Home, sweet home : Tradition & modernité, Walter Gropius House à Lincoln MA (USA), 1938

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Walter Gropius (1883-1989)

Walter Gropius (1883-1989)
« Construire, c’est organiser des processus vitaux »

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Gropius House à Lincoln - vue de la façade nord

Gropius House à Lincoln – vue de la façade nord

Gropius House à Lincoln - vue de la façade ouest

Gropius House à Lincoln – vue de la façade ouest

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–––– Genèse de la maison de Lincoln dans le Massachusetts, 1938 ––––––––––––––––––––––––––––––––
Extrait du livre « Architectes et commanditaires : cas particuliers du XVIe au XXe siècle » publié par Tarek Berrada (Editions L’Harmattan)

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    Après la chute de Weimar, et surtout dans les années précédant l‘engagement des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique de Franklin Delano Roosevelt se présentait comme le laboratoire social le plus progressiste de l’Occident.
     Contre toute attente, les trois anciens du Bauhaus rencontrèrent un pays à l’esprit largement ouvert aux rapports neufs et expérimentaux entre l’architecte, l’industrie et le public, dont le fer de lance était la création en 1937 – l’année de l’arrivée de Gropius – de la Federal Housing Agency. Arrivant aux Etats-Unis, soutenu par une bourse d’étude de la Fondation Carnegie, Breuer était invité à Harvard pour seconder l’enseignement proposé par Gropius et pour organiser « la salle des échantillons », c’est-à-dire une exposition sans cesse renouvelée de produits et matériaux industriels destinée à la formation des étudiants et à l’établissement des liens entre les architectes et les manufactures.

     Malgré de nombreux échanges entre les deux architectes et les entreprises américaines pendant leurs premières années au Nouveau Monde, Gropius et Breuer comptèrent essentiellement sur une clientèle particulière pour démontrer leurs idées. Comme ils l’avaient déjà fait en Allemagne, ils projetèrent le domicile de l’architecte comme modèle et propagande pour gagner les esprits et convertir les conservateurs à leur nouvelle conception. Ils se donnèrent ainsi comme priorité de trouver une façon de se construire, chacun, une maison. Au lieu d’habiter un appartement en ville, comme ils l’avaient fait à Berlin et à Londres, ils reprirent l’idée de partager leur temps entre un bureau en centre-ville et un domicile en banlieue qui serait une vitrine de leur philosophie. C’était un écho au stratagème de Frank Lloyd Wright à Chicago et Oak Park, au début du siècle.

     En la personne de Mme Helen Storrow, grande philanthrope et mécène de Boston, Gropius trouva son Sommerfeld américain. Elle fournit terrains et prêts pour permettre à Gropius, et peu après aussi à Breuer, de recréer, en quelque sorte, l’esprit de la colonie des professeurs du Bauhaus de Dessau. Le site était au milieu d’une grande pépinière de pommiers dans le village historique de Lincoln à quelque distance de Cambridge dans le Massachusetts. Ce lieu était d’ailleurs presque mythique pour Gropius, car le petit étang Walen Pond, rendu célèbre au XIXe siècle par Henry Davis Thoreau, était tout proche. Au lieu d’aligner les maisons en série comme à Dessau, Gropius et Breuer montraient l’influence de leur séjour anglais dans une composition picturale qui respectait le terrain tout en orientant les maisons au soleil.

