Rêve de cristal

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    Les articles précédents écrits sur les minéraux m’ont ramené à ce poème que j’avais écrit en 2009 à l’occasion de la découverte fortuite d’une cavité cristalline dans le désert du Chihuahua au Mexique et dédié à une jeune mexicaine originaire de la région où se situe cette merveille qui avait vécu quelque temps dans notre maison…

    Le 4 décembre 1999, deux techniciens, les frères Eloy et Francisco Javier Delgado, qui creusaient un tunnel au fond de la mine de Naica dans le désert du Chihuahua au Mexique ont débouchés dans une cavité naturelle extraordinaire qui abritait l’un des plus beau trésor naturel de la terre : la grotte abritait des cristaux de gypse de taille gigantesque, certains atteignent 1,2 m de diamètre et 11,4 m de longueur.

Cristaux de la grotte de Naica - crédit Wikipedia - photo Alexander Van Driessche

Cristaux de la grotte de Naica – crédit Wikipedia (photo  Alexander Van Driessche) 

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poème dédié à Lily Martinez de Chihuahua

Rêve de cristal

Ainsi tu existais ! 581px-Gypse_Naica
Monde ignoré, absent
de la conscience des Hommes
mais rêvé par les poètes,
deviné des physiciens.
Trésor caché, enfoui
Au profond de la Terre.
Présence discrète,
sans aucun témoin.
 
Au-dessus de toi :
la fulgurance du coyote,Capture d’écran 2013-08-11 à 22.48.05
l’ondulement du crotale,
le pas lent et hésitant du péone,
le vol tourbillonnant
des essaims de Monarques,
les grappes immobiles
des cactus-pierres lophophores,
pierres philosophales en attente,
qui, sans doute, elles, savaient…
 
Dans l’éternité du temps,
l’alchimie secrète du soufre,
usant du feu terrestre,
de la gravité de la montagne,
combinant mille ingrédients,
a enfantée ce rêve de cristal,grotte-de-naica-une-180x180
cette géomètrie jaillissante.
Tout le trésor des Aztèques,
Tout Tenochtitlan,
ne valent pas ton architecture
fragile et éthérée de gypse,
ton dédale improbable de gemmes.

Quelle divinité a tracée
jusqu’à toi, Nemed de pierres,
le chemin de l’Homme ?cristal-naica-geant-cristaux-formation
Et dans quel dessein ?
Depuis, Ô sacrilège !
il arpente, sans pudeur,
ton entrelacs de purs
et transparents polyèdres.
 
S’il vous plait, fermez à jamais
Les portes du sanctuaire,
Avant que la corruption opère,
corruption de l’air,
corruption de l’âme,
Et qu’il ne reste,
de cette beauté céleste,cristal-cristaux-crystal-crystaux
qu’un souvenir diaphane…
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30 janvier 2009
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Désert de Chihuahua

le paysage au-dessus de la grotte : désert de Chihuahua – Mexique

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meraviglia

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La quête du sourire : le peuple Wodaabe au Niger

