Illustrateurs illustres : Norah « Nura » Woodson Ulreich (1888-1950), Etats-Unis.

Norah a étudiée au Kansas City’s Art Institute, à L’Art Students League à New-York et à Chicago où elle rencontrera son futur mari le peintre Eduard Buk Ulreich. C’est Eduard qui lui donnera le prénom de Nura. Lorsqu’ils effectueront des œuvres communes, ils signeront Bukannura. Etabli à New-York, à Manhattan, ils n’auront jamais d’enfants. Ce qui paraît surprenant pour une illustratrice spécialisée dans les dessins d’enfant, elle aurait déclaré ne pas vouloir d’enfant car sa grossesse aurait nui à son inspiration…

Nura Woodson Ulreich - Favorite Kitten, 1932

Nura Woodson Ulreich - Supper, 1950

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Quelques dessins du livre The Buttermilk Tree, 1934.

Nura Woodson Ulreich - The Buttermilk Tree, 1934

Nura Woodson Ulreich - The Buttermilk Tree, 1934

Nura Woodson Ulreich - The Buttermilk Tree, 1934

–––– Quelques dessins du livre The Silver Bridge, 1937 ––––––––––––––––––––––––––––––

Nura Woodson Ulreich - The Silver Bridge, 1937 Nura Woodson Ulreich - The Silver Bridge, 1937

Nura Woodson Ulreich - The Silver Bridge, 1937

Nura Woodson Ulreich - The Silver Bridge, 1937

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Home, sweet home… maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta – 1979

Mario BottaMario Botta

maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta, 1979

maison à Pregassona (Tessin), Mario Botta, 1979

maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta, 1979

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Comment les enfants occidentaux dessinent-ils une maison ? Le plus souvent avec un toit d’où dépasse une cheminée qui fume, même si ces enfants habitent un immeuble collectif dans une cité de banlieue… Ce constat amène à penser qu’il existe en Occident une image archétypale de la maison individuelle alimentée par la culture dominante et perpétuée par les médias.

Maisons typique de l'architecture "Zabour" au Yemen - photo PiardochPourtant les maisons ne possèdent pas toutes un toit. dans les régions semi-désertiques du Moyen-Orient et d’Amérique où le bois était rare, les constructions étaient généralement de formes parallélépipédiques avec un toit plat.
Maisons d’architecture « Zabour » au Yemen – photo Piardoch

Mario Botta a osé, osé sortir du moule pré-formaté des habitudes, des préjugés, des règlements publics d’architecture qui, par facilité ou frilosité, freinent l’imagination et la recherche architecturale. Peut-être cette indépendance d’esprit provient-elle de sa formation première en dehors du circuit universitaire officiel. En 1958, à l’âge de quinze ans, il quitte l’école pour devenir apprenti dessinateur en bâtiment chez deux architectes de son Tessin natal : Luigi Camenish et Tita Carloni qui exercent à Lugano. Il y fait preuve d’un certain talent puisque un an plus tard, il concevra sa première maison d’habitation et découvre sa vocation : l’architecture. Il reprend alors ses études interrompues en s’inscrivant en 1961 au « Liceo Artistico » de Milan, puis à « l’Istituto Universitario di Archittettura » de Venise. Durant ses études, il continuera à travailler dans des agences d’architecture, notamment celle de Le Corbusier en 1965. Il ouvrira sa propre agence à Lugano, en 1970, à l’âge de 27 ans.

 

maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta, 1979

maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta, 1979

maison à Pregassona (Tessin), architecte Mario Botta, 1979

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Poésie et peinture : Tranströmer et Vermeer

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Tomas Tranströmer

Les rivets dorés sont entrés au vol, à une vitesse inouie,
Pour s’arrêter net,
Comme s’ils avaient toujours été au repos.

Les oreilles bourdonnent à force de profondeur ou d’altitude.
C’est la pression venue de l’autre côté du mur
qui amène les réalités à se dissoudre
et affermit le pinceau.

Passer les murs est une chose douloureuse, on en tombe malade
Mais c’est indispensable.
Le monde est un. Quant aux murs….
Et les murs sont une part de toi –
on le sait ou on l’ignore,
mais c’est ainsi pour tout le monde,
sauf les petits enfants.
Pour eux, pas de murs.

