Arbres remarquables : les chênes vénérables d’Arpitanie

–––– le chêne des Bosses à Chatillon, Canton du Jura (Suisse) –––––––––––––––––––––––––––––––––

le chêne des Bosses, Châtillon (Suisse)le chêne des Bosses, Châtillon (Suisse)

chêne des Bosses de Chatillon, Jura suisse

Article de Serge Jubin paru le 6 juillet 2005 dans le journal suisse LE TEMPS.

    Il figure au livre des records comme chêne pédonculé le plus vieux d’Europe. A Châtillon, on le dit millénaire. Un dendrochronologue ne lui donne pourtant «que» 400 ans. Polémique
     De loin, il apparaît râblé et désordonné, enfoncé dans une cuvette naturelle au milieu du pâturage de la Metteneux qui l’a préservé des tempêtes et du gel. Son tronc cossu est si tourmenté, fait de renflements et d’excroissances, qu’il a donné son nom à l’arbre, le chêne des Bosses. Pourtant, plus on s’en approche, plus le sentiment de majesté croît. Une fois sous la frondaison qui couvre plus de 500 m2, au pied d’un tronc à la circonférence irrégulière de 8 m 70 qui nécessite huit hommes bras tendus pour en faire le tour, le grand chêne de Châtillon n’inspire que respect. Les habitants du lieu, qui le disent millénaire, célébreront ses 1000 ans en 2007 à travers un spectacle commandé au metteur en scène Gérard Demierre.
   «Je ne voudrais pas vexer l’amour-propre des gens de Châtillon, explique le dendrochronologue neuchâtelois Patrick Gassmann. Mais le scientifique que je suis démontre que le chêne des Bosses, Quercus robur, a environ 400 ans, à plus ou moins vingt ans. Ce qui n’enlève rien à son caractère exceptionnel.» La bourgeoisie de Châtillon, propriétaire du grand chêne, lui a interdit tout carottage. «Ca ne sert à rien, puisque l’arbre est creux au centre», affirme Serge Comte, ancien maire du village, employé au service forestier cantonal durant quarante ans.

chêne des Bosses à Chatillon, Jura suisse

     Patrick Gassmann formule son verdict en s’inspirant d’arbres de même espèce, même taille et même port, «pour lesquels nous possédons une tranche entière de la moelle à l’écorce; le chêne de Gampelen, entre les lacs de Neuchâtel et Bienne, abattu dernièrement, remplit ces critères». Avec son diamètre de 79,5 centimètres, il a atteint l’âge de 208 ans. Par simple transposition, Patrick Gassmann a la possibilité de dater le chêne de Châtillon. «A ma connaissance, ajoute-t-il, il n’en existe qu’un plus âgé et étudié dendrochronologiquement, un chêne polonais vieux de 520 ans.»
    Indignation à Châtillon: «La Société suisse de dendrochronologie que j’ai reçue sous le chêne des Bosses n’a pas parue choquée lorsque j’ai affirmé que l’arbre avait 1000 ans. Elle publiera même mon exposé», s’insurge Serge Comte, qui cite encore divers éminents professeurs venus sur place et qui n’ont pas contesté l’âge millénaire du chêne.
    Pour Patrick Gassmann, la vérité mérite d’être dite, «ne serait-ce qu’en respect d’autres arbres jurassiens plus âgés, comme l’érable sycomore du Chaumont, à l’ouest de l’étang de la Gruère, vieux de 460 ans, et des ifs de la région de Crémines, qui ont potentiellement entre 1000 et 2000 ans.»
   Reste que le chêne des Bosses figure dans le livre des records comme le chêne pédonculé le plus grand et le plus vieux d’Europe, ayant survécu aux attaques de la foudre et à l’incendie de 1960, provoqué par l’imprudence d’un homme qui voulait détruire un nid de frelons.
    Vénéré par les habitants du village, le grand chêne a produit quantité de glands pour nourrir les cochons. Mais il est également source d’ésotérisme: lors de sa nuit de noce, pour s’assurer une relation solide et fertile, tout homme mariant une fille du village devait à son tour planter un chêne.

chêne des Bosses de Chatillon, Jura suisse

Le chêne des Bosses en automne, en été et hiver sous la neige

chêne des Bosses sous la neige

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–––– Les trois chênes de Rigney, Doubs –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Les Trois chênes (quercus petraea) de Rigney dans le département du DoubsDans le département du Doubs, dans la commune de Rigney, à la frontière de la diffusion du franco-provençal, subsistent trois chênes magnifique du type quercus petraea qui auraient été plantés il y a environ 300 ans sur l’ancien champs de foire sous le règne de Louis XIX.

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