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

Bororo maquillé pour la Fête des Pluies

    Dans le centre du NIger, aux confins du Sahara dans la steppe du Sahel, vit un peuple nomade de 45.000 éleveurs, les peul bororo  appelés également Wodaabe ou Foulbés. Ils sont en déplacement perpétuel, poussant leurs troupeaux de zébus aux longues cornes en forme de lyre, chameaux, chèvres et moutons à la recherche de pâturages et d’eau. Malgré la présence de l’Islam, ils ont pu préserver leurs croyances animistes. Le terme wodaabe signifie « Peuple des Tabous », en référence aux règles sociales trans­mises par leurs ancêtres qui impose un code de conduite morale prônant le semteende (la retenue et la modestie), le munyal (la patience et le courage), la hakkilo (l’at­tention et la prévoyance) et le amana (la loyauté). En perpétuel déplacement, les Wodaabe ne pouvaient développer leurs activités artistiques et leur créativité sur les plans de l’architecture et de la sculpture, ils les ont reportés sur l’art corporel, le travestissement et les bijoux qu’ils expriment lors de grandes fêtes intégrant des rites de séduction. La fête la plus importante est la fête des pluies appelée la Gerewol qui a lieu en septembre ou en octobre et qui dure six jours et six nuits où cours de laquelle les clans familiaux représentés par leur plus beaux danseurs s’affrontent au cours de concours de beauté entre hommes. Le jury est composé par les jeunes filles de la tribu choisies parmi les plus belles qui vont choisir parmi les candidats les hommes les plus désirables qui deviendront des maris pour la vie ou amants d’un soir. Les candidats choisis par plusieurs femmes ont néanmoins le choix de choisir leur partenaire. Les candidats peuvent atteindre le nombre de mille. Les Wodaabe étant polygames, les hommes peuvent être les maris de quatre femmes.
     Les Bororos sont réputés pour leur beauté, le visage est ovale, le teint clair et les traits fins, le nez est mince et les dents blanches régulières. Les danseurs arborent des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, le tout devant faire un maximum de bruit. Sur le front ils se parent d’ une plume d’autruche. Ils s’enduisent le visage et les cheveux qui ont été tressés de beurre de karité mélangé à de l’ocre dont l’odeur a la réputation d’être aphrodisiaque. Le visage est divisé en deux par un trait médian de cou­leur jaune pour allonger le nez et la peau est décorée de points ou de damiers et de petits traits blancs, jaunes et noirs pour mettre en valeur l’éclat des yeux que le danseur doit écarquiller pour mieux en faire ressortir le blanc, des dents et souligner la forme du front et celle des pommettes. les sourcils et les lèvres sont parfaite­ment redessinées au charbon. Ces rudes pasteurs parés d’un pagne de femme se doivent de féminiser leur beauté pour la danse de la séduction. Après avoir absorbé une boisson stimulante, Les danseurs se parent de leurs plus beaux atours arborant des chapeaux coniques, une plume d’autruche sur le front, des colliers de perles, de coquillages, d’amulettes, turbans, colliers, bracelets et verroteries, le tout devant faire un maximum de bruit sensés faciliter la victoire. Ils peuvent alors entamer, devant le cercle des anciens et des femmes réunis, les danses de parade qui dureront jusqu’au lendemain. La fête est dominée par trois danses : le ruume, (danse de bienve­nue le jour),  le yaake (danse de séduction la nuit), et le geerewol (au cours de laquelle les jeunes hommes rivalisent pour le titre de beauté).

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meraviglia

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Tendresse

Hans Sylvester - Peuples de l'Omo

Hans Silvester – Peuples de l’Omo

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Haïkus, de pierres et d’eau

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Quelques haïkus d’Enki  (août 2015)

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goutte d'eau

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une goutte d’eau, un monde
vient la pluie, 
des milliards de mondes

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galet

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pierre rude
à la force adoucie,
caresses de l’eau

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galet du Sillon de Talbert (Côtes-d'Armor, Bretagne)

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ovale d’airain
calcul lithiasique du Grand
Pythagore

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(galet du Sillon de Talbert en Côtes-d’Armor, Bretagne)

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pierre sournoise !
le démon libéré
chevauche le messager

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(pierre d’achoppement du Facteur Cheval)

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roses des sables°°°

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Qui s’est épris de l’autre ?
la rose du sable,
ou le sable de la rose ?

amour partagé
du sable et de la rose

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Roses des sables

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reflet orphelin
laissé en chemin
par une lune distraite

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Pierre de lune

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On n’aime pas autrement les pierres que les femmes… (Bachelard)

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Extrait d’un passage du livre de Bachelard « La psychanalyse du feu » relatif au polissage des pierres.

Isamu Noguchi, sculpteur

Isamu Noguchi, sculpteur

Gaston Bachelard (1884-1962)      (…) Il est assez facile de constater que l’eurythmie d’un frottement actif, à condition qu’il soit doux et prolongé, détermine une euphorie. Il suffit d’attendre que l’accélération rageuse soit calmée, que les différents rythmes soient coordonnés, pour voir le sourire et la paix revenir sur le visage du travailleur. Cette joie est inexplicable objectivement. Elle est la marque d’une puissance affective spécifique. Ainsi s’explique la joie de frotter, de fourbir, de polir, d’astiquer qui ne trouverait pas son explication suffisante dans le soin méticuleux de certaines ménagères. Balzac a noté dans Gobseck que les « froids intérieurs » des vieilles filles étaient parmi les plus luisants. Psychanalytiquement, la propreté est une malpropreté.
     Dans leur théories parascientifiques, certains esprits n’hésitent pas à accentuer la valorisation du frottement, en dépassant le stades des amours solitaires tout en rêverie pour atteindre celui des amours parafées. J.-B. Robinet, dont les livres ont connu de nombreuses éditions, écrit en 1766 : « la pierre que l’on frotte pour la rendre lumineuse comprend ce qu’on exige d’elle, et son éclat prouve sa condescendance… Je ne puis croire que le minéraux nous fassent tant de bien par leurs vertus, sans jouir de la douce satisfaction qui est le premier et le plus grand prix de la bienfaisance. » Des opinions aussi absurdes objectivement doivent avoir une cause psychologique profonde. Parfois, Robinet s’arrête dans la crainte « d’exagérer ». un psychiatre dirait « dans la crainte de se trahir ». Mais l’exagération est déjà bien visible. Elle est un réalité psychologique à expliquer (…)