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   C’est ce poème qui décrit un tableau de Vermeer qui m’a fait découvrir Tomas Tranströmer. Qui, autre qu’un poète, peut parler le mieux du tableau d’un peintre ? Sans doute parce que la poésie en tant qu’art relève de la même dimension que la peinture, qu’elle utilise le même langage magique et mystérieux pour représenter le monde et parler directement à nos sens sans passer par la raison.

     C’est en lisant le poème de Tranströmer que l’envoutement du tableau de Vermeer s’est en partie dévoilé, qu’une part de l’alchimie secrète mis en œuvre par le peintre s’est révélée. Comme je les voyais clairement ces rivets dorés jaillir vers mon visage à pleine vitesse et brusquement se figer dans l’immobilité du tableau et rester là, immobiles, mais toujours pleins de force réprimée et contenue, rongeant leur frein, et prêts à tout moment à reprendre leur course folle…

Femme lisant une lettre - Johannes Vermeer - 1662-1663

Femme lisant une lettre – Johannes Vermeer  – 1662-1663

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Capture d’écran 2013-01-29 à 02.30.21

Liseuse à la fenêtre - Vermeer -

L’autre liseuse à la fenêtre – Vermeer

Passer les murs est une chose douloureuse, on en tombe malade
Mais c’est indispensable.
Le monde est un. Quant aux murs….
Et les murs sont une part de toi –

Vermeer - rue de Delft - vers 1657

Vermeer – rue de Delft – vers 1657

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Poésie du septentrion : Tomas Tranströmer (I)

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nord = septentrion
du latin Septentrio de septem (« sept ») et trio (« bœuf de labour »).
Les romains déterminaient le nord grâce à la position d’une constellation d’étoiles dans laquelle ils percevaient sept bœufs tirant une charrue.

Yggdrasil

––– Mythologie nordique ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Plus qu’en tout autre haut lieu, c’est au pied de l’if sacré Ygdrasil, l’arbre de vie, qu’Odhinn s’en va quérir le Grand Secret.  Le voici arrêté devant la fontaine de Mimir, qui se trouve sous la racine s’étendant vers Jotunheim, le monde des géants.  Celui qui boit son breuvage acquiert la sagesse absolue.  Même le plus grand des dieux peut avoir soif de cette onde à l’extraordinaire pouvoir.
Le bord de son grand chapeau sombre rabattu sur le visage, enveloppé dans sa longue houppelande, Odhinn, déguisé en simple voyageur, demande à boire l’eau de la fon­taine de Mimir.
La fontaine sacrée se trouve sous la garde d’une Vala, une prophétesse, qui reconnaît tout de suite Odhinn-Alfadir, le Père-de-Tout.

–      Que voudrais-tu me demander, Odhinn ? Je sais tout
–      Puis-je boire une gorgée de cette eau ?
–      Oui, si tu sais m’en payer le prix.

