L’esprit des lieux : New-York, le Brooklyn Bridge – (III) un poème d’Enki

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Nina Papiorek - Brooklyn Bridge

Brooklyn Bridge

Sous le ciel gris de l’East River
S’étire le songe d’un rêveur.
Sur de hautes arches ogivales
on a tendu une immense toile
tressée de mille et un fils d’acier,
pour piéger, certains le prétendent,
les grands oiseaux marins
venus de l’horizon lointain.

Vous n’aurez jamais pu admirer,
John Augustus Roebling le rêveur,
le Brooklyn Bridge en sa splendeur.
Le rêve beaucoup trop grand, aura,
une fois encore, dévoré son enfant.

Les filins tressés n’ont attrapés
aucun des oiseaux convoités.
Ils volent trop haut dans les nuées…
Les américains sont pragmatiques,
ils ont alors décidé d’accrocher
sous l’immense toile inexploitée
un long ruban tout en acier;
et l’on peut désormais passer
de Manhattan à Brooklyn, à pied…

                   Enki    12 février 09 

Brooklyn Bridge, 1914

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