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     En résumé, nous proposons, comme C.G. Jung, de rechercher systématiquement les composantes de la Libido dans toutes les activités primitives. En effet, ce n’est pas seulement dans l’art que se sublime la Libido. Elle est la source de tous les travaux de l’homo faber. On a sans doute fort bien dit quand a défini l’homme : une main et un langage. Mais les gestes utiles ne doivent pas cacher les gestes agréables. La main est précisément l’organe des caresses comme la voix est l’organe des chants. Primitivement caresse et travail devaient être associés. Les longs travaux sont des travaux relativement doux. Un voyageur parle de primitifs qui forment des objets au polissoir en un travail qui dure deux mois. plus tendre est le retouchoir, plus beau est le poli. Sous une forme un peu paradoxale, nous dirions volontiers que l’âge de la pierre éclatée est l’âge de la pierre taquinée tandis que l’âge de la pierre polie est l’âge de la pierre caressée. Le brutal brise le silex, il ne le travaille pas. Celui qui travaille le silex aime le silex et l’on aime pas autrement les pierres que les femmes.

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     Quand on contemple une hache de silex taillé, il est impossible de résister à cette idée que chaque facette bien placée a été obtenue par une réduction de la force, par une force inhibée, contenue, administrée, bref par une force psychanalysée. Avec la pierre polie on passe de la caresse discontinue à la caresse continue, au mouvement doux et enveloppant, rythmé et séducteur. En tout cas, l’homme qui travaille avec une telle patience est soutenu, à la fois, par un souvenir et un espoir, et c’est du côté des puissances affectives qu’il faut chercher le secret de sa rêverie.

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A faire pleurer les pierres avec Novalis…

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Quand Orphée chantait et jouait de sa lyre, il charmait les hommes, les bêtes et les plantes, arrêtait le cours des fleuves et faisait pleurer les pierres… 

Novalis

Novalis (1772-1801)

Les disciples à Saïs (extrait) – Novalis, traduction Armel Guerne Gallimard

   Il (le Maître) dépêcha avec lui un autre disciple que, souvent, nous avions plaint. Il paraissait toujours triste, depuis des années qu’il était ici; rien ne lui réussissait; il ne trouvait pas facilement, lorsque nous cherchions des cristaux ou des fleurs. Il voyait mal au loin; il ne savait pas bien disposer les rangées bigarrées. Tout se brisait aussi facilement entre ses mains. Et pourtant nul n’avait un tel élan pour voir et écouter, nul n’y mettait une telle passion. Il y eut un temps — avant que l’enfant n’entrât dans notre cercle — où il devint brusquement serein et capable. Il était parti, un jour, triste, et il ne revenait plus; et la nuit tombait. Nous fûmes dans l’angoisse pour lui; tout à coup, comme se levait le crépuscule matinal, nous entendîmes sa voix dans un bosquet tout proche. Il chantait un bienheureux, un sublime cantique; nous étions tous dans l’étonnement; le Maître leva vers l’orient un regard tel que jamais je n’en reverrai. Bientôt, il s’avança au milieu de nous; et il apportait, le visage empreint d’une béatitude indicible, un simple caillou gris de forme bizarre. Le Maître prit le caillou dans sa main et longuement embrassa son disciple; puis il nous regarda, les yeux emplis de larmes; et cette petite pierre, il la déposa dans un endroit demeuré vide, au milieu des autres pierres, précisément où, rayonnages, de nombreuses rangées se rejoignaient.
       Jamais je n’oublierai cet instant. Ce fut pour nous comme si, nous traversant, nous avions eu un clair pressentiment de ce merveilleux Univers en nos âmes.

