meraviglia – Alchimie par Abed Azrié

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Abed Azrié     Abed Azrié (arabe : عابد عازرية), né à Alep en 1946 est un chanteur et compositeur franco-syrien, auteur de deux oratorios, quinze albums de chants, de plusieurs musiques de films et plusieurs livres dont la traduction de l’épopée de Gilgamesh en français. Il naît à Alep et, après plusieurs années passées à Beyrouth et après avoir passé son baccalauréat s’installe à 21 ans à Paris où il étudie la musique classique occidentale. Il y traduit en français de la poésie classique, comme l’Épopée de Gilgamesh écrite en sumérien et compose des musiques et des chants partir des poèmes du poète persan Omar Khayyam, du poète libanais Adonis. Il compose également un oratorio sur l’Evangile selon Jean.

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Axis mundi selon Philippe Jaccottet

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l’Axis mundi …

Chaque microcosme, chaque région habité, possède un centre ; c’est-à-dire, un lieu sacré au-dessus de tout […]
un lieu sacré qui constitue une rupture dans l’homogénéité de l’espace; cette rupture est symbolisée par une ouverture, au moyen de laquelle est rendu possible le passage d’une région cosmique à une autre (du Ciel à la Terre et vice versa : de la Terre dans le monde inférieur) ; la communication avec le Ciel est exprimée indifféremment par un certain nombre d’images se référant toutes à l’Axis muni… autour de cet axe cosmique s’étend le « Monde » ( « Monde », par conséquent l’axe se trouve « au milieu », dans le  « nombril de la Terre », il est le Centre du Monde    –  Mircea Eliade.

Caspar David Friedrich - Temple de Junon à Agrigente, vers 1828-1830

Caspar David Friedrich – Temple de Junon à Agrigente, vers 1828-1830

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Les lieux…

    Nous rencontrons, nous traversons souvent des lieux, alors qu’ailleurs il n’y en a plus. Qu’est-ce qu’un lieu ? Une sorte de centre mis au monde avec un ensemble.  […]. Dans les lieux, il y a communication entre les mondes, entre le haut et le bas…

Philippe Jaccottet, La seconde semaison (Carnet 1980-1994 paru en 1996)

   Plus particulièrement : qu’est ce qu’un lieu ?
     Qu’est-ce qui fait qu’en un lieu […] on ait dressé un temple, transformé en chapelle plus tard : sinon la présence d’une source, et le sentiment obscur d’y avoir trouvé un « centre » ? Delphes était dit « l’ombilic du monde » en ce sens, et dans les années de son égarement visionnaire, Hölderlin s’est souvenu de ces mots pour les appliquer à Francfort, où il avait aimé Diotima. Une figure se crée dans ces lieux, expression d’une ordonnance. On cesse, enfin, d’être désorienté. Sans pouvoir l’expliquer entièrement, ou le prouver, on éprouve une impression semblable à celle que donnent les grandes architectures; il y a de nouveau communication, équilibre, entre la gauche et la droite, la périphérie et le centre, le haut et le bas. Murmurante plutôt qu’éclatante, une harmonie se laisse percevoir. Alors, on a plus envie de quitter cet endroit, de faire le moindre mouvement : on est contraint, ou plutôt porté au recueillement.

Philippe Jaccottet, Paysages avec figures absentes (1970 puis 1976).

    […] je comprends que je suis encore dans un temps où les outils de fer, les bêtes, les plantes et le mouvement des constellations se lient par des attaches simples et fortes; et je me dis que ces temples dont je ne vois plus que les ruines, encore si grandes, ont été les demeures réservées au nouement et au renouement de ces liens, aujourd’hui rompus pour notre désespoir et, peut-être, notre perte. Nous ne pourrions éprouver tant de déférence devant leurs débris s’ils n’avaient pas accomplis un travail essentiel d’écoute et de filtrage des messages  le plus lointains, de transformation de ces ondes en parole humaine […]
    […] Pour moi, ces temples ne peuvent être que des rappels, destinés à rester de toute façon lointains, les preuves superbes d’une chance d’harmonie, donc une espèce d’issue que tout nie aujourd’hui, mais qui n’intéresse plus nos enchaînements de négations, nos nuages d’encre noire, la délectation du déchet.

Philippe Jaccottet, Cristal et fumée (1993).