Que peut coûter la sagesse ? Elle ne se paye ni en or ni en sang.  Le Grand Voyageur comprend qu’il n’est pas trop pour l’acquérir que de faire le don d’un de ses yeux.  C’est en acceptant de devenir borgne qu’il parviendra à être un véritable voyant.  Le regard lucide sur le monde et la vie s’achète a ce prix.  Dorénavant, sa prunelle unique n’en aura que plus d’acuité – et aussi plus de tristesse son orbite vide.
Car Odin voit le destin dans toute sa tragédie.  Il sait que nul ne peut y échapper, qu’il soit géant ou nain, homme ou dieu.  Tout est décidé et pourtant il faut faire face et se battre jusqu’au bout.  L’honneur est d’affronter le sort funeste et la lutte finale dont nul ne sort vainqueur.
Désormais, après avoir offert un de ses yeux à la fontaine de Mimir, Odhinn sera borgne.  Mais par cette mutilation volontaire, il aura acquis la connaissance absolue.
L’oeil que le dieu Odhinn laisse en gage dans la fontaine de Mimir n’est autre que le soleil.  Chaque soir, il s’enfonce dans l’onde de la source, comme l’astre du jour dans les flots de l’océan.  Il y voit alors les secrets de l’abîme.
Et chaque matin, la Vala boit l’hydromel brun de l’aurore, dont la couleur évoque l’ambre sacré des côtes nordiques et dont le pouvoir lui donne le don de prophétie.
Auprès de la fontaine sacrée, sous l’une des trois racines de l’if sacré Yggdrasil, se trouve la tête momifiée du dieu ase de l’intelligence Mimir, qui fut naguère assassiné par les Vanes, lors de la grande guerre entre les deux races divines.  Odin vient souvent converser avec cette tête enchantée, dont la bouche profère toujours des conseils judicieux.
Ce qu’enseigne la sagesse de Mimir, c’est que la vie ne vaut que par la mémoire du passé et l’espérance du futur.  Tout s’enchaîne, les saisons et les joies, les légendes et les peines.  Et les héros d’autrefois, qui ont rejoint Odin en sa demeure du Valhalla, annoncent les héros de demain.
Mimir se souvient.  Et se souvenir c’est créer. Du fond de la fontaine, l’oeil d’Odin regarde le monde, renouvelé à chaque aurore par ce soleil surgi de l’eau sacrée, cet oeil-soleil qui ne quittera plus le monde jusqu’au crépus­cule.  Il ne disparaît au cours de la nuit, comme au long de l’hiver, que pour mieux renaître à chaque aube et à chaque printemps.

Tomas Tranströmer

–––– Tomas Tranströmer –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

  »  La nuit à trois heures de l’après-midi en hiver : ça n’est pas vraiment adapté aux exigences du corps et de l’esprit humains. La solitude, dans le noir et le silence d’une nuit de 18 heures… c’est ça aussi la Suède ! Des chandeliers sont allumés à toutes les fenêtres. C’est un don de clarté fait aux voisins et aux passants pour lutter contre l’angoisse, contre cette inhospitalité fondamentale de la nature quand tout devient noir. Dans ce contexte, la solidarité est indispensable à la survie, mentale tout autant que physique. Mais elle justifie le contrôle des uns sur les autres et suscite d’autres angoisses, crée d’autres difficultés pour survivre en faisant respecter sa singularité. Dans ce pays extrêmement développé, chacun garde une maison à la campagne, une simple cahute parfois, pour passer les longues journées d’été au plus près des forêts, des lacs, de la mer. Eprouver « cette sensation d’être « là et nulle part ailleurs » qu’il [faut] conserver, comme lorsqu’on porte un vase rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser. »

Tomas Tranströmer, Baltiques I, trad. du suédois par Jacques Outin, Poésie/Gallimard, No 397, 2004

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Voyez cet arbre gris. Le ciel a pénétré
par ses fibres jusque dans le sol –
il ne reste qu’un nuage ridé quand
la terre a fini de boire. L’espace dérobé
se tord dans les tresses des racines, s’entortille
en verdure. – De courts instants
de liberté viennent éclore dans nos corps, tourbillonnent
dans le sang des Parques et plus loin encore.

Tomas Tranströmer, Baltique, éditions poésie / Gallimard, page 3

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A deux heures du matin : clair de lune. Le train s’est arrêté
au milieu de la plaine. Au loin, les points de lumière d’une ville
qui scintillent froidement aux confins du regard.

C’est comme quand un homme va si loin dans le rêve
qu’il n’arrive à se souvenir qu’il y a demeuré
lorsqu’il retourne dans sa chambre.

Et comme quand quelqu’un va si loin dans la maladie
que l’essence des jours se mue en étincelles, essaim
insignifiant et froid aux confins du regard.

Le train est parfaitement immobile.
Deux heures : un clair de lune intense. Et de rares étoiles.


Tomas Tranströmer, Baltique, éditions poésie / Gallimard, 2004, p. 65

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Sur une saillie rocheuse                                              På en klippavsats
on voit la fissure du mur des trolls.                            syns sprickan i trollväggen.
Le rêve, un iceberg.                                                    Drömmen ett isberg.

Les pensées sont à l’arrêt                                           Tankar står stilla
comme les carreaux de faïence                                  som mosaikplattorna
de la cour du palais.                                                    i palatsgården.

