Un barrage contre l’Atlantique : la dernière maison de Holland Island (Maryland)

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La dernière maison de Holland Island

    Construite en 1888, cette maison victorienne a bravé les éléments et a combattu durant plus d’un siècle l’érosion du littoral de Holland Island dans la baie de Chesapeake. Malgré les efforts des anciens résidents de la maison et du propriétaire Stephen White pour protéger l’île afin de la sauver, les eaux ont été victorieuses et les ont submergées toutes les deux.
    Ce qui suit est l’histoire de de la lutte d’un homme qui a entrepris une lutte désespérée pour sauvegarder ce à quoi il tenait plus que tout : son passé…

Holland Island - Naissance d'un village

Holland Island – Naissance d’un village

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    La première occupation humaine date des années 1600, Holland Island a reçu son nom du propriétaire de l’île, le colon Daniel Holland. Pendant près de deux siècles, la vie s’est déroulée sans incident pour la petite île dont les rives n’étaient occupées que par un seul village de taille minuscule. Puis, dans les années 1850, on assista à un boom de la pêche et de l’agriculture dans la région de Chesapeake qui apporta un certaine prospérité dans l’île. Quarante années plus tard, il y avait dans l’île une importante communauté de bateliers et à l’orée du vingtième siècle, en 1910, l’île abritait 360 habitants, ce qui en faisait l’île la plus peuplée de la baie de Chesapeake. À l’apogée de sa prospérité, Holland Island comptait plus de 70 constructions comprenant des commerces, une école, un bureau de poste, plusieurs magasins généraux et une église. L’île avait aussi son propre médecin, un centre communautaire, et même une équipe de baseball qui voyageait par bateau pour participer à des matchs à l’extérieur.
  Près de 90 navires mouillaient à Holland Island, dont les propriétaires s’attachaient à bâtir leurs fortunes par la pêche, le piégeage des crabes ou la collecte des huîtres.

Holland Island tel qu'elle était encore le 18 Octobre 1953

Holland Island tel qu’elle était encore le 18 Octobre 1953

carte de Holland Island     Une des caractéristiques géologiques des îles de la baie de Chesapeake est que leur sol est constitué de boue et de limon déposés par les glaciers de l’époque glaciaire lors de la fonte des glaces. Cette particularité rend une île comme Holland Island plus sensible à l’érosion des berges causée par l’assaut permanent des vagues. Ainsi, le processus d’érosion qui s’est développé depuis des milliers d’années a peu à peu grignoté le socle terreux de l’île. Ce processus s’est accéléré ces dernières années avec la montée du niveau de l’océan résultant du réchauffement climatique.
    C’est au cours de l’année 1914 que les habitants de l’île ont commencé à sérieusement s’inquiéter en assistant à la submersion de pans entiers de rivages. Des travaux de consolidation des rivages ont alors été menés et des dépôts de pierres importées du continent ont été mis en place pour constituer des digues et des brise-lames. On a également sabordé des navires pour amortir le choc des vagues mais tous ces efforts se sont révélés inutiles.

    Cette situation a obligé la majorité des habitants à démonter leurs maisons pour les reconstruire sur le continent mais certains îliens sont restés dans l’espoir de la venue d’un hypothétique miracle mais ce dernier espoir s’est envolé sous l’effet de la tempête tropicale de 1918 qui a fortement endommagé l’église. Durant quelques années encore l’île a été partiellement occupée lors de la période de pêche mais a finalement été totalement désertée en 1922 après la fermeture de l’église.

Google Map - carte et vue satellite montrant l'érosion

Google Map – carte et vue satellite montrant l’érosion

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Un barrage contre l’Atlantique

hi-stephen-white    Le sort de l’île paraissait définitivement scellé et pendant les années qui suivirent l’action destructrice de la nature suivit son cours inexorable de délitement et d’anéantissement. Mais en 1995, un événement que l’on avait plus connu depuis longtemps vint troubler la tranquillité de ce qui restait de l’île… L’homme était de retour sur l’île et pas seulement de manière momentanée comme le faisaient les quelques pêcheurs ou navigateurs qui venaient jeter parfois l’ancre sur son rivage. Non, l’homme était de retour et était là pour y rester dans la ferme intention de contrecarrer l’œuvre de la nature sinon du Seigneur. L’homme en question s’appelait Stephen White, et en matière de navigation et de relation avec le Seigneur, il s’y connaissait puisque il était ancien batelier et pasteur méthodiste et connaissait bien l’île pour y avoir passé son enfance. Il venait d’acheter ce qui restait de l’île pour 70.000 dollars dans le but de la sauver et avait créé afin de parvenir à cet objectif une association : la Fondation Holland Island Preservation.