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A faire pleurer les pierres avec Pythagore…

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Quand Orphée chantait et jouait de sa lyre, il charmait les hommes, les bêtes et les plantes, arrêtait le cours des fleuves et faisait pleurer les pierres… 

galet du Sillon de Talbert (Côtes-d'Armor, Bretagne)

galet du Sillon de Talbert (Côtes-d’Armor, Bretagne)

Copie de l’article « Simple galet ou divine œuvre d’art » trouvé sur le blog d’Alain Le Pourhiet ( c’est  ICI )

  On reste songeur en observant la quasi-perfection d’un objet façonné (engendré) pendant des millénaires par les forces aléatoires conjuguées de la Terre, du vent et de la mer.  Le hasard ?
    Cette merveille a été trouvée parmi les milliards de cailloux du Sillon de Talbert, dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne. Dimensions : 10,5 x 6,5 cm. Epaisseur moyenne : 2 cm environ. Granit. La surface est très lisse, régulière, sans la moindre trace d’ébréchure. Les deux faces sont identiques.
    Comme on peut le voir sur la photographie, la symétrie verticale est parfaite. Les diagonales du rectangle dans lequel la figure est inscrite se coupent sur l’axe de symétrie y’y, au point O, juste au-dessus du point G situé sur l’axe horizontal x’x qui relie les deux points de contact du galet avec les côtés verticaux du rectangle. Ce décalage (i.e. le petit triangle rouge) traduit une forme ovale légèrement déformée. La partie inférieure est un peu plus large que la partie supérieure, telle une base, comme pour assurer quelque stabilité ou équilibre à la figure. Il serait intéressant d’analyser la nature mathématique de chacune de ces deux moitiés, et de les identifier au mieux comme des ellipses ou des ovales de Cassini.
    Mais cette rarissime symétrie n’est pas la seule particularité géométrique de notre galet.
    Observons d’abord que le petit triangle rouge (ainsi que les autres triangles qui lui sont semblables) est presque équilatéral (angles : 58, 58 et 64 degrés). Amusons-nous à y voir le nombril symbolique par lequel notre galet se serait nourri, à partir du désordre universel, des substances contraires qui ont généré son ordre.
Ensuite et surtout. Appelons A,B,A’ et B’ les points d’intersection de l’ovale avec les diagonales du rectangle, et traçons les tangentes à la courbe en ces points ; appelons a,b,c,d et a’,b’,c’,d’ les points où celles-ci coupent les côtés du rectangle. Alors que la symétrie déjà observée implique forcément l’horizontalité des droites cd et c’d’, on remarque aussi que les lignes aa’ et bb’ sont parfaitement verticales, ce qui était hautement improbable en raison de l’absence de symétrie horizontale par rapport à l’axe x’x.

    Comme une règle d’or, cette autre propriété cachée (mais révélée ici par les lignes mathématiques étranges que nous superposons au dessin naturel) serait-elle la clé d’une harmonie que la symétrie seule ne saurait ni produire ni expliquer ?
Au delà de tout ésotérisme mais avec un certain romantisme (hugolien), plaisons-nous à voir dans le dessin mystérieux et savant de ce petit caillou, le jeu et la signature du Créateur de toutes choses.

Remarques géométriques secondaires. La forme du galet et le décentrement OG s’accompagnent de deux autres propriétés remarquables. On observe en effet que l’intersection h de cd avec y’y est l’orthocentre du triangle OAB supérieur (point commun des trois hauteurs), et que l’intersection g de c’d’ avec y’y est le centre de gravité du triangle inférieur GA’B’ (point commun des trois médianes). Constructions en vert sur la photographie. Deux autres règles d’or ?

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A faire pleurer les pierres avec le Facteur Cheval….

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Quand Orphée chantait et jouait de sa lyre, il charmait les hommes, les bêtes et les plantes, arrêtait le cours des fleuves et faisait pleurer les pierres… 

Ferdinand Cheval

Ferdinand Cheval, dit « le facteur Cheval » et sa fameuse pierre d’achoppement

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Découverte de la pierre d’achoppement (lettre de Ferdinand Cheval de 1897 adressée à l’archiviste départemental de la Drôme André Lacroix sur les circonstances de sa découverte de la pierre d’achoppement)