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Les géants affaiblis sont si enchevêtrés
que rien ne parvient à tomber.
Le bouleau brisé pourrit là,
au garde-à-vous, comme un dogme.

Je remonte du fond de la forêt.
La lumière renaît entre les troncs
La pluie s’abat sur mes toitures.
Je suis la gouttière des impressions.

L’air s’adoucit à l’orée du bois –
De grands sapins, détournés et obscurs,
dont le muffle s’est enfoui dans l’humus de la terre,
lapent l’ombre de la pluie.

Dans la forêt, p.87.

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Madrigal

J’ai hérité d’une sombre forêt où je me rend rarement. Mais un jour, les morts et les vivants changeront de place. Alors la forêt se mettra en marche. Nous ne sommes pas sans espoirs. Les plus grands crimes restent inexpliqués, malgré l’action de toutes les polices. Il y a également, quelque part dans notre vie, un immense amour qui reste inexpliqué. J’ai hérité d’une sombre forêt, mais je vais aujourd’hui dans une autre forêt tout baignée de lumière. Tout ce qui vit, chante, remue, rampe et frétille ! C’est le printemps et l’air est énivrant. Je suis diplomé de l’université de l’oubli et j’ai les mains aussi vides qu’une chemise sur une corde à linge.

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Là-bas sur le terrain vague, non loin des immeubles,
il y a depuis des mois déjà un journal oublié, truffé d’évènements.
Il vieillit durant les nuits et les jours de soleil et de pluie
en passe de se muer en plante, en chou pommé, de s’unir à la terre.
Comme un souvenir qui peu à peu en nous se transforme.

A propos de l’histoire V, p.128.

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Ingmar Bergman - le septième sceau

Il arrive au milieu de la vie
que la mort vienne prendre nos mesures.
Cette visite s’oublie et la vie continue.
Mais le costume se coud à notre insu.

      Sombres cartes postales II, p.256

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Bibliographie & documentation

Le critique d’art et écrivain Renaud Ego a dans le volume poésie / Gallimard a écrit en post-face une brillante étude intitulée « Le parti pris des situations de Tomas Tranströmer » :

« En 1926, Werner Heisenberg a défini sous le titre de « Principe d’incertitude » un théorème majeur de la physique quantique : en substance, il expliquait qu’on ne peut connaître simultanément la position et la trajectoire d’une particule ; en effet, pour mesurer la position d’une particule, il faut l’éclairer, et ce faisant, l’énergie même infime dégagée par les photons lumineux modifie sa trajectoire. La portée de ce théorème est immense, car il démontre que l’observation crée la réalité. […] Ce « flou quantique » – que l’on nommerait mieux, appliqué à la réalité macroscopique, « incertitude mentale » -, Tomas Tranströmer en a l’intuition lorsqu’il se décrit lui-même en 1989, soit à cinquante-huit ans, comme « Un espace de temps / de quelques minutes de long / de cinquante-huit ans de large ». […] Mais il tire aussi les conséquences de cette incertitude : si le réel surgit seulement dans le miroir d’une subjectivité qui se métamorphose elle-même, alors le monde objectif cesse. Seules demeurent possibles des situations transitoires, celles où la rencontre instantanée de l’être avec le monde redéfinit toujours les conditions de leur dialogue. »
Il se produit ainsi sans cesse une « métamorphose dont le poème est la forme », chaque poème exprimant des circonstances précises, forcément instables, dans lesquelles, à un moment donné, une rencontre entre l’homme et son environnement a lieu.

Tranströmer, langage au-delà du langage , article de Laurent Margantin sur Remue.net
.  La note de lecture d’Hervé Martin sur Incertain Regard à propos de Baltiques
.  A propos des oeuvres complètes sur le matricule des anges, note de lecture de Marc Blanchet
.  La fiche du poète sur le printemps des poètes
.  Une note de lecture dans Poezibao
Tomas Tranströmer – « Les souvenirs m’observent  « Le blog de la Quinzaine Littéraire, article de Marie Etienne.

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Pour ceux qui veulent lire d’autres poèmes de Tomas Tranströmer sur ce blog, c’est ICI.