Stephen White avec en arrière-plan son île

Stephen White avec en arrière-plan son île

    S’engagea alors une lutte titanesque et inégale contre l’océan. Stephen White, aidé par son épouse, construisit tout d’abord des brise-lames en bois mais les vagues les détruisirent. Il les remplaça alors par le dépôt de sacs de sable qui finirent par percer et se dissoudre dans l’océan. Il remplaça alors les sacs de sable par des tonnes de roches importées du continent. Au total 23 tonnes de roches furent déposées sur le rivage mais là également, en vain. C’est alors qu’il apporta un engin de terrassement et se mit à créer des digues de fortune pour contrer l’action des vagues et protéger le rivage mais comme le reste, ces barrières dérisoires furent emportées par les flots. Dans un ultime recours recours, il alla jusqu’à saborder une vieille barge à proximité de la maison pour la protéger mais là encore sans succès. La maison fut envahie par les eaux. Au total Stephen White avait consacré 15 années de sa vie à lutter contre le destin et dépensé en pure perte plus de 150.000 dollars.

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L’agonie de la maison

l'engin de terrassement (2)

La dernière maison de Holland Island avec l’engin de terrassement de White

Holland Island - photo Jay Fleming

l’agonie de la maison – photo Jay Fleming

Holland Island

Holland Island avec sa barge de protection dernière trace de ce qui fut la maison

à gauche, la maison encore debout protégée par sa barge (rectangle orange) – à droite tout ce qui reste comme traces de la maison après sa submersion.

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article lié

La Ballade de Holland Island House, un court-métrage d’animation réalisé par l’américaine Lynn Tomlinson sur ce thème
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The Ballad of Holland Island House

    La Ballade de Holland Island House, la réalisatrice  Lynn Tomlinson raconte l’histoire véridique d’une maison qui est la dernière de son village à résister à la montée de l’océan sur une île de la baie de Chesapeake. Après une longue lutte, elle finira par disparaître à son tour dans les flots. Dans la ballade chantée qui accompagne les images, la maison raconte l’histoire de sa vie avec les créatures qu’elle a côtoyé et abrité au cours de son voyage depuis sa vie originelle en tant qu’arbre, puis en bois de construction jusqu’à son ultime retour à la nature. Ce film est une interrogation sur le temps, le changement de l’environnement et la montée du niveau des océans.

C’est ICI

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meraviglia

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Louise Elisabeth Vigée Lebrun  - Duchesse de Polignac (détail), 1782-

Louise Elisabeth Vigée Lebrun  – Duchesse de Polignac (détail), 1782

« Je tâchais, autant qu’il m’était possible, de donner aux femmes que je peignais l’attitude et l’expression de leur physionomie ; celles qui n’avaient pas de physionomie, on en voit, je les peignais rêveuses et nonchalamment appuyées. »

Louise Elisabeth Vigée Lebrun  - Duchesse de Polignac, 1782-

 Duchesse de Polignac (1782). Huile sur toile, 92,2 × 73,3 cm, Château de Versailles. Yolande Martine Gabrielle de Polastron (1749-1793), comtesse puis duchesse de Polignac, marquise de Mancini, est l’amie et confidente de la reine Marie-Antoinette. En 1782, elle obtient la charge de gouvernante des enfants royaux.

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Présents, ils sont absents…

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Présents, ils sont absents…

    C’est le titre du chapitre premier d’un livre du philosophe François Jullien sur le thème de la « philosophie du vivre » (folio essais, Gallimard, 2011, 2015). Ce titre s’applique aux touristes et à tous ceux qui sont physiquement dans un lieu dans lequel ils ont choisi d’être parce qu’ils le valorisent ou bien que la société valorise mais qui paradoxalement entretiennent avec ce lieu une relation d’évitement en refusant de reconnaître sa réalité profonde et ses potentialités cachées. Voici ce que François Jullien écrit à ce sujet :

L’évitement du monde
    Cette scène, nous l’avons tous vue, typée, fatale, imperturbablement répétée. Mais suffira-t-il d’en sourire ? Les touristes descendent de l’autocar, repèrent d’un coup d’œil ce qu’ils pourront photographier, le mettre en boîte – c’est fait. puis ils s’exclament, respirent, bavardent entre eux : « que c’est beau ! » « Beau » est posé là comme une étiquette sur un paquet – façon de s’en débarrasser. Ils n’ont plus qu’à remonter à leur place : à rentrer soulagés. Ils ont tout fait, en somme, pour se dispenser d’être présents au paysage, passer, mais avec la meilleure volonté du monde, prudemment à côté. Le soupçonnent-ils seulement ? Pour s’épargner l’existence dramatique d’être là, effectivement, regardant et regardant encore – mais s’agit-il seulement de « regarder » ? Plutôt de se laisser saisir – démunir – par ce sur quoi ils sont tombés et qui soudain les accable sous son miracle et pourrait les tenir en suspens, interminablement;, jusqu’au vertige, sans pouvoir s’arracher.

