Athéisme

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Athéisme

     L’athéisme est une attitude ou une doctrine qui ne conçoit pas et nie l’existence de  quelque dieu, divinité ou entité surnaturelle que ce soit, contrairement, par exemple, au déisme et au théisme qui soutiennent ces existences, à l’agnosticisme qui refuse de prendre parti dans les débats métaphysiques considérant que personne ne peut répondre à ces questions et au panthéisme qui considère que Dieu peut exister partout dans l’univers et se confondre avec lui. C’est une position philosophique qui peut être formulée ainsi : il n’existe rien dans l’Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent un « dieu », ou « Dieu ».

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

athéisme

Article de Pierre Haski dans le site  l’OBS Rue89 du 18/01/2015

    C’est une carte publiée en 2013 par le Washington Post, sur la base d’une étude de 2012 de l’institut de sondage Gallup. La fiabilité des données n’est sans doute pas la même d’un pays à l’autre (l’institut a interrogé 40 000 personnes dans 40 pays), mais elle donne une idée des décalages dans le monde sur une question au cœur des soubresauts actuels de la planète : l’athéisme. Selon cette étude, la moyenne mondiale de l’« athéisme convaincu » ne s’élèverait qu’à 13%, soit moitié moins qu’en France. Dans son étude, l’institut Gallup a fait la distinction entre les personnes qui se disent « religieuses », « non religieuses » et « athées convaincues ». La majorité des personnes interrogées, 59%, se dit ainsi « religieuse », 23% « non religieuse », et seulement 13% « athée convaincue ».

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GLOBAL INDEX OF RELIGION AND ATHEISM (WIN-Gallup International, 2012)

    L’étude réalisée par gallup  (c’est ICI , en anglais) fait apparaître le pourcentage de gens qui se disent « athées convaincus » dans les 40 pays sélectionnés (laissant donc une bonne partie du monde en « gris »). On notera également que la graduation va de 0 à 49,9% de la population, laissant entendre qu’elle n’est nulle part supérieure à 50%. Le champion du monde de l’athéisme est la Chine, avec 47% d’athées, sans surprise au pays du président Mao, lui-même érigé au rang de demi-dieu, même si on a constaté ces dernières années une poussée du christianisme dans toutes ses variantes, notamment évangélistes. La France, pour sa part, est quasi-championne d’Europe, en faisant apparaître 29% d’« athées convaincus », juste derrière le cas inattendu de la République tchèque avec 30% d’athées. 

    Le reste de l’Europe, l’Amérique du nord (il faut relire la note de blog d’Hélène Crié-Wiesner sur les discriminations dont souffrent les athées aux Etats-Unis), ou encore la Russie, sont dans les catégories inférieures, très minoritaire, 5 à 9%, ou 10 à 19% pour nos voisins allemands. Sans surprise, les pays majoritairement musulmans présents sur la carte sont, eux-aussi, très minoritairement athées, avec quand même 5% d’athées convaincus en Arabie saoudite, ce qui ne va pas de soi ; même si on atteint là les limites du sondage puisque l’athéisme constitue dans la plupart d’entre eux un crime de blasphème passible de la peine de mort. A noter également le faible taux d’« athéisme convaincu » dans des pays plus ouverts comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, avec des taux inférieurs à 10%, ou carrément de 1% au Nigeria, théâtre actuel d’affrontements violents avec le groupe djihadiste Boko Haram.

Le top 10 des pays athées dans le monde (Gallup)

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Dieu, une création humaine ( un texte du site athéism.org, c’est ICI )

Blaise Pascal (1623-1662)

Blaise Pascal

     Au dilemme de décider s’il devait s’abandonner à la croyance en un dieu ou adopter un athéisme sage, Blaise Pascal opta pour l’hypothèse religieuse, un choix gage, selon lui, de meilleures garanties dans le cas d’une victoire de la thèse adverse. En effet, nul destin funeste ne conclura la vie d’un croyant si « Dieu » ne s’avère être qu’un concept purement imaginaire. Par contre, l’athée sera soumis aux pires souffrances si existe l’au-delà infernal promis par les religions. Pascal jugea donc plus astucieux d’admettre la solution divine.
    S’en remettre à « Dieu » sans exclure l’hypothèse contraire de l’athéisme ne relève pourtant pas d’une spiritualité très sûre de ses préceptes. N’admettre « Dieu » qu’en raison des tourments dont pourraient pâtir les athées témoigne en fait d’une bonne connaissance des pratiques religieuses, toujours fondées sur une mécanique articulée autour de la soumission, la récompense et la punition.
     Le pari de Pascal peut alors être inversé pour rejeter précisément la croyance en « Dieu » en vertu des souffrances endurées par l’humanité depuis des millénaires que perdure cette démission de la raison à s’inventer un ou plusieurs dieux supposés pacifiques. Abuser le croyant par des légendes absurdes pour mieux le soumettre aux dogmes et au pouvoir d’une caste, tels furent l’essence et le projet politique des doctrines religieuses.
     Christianisme, islam et, aujourd’hui, judaïsme marquent une similitude dans leur propagation guerrière qui n’a d’égale que leur refus de laisser l’individu, homme et surtout femme, décider seul de la conduite de sa propre vie pour l’assigner dans un statut éternellement infantile. Car les religions, créées, organisées et propagées par et pour les mâles, ont toujours abhorré la femme, bouc émissaire de toutes leurs perversions. Le Coran, la Bible et les textes fondateurs du bouddhisme abondent de versets signifiant à la femme sa nocivité et ne lui accordent d’utilité que la mission de son ventre.
     Mais ne s’agit-il pas là simplement d’excès inhérents à toute activité humaine? La lecture de la Bible et du Coran rejette cet ultime sauvetage: la violence religieuse est moins une extrapolation hasardeuse que la traduction en actes des multiples versets appelant au rejet et au meurtre des incroyants et des adeptes d’autres fois. On chercherait en vain dans la Bible et le Coran une théologie cohérente de la paix et de l’amour. Le judaïsme ne fait pas exception étant lui-même basé sur la notion, raciste par définition, de peuple élu.
     Les textes montrent en outre un caractère spécifiquement humain, rien de divin dans leur confection. Une soixantaine d’évangiles existaient dans les premiers siècles de la chrétienté et leurs incompatibilités contraignirent l’Église à ne conserver que les quatre actuellement vénérés. Le Coran a connu lui aussi de nombreuses versions dont certaines sont parvenues jusqu’à l’époque actuelle en dépit du saccage ordonné par Uthman. Ouvrages écrits par des communautés peu instruites, Bible et Coran ne sauraient donc surprendre par leur violence et leur pauvre contenu philosophique. Jamais les anciens grecs n’eurent à craindre la concurrence philosophique des livres dits « sacrés ».
    Les religions dépossédées de leur illusion de pureté originelle et de tolérance, reste l’hypothèse divine dont les athées seraient tenus de démontrer la fausseté. Mais pour en démontrer l’impossibilité, une définition unique de « Dieu » est préalablement nécessaire. Or chaque croyant dispose de sa propre conception de la divinité, hormis ceux, très majoritaires, ayant hérité de la religion de leurs parents par conformisme familial ou social.    L’immense variété des définitions de « Dieu » suffit à convaincre de l’incohérence du recours à une intervention irrationnelle dans les vies humaines. « Dieu » est une création humaine, pas le contraire.

