Anders Zorn, peintre suédois (1860-1920) : les jeux de la lumière sur l’eau et la peau … – (I) Biographie

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Anders Zorn (1860-1920) - Aotoportrait, 1915

Anders Zorn (1860-1920) – Autoportrait, 1915

« Zorn a le privilège d’être un peintre intemporel. Aquarelliste de brio, son dessin et sa peinture sont toujours impeccables, sans pareil. Il a cette qualité, inconnue à notre époque, de faire « incisif » et non plat. C’est un illustre peintre européen. »  – Auguste Rodin

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    Anders Zorn est l’un des artistes suédois les plus connus internationalement. Sa renommée à l’étranger est fondée d’abord sur sa technique du portrait pour laquelle il faisait preuve d’une grande virtuosité et qui lui permettait de saisir de manière incisive et fidèle les traits physiques, le caractère et la personnalité de la personne représentée, ensuite ses nombreuses études du nu féminin dans lesquelles la nudité des femmes du peuple est représentée de manière naturelle et lumineuse. Il est d’autre part auteur d’une œuvre graphique important dans le domaine de la gravure.
   « Trop jeune pour être un impressionniste, trop vieux pour être un moderniste, » a dit de lui le conservateur du « Isabella Stewart Gardner museum » de Boston, Olivier Tostmann. Effectivement, Zorn, à l’instar de plusieurs autres peintres de la même génération que lui ayant exercé à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle comme l’américain John Singer Sargent (1856-1925), l’espagnol Joaquin Sorolla (1863-1923) et l’italien Giovanni Boldini (1842-1931), s’est trouvé à la charnière des grands bouleversements artistiques qui ont marqués cette époque.

Ville de Mora en Suède   Il est né à Mora le 18 Février 1860, une petite localité du comté de Dalarna située en plein centre de la Suède et connue aujourd’hui comme étant le point d’arrivée de la célèbre course de ski de fond suédoise de la Vasaloppet. Il était le fils de Grudd Anna Andersdotter généralement appelé Mona qui signifie «mère» dans le dialecte local, , une fille d’agriculteurs qui avait du exercer un travail saisonnier dans une brasserie à Uppsala où elle avait rencontré le brasseur allemand Leonhard Zorn. un enfant, Anders, devait naître hors mariage mais reconnu par Zorn. Anders n’a jamais connu son père qui est mort à Helsinki en 1872. Elevé par ses grands-parents dans leur ferme du hameau d’Yvraden dans le village de Utmeland, paroisse de Mora. Après l’école primaire de Mora,  il est envoyé en 1872, il a alors 12 ans, dans un lycée secondaire à Enköping.
Anders Zorn - Mona   Faisant preuve durant ses trois années passées au lycée d’un talent artistique exceptionnel pour son âge, il entre à l’âge de 15 ans à l’Académie royale des arts à Stockholm pour devenir sculpteur, mais c’est la peinture qui prévaudra. Il choisi la technique de l’aquarelle, plutôt rare à l’époque qui sera sa technique principale jusque vers 1887. C’est une aquarelle présentée lors de l’exposition des étudiants de 1880 qui représente une jeune fille en deuil sous son voile qui  lui apporte un début de notoriété et les premières commandes de la bonne société de Stockholm.  Ses portraits d’enfants ont été très appréciés et c’est dans le cadre d’une telle commande que Zorn rencontre au début de 1881 sa future épouse, Emma Lamm, appartenant à une riche famille juive cultivée de Stockholm. Emma LammEn Août 1881, Zorn passe quatre années à l’étranger, Angleterre et Espagne, pour étudier et tenter de gagner assez d’argent pour soutenir une famille mais il revient en Suède chaque été, à Mora et à Dalarö où la famille Lamm loue un pavillon. Durant ces années à l’étranger, son style a mûri, sa technique est devenu plus sûre et sa façon de gérer les couleurs de l’eau est devenue plus audacieuse. Il a en particulier commencé à travailler sur l’aspect de l’eau, avec sa surface changeante et ses reflets et a abouti avec sa technique de l’aquarelle à une représentation extraordinairement réaliste de l’alchimie de la lumière, de la couleur et de la transparence des plans d’eau. La précision de son dessin et de sa peinture étaient telles que certains ont spécules sur le fait que Zorn utilisait des épreuves photographiques dans sa pratique. 