Egypte - Touristes photographiant les Colosses de Memnon

La photographie comme symptôme de la fuite devant la réalité
     On dira bien sûr que cette photographie est prise pour « garder » (se ressouvenir : on la retrouvera plus tard, etc.). (…) Mais garder, vouloir conserver , c’est déjà se protéger devant ce qui soudain assaille, tel ce coin de paysage, et qui, si je m’arrête tant soit peu devant, au lieu de commencer ainsi à le ranger, sitôt m’ébranle, m’émeut jusqu’à l’intolérable. Et de même : être attentif à bien choisir, à bien cadre, s’est se détourner d’emblée de ce que le moindre coin de paysage possède en lui d’infini. donc d’impossible à contenir, à sélectionner. Prendre une photographie, c’est de mettre à couvert, interposer : sed échanger de ce qui, comme une échancrure, s’entrevoit sur le coup d’irréductible et s’impose enfin là, à vue, sans retenue. Face à quoi on photographie pour fuir, c’est-à-dire s’éviter d’« être là », – da sein – une fois, cette fois, qui est unique, devant cet arbre, devant ce champ. Ou plutôt devant « de l’arbre », « du champ ». on photographiera alors pour remettre de l’usage, rebasculer dans l’entendu, le convenu, et boucher de son mieux par où la panique de la rencontre, du heurt, pourrait pointer : pour ne plus s’exposer à ce péril, effectivement, celui d’être auprès, devant, « pré(s)net », ici et maintenant (ou, quand on photographie des visages, l’effet nous en échappe). La photographie – « photo-souvenir » – est l’instrument apprêté pour ce évitement. Sauf à produire une œuvre d’art – mais celle-ci vise alors l’inverse, en quoi elle est « art » non consommable –, cette « prise » de vue sert de paravent pour amortir ce choc et son désarroi : pour réduire l’intrusion d’un dehors, l’effraction d’un présent; pour rétablir ce glissement continu tel qu’intérieur et extérieur – le « moi » / le « monde » – restent à nouveau chacun de leur côté, sagement, dans leur quant-à-soi respectif, avec un minimum d’étanchéité, sans plus déranger.

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Gérard Manset,  » Comme un Lego « 

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le jardin zen du temple Ryôan-Ji de Kyoto : le regard vu par Italo Calvino dans son roman Palomar
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     L’enceinte rectangulaire de sable incolore est bordé sur trois côtés de murs surmontés de tuiles, au-delà desquels verdoient les arbres. Sur le quatrième côté, une estrade aux gradins de bois sur laquelle le public peut passer, s’arrêter et s’asseoir. « Si notre regard intérieur reste absorbé par la vue de ce jardin, explique en japonais et en anglais le prospectus, signé par l’abbé du temple, qui est offert aux visiteurs, nous nous sentirons dépouillés de la relativité de notre moi individuel, tandis que l’intuition du Moi absolu nous remplira d’un étonnement serein, en priaient nos esprits obscurcis. »

pour la suite, c’est ICI

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le jardin comme état d’âme – extrait du roman En Rade de Huysmans (1886)

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Château de Lourps, décor de La Rade