     A la place de l’acier et du béton, leurs matériaux de prédilection en Allemagne, ils adoptèrent avec un enthousiasme presque polémique le système américain de la charpente en ballon. Pendant son voyage aux Etats-Unis en 1926, Gropius avait déjà étudié cette technique quasiment préfabriquée que Sigfried Giedon allait bientôt célébrer dans ses conférences Espace, temps et architecture, à l’Université de Harvard. Pour Giedon, la charpente est l’équivalent américain d’un système logique mais flexible, comme Gropius l’avait expérimenté dans ses Baukasten présentés lors de la première exposition du Bauhaus, à Weimar en 1923. Juxtaposant une maison familiale, celle du couple Gropius avec leur fille, et la maison de l’architecte célibataire, celle de Breuer susceptible de s’accroître en cas de mariage et de naissance d’enfants, les architectes allemands reprenaient leur recherche sur l’individualisation d’un système ainsi que sur l’idée de la maison transformable avec le temps. Le pèlerinage des architectes et des étudiants en architectures se déclencha immédiatement. La maison de Gropius devint presque l’ambassade du Bauhaus en exil. Mais la publicité la plus influente fut la publication de l’ensemble des maisons de la colonie Woods End par le sociologue de l’Université de Harvard, James Ford et sa femme Katherine Marrow Ford, eux-même commanditaires d’une troisième maison subventionnée par Mme Storrow. Publié en 1940 sous le titre The Moderne House in America, leur livre publiait côte à côte les budgets de construction, les plans et photos de chacune des maisons.               Tarek Berrada

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–––– système constructif et architectural ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

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ArchRendering

Reconstitution du verger d’origine autour de la maison Gropius à Lincoln MA.

maison Gropius à Lincoln - élévations droite et gauche

maison Gropius à Lincoln – élévations droite et gauche

maison Gropius à Lincoln - élévations frontale et arrière

maison Gropius à Lincoln – élévations frontale et arrière

Gropius House à Lincoln - Isométrie

Gropius House à Lincoln – Isométrie

    Ise Gropius a raconté la genèse de la réalisation de la maison de Concord construite en 1937-1938 par son mari : « Nous avons effectué de nombreux voyages pour étudier les belles maisons coloniales qui, à cette époque, peuplaient de manière presque exclusive la campagne de la Nouvelle-Angleterre ». Walter Gropius a été impressionné par les innovations mises en œuvre par les constructeurs pour adapter le style géorgien importé d’Angleterre aux conditions physiques et climatiques de la région, en particulier le remplacement du système constructif originel en briques par une structure et des parements en bois souvent peints en blanc, l’insertion de parties en briques pour adosser la cheminée, l’aménagement d’une grande véranda en prolongement du salon et la création d’une ventilation performante dans la maison pour pallier aux inconvénients posés par un climat qui pouvait être à certaines périodes très chaud et chargé d’humidité stagnante. Gropius admirait d’autre part la qualité, la rapidité et la précision d’exécution de ces maisons. Pour un architecte qui n’avait jusque là jamais été confronté à la construction en bois, ce fut une expérience capitale.

Etats-Unis : maison géorgienne en bois

Exemple de maisons géorgiennes traditionnelles de la côte Est construites en bois : la vue ci-dessous est celle de la maison de Frederick Douglass House à Washington DC mieux adaptée aux besoins américains avec sa véranda en façade principale prolongeant à l’extérieur l’espace intérieur du rez-de-chaussée. Le style géorgien qui avait régné en Angleterre de 1720 à environ 1840, durant le règne des quatre rois hanovriens du nom de George, constituait une réaction au style baroque richement orné qui l’avait précédé. Il prônait une certaine simplicité, l’usage de la symétrie et la maîtrise des proportions basées sur l’utilisation du rectangle d’or. Ce style a été introduit en Amérique sous le nom de style colonial géorgien grâce à la diffusion de patrons venus d’Angleterre qui ont été adaptés aux conditions locales : plus grande simplicité, utilisation du bois en concurrence avec la brique, adjonction d’une véranda.