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Philippe Jaccottet

Philippe Jaccottet, né le 30 juin 1925 à Moudon, est un écrivain, poète, critique littéraire et traducteur suisse vaudois. Très tôt intéressé  par la poésie et l’écriture, il sera très lié au poète vaudois Gustave Roud qui l’initiera au romantisme allemand (Novalis et Hölderlin) et éveillera son intérêt et sa sensibilité à la beauté de la nature et des paysages. Après un séjour à Paris, de 1946 à 1953, il s’installe avec sa femme, artiste peintre à Grignan dans la Drôme. La découverte de ce lieu qu’il qualifiera de « lieu avant tous les autres » influencera profondément le poète. Il a écrit de nombreux ouvrages et fait œuvre de traducteur en traduisant des auteurs allemands tels que Goethe, Hölderlin, Musil, Rilke, Thomas Mann mais aussi les italiens Leopardi et Ungaretti ainsi que l’Odyssée d’Homère.

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Jurassic Parc

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Du Jura à la Savoie en passant par le Bugey

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Vraiment dérangeant de se sentir fixé par des milliers de regards…

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Le nom de la rue ? « rue des Dieux »… Parfait, y’aura pas de jaloux !

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Je suis entré
j’ai attendu,
longtemps…
très longtemps…
j’ai demandé
Y’a quelqu’un ?
Personne n’a répondu,
Personne n’est venu
alors je suis sorti.

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Ne dites jamais « Fontaine, je ne boirais pas de ton eau… »  Encore que…

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Lac du Bourget sous le col de Chambotte - photo Enki (IMG_0456)

Non, ce n’est pas le lac d’Annecy. C’est le lac du Bourget en montant au col de la Chambotte

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Rêve de cristal

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    Les articles précédents écrits sur les minéraux m’ont ramené à ce poème que j’avais écrit en 2009 à l’occasion de la découverte fortuite d’une cavité cristalline dans le désert du Chihuahua au Mexique et dédié à une jeune mexicaine originaire de la région où se situe cette merveille qui avait vécu quelque temps dans notre maison…

    Le 4 décembre 1999, deux techniciens, les frères Eloy et Francisco Javier Delgado, qui creusaient un tunnel au fond de la mine de Naica dans le désert du Chihuahua au Mexique ont débouchés dans une cavité naturelle extraordinaire qui abritait l’un des plus beau trésor naturel de la terre : la grotte abritait des cristaux de gypse de taille gigantesque, certains atteignent 1,2 m de diamètre et 11,4 m de longueur.

Cristaux de la grotte de Naica - crédit Wikipedia - photo Alexander Van Driessche

Cristaux de la grotte de Naica – crédit Wikipedia (photo  Alexander Van Driessche) 

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poème dédié à Lily Martinez de Chihuahua

Rêve de cristal

Ainsi tu existais ! 581px-Gypse_Naica
Monde ignoré, absent
de la conscience des Hommes
mais rêvé par les poètes,
deviné des physiciens.
Trésor caché, enfoui
Au profond de la Terre.
Présence discrète,
sans aucun témoin.
 
Au-dessus de toi :
la fulgurance du coyote,Capture d’écran 2013-08-11 à 22.48.05
l’ondulement du crotale,
le pas lent et hésitant du péone,
le vol tourbillonnant
des essaims de Monarques,
les grappes immobiles
des cactus-pierres lophophores,
pierres philosophales en attente,
qui, sans doute, elles, savaient…
 
Dans l’éternité du temps,
l’alchimie secrète du soufre,
usant du feu terrestre,
de la gravité de la montagne,
combinant mille ingrédients,
a enfantée ce rêve de cristal,grotte-de-naica-une-180x180
cette géomètrie jaillissante.
Tout le trésor des Aztèques,
Tout Tenochtitlan,
ne valent pas ton architecture
fragile et éthérée de gypse,
ton dédale improbable de gemmes.

Quelle divinité a tracée
jusqu’à toi, Nemed de pierres,
le chemin de l’Homme ?cristal-naica-geant-cristaux-formation
Et dans quel dessein ?
Depuis, Ô sacrilège !
il arpente, sans pudeur,
ton entrelacs de purs
et transparents polyèdres.
 