    Un jour du mois d’avril 1879, en faisant ma tournée de facteur rural à un quart de lieue avant d’arriver à Tersanne. Je marchais vite, lorsque mon pied accrocha quelque chose qui m’envoya rouler quelques mètres plus loin. Je voulus en connaître la cause. Je fus très surpris de voir que j’avais fait sortir de terre une pierre à la forme si bizarre, à la fois si pittoresque que je regardais autour de moi. Je vis qu’elle n’était pas seule. Je la pris et l’enveloppait dans mon mouchoir de poche et je l’apportais soigneusement avec moi me promettant bien de profiter des moments que mon service me laisserait libre pour en faire provision.
     Ce n’est que le lendemain, en l’examinant plus attentivement, que je pris la décision qui allait engager le restant de ma vie. J’avais bâti précédemment dans un rêve un palais, un château ou des grottes, je ne peux pas bien l’exprimer… Je ne le disais à personne par crainte d’être tourné en ridicule et je me trouvais ridicule moi-même. Voilà qu’au bout de quinze ans, au moment où j’avais à peu près oublié mon rêve, que je n’y pensais le moins du monde, c’est mon pied qui me le faisait rappeler. Le lendemain, je suis repassé au même endroit . J’en ai encore trouvé de plus belles, je les ai rassemblées sur place et j’en suis resté ravi… C’est une pierre molasse travaillée par les eaux et endurcie par la force des temps. Elle devient aussi dure que les cailloux. Elle représente une sculpture aussi bizarre qu’il est impossible à l’homme de l’imiter, elle représente toute espèce d’animaux, toute espèce de caricatures ».Je me suis dit : « puisque la Nature veut faire la sculpture, moi je ferai la maçonnerie et l’architecture – Voici mon rêve. A l’oeuvre ».
     De ce jour,  je n’eu plus de repos matin et soir. Je partais en chercher ; quelque fois je faisais 5 à 6 kilomètres et quand ma charge était faite je la portais sur mon dos. j’ai parcouru les ravins, les coteaux, les endroits les plus arides ; je trouvais aussi le tuf pétrifié par les eaux, qui est aussi merveilleux. J’ai commencé les charrois dans mon mouchoir de poche ; le tuf se trouvait pointu, en peu de jours j’en ai criblé une douzaine, ce qui ne faisait pas trop plaisir à ma femme. C’est là qu’ont commencé mes déboires. Je transportais des paniers. Je vous dirai aussi que ma tournée de facteur était de plus de 30 kilomètres par jour et que j’en parcourais des douzaines avec mon panier plein de pierres sur le dos, ce qui représentait une quarantaine de kilos chaque fois. Je vous dirai aussi que chaque commune possède son espèce de pierre toujours très dure.
      Je faisais, en parcourant la campagne, des petits tas de ces pierres ; le soir, avec ma brouette, je retournais les chercher. Les plus proches étaient à 4 ou 5 kilomètres, quelques fois jusqu’à 10 kilomètres. Je partais parfois à 2 ou 3 heures du maJe ne puis vous dire tous les détails, les péripéties et la misère que j’ai endurées, ce serait trop long à énumérer, mon instruction restreinte ne me permettant pas de bien m’exprimer.
      Je vous dirai tout simplement que j’ai tout charrié moi-même de la manière indiquée ci-dessus, que, nuit et jour, j’ai travaillé vingt-six ans, sans trêve ni merci.
    Je commençais à creuser un bassin dans lequel je me mis à sculpter avec du ciment toute espèce d’animaux puis à façonner une fontaine, “La source de la vie”, faite de coquillages, d’escargots, d’huîtres et de différentes pierres. . Ensuite avec mes pierres je commençais une cascade. Je mis deux années pour la construire. Une fois terminée, je me trouvais moi même émerveillé de mon travail. Critiqué par les gens du pays, mais encouragé par les visiteurs étrangers, je ne me décourageais pas. J’avais fait de nouvelles découvertes de pierres plus belles les unes que les autres, à Saint-Martin-d’août, à Treigneux, à Saint- Germain, espèce de petites boules rondes. Je me mis à l’oeuvre.
      Je commençais une grotte et une seconde cascade de manière que ma grotte se trouve entre deux. C’est ce qui forme tout le milieu du monument. Je mis encore trois ans pour l’achever. Toujours de plus en plus enchanté de mon travail ; l’idée me vient ensuite qu’avec mes petites boules rondes que j’avais trouvées à St-Germain, à Treigneux, ainsi qu’à St-Martin-d’Août je pourrais me faire un tombeau dont le style serait seul au monde et me faire enterrer dans le rocher à la mode des rois pharaons et dont la forme serait Egyptienne. Je me mis à creuser la terre et dans la terre j’ai formé une espèce de rocher et dans ce rocher j’ai creusé des cercueils. Ces cercueils sont recouverts de dalles qu’on enlève à volonté, fermés eux-mêmes par une porte en pierre avec une seconde en fer. » Puis cette première grotte n’a eu de cesse de se prolonger en excroissances qui ont abouti, vingt ans plus tard, à la façade est, comportant un temple égyptien, trois géants, des tas de petites maisons exotiques… 
      Pour poursuivre la façade ouest de mon œuvre, j’ai du acheter le terrain de son voisin trois fois son prix.