Exemple de maison géorgienne  : la maiosn de Frederick Douglass House

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Gropius House à Lincoln - façade arrière vu du jardin

Gropius House à Lincoln : la maison occupe la crête d’une colline au milieu d’un verger façade arrière vu du jardin

    La maison de Concord est située dans l’un des lieux les plus charmants de la Nouvelle-Angleterre à une demi-heure de voiture de Harvard et à un quart d’heure à pied du mythique Walden Pond de Thoreau et occupait la crête d’une colline au milieu d’un verger de 90 pommiers. En plus de la cession gratuite du terrain qui lui appartenait, la mécène, Helen Storrow assurera le financement du projet chiffré à 18.000 dollars. La maison est intéressante parce qu’elle marque une évolution fondamentale de la doctrine architecturale de Gropius héritée de la période durant laquelle il avait dirigé  le Bauhaus de 1919 à 1928. Le Bauhaus, rappelons-le, dans le sillage des recherches effectuées par les peintres d’avant-garde de l’époque, préconisait une rupture radicale avec les pratiques architecturales anciennes conventionnelles en cherchant à abolir les différences entre les pratiques des concepteurs, artistes, artisans, architectes et ingénieurs au profit d’un « art total » au service du plus grand nombre. L’industrie avec sa faculté de produire en série au moindre coût devait permettre d’aboutir à cet objectif. Simplification et rationalisation, épurement des formes par leur assujettissement à la fonction de l’objet étaient les maîtres mots de la pratique architecturale. Pour aboutir à ce but et renouveler les formes architecturales, les concepteurs faisaient appel aux matériaux nouveaux, béton, acier et verre et aux techniques nouvelles qu’ils permettaient. Les constructions réalisées selon ces principes dans les années qui ont suivies la première guerre mondiale ont donné naissance à un style totalement nouveau qu’en 1932, à l’occasion d’une exposition historique au Musée de New York d’Art Moderne, deux historiens de l’art, Philip Johnson et Henry-Russell Hitchcock,  avaient  baptisé de  » Style International ». Walter Gropius avait commencé à mettre en œuvre de manière rigoureuse ces principes dans les réalisations architecturales qu’il avait mis en œuvre dés 1911 en Allemagne (usine Fagus à Alfeld) et durant la période au cours de laquelle il dirigea le Bauhaus (usine modèle, bâtiments d’enseignement et maisons). En 1933, l’école est fermée par les nazis et Gropius envisage d’émigrer comme nombre de ses confrères. Ce sera chose faite en 1937 après l’obtention d’une bourse et d’un poste d’enseignant en architecture dans l’état du Massachussets à la Harvard Graduate School of Design. Sa rencontre avec la culture américaine de la côte Est et les procédés spécifiques de construction qui prévalaient alors dans un pays où les ressources en bois semblaient inépuisables fit alors évoluer sa pratique architecturale : tout en conservant les principes formels de base de ce que l’on appelait alors style international (toit plat, terrasse, larges ouvertures, utilisation du verre), il utilisa les techniques constructives et les matériaux traditionnels de la Nouvelle-Angleterre (architecture en bois utilisant charpente traditionnelle et bardage à clins, brique, moellons et utilisation de pierres naturelles).

« Quant à ma pratique, lorsque j’ai construit ma première maison aux Etats-Unis – qui était ma propre maison – j’ai pris le parti d’intégrer dans ma conception certaines caractéristiques de la tradition architecturale de la Nouvelle-Angleterre que je trouvais encore bien vivante et qui me semblait pertinentes. Cette fusion de l’esprit régional avec une approche de conception contemporaine n’aurait jamais pu avoir lieu en Europe avec son arrière-plan climatique, technique et psychologique tout à fait différent. »
                              Walter Gropius, la portée de l’architecture total 1956.

     En même temps, conformément à la philosophie du Bauhaus, Gropius a mis en œuvre des matériaux innovants rarement utilisés à l’époque dans des environnements domestiques, tels les blocs de verre, le plâtre acoustique, les rampes chromées; chaque élément de la maison était étudié dans un souci d’efficacité maximum d’utilisation, de simplicité de conception et d’économie de réalisation. Les appareils ménagers étaient de la dernière technologie et de nombreux éléments étaient choisis dans les catalogues des produits industriels. Quand au mobilier, c’était celui créé et fabriqué dans les ateliers du Bauhaus que les Gropius avaient pris soin d’emporter avec eux lors de leur départ d’Allemagne.