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Regards croisés : animaux énigmatiques

une inquiétante observation, Gracie au lac d'Annecy, novembre 2012

une inquiétante observation … Gracie au lac d’Annecy, novembre 2012

1994 - Alex Colville - Prêtre et chien

1994 – Alex Colville – Prêtre et Chien

1999 - Alex Colville - Dog in Car

1999 – Alex Colville – Dog in Car

Photo extrait du film Roma de Roberto Fellini (1972)

Photos extraites du film Roma de Federico Fellini (1972)

Photo extrait du film Roma de Fellini (1972)

Photo extrait du film Roma de Fellini (1972)

1954 - Alex Colville - Horse and Train

1954 – Alex Colville – Horse and Train

En découvrant le tableau « Dog in car » de Colville, m’est venue immédiatement à l’esprit l’épisode des deux chiens, l’un prolétaire, l’autre nanti, de la fameuse scène du trafic routier sous la pluie sur l’autoroute du film Roma de Fellini. Je ne résiste pas au désir de vous montrer la scène complète que je considère pour ma part comme une des plus belles scènes de l’histoire du cinéma. En quelques minutes, Fellini présente en accéléré l’histoire de l’Italie avec ses problèmes, ses espoirs, ses dangers… les spots du cheval perdu dans la nuée des voitures qui me ramène à Colville avec son tableau « Cheval contre train », des chars menaçants sous la pluie qui ramènent aux années de plomb, des bâches volantes dans le vent qui font penser aux voiles noires de la mort, de l’accident, de la manifestation, des automobilistes enfermés dans leur bulles indifférents à ce qui les entoure, et le blocage final du trafic qui vient mourir ironiquement au pied du Colisée antique…  Sublime, Maestro !

il traffico di Roma visto da Federico Fellini (YouTube)

–––– Alex Colville : l’art de l’énigme  ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Prenez un peu de Wyeth, rajouter un peu de Grant Wood plus quelques pincées de Balthus, de Chirico et de Hooper. Mélanger le tout, faite reposer : vous obtenez du Colville. Colville est né en 1920 à Toronto mais passera une partie de sa jeunesse en Nouvelle-Ecosse et dans le Nouveau-Brunswick où il obtiendra en 1942 un baccalauréat en art.

Alex Coville en 1945Il s’engage dans l’armée canadienne dans le programme d’artiste de guerre. Il sera présent au débarquement de Juno Beach en Normandie et lors de la délivrance du camp de Bergen-Belsen. A la fin de la guerre, il retourne au Nouveau-Brunswick où il enseignera à l’Université jusqu’en 1963. Il pourra alors se consacrer exclusivement à sa passion de la peinture. En 1973, il retourne vivre en Nouvelle-Ecosse. Après avoir commencé sa carrière en peignant des scènes de guerre, Colville entame en 1950 une évolution de son style et de la manière de représenter ses thèmes artistiques. Il affectionne toujours de traiter les thèmes tirés de son environnement immédiat : famille, animaux de compagnie, paysages familiers, mais en imprimant à ses tableaux un caractère étrange, énigmatique, parfois dérangeant et menaçant. Sa technique de peinture n’a pas cessé d’évoluer depuis ses débuts : de la peinture à l’huile de ses débuts, il est passé à la détrempe, aux résines synthétiques puis aux polymères à l’acrylique. Ses tableaux sont construits de manière laborieuse à partir de modèles géométriques très étudiés et sa production est faible (3 ou 4 œuvres par an).

Nous présentons quelques unes de ses toiles mettant en scène des animaux dans des situations étranges ou énigmatiques.

1999 - Alex Colville -Study for  "Dog in Car"1999 – Alex Colville -Study for « Dog in car »

1991 - Alex Colville - Dog and Groom

1991 – Alex Colville – Dog and Groom

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1952 – Alex Colville – Child and dog

1958 - Alex Colville - Hound in Field

1958 – Alex Colville – Hound in Field

colville13

1976 – Alex Colville – Dog and Bridge

1979 – Alex Colville – Swimming dog and Canoë

gracie faisant trempette dans le lac d'Annecy - novembre 2012

Gracie faisant trempette dans le lac d’Annecy – novembre 2012

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le picturialisme en photographie : images d’un monde évanoui (années 1904 et 1905)

