est un champignon excellent que j’aime à préparer en omelette. Certains le consomme cru en salade (à condition qu’il soit très frais).

     Ce champignon qui pousse très rapidement en groupe par temps humide a la particularité de se décomposer très rapidement. Il ne faut le cueillir que lorsque les chapeaux ne sont pas encore ouverts car très rapidement les lames rosissent puis tournent à un noir d’encre et finissent par se liquéfier Sur la photo ci-dessus présentée, on constate qu’alors même que les chapeaux n’ont pas commencé à s’ouvrir leur extrémité basse tourne au rose et au violet. Ayant répandu sur la pelouse de mon jardin, les chapeaux des champignons de ma récolte qui commençaient à rosir, j’ai eu la bonne surprise de voir apparaître à l’automne de l’année suivante des groupes épars de coprins chevelus. 

      Je suppose que ce champignons pousse aussi en Suède car le grand poète suédois Tomas Tranströmer parle de lui dans l’un de ses poèmes. Je ne résiste pas au plaisir de vous le soumettre même s’il est un peu lugubre…


Tomas Tranströmer (1931)

Esquisse en octobre

Le remorqueur a des tâches de rousseur. Que fait-il si
    loin dans les terres ?
C’est une lourde lampe éteinte dans le froid.
Mais les arbres ont des teintes impétueuses. Des signaux
    envoyés à l’autre rive !
Comme si certains d’entre eux voulaient qu’on vienne 
    les  prendre.

En rentrant chez moi, je vois que les coprins jaillissent
    du gazon.
Ce sont les doigts désemparés de celui
qui a longtemps sangloté seul dans l’obscurité du sol.
Nous sommes à la terre.

Tomas Tranströmer, Baltiques.


En ce moment même, qui vous dit que vous n’êtes pas en train de rêver ?


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Le rêve de Tchouang Tseu

       « Un jour le philosophe Tchouang Tseu s’endormit dans un jardin fleuri et rêva qu’il était un très beau papillon, voletant, pleinement heureux de son sort mais qui après avoir volé jusqu’à l’épuisement finit par s’endormir et se mit à rêver lui même qu’il était Tchouang Tseu. Mais après que le philosophe se soit réveillé dans le jardin fleuri après un long sommeil, il fut fortement décontenancé car il ne savait plus s’il était vraiment Tchouang Tseu qui venait de rêver qu’il était papillon ou s’il était en fait le papillon en train de rêver qu’il était Tchouang Tseu…
       Il continue à se poser la question… »

sum-sensei-papillon


Carrefour de la Solitude


« Il dit qu’il faut encore lutter
   alors que j’ai les reins cassés…»

Catherine Ribeiro, « Beauté insoumise ».

  Voici une voix chaude et vibrante, passionnée, sensuelle issue tout droit de mon Atlantide personnelle, ce continent perdu des années 1970-1980. Cette voix, c’est celle de la belle et touchante Catherine Ribeiro. Cette fille d’émigrés portugais a débuté une carrière d’actrice avec Jean-Luc Godard (film Des Carabiniers) avant de devenir, après sa rencontre avec le musicien Patrice Moullet, la chanteuse du groupe de pop Alpes et une égérie de l’après-mai 1968. Elle avait été surnommée à l’époque la « pasionara rouge » pour ses chansons qui parlaient des luttes d’un moment et d’un monde à venir et son engagement politique et ses exigences artistiques peu appréciés de l’industrie musicale et du show-business l’avaient écarté du devant de la scène. Cette interprétation de cette chanson magnifique et poignante sur l’amour et ses impasses qu’est « Au carrefour de ma solitude », l’une des mes préférées dans son répertoire, est un « live » d’un spectacle enregistré le 10 février 2007 à Palaiseau. Quel plus bel hommage qui peut lui être rendu que celui prononcé par le grand Léo Ferré : « La beauté insoumise de Catherine et sa colère chevillée à l’âme incommodent le show-business, il faudrait des dizaines de Ribeiro pour que la chanson recouvre la majesté des humbles. »


Au carrefour de ma solitude

Au carrefour de ma solitude
Et de mes illusions perdues
Quand vont se coucher les étoiles
Que s’apaisent nos ultimes craintes
L’idée de l’homme transparaît
Tumultueuse et dévorante

L’infinie douceur de sa voix
Trouble ma musique intérieure
Il parle des à-coups de la vie
En un murmure exacerbé
Il dit qu’il faut encore lutter
Alors que j’ai les reins cassés

Et puis soudain, dans la nuit noire
Après tant d’efforts déguisés
La femme louve se réveille
La faim lui dénoue les entrailles
Dévoilant son corps dispersé
À l’horizon soleil couché

Dans des draps d’aube tourmentée
Ses bras enserrent l’éternité
Il la turbule et la patiente
Elle n’est plus seule dans la chaleur
Peu à peu s’ouvre sur le jour
Un visage au regard nouveau

Il devient le centre du monde
Les quatre chemins de son âme
Sous le feu de l’incertitude
Leurs deux mains se sont détachées
Elle veut le fondre à son amour
Mais douc’ment, il s’est éloigné

Il y a des plaintes qui s’entravent
Elle n’attend plus rien ni personne
Et son chagrin en mouvement
Déjà se confond à l’abîme
Si près de lui dans la douceur
Si près de lui dans le néant.


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Et son emblématique « Âme Debout », sorti en 1971