Anders Zorn - Emma Zorn lisant    Il se marie enfin à l’automne 1885 avec Emma Lamm. Les onze années suivantes seront pour la plupart du temps passées à l’étranger, notamment en France, à Paris, lieu de séjour et de formation incontournable pour tout peintre ambitieux. A partir de là Zorn se rend sur les rives de la Méditerranée, Espagne, Portugal, Italie, Algérie, Grèce, Turquie. Durant cette période d’expatriation, Zorn et Emma prennent bien soin de revenir en Suède chaque été afin de maintenir les liens qui les unissent à ce pays.  De la présence permanente dans ses pensées du pays natal naîtront durant cette période des œuvres extraordinaires montrant des personnages et des scènes villageoises de Dalécarlie, la région de Suède d’où Zorn était originaire. Dans ces tableaux, la lumière joue un rôle décisif comme dans les tableaux minuit (1891, collection Zorn)femme pratiquant l’aviron où le sujet est représenté baigné dans la lumière et l’ombre de l’été et Margit (1891, collection Zorn) où une jeune fille tresse ses cheveux inondés de la lumière des rayons du soleil provenant d’une petite fenêtre.
    Ces premières années de leur mariage auront été très stimulantes pour la peinture de Zorn. L’encouragement d’Emma et l’analyse critique de son travail ont joué un rôle décisif dans son développement artistique. C’est durant ces années que son talent d’aquarelliste a atteint  son apogée. Parmi les tableaux les plus attrayants qu’il a peint au cours de cette période figurent ceux représentant des scènes nautiques comme cette série dépeignant la belle lumière se projetant sur le port de Constantinople. Datent également de cette période certaines de ses aquarelles les plus connues, tels que le « Thornbush » (collections Zorn) et « Plaisirs d’été » (collection privée, croquis dans les collections Zorn) qui comprend la plus célèbre représentation de la surface de l’eau réalisée par le peintre qui va acquérir la réputation d’un virtuose dans ce domaine difficile entre tous.

Anders Zorn - Vart Dagliga Brod« Vart Dagliga Brod » (Notre pain quotidien), a été peint à Mora en 1886 après une commande de la National museum de Stockholm. Emma et Anders Zorn ont passé l’hiver de 1887-1888 à Saint Ives en Cornouailles britannique. Ce fut un tournant artistique pour Zorn qui a commencé à peindre à l’huile. Sa deuxième peinture à l’huile qui représente un pêcheur à St Ives est une réussite. Exposée au Salon de Paris en 1888, elle est acheté par l’Etat français. 

Anders Zorn et sa femme Emma, 1880

Anders Zorn et sa femme Emma, 1880

Anders Zorn - modelstudy, 1880

Anders Zorn – modelstudy, 1880

Anders Zorn - autoportrait, 1882

Anders Zorn – autoportrait, 1882

Anders Zorn -  1882

Anders Zorn –  1882

Anders Zorn - the widow, vers 1882-83

Anders Zorn – the widow, vers 1882-83

Anders Zorn - Thornbush, 1885

Anders Zorn – Thornbush, 1885

Anders Zorn - Plaisir d'été, 1886

Anders Zorn – Plaisir d’été, 1886 – La représentation du clapotis des vagues est impressionnante de réalisme avec ses tonalités de vert et ses nuances de jaune, bleu outremer et pointe d’ocre rouge, violet et cobalt…

Anders Zorn - Lappings of the waves, 1887

Anders Zorn – Lappings of the waves, 1887 

Anders Zorn - Lappings of the waves, 1887 - détail

Anders Zorn – Lappings of the waves, 1887 – détails

Anders Zorn - Alger, Hamman, 1887Anders Zorn - Alger, Hamman, 1887 - détail eau

 