©www.levetchristophe.fr

Le Palais idéal du Facteur Cheval aujourd’hui (photo Christophe Lever)

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Romantisme allemand : « mare tenebrum », les sources de la poésie nocturne de Novalis

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Caspar David Friedrich - Lever de lune sur la mer, vers 1822

Caspar David Friedrich – Lever de lune sur la mer, vers 1822

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Extrait d’un texte de Paul Gorceix sur Maeterlinck et Novalis.

Paul Gorceix (1930-2007)    Ce texte est un extrait d’une étude réalisée par le professeur Paul Gorceix (1930-2007), spécialiste de la littérature française de Belgique et du symbolisme, intitulée « Symbole et analogie chez Maurice Maeterlinck et quelques réflexions sur Mallarmé et l’analogie » paru dans la revue Modernité 16 (Presses Universitaires de Bordeaux) sous la direction de Jean-Pierre Saïdah. En dehors du sujet principal de l’étude qui porte sur la définition des concepts de symbole, d’allégorie et d’analogie, le texte traite, en relation avec ces thèmes, des fondements de la poétique de la Nuit chez les romantiques allemands et chez Novalis en particulier.

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Maurice Maeterlinck (1862-1949)

Maurice Maeterlinck (1862-1949)

Le Symbole est l’Allégorie organique et intérieure; il a ses racines dans les ténèbres. L’Allégorie est le Symbole extérieur; elle a ses racines dans la lumière, mais sa cime est stérile et féerie. L’Allégorie est interprétée par l’Intelligence; le Symbole est interprété par la Raison.  –  Maeterlinck, Menus Propos, 1891.

      Cet aphorisme a le poids d’une définition. Maeterlinck trace ici une ligne de démarcation très nette entre deux sortes d’images, qui ont été longtemps  confondues, et dont le statut était encore loin d’être clair à l’époque symboliste. Jean Moréas, dans son Manifeste littéraire (1886), déclarait que l’idée ne doit jamais paraître « sans les simarres des analogies extérieures », soit que l’idée ne peut se présenter à nous que dans son rapport avec le sensible, avec le monde qui lui est extérieur. Moréas ne fait rien d’autre ici que de définir l’allégorie…
      Par rapport à la déclaration de J. Moréas, pour le moins assez vague, la définition que donne Maeterlinck marque une différence, et un progrès certain dans l’élucidation du symbole. C’est le problème de l’art et de la poétique qui est envisagé dans la perspective de la polarité allégorie-symbole. Au moyen de la discrimination qu’il institue entre ces deux modes d’images, le poète dramaturge, traducteur du mystique flamand Ruysbroeck et des Fragments de Novalis, indique sa volonté de remonter à la source du symbole, parce qu(il le considère comme la pièce essentielle à l’intérieur du mécanisme qui conditionne la création : l’allégorie n’étant que la reproduction figurative de l’idée.
     Chez Maeterlinck, l’ambiguïté de la définition est due avant tout à la terminologie qu’il utilise. L’équivoque est levée à partir du moment où ce qu’il appelle « Intelligence » correspond à  « l’entendement », au « Verstand » que Fichte considère, à la suite de Kant, comme une faculté inerte, improductive de l’esprit — tandis que la « raison » — Vernunft — représente ce que Tancrède de Visan, par référence à Schelling, désigne comme « une sorte de faculté métaphysique, suprasensible et supraintellectuelle », assez proche à ses yeux de « l’intuition » de Bergson. Que Maeterlinck était très au courant de ce genre de problème, est attesté par sa traduction des Fragments de Novalis qui traietent d’esthétique et de littérature. une simple allusion, anodine en apparence, glissée dans l’introduction à sa traduction, en est la preuve. Il écrit ceci : « Nous sommes en 1794 (…) dans le même temps que Kant analyse, Fichte reconstruit le monde dans sa Doctrine des sciences, tandis que Schelling enseignait déjà à quelques disciples dont était Novalis, l’identité absolue de l’objectif et du subjectif. » Maeterlinck est ici au cœur du problème.
      En effet, Schelling dépassant Fichte, après avoir établi que la nature n’est pas une simple représentation du moi, avait reconnu l’unité foncière de la nature et de l’esprit, au sein de l’Ame du Monde (Von der Weltseele, 1798), puissance créatrice et universelle dans laquelle il voit réalisée la synthèse entre l’objectif et le subjectif. C’est sur cette philosophie de l’identité que repose l’esthétique toute entière du romantisme allemand. Le conte symbolique (de Novalis)  des Disciples à Saïs en est une émanation.

