Home, sweet home – Douglas House à Harbour Springs (Michigan), architecte Richard Meier

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Richard MeierRichard Meier en 1967

   Richard Meier est né en 1934 à Newark, New Jersey (États-Unis). En 1963, il crée son agence dans son appartement de New York, sa première commande étant une maison pour ses parents à Essex Fells, New Jersey (États-Unis). En parallèle à son activité d’architecte, il enseigne à la Cooper Union (1962-1973), à Yale (1975-1977) puis à Harvard (1980-1981). Il est l’auteur de plusieurs maisons particulières dont la célèbre Douglas House à Harbour Springs (1973), somptueuse demeure qui surplombe le Lac Michigan. Son travail sur la lumière, la couleur blanche, l’espace et la forme le rapproche de Le Corbusier. Il s’est forgé une solide réputation en matière muséographique. Il construisit pour la première fois en France en 1989, à l’issue du concours pour la réalisation du siège de Canal+, Quai André Citroën. Il obtient le Prix Pritzker en 1984, et exerce dans le cadre de l’agence Richard Meier & Partners.

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Richard Meier – Douglas House

Richard Meier - Douglas House

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La Douglas House à Harbour Springs (Michigan)

    Cette maison, construite au début des années soixante dix  à Harbor Springs, Michigan pour Jim et Jean Douglas est l’œuvre culminante de la première période que l’on peut qualifier de rationaliste de réalisations architecturales de Meier où toutes les idées qu’il avait développé précédemment dans les expériences réalisées dans les maisons unifamiliales ont abouties à une structure plus équilibrée et imaginative. Elle est devenu un symbole de cette période de rationalisme et a été classée en 2007 par l’American Institute of Architects comme l’une des 150 meilleures réalisations dans sa liste des « architectures préférées de l’Amérique ».

   La maison a été bâtie sur les pentes d’une colline boisée dominant le lac Michigan.  Certains critiques l’ont présentée comme « flottant » sur la cime des arbres. Pour notre part, elle nous semble plutôt « jaillir » du sous-bois comme si elle voulait s’en extraire pour accrocher la lumière et la vue.  la maison est une structure parallélépipédique verticale en béton qui se développe sur 5 niveaux . Les premiers niveaux sont constitués d’une lourde enveloppe close en béton armé qui a pour mission d' »ancrer » la maison dans la pente. Les niveaux supérieurs se développent dans une structure de béton, de métal et de verre qui contraste violemment avec son assise en béton armé et apparaît comme une structure cristalline et légère qui chercherait à s’extraire de la gangue lourde et massive incrustée dans le sol. Les pièces de vie sont aménagées dans les niveaux supérieurs et bénéficient, grâce aux immenses baies vitrées, d’un éclairement maximum et de la vue sur le lac Michigan. Les parties en béton des façades sont peintes en blanc, ce qui confère à l’ensemble un aspect immaculé qui renforce encore le contraste avec l’environnement naturel.

    Richard Meier déclare lui-même qu’il n’a pas cherché à fondre la construction dans le paysage mais tout au contraire à créer avec celui-ci un fort contraste visuel. L’architecte décrit ainsi la relation qui unit son œuvre à la nature qui l’entoure :

   « Sur la raideur de la pente dominant l’eau, la maison semble avoir été déposée sur le site et abandonnée tel une sorte d’objet manufacturé qui aurait atterri dans un environnement naturel. Le dialogue dramatique entre la blancheur de la maison et les bleus et les verts primaires de l’eau, les arbres et le ciel permet à la maison non seulement d’affirmer sa présence, mais d’améliorer, par contraste, la beauté de son environnement naturel « . (Richard Meier, architecte. New York: Oxford University Press, 1976. p.87)

coupe transversale sur le terrain

Douglas House - Coupe transversale (crédit Mark Turibius Jongman-Sereno)

Douglas House – Coupe transversale (crédit Mark Turibius Jongman-Sereno)

Douglas House - vue axonométrique

    L’architecte enfonce encore le clou lorsqu’il assume, auprès de ses enfants, le choix de la couleur blanche qui augmente encore l’impact de la construction sur son environnement :

