aube, aurore, dawn – Un peu d’étymologie…

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Lac d'Annecy : Dents de Lanfon et Tournette – 31 mars 2015 à 7h 42 – IMG_7930

Lac d’Annecy : Dents de Lanfon et Tournette à l’aube le 31 mars 2015 à 7h 42

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aube : moment où la lumière du soleil commence à blanchir, du latin tardif alba « de couleur blanche » noté en 1080 lui-même issu du latin albus de sens (1) blanc, (2) pâle, blême, effrayé, pâli,  (3) pur, serein, clair, limpide, (4) heureux, favorable, propice. Le latin albus est lui-même dérivé d’un indo-européen commun *albho : « blanc » qui a donné l’ombrien alfu, le sabin alpus « blanc », le grec ancien ἀλφός, alphos, « blancheur, lèpre blanche » , l’ancien haut allemand Elbiz « cygne », l’anglais elf, « elfe » ; d’où quelques toponymes comme Alba Longa, Albunea, Alpes en raison de leurs sommets blancs, Albion en raison de ses falaises de craie.

aurore :  lueur brillante et rosée qui paraît dans le ciel avant que le soleil ne soit sur l’horizon et par extension, moment du matin où cette lumière apparait,aube, point du jour mais aussi par dérivation, Orient, Est, point du ciel où le jour se lève. Issu du latin aurora, adjectif formé comme sonorus, decorus. Le primitif est un substantif inusité *ausos de l’indo-européen commun *h₂ewsṓs (« aurore ») qui donne le grec ancien Ἠώς, Êốs : « Aurore » et ἠώς, êốs : « aurore », le sanskrit उषस्, uṣás : « aube ». *Ausosa est devenu aurora par rhotacisme. Pour des explications détaillées sur le rhotacisme en latin, voir « r » en latin… II est probable que Aurōra était d’abord le nom de la divinité qui présidait à la naissance du jour : c’est ainsi qu’à côté de flos on a le nom de la déesse Flora, puis le nom de la divinité s’est pris pour la chose elle-même. Notons enfin que le radical de *aus donne aussi aurum (« or ») et est sans doute lié à uro (pour *uso) → voir aestas, aestus et austerus.

Aurora

    Dans la mythologie romaine, Aurore (ou Aurora) est la déesse de l’Aurore, équivalente de la grecque Éos, fille des Titans Hypérion et Théia, et sœur de Sol (le Soleil) et de Luna (la Lune). Un jour pourtant, elle a une coupable aventure avec Arès. Cela rend jalouse la belle Aphrodite ce qui déchaîne son courroux. Éos se voit donc condamnée à aimer perpétuellement les mortels et à avoir de multiples enfants de ces fugitives liaisons… Éos tomba également amoureuse d’un mortel nommé Tithon dont elle eut deux fils : Memnon, roi d’Éthiopie et Émathion dont la mort lui fut si difficile à supporter que ses larmes abondantes produisirent la rosée du matin. Mais tandis qu’Éos voyait sa jeunesse préservée, Tithon, lui, se mit à vieillir. C’est alors qu’Éos demanda à Zeus d’accorder l’immortalité à son amant. Malheureusement elle oublie de lui demander son éternelle jeunesse. Il avança en âge, devenant de plus en plus vieux et raide, sans pour autant pouvoir franchir les portes de la Mort, condamné malgré ses supplications à vivre cet éternel supplice. Selon une variante de la légende, Aurore finit par le transformer en sauterelle. Par la suite, elle enleva Orion et beaucoup d’autres. Elle a également une très nombreuse descendance : son union avec Astraeos, le Vent du crépuscule, dont naquirent l’Étoile du matin (Eôsphoros / Lucifer), les Vents du Nord, de l’Ouest et du Sud, et les Astres.
    Chaque matin cette déesse ouvrait les portes du jour. Après avoir attelé les chevaux au char du soleil, Hélios, elle montait sur son char tiré par des chevaux ailés : Phaéton et Lampos puis elle accompagnait le soleil sous le nom d’Héméra jusqu’au soir pour ensuite prendre le nom d’Hespéra. Elle terminait sa course dans l’Océan occidental. Homère lui donne deux chevaux, qu’il nomme Lampos et Phaéton, et la dépeint avec un grand voile sombre jeté en arrière, ouvrant de ses doigts de rose la barrière du jour.
                     Crédit Wikipedia et Wiktionnaire.

    Pour plus de précisions sur les divinités indo-européennes liées au lever du jour et au ciel, lire l’article très complet et très intéressant « De la déesse de l’aurore » de l’historien Thomas Ferrier sur son blog LBTF, c’est ICI.

dawn : le dictionnaire étymologique Merriam-Webster donne peu d’informations sur l’origine du mot anglais anglais dawn qualifiant l’aube. Il en fait remonter l’origine au moyen-anglais dawnen, qui relèverait lui-même d’un dérivé tardif de dawning, dawening, « aube », « commencement », résultants, sans doute sous l’influence de evening,  d’une déformation de dawing lui-même issu du vieil anglais dagung formé par dagian, to dawn + -ung,-ing.
    Le dictionnaire renvoie également au terme daw, parfois dew, issu du moyen anglais dawen, dagen, issus du vieil anglais dagian semblable au vieux haut germanique tagen, aube, vieux norse taga, orée du jour.
    Le dictionnaire fait également référence à une auge signification de dawn qui qualifie une couleur se rapprochant du rose  : « a moderate pink that is yellower and less strong than arbustes pink and bluer and stronger than hydrangea pink », or il existe une forme du mot daw issu du gaélique dath (formes irlandaise et écossaise) connu également en vieil irlandais qui signifie couleur, tâche (mais aussi agréable pour le cas du vieil irlandais) en rapport avec la couleur  jaune et rose. 
   On a vu qu’en latin également, le mot qui donné son nom à l’aube, albus, « blanc, pur »  possède un sens de « heureux, favorable, propice » et que le mot aurore s’applique également a une couleur jaune dorée : « couleur d’aurore. Taffetas, satin couleur d’aurore. Un ruban aurore, du satin aurore, etc. »

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2 réflexions au sujet de « aube, aurore, dawn – Un peu d’étymologie… »

  1. « Ô lac! rochers muets! grottes! forêt obscure!
    Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir! »

    Merci pour tous ces trésors que vous déposez sur votre site enchanteur
    Kristian

    • Je ne sais pourquoi, Lamartine, après avoir été, au cours de mes études secondaires, l’un des poètes qui m’avaient ouvert l’esprit à la contemplation et la célébration de la Nature, ne m’inspire plus guère aujourd’hui. Je trouve sa poésie trop guindée, trop construite. mais ceci est un reproche que l’on peut faire à tous les romantiques français, poètes et peintres, qui, à la différence des romantiques allemands, ont privilégié le style et le formalisme plutôt que l’expression jaillissante des sentiments… En tout cas merci pour vos commentaires et votre fidélité.. Enki

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