Novalis (1772-1801)

Novalis (1772-1801) 

« Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse Nuit. Le monde est loin – sombré en un profond tombeau – déserte et solitaire est sa place. Dans les fibres de mon cœur souffle une profonde nostalgie. Je veux tomber en gouttes de rosée et me mêler à la cendre. – Lointains du souvenir, souhaits de la jeunesse, rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris, comme des brouillards du soir après le coucher du soleil. La Lumière a planté ailleurs les pavillons de la joie. Ne doit-elle jamais revenir vers ses enfants qui l’attendent avec la foi de l’innocence ? »    –  Novalis, Hymne à la Nuit, janvier 1800.

       A partir de là, la discrimination est instaurée entre l’entendement discursif qui consiste à établir des rapports conceptuels, intellectuels entre les êtres et le choses, et la « Raison synthétique » (Vernunft), en tant qu’activité créatrice de l’esprit, faculté de communion, capacité de fusion avec la nature. La définition du symbole par Maeterlinck est dictée par le refus de l’intellectualisme qu’il juge abstrait et improductif, au nom de l’existence en nous d’un moi profond — très proche du moi transcendantal de Novalis — dynamique, créateur et ouvert aux appels de l’inconscient.
      Cette position entraîne un changement de perspective, voire un renversement de valeurs, dont l’effet est direct précisément sur la définition du symbole. on a pu constater que Maeterlinck localise en quelque sorte les racines du symbole « dans les ténèbres » : l’allégorie, en revanche, « a ses racines dans la lumière », mais, souligne-t-il, « sa cime est stérile et flétrie ». Le paradoxe apparent, c’est que la lumière qui préside à la genèse de l’allégorie, n’est pas ici, contrairement à l’expérience ordinaire, l’équivalent de la fertilité, de la croissance et de la vie. Elle est synonyme de mort. A l’opposé, le ténèbres, essentiellement fertilisant, favorisent le développement organique du symbole, comparé implicitement à l’arbre vivant.
       Paradoxe ? Si on mesure l’image maerterlinckienne à l’échelle des valeurs propre à la pensée mystique, le paradoxe est résolu ou, plus exactement, il n’existe pas, replacé dans cette perspective. Ces « ténèbres » qui rappellent la mer intérieure de notre âme « où sévissent les étantes tempêtes de l’inarticulé et de l’inexprimable » — mare tenebrum — l’obscurité, la nuit ont une qualité éminemment positive de fécondation, elles sont vivifiantes à l’opposé de la lumière froide et desséchante. Cette mutation est à la source de la poésie « nocturne » du romantisme allemand, dont Novalis est le représentant le plus ardent. Dans la première Hymne à la Nuit, figurent ces déclarations, document du renversement des valeurs chez le mystique — telle que : « je me détourne vers l’ineffable, la sainte, la mystérieuse Nuit », ou encore « qu’elle me semble pauvre et puérile, à présent, cette lumière ». A la fin de l’hymne, invoquant la Nuit, le poète lance encore cette image paradoxale : « tu m’as révélé que la Nuit, c’est la vie ». Il faut entendre par là que l’obscurité favorise la vision intérieure, qui permet de voir au-delà du regard physique. Pour Maeterlinck qui a adopté l’échelle de valeur novalisiennes, héritage de la pensée mystique, l’inconscient est le sol nourricier du symbole. On comprend mieux désormais cet aphorisme, abscons en apparence, que Maeterlinck glisse dans Menus Propos« la Raison est plus noire que l’Intelligence ».
    « Et c’est ainsi que j’écoute, avec une attention et un recueillement de plus en plus profonds, toutes les voix indistinctes de l’homme. Je me sens attiré, avant tout, par les gestes inconscients de l’être, qui passent leurs mains lumineuses à travers les créneaux de cette enceinte d’artifice où nous sommes enfermés.»