Extrait du roman En rade de Huysmans

     Il demeura ébloui sur le pas de la porte. Devant lui s’étendait une vaste cour bouillonnée par des bulles de pissenlits s’époilant au-dessus de feuilles vertes qui rampaient sur de la caillasse, hérissées de cils durs. À sa droite, un puits surmonté d’une sorte de pagode en tôle terminée en un croissant de fer posé sur une boule ; plus loin, des files de pêchers écartelés le long d’un mur et, au-dessus, l’église dont le profil d’un gris tiède disparaissait, à certaines places, sous la résille vernie d’un lierre, à d’autres, sous le velours jaune souci d’un amas de mousses.
     À gauche et derrière lui, le château, immense, avec une aile d’un étage percée de huit fenêtres, une tour carrée contenant l’escalier, puis, en retour d’équerre, une autre aile, avec les croisées du bas taillées en ogives.
      Et cette bâtisse, cassée par l’âge, tressaillée par les pluies, minée par les bises, élevait sa façade éclairée de croisées à triples croix gondolées de vitres couleur d’eau, coiffée d’un toit en tuiles brunes jaspées de blanc par des fientes, dans un fluide de jour pâle qui blondissait sa peau hâlée de pierres.
      Jacques oubliait la funèbre impression ressentie la veille ; un coup de soleil fardait la vieillesse du château dont les imposantes rides souriaient, comme aurifiées de lumière, dans les murs frottés de rouille par les Y de fer également espacés sur le rugueux épiderme de son crépi.
      Ce silence inanimé, cet abandon qui lui avaient étreint le cœur, la nuit, n’existaient plus ; la vie terminée de ces lieux que dénonçaient des fenêtres sans rideaux ouvrant sur des corridors nus et des chambres vides semblait prête à renaître ; il allait certainement suffire d’aérer les pièces, de réveiller par des éclats de voix la sonorité endormie de ces chambres pour que le château revécût son existence arrêtée depuis des ans.
      Puis, tandis que le jeune homme l’examinait, inspectant la façade, découvrant que l’étage et le toit dataient du siècle dernier, alors que les assises remontaient au temps du moyen âge, un grand bruit le fit se retourner et, levant la tête, il constata que cette tour ronde, entrevue la veille, n’attenait point au château, comme il l’avait cru. Elle était isolée dans une basse-cour et servait de pigeonnier. Il s’approcha, gravit un escalier en ruine, tira le verrou d’une porte et passa le cou.
      Un immense effroi d’ailes s’entre-choquant, éperdues, en haut de la tour, l’étourdit en même temps qu’un vorace fumet d’ammoniaque lui picorait la muqueuse du nez et la frange des yeux. Il recula, entrevit à peine, au travers de ses larmes, l’intérieur de ce pigeonnier, alvéolé comme un dedans de ruche, muni au centre d’une échelle montée sur pivot, et, se retirant, il aperçut une neige de blanc duvet qui tournoyait dans une écharpe de lumière, déroulée d’une lucarne ouverte au sommet de la tour, au ras du sol.
      Tous les oiseaux enfuis du colombier s’étaient réfugiés sur le château et tous battaient de l’aile, s’étiraient, se rengorgeaient, se pouillaient, remuant, au soleil, des dos aux reflets métalliques, des poitrails de vif-argent lustrés de vert réséda et de rose, des gorges de satin frémissant, flamme de punch et crème, aurore et cendre.
       Puis une partie des pigeons s’envola, en cercle, autour des hautes cheminées du faîte et, subitement, la guirlande se rompit et ils s’éparpillèrent de nouveau sur la tour dont le toit se fourra d’un bonnet roucoulant de plumes.
       Jacques tourna le dos au château et, en face de lui, au bout de la cour, il vit un jardin fou, une ascension d’arbres, montant en démence, dans le ciel.
       En s’approchant, il reconnut d’anciens parterres taillés en amandes, mais leur forme subsistait à peine. Des plants de buis qui jadis le bordaient, les uns étaient morts et les autres avaient poussé, ainsi que des arbres, et ils semblaient, comme dans les cimetières, ombrager des tombes perdues sous l’herbe. Çà et là, dans ces antiques ovales envahis par les orties et par les ronces, de vieux rosiers apparaissaient, retournés à l’état sauvage ; semant ce fouillis de vert des rougeâtres olives des gratte-cul naissants ; plus loin, des pommes de terre, venues d’on ne sait où, germaient, ainsi que des coquelicots et des trèfles sans doute sautés des champs ; enfin, dans une autre corbeille, des touffes d’absinthe fouettaient des aigrettes d’herbes folles d’une odorante grêle de pastilles d’or.