    « Une conversation en cours que j’avais eu avec mes enfants, Joseph et Ana, au cours de la dernière année, tournait autour de la question : « Quelle est ta couleur préférée ? « … Alors, deux d’entre eux se tournent vers moi et disent: ‘Papa, quelle est ta couleur préférée ? Chaque fois que nous jouions à ce jeu, ma réponse était la même: Blanc.
    «Mais papa, disait Joseph, tu ne peux pas choisir blanc. Blanc n’est pas une couleur, le blanc n’est pas dans le ciel, tu dois choisir une couleur qui est, comme le rouge ou vert ou bleu ou jaune. Et j’expliquais alors, à chaque fois, que le blanc était la couleur la plus merveilleuse de toutes, parce que dans ce l’on peut y trouver toutes les couleurs de l’arc en ciel « . (Richard Meier. de Richard Meier. Richard Meier: Architecte 1964-1984. p.8.)

    Cette anecdote est révélatrice de l’idéologie et de l’attitude des architectes se rattachant au mouvement rationaliste. Pour ces architectes, qui défendaient une architecture fondée sur des concepts nouveaux tels que la réalisation d’un espace créé de manière libre à partir des besoins réels et des possibilités offertes par les nouvelles structures et les matériaux modernes, le rejet de toute ornementation superfétatoire, l’assujettissement des formes aux fonctions, l’architecture était un combat et chaque construction était étudiée pour être un « manifeste » des idées nouvelles. De là, une certaine affirmation voire une agressivité vis à vis de l’architecture traditionnelle et de l’environnement. Le choix de la couleur blanche faisait partie de cette stratégie. En dehors de l’architecture méditerranéenne, le blanc était peu utilisé dans l’architecture occidentale, les façades exprimaient les teintes naturelles des matériaux utilisés dans leur construction (marbre, calcaire, granit, molasse, briques, etc..), ou bien des teintes naturelles pour leurs enduits (ocre, pastels ou blanc cassé). Par l’utilisation du blanc pur, les nouvelles constructions se distinguaient du tout-venant et accédaient au statut d’œuvre d’art à l’instar de ces sculptures antiques au marbre immaculé.

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Meier - Douglas House - passerelle d'accès au dernier niveau

Douglas House – passerelle d’accès au dernier niveau

Richard Meier - Douglas house - plan de toiture avec passerelle

Richard Meier – Douglas house – plan de toiture avec passerelle

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Plan et aménagement intérieur

    Pour les volumes intérieurs, Richard Meier a créé de riches compositions formelles. L’accès à la maison s’effectue à deux niveaux différents par l’intermédiaire de passerelles, à la façon de pont-levis donnant accès à une tour. L’entrée principale s’effectue à l’arrière de la construction par un volume étroit et sombre qui débouche sur le grand espace vitré qui se développe sur deux niveaux. Cette organisation de l’espace crée pour les arrivants un effet de surprise et d’éblouissement.

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Richard Meier

   Si la façade côté lac est largement vitrée et abrite les pièces de vie, la façade arrière qui donne sur le versant de la colline ne possède que de petites ouvertures et abritent selon les niveaux, les chambres, les sanitaires et la cuisine. Pour ne pas obstruer la vue sur le lac, les escaliers ont été positionnés aux angles de la construction côté colline. Richard Meier s’est également occupé de l’ameublement la maison pour ses clients, Jim et Jean Douglas, il a conçu une partie du mobilier lui-même et s’est aussi inspiré de dessins de Le Corbusier et Mies van der Rohe.

Richard Meier - Douglas House - niveau  supérieur d'entréeRichard Meier – Douglas House – niveau  supérieur d’entrée

Richard Meier - Douglas House - niveau supérieurRichard Meier – Douglas House – niveau supérieur

Richard Meier - Douglas House - niveau intermédiaireRichard Meier – Douglas House – niveau intermédiaire

Richard Meier - Douglas House - niveau inférieur

Richard Meier – Douglas House – niveau inférieur

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2 réflexions au sujet de « Home, sweet home – Douglas House à Harbour Springs (Michigan), architecte Richard Meier »

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