Anders Zorn – Alger, Hamman, 1887

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–––– 1888-1898, les années parisiennes ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    Au printemps de 1888, les Zorn s’installent à Paris où ils demeureront huit années. Il y sera fortement influencé par les peintres impressionnisme, notamment Manet, (tableau Omnibus – 1892, Fenway Cour, Boston) qui représente le portrait de style typiquement français d’une jeune chapelière de la classe ouvrière au visage triste assise dans un bus de Paris, mais aussi Degas (tableau Réveil, Boulevard de Clichy », 1892) où une jeune femme se penche en avant, étendant son torse et bras d’albâtre sur s’échappait tissu blanc tel un danseur qui s’étire à la barre de ballet et enfin Renoir (tableau « en plein air », milieu des années 1890) où sont représentés des baigneurs nus. Ce séjour lui a permis de réaliser de nombreux chef-d’œuvre qui lui ont fait occuper une place de choix dans le monde de l’art parisien. Cette position sera confirmée lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1889. A 29 ans, Zorn est décoré de la Légion d’honneur française et invité à peindre son autoportrait pour la Galerie des Offices à Florence. 

    Jusque là, c’est surtout son talent de portraitiste qui avait procuré à Zorn une renommée internationale. Sa capacité incisive à décrire le caractère individuel de son modèle apparaît dans les portraits de personnalités culturelles de premier plan tels Antonin Proust (1888, collection privée) et Coquelin Cadet (1889, National museum). Le cadre qui entourait les modèles était pour Zorn primordial, il estimait qu’un portrait devait être peint dans l’environnement naturel et habituel du modèle. L’environnement artificiel d’un atelier n’était pas à son goût. Zorn a également réalisé un certain nombre de peintures de genre qui ont traité de la représentation de la lumière et de l’ombre. Les motifs étaient très différents, dans La Valse (1891, collection privée, USA) le cabinet noir au premier plan est éclairé par les lumières de la salle de bal en arrière-plan, dans Omnibus (1892, Fenway Cour, Boston) les lumières clignotent de manière inquiétante sur les passagers d’un bus de Paris, dans une autre toile, les lumières d’une lampe de rue et la fenêtre éclairée d’un café se reflètent sur la robe rouge portée par une prostituée (1895, Musée d’art de Göteborg). 

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Anders Zorn – portrait d’Edith Palgrave Edward dans sa résidence londonienne, 1887

Anders Zorn - Les demoiselles Salomon, 1888

Anders Zorn – Les demoiselles Salomon, 1888

Anders Zorn - Le tub, 1888

Anders Zorn – Le tub, 1888

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–––– les nus d’extérieurs ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

   Est-ce le climat de la capitale française et l’influence de peintres tels que Renoir qui peignait alors de nombreux nus à la baignade mais à peu près au même moment où Zorn s’est installé à Paris, il a commencé à exploiter un nouveau thème pour lequel il sera finalement le plus connu : le nu d’extérieur. Le mouvement de l’eau et la réflexion de la lumière sur sa surface l’avaient depuis toujours fasciné et il était devenu un maître dans ce domaine mais désormais il éprouve le besoin d’inclure presque systématiquement un ou plusieurs modèles, le plus souvent de sexe féminin, à proximité ou dans l’eau dont la nudité irradieront et érotiseront tout le paysage. Ses premiers travaux où il a expérimenté ce genre sont Ute (Out) (1888, Musée d’art de Göteborg), Une Première (plusieurs versions, par exemple dans National museum) et Les Baigneuses (collection privée, version dans les collections Zorn).