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L'Epreuve photographique

    Entre 1904-1905, l’une des plus luxueuses publications de photographies par plaques en France et en Europe était L’Épreuve Photographique. Publié à Paris, il ne se satisfaisait pas d’être identifié comme un simple journal photographique et se présentait comme un « portefeuille périodique de grand luxe ». Durant deux années, de nombreuses photographies primées dans les cercles pictorialistes français et européens ont été sélectionnées et présentées en format  surdimensionné (44 x 32 cm), imprimées à la main à la plaque de cuivre (taille-douce ) et héliogravures par l’atelier parisien de Charles Wittmann.

   Between 1904-1905, one of the most luxurious subscription photographic plate publications in France or Europe was L’Épreuve Photographique. (The Photographic Print) Published in Paris, and not satisfied with identifying itself as a mere photographic journal, it billed itself as a “monthly portfolio of luxury” instead. (Portfolio périodique de grand luxe)  Over the course of two years, prize-winning salon photographs from French and European pictorialist circles were selected for inclusion in this oversized publication (44 x 32 cm) as hand-pulled, copper plate (taille-douce) screen photogravures (héliogravures) from the Paris atelier of Charles Wittmann.

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Émile Dacier (1876-1052) était bibliothécaire et historien de l’art français. Il a été secrétaire de rédaction du Bulletin de l’art ancien et moderne (1899-1914) et de la Revue de l’art ancien et moderne (1919-1927) dans laquelle il a publié un grand nombre de chroniques, notes et articles relevant aussi bien de l’art ancien que contemporain, notamment sur la gravure et la photographie. Le texte qui suit est un extrait d’une préface d’un ouvrage consacré à la photographie.

    « Où es-tu, pauvre petit carré de carton d’autrefois? Tu as perdu cette «finesse» dont tu te montrais si vain, mais tu as gagné cette qualité essentielle de ne pas tout dire et de laisser le spectateur donner libre essor à son imagination.
Où est la gamme invariable de tes tonalités brunes? — Une palette polychrome l’a remplacée : les photographies d’aujourd’hui ne sont plus uniquement des sépias, mais des pastels, des eaux-fortes, des fusains, des sanguines…
Où est ta désolante et monotone impersonnalité ? — Les photographes d’aujourd’hui ont tous leur manière caractérisée : ils sont symbolistes, impressionnistes, luministes, intimistes, photographes de moeurs ou de paysage, de genre ou de portrait…
Où est enfin ta précision sèche, qui n’était pas même de la fidélité parfaite? — Tu méconnaissais l’harmonieux accord des valeurs, et ce sont justement les valeurs qu’on arrive à te faire exprimer…
Voilà ce que tu es devenu, pauvre petit carré de carton d’autrefois!

   Lentement, patiemment, avec une inlassable ténacité, avec un désintéressement des plus louables, des amateurs ont travaillé à dégager l’art photographique des routines machinales, comme un précieux minerai de sa gangue. Ce que cette consécration, aujourd’hui définitivement admise, leur a coûté d’efforts, nul ne le saura jamais; et qu’importe, après tout, les centaines d’épreuves gâchées, s’il en reste une seule pour témoigner, chez son auteur, d’un idéal de beauté enfin réalisé?
S’il en reste une seule?… Il en reste plus d’une, heureusement; et je n’en veux pour preuve que les images dont se compose cette publication.

    Aimez-vous les paysages véridiques et pourtant poétisés? Voici la brume verte des premières feuillées, voici la splendeur des soleils qui dorent les champs; voici la rousse toison des forêts automnales, et la neige, et la glace, parures gemmées de l’hiver; voici les plaines, les monts, les mers, le ruban gris des routes, le ruban moiré des fleuves; voici le mystère des nocturnes et l’étrangeté des contre-jour…
Préférez-vous la chaste nudité des belles formes que caresse la lumière, ou l’innombrable diversité du visage humain? Voici des gestes jolis, des attitudes heureuses, des chevelures qui tombent en nappes ou se replient en coques; voici des yeux qui luisent, des lèvres qui s’entr’ouvrent pour un sourire, qui se pincent pour une moue, qui se tendent pour un baiser…
Est-ce enfin la vie, le mouvement, l’impression brève et fugitive qu’il vous plaît d’évoquer? Voici les souvenirs des contrées lointaines; voici les drames et les comédies de la rue dont le hasard est le grand metteur en scène; voici la poussée des foules, la galopade des escadrons, le choc des flots sur les brisants; voici…

Voici des images ! »

Émile DACIER.