Gropius House à Concord - vue de la voie d'accès

Gropius House à Concord – vue de la maison à partir de la voie d’accès.

    La maison apparaît tout d’abord comme un parallélépipède compact de deux niveaux traité à la manière des constructions du style moderniste de l’époque que Gropius avait déjà expérimenté pour les Meisterhaeuser (maisons des enseignants) du Bauhaus à Dessau douze années plus tôt : volumes traités de manière minimaliste,  toiture plate dont certaine parties sont aménagées en terrasse accessible, parement extérieure de couleur blanche. Par rapport aux Meisterhaeuser de Dessau, on note cependant quelques innovations : les fenêtres organisées « en bandeaux » à la manière de ce que Le Corbusier avait réalisé pour la villa Savoye en 1929-31 et l’adjonction en façade de volumes et d’éléments complémentaires  tels que le porche et le vestibule de l’entrée, la véranda et l’escalier hélicoïdal extérieur permettant l’accès direct  au niveau 1 qui venaient troubler et même parfois contrarier l’ordonnancement régulier du parallélépipède de base.

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Meisterhaeuser de Dessau (1925-26) et villa Savoye de Le Corbusier (1929-1931)

Meisterhaeuser de Dessau (1925-26) avec la villa Gropius au centre et villa Savoye de Le Corbusier (1929-31)

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photos ci-dessus et ci-dessous : avancée du brise-soleil en toiture pour protéger les volumes du rez-de-chaussée des excès du solaire d’été. pergola en saillie de la façade est portée comme l’auvent de l’entrée par des poteaux métalliques d’une grande finesse. Elle protège en été des excès du soleil les fenêtres du rez de chaussée.

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photos ci-dessus et ci-dessous : vue de la terrasse close du rez-de-chaussée fermée par une moustiquaire.

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Gropius House à Lincoln : façade des salles de séjour et à manger
façade des salles de séjour et à manger. Les allèges des fenêtres sont revêtues de clins de bois posés verticalement.

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––– Gropius House à Lincoln : plan et volumes du rez-de-chaussée ––––––––––––––––––––––––––––––

Gropius

Gropius House à Lincoln - plan du rez-de-chaussée

Gropius House à Lincoln – plan du rez-de-chaussée

(1) – hall, (2) – penderie, (3) – bureau, (4) – salle de séjour, (5) – salle à manger,
(6) – sanitaire, (7) – salle de bain personnel, (8) – chambre service, (9) – cuisine,
(10) – buanderie, (11) – véranda avec moustiquaire, (12) – porche / entrée de service
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Gropius House à Concord - porche de l'entrée, mur en pavés de verre et escalier extérieur d'accès à l'étage
Gropius House à Concord – Dans l’architecture géorgienne de la Nouvelle Angleterre, l’entrée de la maison est souvent mise en valeur par la réalisation d’un porche constitué d’un fronton supporté par de vraies ou de fausses colonnes intégrées à la façade. Gropius a souhaité maintenir cette tradition de marquage de l’entrée de la maison en la singularisant de manière formelle par rapport au volume de base et en lui donnant un caractère « événementiel » par rapport au reste de l’architecture : le porche est constitué d’une dalle horizontale étroite qui se projette au-devant de la structure principale. Orientée obliquement dans l’axe de la voie d’accès, le porche semble ainsi aller à la rencontre du visiteur. La singularité formelle de l’ensemble est encore accentué par l’extrême finesse des deux poteaux métalliques de support dont la section ne semble pas suffisante pour supporter le poids de la dalle, ce qui a pour effet de provoquer une fausse impression de porte-à-faux pour celle-ci. La singularité du porche est encore renforcée par la présence d’une paroi en pavés de verre, matériau inhabituel à cette époque, qui bloque la vue sur le jardin tout en assurant la luminosité de l’espace et le maintien de l’impression de légèreté de la structure. 
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Gropius House à Lincoln - la paroi de pavés de verre du porche d'entréeGropius House à Lincoln - Hall d'entrée et escalier d'accès à l'étage
Harts Mill Road for salePhoto ci-dessus : hall d’entrée (1) et escalier d’accès à l’étage, on distingue en arrière-plan la penderie et une partie du mur en pavé de verre qui se prolonge sur l’extérieur sous le porche. Outre la paroi en pavés de verre, une fenêtre étroite sur toute hauteur permet d »éclairer le hall d’entrée et l’espace penderie (2). Dans les maisons géorgienne de la Nouvelle-Angleterre, l’escalier d’accès au niveau supérieur à partir du hall d’entrée est souvent traité de manière ouverte et monumentale. Gropius a là encore intégré cette spécificité nord-américaine dans son projet mais de manière moderne par le traitement de ses garde-corps en tubes métalliques qui se développent sur toute hauteur et sa main courante à la courbe complexe et gracieuse. L’espace vide situé sous l’escalier a été utilisé comme rangement de chaussures.
Gropius House à Lincoln - Hall d'entrée avec penderie et escalier d'accès à l'étage