   Franck Claustrat (Connaissance des Arts) présente ainsi l’influence exercée par ces scènes de nus sur les contemporains du peintre, notamment américains : « À travers ces images lumineuses, c’est tout un mode de vie en harmonie avec la nature qui s’affirme, quasi écologiste. Elles attribuent par ailleurs un statut de « modèle » à la peinture scandinave moderne. Pleines de vitalité, ces oeuvres expriment une force qui rend la matière presque vivante et que souligne magistralement un coup de pinceau énergique. C’est aussi l’image d’une femme nouvelle, émancipée, que représente Anders Zorn, à laquelle devait sans doute rêver ou fantasmer les Américaines comme les Américains propriétaires de ces tableaux-là, dotés d’un pouvoir de séduction absolument irrésistible. »

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Anders Zorn - Kvinna som klar sitt barn, 1888Anders Zorn – Kvinna som klar sitt barn, 1888

Anders Zorn - Ute, 1888Anders Zorn – Ute, 1888

Anders Zorn - Les baigneuses, 1889

Anders Zorn – Les baigneuses, 1889

Anders Zorn - reflexer, 1889

Anders Zorn – reflets, 1889

Anders Zorn - Une première, 1888

Anders Zorn – Une première, 1888

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Anders Zorn - Impression de Londres, 1890

Anders Zorn – Impression de Londres, 1890

Anders Zorn - Margit, 1891

Anders Zorn – Margit, 1891

Anders Zorn - the battleship_baltimore in Stockholm harbor, 1890

Anders Zorn – the battleship Baltimore in Stockholm harbor, 1890

Anders Zorn - le port d'Hambourg, 1891

Anders Zorn – le port d’Hambourg, 1891

Anders Zorn - la valse, 1891

Anders Zorn – la valse, 1891

Anders Zorn - Réveil, boulevard Clichy, 1892

Anders Zorn – Réveil, boulevard Clichy, 1892

Anders Zorn - Mona

Anders Zorn – Mona

Anders Zorn - Mora Marknad, 1892

Anders Zorn – Mora Marknad, 1892

Anders Zorn - In the woods, 1893

Anders Zorn – In the woods, 1893

Anders Zorn - 1894

Anders Zorn – 1894

Anders Zorn - Emma au studion à Paris, 1894

Anders Zorn – Emma à l’atelier de Paris, 1894

Anders Zorn - Spetssom, 1894

Anders Zorn – Spetssom, 1894

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–––– Un artiste européen qui a séduit l’Amérique –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    En 1893, Chicago organise l’Exposition universelle et Zorn est choisi par la Suède comme directeur de l’exposition d’art suédois. Il a ainsi pu profiter de cette occasion pour visiter les États-Unis où il restera durant presque une année. Ce voyage sera le premier d’une longue série (sept au total) dans les années qui suivront, en 1896-1897, 1898-1899, 1900-1901, 1903-1904, 1907, et 1911. Zorn apprécie le style de vie américain et se sentira dans ce vaste pays « comme à la maison ». Ces voyages ont également eu d’une grande importance pour son activité artistique; si le voyage 1907 avait un but principalement touristique, les autres ont été consacrés à la réalisation d’un grand nombre de peintures (plus d’une centaine), essentiellement des portraits en réponse aux commandes de intelligentsia américaine fortunée (Isabella Stewart Gardner à Boston, Charles Deering à Chicago, John Hay à Washington D.C., Edward Rathbone Bacon à New York…) et même de locataires de la Maison Blanche tel que Grover Cleveland et sa femme (1899, National Portrait Gallery, Washington DC) et William Taft (1911, la Maison Blanche). Il a également exécuté une gravure de Théodore Roosevelt en 1905.  Dans ses voyages en Amérique du Nord, Zorn a peint des portraits en Californie, du Minnesota et du Wisconsin. Il a passé du temps à Philadelphie, Princeton, NJ, Nouvelle-Orléans, San Antonio et Miami. Ses succès et la réputation ont continué à lui apporter d’importantes commandes. En 1901, lors de son séjour aux Etats-Unis, Zorn empochait 15.000 dollars par semaine grâce à ses portraits d’hommes politiques et de magnats de l’industrie et de leurs femmes qui voulaient faire étalage de leur statut. Malgré ces sollicitations il n’a pas connu en Amérique la même notoriété qu’en Europe bien que son succès rivalisait alors avec celui de son concurrent le plus proche, le peintre américain John Singer Sargent. Entre 1893 et 1911, Anders Zorn entreprendra aux États-Unis sept voyages professionnels. À chaque fois, il cible sa production sans pour autant s’adapter aux goûts plutôt consensuels de ses commanditaires. Zorn poursuit sans contrainte son rêve américain tout au long des années 1910. Il diffuse notamment son art à l’occasion de grandes manifestations collectives, comme l’Exposition Scandinave en 1912-1913 (à New York, Buffalo, Toledo, Chicago et Boston) et la Panama Pacific Exposition en 1916 (à Boston). Ainsi, en 1921, son talent est-il pleinement reconnu et célébré par le Museum of Fine Arts de Boston, qui lui consacre cette année-là une première exposition posthume