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Enseigner le fait athée ! (Texte extrait du livre de Michel Onfray, La philosophie féroce, Galilée 2004). 

Michel Onfray

Michel Onfray

     Oui, je sais, je professe un antichristianisme primaire… Mais je suis preneur d’informations sur l’antichristianisme secondaire ! Chaque fois que j’ai souhaité m’entretenir avec un vendeur d’arrière-monde juif, chrétien ou musulman – ils vendent les mêmes tapis -, je n’ai rencontré que des gens doués d’une bonne mémoire, mais qui la plupart du temps mettent leur intelligence sous le boisseau… Mémoire des lieux communs enseignés et écrits dans la chair de leur enfance ; et refus de penser pour mieux entretenir leurs illusions.
     Les temps sont durs pour les athées radicaux. Ainsi faudrait-il prendre position pour ou contre l’enseignement du fait religieux à l’école. Admirez d’abord l’euphémisme : le fait religieux ! On ne dit pas le catéchisme ou l’histoire sainte, qui sentent trop l’encens et la fumée des cierges, mais le fait religieux, car la formule rappelle le fait sociologique de Durkheim, donc le parfum de craie et de tableau noir des hussards de la République !
      Dans cette école où l’on n’apprend plus à lire, à écrire et à compter – ne rêvons pas qu’on y apprenne à penser… -, où l’illettrisme ne concerne plus seulement les élèves, mais aussi une partie des enseignants, dans cette école, donc, il manquerait un enseignement, notamment celui de la religion judéo-chrétienne ! Je rêve…
      Et pour y enseigner quoi, et comment ? Un fils de Dieu qui marche sur les eaux, puis ressucite le troisième jour après crucifixon ? Qui raconterait les bobards pour les enfants que sont les interdictions d’utiliser un interrupteur électrique les jours de shabbat ? Ou qu’au paradis on boit du vin à flots, mais pas sur terre ? Un Dieu qui ouvre la mer en deux pour permettre le passage de son peuple, un autre qui réserve des vierges en quantité pour le lit du fidèle qui prend place près du Prophète après avoir trucidé un maximum d’innocents – pourvu qu’ils ne croient pas à ses balivernes ?
      Que ces histoires pour les enfants soient racontées par les familles, soit. Elles transmettent déjà assez de sottises, elles peuvent continuer sans qu’on les inquiète ! Mais que l’école s’y substitue sous prétexte de fabriquer du lien social, de rendre possible l’accès à la culture universelle ou de mettre au jour les fondations de notre civilisation, voilà autant de cache-sexes pour dissimuler le retour du prêtre à l’école.
     Au bout du compte, derrière ces fabulations apparemment inoffensives, il s’agit toujours de promouvoir la morale judéo-chrétienne ou celle des musulmans qui, sous d’apparentes divergences, enseignent une même haine de la femme, de la vie, de l’ici et maintenant, de l’infidèle, de l’incroyant ou de l’athée. Toutes justifient le passage sur terre comme une punition, une vallée de larmes, une occasion d’expier. Les trois comptabilisent chaque jour des morts infligés au nom de leurs livres saints. Au vu de l’état du monde, l’urgence me semble plutôt l’enseignement du fait athée !

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Michel Onfray et le Traité d’athéologie

Athée et fier de l’être, Salvatore Pertutti, l’homme qui a porté plainte contre la Bible et le Coran pour propos sectaire, homophobe, sexiste et appels au meurtre… 

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2 thoughts on “Athéisme

    • Dois-je vraiment tenter de fermer les guillemets que vous avez laissé ouverts ? Certains pensent que le simple fait de se poser la question de Dieu est déjà reconnaître son existence… Croire et ne pas croire : deux fois qui s’opposent de manière égale et douter c’est déjà croire. Je botte donc en touche en choisissant de prendre la pause (ou la pose)…
      Enki »

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