 Gropius House à Lincoln : bureau

Le bureau (3) possède deux espaces de travail et trois entrées : une entrée directe à partir du jardin, un entrée à partir du Hall d’entrée et une autre de la salle de séjour. Les chaises avaient été crées par l’architecte finlandais Eero.

Gropius House à Lincoln - salle de séjour

la salle de séjour et sa cheminée imposante

Gropius House à Lincoln - salle de séjourMaison géorgienne : le FireplaceLa salle de séjour (4) : espace, luminosité, cheminée. A une époque où le seul moyen de chauffage était le chauffage au bois, la cheminée constituait l’un des éléments essentiels de la maison géorgienne et l’espace de la salle de séjour était organisé autour d’elle. Gropius a utilisé pour le chauffage de sa maison un système de chauffage central moderne avec circulation d’air mais a maintenu pour la cheminée la place centrale et symbolique qu’elle occupait par le passé. Aucune référence au passé par contre pour les fenêtres qui sont constituées de grandes baies vitrées faisant entrer généreusement la lumière naturelle dans les volumes intérieurs et faisant bénéficier les occupants de la vue sur le jardin. Photo ci-dessous : la salle à manger (5). Elle s’ouvre perpendiculairement sur le séjour et est reliée à la cuisine. A sa jointure avec le séjour, une porte permet l’accès direct au jardin mais elle communique aussi de manière directe avec le hall d’entrée. La salle à manger pouvait être isolée de la salle de séjour grâce à un rideau de toile coulissant dont les rainures sont encastrées dans le plat

Gropius House à Lincoln - salles de séjour et à manger

chaise tubulaire crée par Marcel BreuerL’éclairage de la salle à manger était savamment étudié : les faisceaux lumineux d’une série de projecteurs encastrés dans le plafond étaient dirigés exclusivement sur la table circulaire et n’éclairaient le visage des convives que par réflexion. Les chaises en acier tubulaire chromé étaient un modèle créé par Marcel Breuer pour le Bauhaus de manière improvisée en utilisant la tubulure de son vélo Adler.