Anders Zorn -  Portrait d’Isabella Stewart Gardner à Venise, 1894

Anders Zorn –  Portrait d’Isabella Stewart Gardner à Venise, 1894

     Isabella Stewart Gardner était l’une des clientes les plus enthousiastes de Zorn. Dans ce tableau, revêtue d’une robe blanche crémeuse et lumineuse, les bras écartés entre les montants d’une porte, dans une salle haute au plafond lambrissé sombre qui menait au balcon de son palais vénitien. Eclairée par un puits de lumière, des fleurs rouges éparpillés à ses pieds, elle a l’allure d’une déesse ou une diva d’opéra qui saluerait à un lever de rideau. Elle semble s’adresser à ceux qui la contemple hors la toile et proclamer : « j’aime la vie, j’aime l’art, j’aime la beauté ! »

Anders Zorn -autoportrait avec modèle, 1896Anders Zorn -autoportrait avec modèle, 1896

    Ce tableau est significatif de l’œuvre de Zorn avec sa palette sobre composée d’ocre, de noir, de rouge et de blanc avec des empâtements généreux et des coups de pinceau virtuoses qui étaient sa signature. Il est assis au premier plan vêtu d’une blouse blanche tenant ses outils dans la main, dégageant une présence formidable, entouré – presque enveloppé – par des nuances de bruns profonds caverneux qui évoquent des références à Velazquez et Rembrandt, les artistes qu’il admirait le plus.

Anders Zorn - Artha Dana (later Mrs. William Mercer), 1899

Anders Zorn – Artha Dana (later Mrs. William Mercer), 1899

  Toutes ces étapes, comme la production variée de Zorn (portraits, scènes de genre, paysages, nus féminins, autoportraits) sont traités par Oliver Tostmann dans cinq sections distinctes très complémentaires : « Portraits de la haute société », « La vie moderne », « La vie rurale », « Dans l’atelier » et « Isabella Stewart Garner et son cercle ».

Anders Leonard Zorn - Grover Cleveland, 1899 (Google Art Project)Zorn-Mrs Frances Cleveland, 1899

Anders Leonard Zorn – Mrs Frances Cleveland et M. Grover Cleveland, 1899 (Google Art Project)°°°

Anders Zorn - Dans les récifs, 1894 (Google Art Project)

Anders Zorn – Dans les récifs, 1894 (Google Art Project)

Anders Zorn - Frileuse, 1894

Anders Zorn – Frileuse, 1894

Anders Zorn - après le bain, 1895

Anders Zorn – après le bain, 1895

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–––– 1896 : le retour en Suède ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Zorn Garden, bois gravé, 1938

    En 1896, les Zorn prennent la décision de retourner en Suède. Ils habiteront à Mora dans un ancien gîte de la ferme du grand-père qui a été déplacé sur un terrain adjacent à l’église. Cette propriété, la Zorngården, sera agrandie à plusieurs reprises jusqu’en 1910. Les Zorn vont s’impliquer fortement dans la vie locale. Emma Zorn va créer une société de lecture, une bibliothèque paroissiale, une maison d’enfants, et s’occupera d’organiser l’artisanat domestique local. Le plus grand cadeau fait à Mora par les Zorn a été la création de l’école où les jeunes de la communauté pourront se former.
    L’intérêt d’Anders Zorn pour la culture traditionnelle s’est exprimée exprimée de différentes manières. A partir de 1914, il a acheté de vieux chalets et les a reconstruit sur ce qui est maintenant appelé le Gammelgård de Zorn. Afin de préserver la vieille musique folklorique, Zorn a créé en 1906 un concours de musique e qui a contribué à la renaissance de la musique folklorique et sa survie ultime en Suède. Aujourd’hui, le prix Zorn est toujours le plus prestigieux prix d’un musicien folk peut recevoir.