S’il vous plait, fermez à jamais
Les portes du sanctuaire,
Avant que la corruption opère,
corruption de l’air,
corruption de l’âme,
Et qu’il ne reste,
de cette beauté céleste,cristal-cristaux-crystal-crystaux
qu’un souvenir diaphane…
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30 janvier 2009
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Désert de Chihuahua

le paysage au-dessus de la grotte : désert de Chihuahua – Mexique

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meraviglia

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La quête du sourire : le peuple Wodaabe au Niger

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

    Dans le centre du NIger, aux confins du Sahara dans la steppe du Sahel, vit un peuple nomade de 45.000 éleveurs, les peul bororo  appelés également Wodaabe ou Foulbés. Ils sont en déplacement perpétuel, poussant leurs troupeaux de zébus aux longues cornes en forme de lyre, chameaux, chèvres et moutons à la recherche de pâturages et d’eau. Malgré la présence de l’Islam, ils ont pu préserver leurs croyances animistes. Le terme wodaabe signifie « Peuple des Tabous », en référence aux règles sociales trans­mises par leurs ancêtres qui impose un code de conduite morale prônant le semteende (la retenue et la modestie), le munyal (la patience et le courage), la hakkilo (l’at­tention et la prévoyance) et le amana (la loyauté). En perpétuel déplacement, les Wodaabe ne pouvaient développer leurs activités artistiques et leur créativité sur les plans de l’architecture et de la sculpture, ils les ont reportés sur l’art corporel, le travestissement et les bijoux qu’ils expriment lors de grandes fêtes intégrant des rites de séduction. La fête la plus importante est la fête des pluies appelée la Gerewol qui a lieu en septembre ou en octobre et qui dure six jours et six nuits où cours de laquelle les clans familiaux représentés par leur plus beaux danseurs s’affrontent au cours de concours de beauté entre hommes. Le jury est composé par les jeunes filles de la tribu choisies parmi les plus belles qui vont choisir parmi les candidats les hommes les plus désirables qui deviendront des maris pour la vie ou amants d’un soir. Les candidats choisis par plusieurs femmes ont néanmoins le choix de choisir leur partenaire. Les candidats peuvent atteindre le nombre de mille. Les Wodaabe étant polygames, les hommes peuvent être les maris de quatre femmes.
     Les Bororos sont réputés pour leur beauté, le visage est ovale, le teint clair et les traits fins, le nez est mince et les dents blanches régulières. Les danseurs arborent des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, le tout devant faire un maximum de bruit. Sur le front ils se parent d’ une plume d’autruche. Ils s’enduisent le visage et les cheveux qui ont été tressés de beurre de karité mélangé à de l’ocre dont l’odeur a la réputation d’être aphrodisiaque. Le visage est divisé en deux par un trait médian de cou­leur jaune pour allonger le nez et la peau est décorée de points ou de damiers et de petits traits blancs, jaunes et noirs pour mettre en valeur l’éclat des yeux que le danseur doit écarquiller pour mieux en faire ressortir le blanc, des dents et souligner la forme du front et celle des pommettes. les sourcils et les lèvres sont parfaite­ment redessinées au charbon. Ces rudes pasteurs parés d’un pagne de femme se doivent de féminiser leur beauté pour la danse de la séduction. Après avoir absorbé une boisson stimulante, Les danseurs se parent de leurs plus beaux atours arborant des chapeaux coniques, une plume d’autruche sur le front, des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, turbans, colliers, bracelets et verroteries, le tout devant faire un maximum de bruit sensés faciliter la victoire. Ils peuvent alors entamer, devant le cercle des anciens et des femmes réunis, les danses de parade qui dureront jusqu’au lendemain. La fête est dominée par trois danses : le ruume, (danse de bienve­nue le jour),  le yaake (danse de séduction la nuit), et le geerewol (au cours de laquelle les jeunes hommes rivalisent pour le titre de beauté).

Capture d’écran 2015-08-16 à 11.20.34

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meraviglia

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Tendresse

Hans Sylvester - Peuples de l'Omo

Hans Silvester – Peuples de l’Omo

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Haïkus, de pierres et d’eau

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Quelques haïkus d’Enki  (août 2015)

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goutte d'eau

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une goutte d’eau, un monde
vient la pluie, 
des milliards de mondes

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galet

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pierre rude
à la force adoucie,
caresses de l’eau

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galet du Sillon de Talbert (Côtes-d'Armor, Bretagne)

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ovale d’airain
calcul lithiasique du Grand
Pythagore

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(galet du Sillon de Talbert en Côtes-d’Armor, Bretagne)

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facteur_cheval_-_pierre_d_achoppement

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pierre sournoise !
le démon libéré
chevauche le messager

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(pierre d’achoppement du Facteur Cheval)

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roses des sables°°°

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Qui s’est épris de l’autre ?
la rose du sable,
ou le sable de la rose ?

amour partagé
du sable et de la rose

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Roses des sables

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SONY DSC

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reflet orphelin
laissé en chemin
par une lune distraite

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Pierre de lune

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