       Jacques marcha vers une pelouse, mais le gazon était mort, étouffé par les mousses ; les pieds enfonçaient et butaient contre des souches ensevelies et des chicots enterrés depuis des ans ; il tenta de suivre une allée dont le dessin était visible encore ; les arbres, livrés à eux-mêmes, la barricadaient avec leurs branches.
       Ce jardin avait dû autrefois être planté d’arbres à fruits et d’arbres à fleurs ; des noisetiers gros comme des chênes et des sumacs aux petites billes d’un violet noir, poissés tels que des cassis, emmêlaient leurs bras dans les têtes percluses de vieux pommiers, aux troncs écuissés, aux plaies pansées par des lichens ; des buissons de baguenaudes agitaient leurs gousses de taffetas gommé sous des arbres bizarres dont Jacques ignorait le pays et le nom, des arbres pointillés de boules grises, des sortes de muscades molles, d’où sortaient des petits doigts onglés, humides et roses.
        Dans cette bousculade de végétation, dans ces fusées de verdures éclatant, à leur gré, dans tous les sens, les conifères débordaient, des pins, des sapins, des épicéas et des cyprès ; d’aucuns, gigantesques, en forme de toits pagodes, balançant les cloches brunes de leurs pommes, d’autres perlés de petits glands rouges, d’autres encore granités de bleuâtres boutons à côtes, et ils élevaient leurs mâts hérissés d’aiguilles, arrondissaient des troncs énormes, cadranés d’entailles d’où coulaient, pareilles à des gouttes de sucre fondu, des larmes de résine blanche.
        Jacques avançait lentement, écartant les arbustes, enjambant les touffes ; bientôt la route devint impraticable ; des branches basses de pins barraient le sentier, couraient en se retroussant par terre, tuant toute végétation sous elles,semant le sol de milliers d’épingles brunes, tandis que de vieux sarments de vignes sautaient d’un bord de l’allée à l’autre dans le vide et, s’accrochant aux fûts des pins, grimpaient autour d’eux en serpentant jusqu’aux cimes et agitaient tout en haut, dans le ciel, de triomphales grappes de raisin vert.
          Il regardait, étonné, ce chaos de plantes et d’arbres. Depuis combien de temps ce jardin était-il laissé à l’abandon ? Çà et là de grands chênes élancés de travers se croisaient et, morts de vieillesse, servaient d’appui aux parasites qui s’enroulaient entre eux, s’embranchaient en de fins réseaux serrés par des boucles, pendaient, tels que des filets aux mailles vertes, remplis d’une rustique pêche de frondaisons ; des cognassiers, des poiriers se feuillaient plus loin, mais leur sève affaiblie était inerte à procréer des fruits. Toutes les fleurs cultivées des parterres étaient mortes ; c’était un inextricable écheveau de racines et de lianes, une invasion de chiendent, un assaut de plantes potagères aux graines portées par le vent, de légumes incomestibles, aux pulpes laineuses, aux chairs déformées et suries par la solitude dans une terre en friche.
        Et un silence qu’interrompaient parfois des cris d’oiseaux effarouchés, des sauts de lapins dérangés et fuyants planait sur ce désordre de nature, sur cette jacquerie des espèces paysannes et des ivraies, enfin maîtresse d’un sol engraissé par le carnage des essences féodales et des fleurs princières.
         Mélancoliquement, il songeait à ce cynique brigandage de la nature si servilement copié par l’homme.
         Quelle jolie chose que les foules végétales et que les peuples ! se dit-il ; il hocha la tête, puis sauta par-dessus les branches basses et ouvrit l’éventail des arbrisseaux qui se replia derrière lui, en refermant la route ; il aboutit à une grille en fer. Somme toute, ce jardin n’était point, ainsi qu’il le paraissait, très vaste, mais ses dépendances commençaient derrière la grille ; une allée seigneuriale, dévisagée par des coupes, descendait à travers bois vers une simple porte de chêne, à claire-voie, communiquant avec le chemin de Longueville.
         Il appuya sur cette grille ; elle s’ébranlait mais ne s’écartait pas ; des mousses tuyautées et craquantes l’obstruaient en bas, tandis que des plantes grimpantes enlaçaient ses barreaux autour desquels des clochettes de liserons encensaient le vent d’un parfum d’amande ; il fit de nouveau volte-face, brassa les taillis d’un vieux berceau dont les branches mortes cassaient, en bondissant, comme des éclats de verre, et il finit par atteindre une brèche creusée dans le mur, sortit et se trouva derrière la grille.