Emma et Anders au "Zorngården", le 16 octobre 1910

Emma et Anders Zorn au « Zorngården » de Mora, le 16 octobre 1910
A la gauche de Zorn, se tient sa mère  « Mora » (Grudd Anna Andersdotter). Au premier plan la sculpture de Zorn

Capture d’écran 2014-01-12 à 07.46.50kulturbilder.wordpress.com     le Gammelgård de Zorn

     L’expérience parisienne avait également abouti à un changement de motivation pour Zorn quin beaucoup de peintures illustrant Mora et ses habitants, comme son œuvre la plus célèbre, la Saint-Jean de danse (1896, Nationalmuseum) qui était aussi la peinture que Zorn lui-même appréciait entre toutes. Son amour pour son pays natal s’est égalemente exprimé dans des tableaux comme La Bergère (1908), Le Cotillon (1905) et la fonction Matin de Noël (1908, tout en Zorn Collections). Les commandes de portraits ont occupées beaucoup de son énergie artistique. Il a ainsi développé un traitement concis du détail et une technique picturale plus radicale que dans les périodes précédentes. Sa réputation de portraitiste homme avait atteint les classes supérieures et plusieurs membres de la famille royale suédoise ont posé pour Zorn. L’un des portraits les plus exquis est celui de la Reine Sofia (1909, Waldemarsudde, Stockholm), avec sa merveilleuse utilisation du blanc. Cette peinture est un exemple exceptionnel de la maîtrise de la technique Zorn.

Anders Zorn - Effet de nuit, 1895Anders Zorn – Effet de nuit, 1895

Anders Zorn - Fête de la Saint Jean, 1897

Anders Zorn – Fête de la Saint Jean, 1897

Anders Zorn - La patineuse, 1898 - musée Zorn, Mora

Anders Zorn – La patineuse, 1898 – musée Zorn, Mora

Anders Zorn - Coquelin Cadet, 1899

Anders Zorn – Coquelin Cadet, 1899

Anders Zorn - Kuver Maja, 1902

Anders Zorn – Kuver Maja, 1902

Anders Zorn - Young Girl, 1903

Anders Zorn – Young Girl, 1903

Anders Zorn - Hins Anders, 1904

Anders Zorn – Hins Anders, 1904

Anders Zorn - Girl in the Loft, 1905

Anders Zorn – Girl in the Loft, 1905

Anders Zorn - Filles de Délécarlie au bain,1906

Anders Zorn – Filles de Délécarlie au bain,1906

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–––– 1910-1920, les années de maturité ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    À partir de 1910, Zorn axe son travail sur le développement de sa maîtrise de la technique et le motif. Il a accompli cette tâche avec la certitude que le processus de la technique picturlel peut assumer le rôle dominant, parfois au détriment de l’expression émotionnelle de l’œuvre. Deux tableaux font exceptions :  Autoportrait en rouge et auto-portrait dans un Wolfskin (collections Zorn). D’autre part, les études de nus ont évoluées : il peint désormais des femmes paysannes bien charpentées, parfois la mère et la fille, qui sont présentées dans leur environnement propre, chalets ou rivière (1909, collections Zorn).
     La reconnaissance internationale que Zorn a reçu n’était pas fondée uniquement sur son travail de peintre. Il a également réalisé à partir de 1882 de nombreuses gravures (289) dont certaines sont exquises et bien connues du public comme le portrait d’Ernest Renan (1892), Auguste Rodin (1906) et Auguste Strindberg (1910). L’habileté étonnante de Zorn à manier  l’aiguille du graveur peut être partiellement attribuée à sa capacité de manier le ciseau dus culpteur. Comme mentionné plus tôt, il avait d’abord l’intention de devenir un sculpteur. Tout au long de sa vie, il est revenu à la sculpture et son œuvre majeure dans cet art particulier est la statue de Gustav Vasa à Mora, inauguré en 1903. Zorn a également sculpté un certain nombre de portraits et de petites statues, parmi eux Matin Bath (1909), un chiffre d’une jeune fille qui tient une éponge dans ses mains à partir de laquelle coule une fontaine.
    La santé de Zorn s’est nettement détériorée au cours de ses dernières années. Il est décédé le 22 Août 1920 à l’âge de 60 ans. Les funérailles a été menée par l’archevêque Nathan Söderblom et assisté entre autres par des représentants de la famille royale suédoise et de nombreuses personnalités culturelles. Il est enterré dans le cimetière de Mora. A sa mort, il était l’un des hommes les plus riches de Suède. Ayant passé la plus grande partie de sa carrière à séduire et à conquérir l’élite sociale sur deux continents, il a accumulé, grâce à son talent, son charme et son charisme, une fortune en peignant des portraits flatteurs de la riche, célèbre et puissante haute société qui lui a versé des émoluments astronomiques pour ce privilège.