Caspar David Friedrich - Uttewalder grund.

Caspar David Friedrich – Uttewalder grund

      Il convient de prendre la juste mesure du changement de cap qu’implique l’attitude de Maeterlinck à l’égard de l’inconscient. Le symbole est enraciné dans les couches profondes de l’être que les rationalistes ont toujours voulu ignorer. Le créateur, quant à lui, adopte une attitude réceptive, une position d’ouverture, sinon de passivité, à l’égard de ce qui lui est dicté par la vie profonde. Plusieurs déclaration en témoignent : « Je ferme les yeux avec résignation, écrit-il, en me laissant aller aux impulsions d’une force intérieure, que je ne connaîtrai peur-être jamais ». Ou encore, il déclare à Jules Huret :  « Le symbole est une force de la nature, et l’esprit de l’homme ne peut résister à ses lois (…). Le poète doit, me semble-t-il, être passif dans le symbole, et le symbole le plus pur est peut-être celui qui a eu lieu à son insu et même à l’encontre de ses intentions. »
      Cela signifie que pour le créateur, le symbole ainsi conçu, est le symptôme d’une expérience intérieure qui le conduit dans des régions où l’intelligence discursive ne parvient pas, du visible à l’invisible. Dés lors, le symbole acquiert une valeur ontologique.
On aura compris que cette activité symbolique s’inscrit dans une conception analogique du monde et de la vie. Là où, selon le jugement de Novalis, traduit par Maeterlinck : « tout le visible adhère à l’invisible », ou « le monde est un trope universel de l’esprit, une image symbolique de celui-ci ». La présentation de Novalis par Maeterlinck est significative de l’importance que le traducteur attribue à la démarche analogique dans la création :
      « Peut-être, écrit Maeterlinck, Novalis est-il celui qui a pénétré le plus profondément la nature intime et mystique et l’unité secrète de l’univers. Il a le sens et le tourment très doux de l’unité. Il ne voit rien isolément, et il est avant tout le docteur émerveillé des relations mystérieuses qu’il y a entre toutes les choses. (…) Il soupçonne et effleure d’étranges coïncidences et d’étonnantes analogies, obscures, tremblantes, fugitives et farouches, et qui s’évanouissent avant qu’on ait compris. Mais il a entrevu un certain nombre de choses qu’on aurait jamais spurçonnées q’il n’était pas allé si loin.»
     Ce que Maeterlinck a retenu ici est significatif des valeurs qui constituent la clef de voûte de la poétique mise en œuvre dans Serres Chaudes et dans sa dramaturgie. « Unité secrète avec l’univers », « relations mystérieuses avec les choses », « coïncidences et analogies ». Son flair est d’avoir vu que l’auteur des Disciples à Saïs (Novalis) est le poète qui a annoncé le mieux l’utilisation du symbole par les poètes de la nouvelle école. A la suite de Ruysbroeck, son œuvre lui a confirmé que la nature entière n’est qu’un vaste symbole, qu’entre la matière et l’esprit, les choses et les êtres sont reliés par un réseau infini de relations.
     (…)
     Chez Maeterlinck, il s’agit de saisir et d’accueillir, sans intervention délibérée et brutale, les sensations venues du dehors, les accidents de la vie secrète, les éclosions de l’inconscient, autant d’impulsions et de matière d’écriture.
     (…) 
     Chez Maeterlinck, l’analogie est accueillie, plus, elle s’impose au moi, du fait qu’elle est le signe d’une relation intime avec le cosmos et qu’en même temps elle est garante de la cohérence magique entre les composantes de l’œuvre.

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Caspar David Friedrich – Homme et femme contemplant la Lune, vers 1818-1824

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Au feu ! Turner au lac d’Annecy

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Le lac d’Annecy au crépuscule, photos Enki

Lac d'Annecy :lLes Dents de Lanfon au crépuscule (photo Enki - IMG_0276)

Lac d’Annecy : Les Dents de Lanfon

Lac d'Annecy : le Mont Veyrier et les Dents de lançon au crépuscule (photo Enki - IMG_0287)

Lac d’Annecy : le Mont Veyrier et les Dents de Lanfon

Lac d'Annecy : Les Dents de Lanfon et La Tournette au crépuscule (photo Enki - IMG_0284)

Lac d’Annecy : Les Dents de Lanfon et La Tournette

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