          Alors, il aperçut des traces d’anciens fossés dont quelques-uns avaient encore gardé des lambeaux de gargouilles aux gueules bâillonnées par des pariétaires, aux cols ficelés par les cordons des volubilis et les lanières en spirale des lambrusques, et il tomba sur la lisière d’un bois de marronniers et de chênes. Il s’engagea dans un sentier, mais bientôt le chemin devint impénétrable le lierre dévorait ce bois, couvrait la terre, comblait les excavations, aplanissait les monticules, étouffait les arbres, s’étendait en haut, comme un tamis à larges mailles, en bas comme un champ creux, d’un vert noir, jaspé çà et là par l’herbe aux couleuvres d’aigrettes d’un vermillon vif.
         Une sensation de crépuscule et de froid descendait de ces voûtes épaisses qui blutaient un jour dépouillé d’or et filtraient seulement une lumière violette sur les masses assombries du sol ; une odeur forte, âpre, quelque chose comme la senteur de l’urine des sangliers montait de la terre pourrie de feuilles, bousculée par les taupes, ébranlée par les racines, éboulée par l’eau.
          Cette impression d’humidité qui l’avait glacé, la veille, dès ses premiers pas dans le château, le ressaisit. Il dut s’arrêter, car ses pieds butaient dans des trous, s’empêtraient dans les trappes du lierre.
          Il rebroussa chemin, suivit la lisière du bois et longea les derrières du château qu’il n’avait point vus. Ce côté, privé de soleil, était lugubre. Vu devant, le château demeurait imposant, malgré la misère de sa tenue et le délabrement de sa face au grand jour, sa vieillesse s’animait même, devenait, en quelque sorte, accueillante et douce ; vu de dos, il apparaissait morne et caduc, sordide et sombre.
         Les toits si gais au soleil, avec leur teint basané piqué par le guano de mouches blanches, devenaient dans cette ombre tel qu’un fond oublié de cage, d’une saleté ignoble ; au-dessous d’eux, tout cahotait ; les gouttières chargées de feuilles, gorgées de tuiles, avaient crevé et inondé d’un jus de chique les crépis excoriés par le vent du nord ; les agrafes des tuyaux de descente s’étaient rompues et d’aucuns pendaient retroussés et agitaient en l’air leurs manches vides ; les fenêtres étaient démantibulées, les volets fracturés, recloués à la hâte, bandés par des planches, les persiennes vacillaient, dégarnies de lames, déséquilibrées par des pertes de gonds.
          En bas, un perron fracassé de six marches, creusé en dessous d’une niche ébouriffée d’herbes, accédait à une porte condamnée dont les ais fendus étaient rejoints et comme bouchés par le noir du vestibule fermé, situé derrière.
        En somme les infirmités d’une vieillesse horrible, l’expuition catarrhale des eaux, les couperoses du plâtre, la chassie des fenêtres, les fistules de la pierre, la lèpre des briques, toute une hémorragie d’ordures, s’étaient rués sur ce galetas qui crevait seul à l’abandon, dans la solitude cachée du bois.
     Cet éblouissement de lueurs, cette pluie de soleil qui avait abattu le grand vent d’angoisse dont il était souffleté, la veille, avaient pris fin. Une indicible tristesse lui serrait à nouveau le cœur. Le souvenir de l’affreuse nuit dans cette ruine renaissait, avec la honte, maintenant qu’il faisait clair et que la lucidité du jour se réverbérait quand même dans son esprit, d’avoir été si profondément énervé par cette station dans les ténèbres.
          Et, cependant, il se sentait encore envahi par de singuliers malaises. Cet isolement, ce bois humide, cette lumière qui se décantait violâtre et trouble sous ses voûtes, agissaient comme l’obscurité et le froid du château dont ils rappelaient la mélancolie maladive et sourde.
        Il frissonna et s’exaspéra en même temps au ridicule souvenir de sa lutte dans l’escalier contre un chat-huant. Il tenta de s’analyser, s’avoua qu’il se trouvait dans un état désorbité d’âme, soumis contre toute volonté à des impressions externes, travaillé par des nerfs écorchés en révolte contre sa raison dont les misérables défaillances s’étaient, quand même, dissipées depuis la venue du jour.
          Cette lutte intime l’accabla. Il se hâta pour s’y soustraire, espérant que ce mal être disparaîtrait dans des lieux moins sombres.
          Il gagna à grands pas une route chinée de raies de soleil, qu’il apercevait au bout du château et des taillis et ses prévisions semblèrent se réaliser dès qu’il eut atteint ce chemin qui séparait les dépendances du château des biens de la commune. Il se sentit allégé ; les talus d’herbe étaient secs ; il s’assit et, d’un coup d’œil, enfila les tours, les vergers, les bois, oublia ses ennuis, imprégné qu’il fut subitement par l’engourdissante tiédeur de ce paysage dont les souterraines effluves lui déglaçaient l’âme.