    Emma Zorn survécut 21 années à son mari. Elle est morte le 4 Janvier 1942. Pour honorer la mémoire de son mari, elle avait travaillé pour créer un musée, qui a ouvert en 1939. Elle a complété la collection existante par rachetant un certain nombre de tableaux qu’il avait vendu et en même temps, elle a poursuivi le travail philanthropique que les Zorn avait lancé ensemble. (De Zorn Collections – Mora)

Anders Zorn - nakenstudio, 1910Anders Zorn – nakenstudio, 1910

Anders Zorn - nakenstudio, 1910

Anders Zorn - femme nue, 1910

Anders Zorn – femme nue, 1910

Anders Zorn - Dagmar, 1911

Anders Zorn – Dagmar, 1911

Anders Zorn - Dagmar, 1911 – détail

Anders Zorn - unknow, 1912Anders Zorn – unknow, 1912

Anders Zorn - Two friends

Anders Zorn – Two friends

Zorn - Sandham study

Anders Zorn – Sandhamn study, 1914

Anders Zorn - Old Soldier, 1911

Anders Zorn – Old Soldier, 1911

Anders Zorn -  Frida, 1914

Anders Zorn –  Frida, 1914

Anders Zorn (1860-1920) - Autoportrait, 1915

Anders Zorn (1860-1920) – Autoportrait, 1915

    Dans « l’autoportrait en rouge » créé cinq ans avant sa mort, l’artiste pose dans une grange rustique. Vêtu d’un ample costume trois pièces taillé pour contenir son impressionnant embonpoint, il est l’image même des gros chats qui l’ont rendu riche. Ce portrait et son décor se veulent synthétique de sa vie qui a débuté dans la pauvreté, lorsqu’il  avait du abandonner son école d’art où il apprenait la sculpture sur bois et qui s’est terminée dans la réussite financière et la reconnaissance sociale.  Vivant dans le luxe et ne se refusant rien, Zorn a vécu intensément, voyageant sans cesse, fumant beaucoup, croquant la vie avec gourmandise et excès, c’est sans doute ce qui l’a tué prématurément à soixante ans.

Anders Zorn - Ols Maria, 1918

Anders Zorn – Ols Maria, 1918

Anders Zorn - I Sangkammaren, 1918

Anders Zorn – I Sangkammaren, 1918

Anders Zorn - studio idyll, 1918

Anders Zorn – studio idyll, 1918

Anders Zorn - akitchen maid, 1919

Anders Zorn – akitchen maid, 1919

Anders Zorn

Anders Zorn – Balans, 1920

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3 réflexions au sujet de « Anders Zorn, peintre suédois (1860-1920) : les jeux de la lumière sur l’eau et la peau … – (I) Biographie »

  1. Ping : Visite de l'exposition Anders Zorn -

  2. Ping : Les splendeurs d’Anders Zorn | Les éditions du faune

  3. Ping : Carnet de découverte : Anders Zorn au Petit Palais - Theconceptbook

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