poésie persane : Nos lèvres sont des plages et nous sommes la mer…

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Poèmes de Farīd al-Dīn ʿAṭṭār dit Attâr

49-000590

Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés
que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages,
Et toujours cherchons la mer pour les y tremper sans voir
que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer.

Attâr, poète mystique soufi perse

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Farīd al-Dīn ʿAṭṭār (en persan : فَریدالدّین ابوحامِد محمّد عطّار نِیشابوری, farīd ad-dīn abū ḥāmid moḥammed ʿaṭṭār nīšābūrī) est un poète mystique persan, (v. 1142- mort entre 1190 et 1229), né à Nichapour dans le Khorassan, où se trouve son tombeau. Il commença sa vie active en tant que droguiste-parfumeur, c’est d’ailleurs de là que vient son nom d’« Attâr ». Il quitta ensuite son commerce lucratif pour embrasser la doctrine des soufis, se fit derviche, et se livra au mysticisme. Il fut exécuté par les Mongols qui avaient envahi son pays à Nishâpûr. Attar a écrit plusieurs poèmes moraux et mystiques, dont les plus célèbres sont : le Pend-namèh, ou le Livre des conseils, le Manṭiq al-ṭayr ou La Conférence des oiseaux. Crédit Wikipedia.

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Tant que tu n’es pas dépouillé de ton existence

     tu ne seras pas un oiseau agile dans le néant absolu. Sors comme la pluie du nuage fécond et pars en voyage ! Car sans voyager, tu ne seras jamais un joyau. Déchire le voile en ton for intérieur ! Tu ne pénétreras pas le Rideau si tu ne déchires pas des voiles. Si le monde entier s’acharne contre toi, tu ne reculeras pas, si tu es l’homme de la situation. Si tous les atomes des deux mondes se soulèvent contre toi, tu ne chercheras pas à te défendre. Si tu es noyé dans la mer pour toujours, ne te laisse pas mouiller même d’un cheveu. Si tu es le sage du monde, personne ne te croira, tant que tu ne seras pas davantage fou de l’amour. Si tu te vêts de bleu comme le ciel sur ce chemin, pourquoi comme le ciel ne tournes-tu pas constamment ?
     ‘Attâr, devient la poussière de Son chemin ! Car si, sur ce chemin, tu ne deviens pas poussière, tu ne récolteras que le vent.

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L’amour est un océan, la raison sa riveraine.

       Que peut faire un riverain sinon observer l’océan ? Si la raison se faisait guide en amour, aucun nageur n’arriverait vivant sur le rivage. devant l’amour qui inonde le cœur et l’âme, la raison est une étrangère, la sagesse un nouveau-né. Ceux qui s’introduisent derrière le rideau de l’Être laissent leur existence pour entrer dans le néant. Tu cherches tous les moyens pour que l’amour, le temps d’un instant, te révèle son secret. Tu peux suivre ce chemin une éternité, tant que tu restes toi, on ne pourra rien pour toi. Comment peux-tu savoir la douleur de l’amour, si ton cœur n’a pas subi ses blessures ? Tous les mille ans, seule une étoile se dirige du ciel de l’amour vers la constellation du cœur.
     ‘Attâr, si tu descend de la monture des deux mondes, tu ne verras aucun cavalier à ton égal.

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    Une fenêtre s’est ouverte dans mon cœur, je me suis assis longtemps à cette fenêtre. J’ai vu une centaine d’océans à travers la fenêtre, la source de mon cœur a rejoint les océans. Puisque je n’ai pas pu résister, je me suis noyé à cause du poids de la pêche tombée dans mon filet. Lorsque mon âme s’est orientée vers l’autre monde par amour, je me suis libéré des coutumes et des habitudes de ce monde. On ne croira pas à ce que j’exprime par la langue, vu l’état dans lequel je me trouve. Je ne suis ni dans l’existence, ni dans le néant. Je ne suis rien, je suis tout, je suis haut, je suis bas.

Farid al-Din Attar

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