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Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris Karl Huysmans (1848-1907)

       Joris-Karl Huysmans de son vrai nom Charles Marie Georges Huysmans est né le 5 février 1848 à Paris, d’un père néerlandais du nom de Godfried Huysmans, lithographe de profession et d’une mère française, Malvina Badin, maîtresse d’école. Il fit toute sa carrière au ministère de l’Intérieur où il entra en 1866. En tant que romancier et critique d’art, il prit une part active à la vie littéraire et artistique française dans le dernier quart du XIXe siècle et jusqu’à sa mort, en 1907. Défenseur du naturalisme à ses débuts, il rompit avec cette école pour explorer les possibilités nouvelles offertes par le symbolisme, et devint le principal représentant de l’esthétique fin de siècle. Dans la dernière partie de sa vie, il se convertit au catholicisme, renoua avec la tradition de la littérature mystique et fut ami de l’abbé Mugnier. Atteint d’un cancer de la mâchoire, il mourut à son domicile parisien le 12 mai 1907, avant d’être inhumé au cimetière du Montparnasse. Par son œuvre de critique d’art, il contribua à promouvoir en France la peinture impressionniste ainsi que le mouvement symboliste, et permit au public de redécouvrir l’œuvre des artistes primitifs. (crédit Wikipedia)
  Michel Houellebecq fait référence à Huymans dans son dernier roman Soumission où la pensée et les romans de l’écrivain maudit apparaissent à plusieurs reprises tout au long de son ouvrage.  

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Le Château de Lourps à Longueville qui a servi de décor aux romans de Huysmans Le Ménage et  La rade

Le Château de Lourps à Longueville qui a servi de décor aux romans de Huysmans Le Ménage et En rade

      Le roman En rade d’où est extrait le texte présenté ci-dessus relate la migration d’un couple parisien à la dérive en raison d’une faillite qui est accueilli par des parents habitant la campagne. Ce couple en proie au déracinement verra ses rapports se dégrader peu à peu. La situation du couple contraste avec celle d’un autre couple de paysans, qui vit de manière simple et naturel, presque animale, en pleine harmonie avec la nature environnante. Ce roman est l’occasion pour Huysmans de donner libre cours à ses obsessions et ses peurs du sexe féminin avec lequel la communication est difficile sinon impossible et qu’il présente comme exagérément et maladivement fécond et dévorateur. Certains épisodes du roman  peuvent apparaître comme autobiographique notamment le décor du château de Lourps, près de Provins qui est décrit dans le texte présenté ci-dessus, dans lequel il avait séjourné entre juillet et septembre 1881 avec sa compagne, Anna Meunier, créature au tempérament maladif et aux nerfs fragiles qui finira sa vie dans une maison de soin. Le couple retourna dans ces lieux en 1885 et en 1886 accompagnés du romancier Léon Bloy et c’est durant ce dernier séjour que Huysmans commença à écrire son roman. Il ne devait par la suite ne plus y revenir craignant à juste titre le courroux des habitants du village de Jutigny qu’il avait dépeint dansons roman comme d’ignobles brutes.

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meraviglia

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Cosmos

Cosmos

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Blouson noir par AaRON avec prélude de John Malkovich

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vuache-1

   Ayant quitté l’autoroute à Chêne-en-Semine et pris la route d’Annecy, je plonge, après avoir traversé le village de Vanzy et son vilain radar placé à son entrée, vers la vallée des Usses. A un moment cette vallée se découvre pleinement, surmontée des sommets des Préalpes avec au loin la chaîne du Mont-Blanc toute enneigée. Le paysage est grandiose.
   C’est à se moment précis qu’à la radio, un rythme de batterie se fait entendre avec en arrière-plan une voix de basse qui se lance dans l’interprétation d’une mélodie mélancolique et  lancinante. Magique ! Je suis soudainement envoûté par ce rythme obsédant et les coups de butoir de la batterie… je ne suis plus dans ma voiture… Me voilà descendre la pente vers le paysage sur un tapis volant et je savoure le mélange des genres : mouvement, vision et musique, en espérant que cela va durer le plus longtemps possible et qu’à l’issue de la chanson, l’animatrice donnera le nom du groupe. Elle le donnera : Blouson noir par AaRON. Connais pas… Mais apparemment ce groupe, lui, connait du beau monde. En cherchant sur Internet j’ai appris que son prochain album, We Cut the Night, était parrainé par John Malkovitch, excusez du peu…

le prélude de John Malkovitch avec un court extrait de Blouson noir

Because
  The world is not belong to us;
    Because
      We’re nothing, leftovers, we’re tumbleweeds on roads;
        Because
          We are every lost, dashing, shadow;
            Because
              We’re poems on sidewalks;
                Because
                  You are the needle in my arm;

We are equals
We are mirrors
We cut the night.

Et le morceau Blouson noir en totalité

    AaRON (Artificial Animals Riding On Neverland) est un duo musical pop alternative franco-américain, composé de Simon Buret et Olivier Coursier. AaRON a été révélé par le film Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret, dont la chanson U-Turn (Lili) a été reprise comme thème principal de la bande originale. Ils ont annoncé, au mois d’avril 2015, un nouvel album, We Cut the Night, d’où est tiré le titre blouson noir présenté ci-dessus. Le disque devrait sortir en septembre 2015.