Gropius House : la paroi en pavés de verre de la salle à manger

la paroi en pavés de verre de la salle à manger

Gropius House à Lincoln - cuisine

The Old Store House, Llanfrynach, Brecon, PowysDans les maisons géorgiennes traditionnelles, la présence ou non d’une cuisine  dépendait de l’importance de la maison et du statut du propriétaire. Dans les temps les plus anciens et pour les maisons de petite taille, la cuisine s’effectuait dans al salle commune et la cuisson était réalisée dans l’âtre de la cheminée. Plus tardivement des poêles à bois ou à charbon ont été installés, parfois même dans l’âtre de la cheminée. Seules, les grandes maisons bourgeoises possédaient une cuisine de service indépendante de l’espace séjour. Gropius n’a pas considéré la cuisine comme un espace de vie mais comme un lieu dédié uniquement à la fonction de cuisiner d’où son étroitesse et sa surface limitée. C’est un lieu où l’on peut difficilement tenir à plusieurs pour parler ou participer au travail de cuisine. C’est le lieu ou officie la cuisinière et elle-seule, que ce soit la domestique ou la femme de la maison. Noter l’aspect « actuel » de ces aménagements réalisés en 1938 avec plan de travail, hotte, appareils ménagers (dont un évier en acier inoxydable,  deux broyeurs à déchets et un lave-vaisselle) et rangements intégrés provenant d’un catalogue de matériel médical. La cuisine est accessible par trois entrées : une entrée directe de service par l’extérieur, une entrée à partir de la salle à manger et du hall d’entrée par l’intermédiaire d’un espace intermédiaire buanderie/rangement et une entrée directe à partir de la chambre de la femme de service.

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Espace intermédiaire buanderie/rangement

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Gropius House à Lincoln : cuisine et salle à manger

Gropius House à Lincoln : cuisine et salle à manger

Gropius House à Lincoln - façade arrière avec jardin japonais et patio

Pergola avec moustiquaire en avancée sur la façade (photo ci-dessus)
Gropius jouant au ping-pong dans l’espace pergola à moustiquaire (photo ci-dessus)

Gropius dans la pergola à moustiquaire°°°

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–––– Gropius House à Lincoln : plan et volumes du niveau 1 ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Walter Gropius

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Gropius House - plan du niveau 1

Gropius House à Lincoln – plan du niveau 1

(1) – hall, mezzanine (2) – sanitaire, (3) – sanitaire, (4) – dressing, (5) – chambre,
(6) – chambre  (7) + alcôve, (8) – terrasse avec escalier (9).
 
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Gropius House à Lincoln - escalier d'accès à l'étage

escalier d’accès à l’étage et mezzanine (I)

L’escalier principal tournant conduit à une petite mezzanine sur laquelle s’ouvrent les différentes pièces : 2 sanitaires et 3 chambres.

Gropius House à Lincoln : chambre des parents

La chambre des parents (5) et son dressing-room (4) sont séparés par une paroi vitrée (photos ci-dessus et ci-dessous). Noter la cloison en clins de bois posés verticalement

Gropius House à Lincoln - Dressing-room

 

Gropius House à Lincoln : dressing de la chambre des parents

Gropius House à Lincoln : chambre du niveau 1

la chambre d’ami (6). Cette chambre bien exposée et bien éclairée sert également de serre l’hiver pour les plantes d’extérieur fragiles.

Gropius House à Concord : la chambre de la fille

La chambre d’Ati, la fille des Gropius : vue sur la partie alcove de la chambre avec un lit d’appoint pour les amis de passage qui peut être isolée par un rideau coulissant. La chambre donne sur une terrasse avec pergola qui permet de dormir à la belle étoile l’été. De cette terrasse, l’escalier métallique hélicoïdal permet d’atteindre de manière directe le jardin sans passer par l’intérieur de la maison ce qui  répond au souhait de la jeune fille qui souhaitait pouvoir recevoir ses amis de manière indépendante.

bureau dessiné par Gropius au Bauhaus

Gropius House à Concord : bureau du rez-de-chaussée

StableToolsLe bureau en bois de la chambre a été le premier bureau conçu par Walter Gropius en tant que directeur du Bauhaus de Weimar en 1919. Les chaises avaient été crées par l’architecte finlandais Eero. Le tableau fixé sur la paroi au-dessus du bureau est intitulé « stable tools »; c’est un cadeau offert aux Gropius par le peintre autrichien Herbert Bayer, ancien étudiant au Bauhaus devenu l’un de leur plus chers amis. Il représente de manière abstraite des outils suspendus sur le mur d’une grange.

Gropius House à Lincoln - balcon avec pergola

la terrasse avec pergola (9)

Gropius House à Lincoln - balcon avec pergola

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escalier d’accès à la terrasse du niveau 1

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