 

Paysage, 1904 - photographe Edouard Adelot

Paysage, 1904 – photographe Edouard Adelot

Retour du troupeau, 1905-Augustin Boutique

Retour du troupeau, 1905-Augustin Boutique

Bergère, 1905 - photographe Alex Keighley

Bergère, 1905 – photographe Alex Keighley

Auprès du Moulin, 1905 - Léonard Misonne

Auprès du Moulin, 1905 – Léonard Misonne

La peur du photographe, 1905 - A. Nourrit

La peur du photographe, 1905 – A. Nourrit

Sale Temps, 1904 - photographe Charles Misonne

Sale Temps, 1904 – photographe Charles Misonne

Retour du Travail, 1904 - photographe Antonin Personnaz

Retour du Travail, 1904 – photographe Antonin Personnaz

la Meule, 1905 - photographe Antonin Personnaz

la Meule, 1905 – photographe Antonin Personnaz

Bords du Loir, 1905 - photographe Albert Yvon

Bords du Loir, 1905 – photographe Albert Yvon

Brumes du Nord, 1905 - photographe Albert Malle

Brumes du Nord, 1905 – photographe Albert Malle

Crépuscule d'Automne, 1905 - Gustave Marissiaux

Crépuscule d’Automne, 1905 – Gustave Marissiaux

Lavandières à Cambo, 1904 - photographe Louis Labat

Lavandières à Cambo, 1904 – photographe Louis Labat

L'Abandonné, 1904 - photographe Charles Job

L’Abandonné, 1904 – photographe Charles Job

Bord de Loire, 1904 - photographe Albert Malle

Bord de Loire, 1904 – photographe Albert Malle

Au Bord du Lac, 1905 - photographe Dr Edward Arning

Au Bord du Lac, 1905 – photographe Dr Edward Arning

Nuit Tranquille, 1905 - photographe inconnu

Nuit Tranquille, 1905 – photographe inconnu

Marine, 1904 - photographe Albert Gilibert

Marine, 1904 – photographe Albert Gilibert

les Pêcheuses, 1904 - photographe Pierre Dubreuil

les Pêcheuses, 1904 – photographe Pierre Dubreuil

Sur la Grève, 1905 - photographe Charles Job

Sur la Grève, 1905 – photographe Charles Job

Derniers Rayons, 1905 - photographe Albert Gilibert

Derniers Rayons, 1905 – photographe Albert Gilibert

Marine, 1905 - photographe inconnu

Marine, 1905 – photographe inconnu

Dans la montagne, 1905 - photographe Frederick Boissonnas

Dans la montagne, 1905 – photographe Frederick Boissonnas

Avant le salut , 1904 - photographe Léon Bovier

Avant le salut , 1904 – photographe Léon Bovier

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design industriel : la LNER steam locomotive ‘Mallard’ 4-6-2 A4 Pacific class, No 4468 – Grande-Bretagne (1938)

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nmsi - www.nmsi.ac.uk

Maker:  Gresley, Sir Nigel; London & North Eastern Railway
Place Made:  Doncaster railway works, Doncaster, Doncaster, South Yorkshire, England, United Kingdom
Date Made:  1938
Measurements:  driving wheel diameter: 2032 mm; length over buffers: 21650 mm; weight: 104603kg; width: 2743 mm

Description:  Steam locomotive and tender, No 4468 ‘Mallard’, Class A4 Pacific, 4-6-2, designed by Nigel Gresley for LNER, built at Doncaster in 1938; length over buffers: 71′ 3/8″; width: 9′; weight: 102 tons; 19 cwt; (total weight 165 tonnes 7 cwt); area 50.3m square. Driving wheel diameter 6 feet, 8 inches.

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Capture d’écran 2013-01-25 à 06.56.41

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