Aaron - Olivier Coursier et Simon Buret du groupe Aaron au Forum de Liège

AaRON – Olivier Coursier et Simon Buret au Forum de Liège

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la maison Masson à Issy-les-Moulineaux (France), année 1999 – architectes Fontgalland et André

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Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux

    Découverte sur le site ARCHITECTURE DE COLLECTION qui présente des exemples d’architecture remarquable des 20e et 21e siècle (c’est  ICI ), voici la villa MASSON à Issy-les-Moulineaux dans le département des Hauts-de-Seine, située à à peine 15 minutes en voiture du centre de Paris. Elle a été conçue en 1999 par les architectes Jacques Heurard de Fontgalland et Bernard-Jacques André qui se sont largement inspirés de l’architecture du célèbre architecte américain Richard Meier dont nous avions présenté dans ce blog la maison emblématique bâtie en 1973 à Harbour Springs sur une pente boisée dominant le lac Michigan, la Douglas House (voir ci-dessous).

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Douglas House à Harbour Springs (Michigan), architecte Richard Meier
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Richard Meier - Douglas House

 La maison a été bâtie sur les pentes d’une colline boisée dominant le lac Michigan.  Certains critiques l’ont présentée comme « flottant » sur la cime des arbres. Pour notre part, elle nous semble plutôt« jaillir » du sous-bois comme si elle voulait s’en extraire pour accrocher la lumière et la vue.  la maison est une structure parallélépipédique verticale en béton qui se développe sur 5 niveaux . Les premiers niveaux sont constitués d’une lourde enveloppe close en béton armé qui a pour mission d’ »ancrer » la maison dans la pente. Les niveaux supérieurs se développent dans une structure de béton, de métal et de verre qui contraste violemment avec son assise en béton armé et apparaît comme une structure cristalline et légère qui chercherait à s’extraire de la gangue lourde et massive incrustée dans le sol. Les pièces de vie sont aménagées dans les niveaux supérieurs et bénéficient, grâce aux immenses baies vitrées, d’un éclairement maximum et de la vue sur le lac Michigan.

Pour la suite, c’est ICI

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     Effectivement lorsque l’on compare les deux façades principales, on retrouve dans la villa Masson, plusieurs éléments constitutifs de l’architecture propre à Richard Meier, en particulier les grandes baies vitrées se développant sur plusieurs niveaux qui font entrer la lumière à profusion dans la maison, les terrasses qui se développent sur les différents niveaux et rythment les façades et le choix délibéré de la couleur blanche pour les murs extérieurs et les menuiseries selon le concept des « Whites ».

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - R-de-C (1) Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - R-de-C (2)

    Au rez-de-chaussée, l’espace se séjour se développe, comme souvent dans les maisons de Meier, sur 2 niveaux et est abondamment éclairé par les grandes baies vitrées. Il offre un point d e vue sur l’escalier qui, placé un peu en retrait, permet d’accéder au sous-sol et aux trois étages qui surmontent le rez-de-chaussée.

Caractéristiques

  • dénomination : maison MASSON
  • lieu d’implantation : sur une île de la Seine, l’île Saint-Germain à Issy-les Moulineaux (92), France.
  • caractéristiques du terrain :  Le terrain de 514 m2 est situé en bordure de Seine et possède un ponton privatif. Il est bien orienté
  • maître d’œuvre : Jacques Heurard de Fontgalland et Bernard-Jacques André, architectes, qui s’étaient installés sur l’île Saint-Germain et qui étaient plutôt des architectes spécialisés dans l’architecture de l’espace de travail et de l’aménagement d’entreprise (structure « A.R.T réalisations »).
  • date des travaux : 1998-1999
  • surface de plancher : 420 m2 de surface totale
  • programme : R + 3 comprenant séjour, salle à manger, salon, cuisine, 5 chambres, 3 salles de bains, home-cinéma, terrasses et sous-sol de 150 m2 avec garage 3 places, atelier et cave climatisée.
  • structure : murs latéraux porteurs + structure porteuse centrale composée de murs porteurs ou de poteaux métalliques – poutres métalliques.
  • jardin : 300 m2
  • coût : 4.000.000 d’euros

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - plan du R-de-C

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - plan du niv. 1

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - salon 2 Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - salon

Espaces salon et home cinéma

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - plan du niv.2

Fontgalland et André - Villa Masson à Issy-les-Moulineaux - plan du niv.3

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