« Le châtiment du chasseur » du peintre Paulus Potter (1625-1654), précurseur de la bande dessinée

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« Upoème en peinture » selon Goethe.

Paulis Potter - le châtiment du chasseur,

Paulis Potter – le châtiment du chasseur, vers 1647

   Le peintre néerlandais Paulus Potter (1625-1654) s’était spécialisé dans la représentation animalière sur fond de paysage, en particulier des bovins (même si il a également peint des chevaux et des chiens) pour laquelle il approchera la perfection mais malheureusement pour ce peintre talentueux, ce thème était peu apprécié à son époque et ce n’est que plus tard, au début du XIXe siècle, qu’il connaîtra une une notoriété auprès des peintres paysagistes. Il est mort très tôt, malade de tuberculose, à l’âge de 29 ans, dans la gêne. Le tableau  » le châtiment du chasseur » est l’un des dernier qu’il aura peint puisque ce sera un autre peintre, Poelenborch,qui terminera le dernier panneau, celui situé en haut à droite du tableau qui représente Diane, la déesse de la chasse, et ses nymphes. Ce tableau avait connu bien des vicissitudes puisqu’il avait été pillé par Napoléon lors de l’une de ses campagnes et mené en France en 1814 où il allait faire partie de la collection de l’impératrice Joséphine à La Malmaison. Récupéré par les coalisés, il orne maintenant un mur du musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Le tableau peut être considéré comme la première « bande dessinée » de l’histoire puisqu’il représente en 14 panneaux les mésaventures d’un chasseur qui sera capturé, jugé et châtié par les animaux pour ses forfaits commis à l’encontre de la gent animale.

     A l’époque de Potter deux visions de l’homme s’oppose au sujet de la condition animale. la première défend l’animal qui est considéré comme un être sensible qui mérite sinon des droits, du moins une certaine compassion. cette attitude rejoint celle de Montaigne (1533-1592) qui avouait la sympathie qu’il éprouvait pour les animaux et professait qu’il ne saurait sans déplaisir voir poursuivre et tuer une bête innocente et sans défense et de qui personne n’avait reçu aucune offense. La seconde vision, théorisée un peu plus tard par Descartes (1596-1650), est celle de « l’animal-machine » qui considère que les animaux ne sont que des assemblages mécaniques de pièces et rouages et sont donc dénués de conscience ou de pensée.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 1

la scène 1 située en haut à gauche du tableau représente un cerf majestueux qui arbore un crucifix entre ses bois devant lequel s’agenouille un chasseur. Elle représente la légende chrétienne de Saint Eustacheanciennement nommé Placidas, qui était un général romain de l’époque de l’empereur Trajan et s’était converti au christianisme avec sa femme et ses deux fils à la suite d’un miracle : lors d’une partie de chasse, le cerf qu’il poursuivait lui étant apparu porteur d’une croix entre ses bois.

le miracle de Saint Eustache      Voici comment des textes grecs composés entre le Ve et VIIe siècle relatent la scène du miracle : distançant ses compagnons, Placidas poursuivit le cerf pour le tuer mais vit, quand il l’eut rattrapé, un crucifix qui brillait entre ses cors. Alors le cerf, recevant du Seigneur le pouvoir de parler en son nom, lui dit : « Placidas, pourquoi me poursuis-tu ? Je suis le Christ, que tu honores sans le savoir, et je suis venu sous cette forme pour te sauver et, à travers toi, sauver aussi tous les idolâtres ». Devant ce miracle, ayant reconnu le vrai Dieu, Placidas se convertit avec sa femme et ses deux fils. La nuit même, il se fit baptiser avec les siens par le « prêtre des Chrétiens » et reçut le nouveau nom d’Eustathe. Mais les raisons du Dieu des chrétiens sont parfois impénétrables et pour mettre la foi du nouveau converti à l’épreuve, toute une série de malheurs plus terribles les uns que les autres vont fondre sur Eustathe et sa famille qui va être dispersée. On pourrait croire que les épreuves sont terminées quand l’empereur Trajan, qui a besoin de son général, retrouve celui-ci et le reconduit dans son commandement. Un bonheur n’arrivant jamais seul, Eustathe retrouve ses deux fils et son épouse. Hélas ! Trajan meurt et est remplacé par un nouvel empereur, Hadrien, qui persécute les chrétiens. La famille refusant d’adjurer sa foi est jetée en pâture aux lions qui ne les trouvent apparemment pas à leur goût puisqu’ils se couchent à leurs pieds… Furieux, l’empereur les fera bouillir dans un taureau d’airain chauffé à blanc. Eusthate, sa femme et ses deux fils deviennent des martyrs et Eusthate sera honoré par les chrétiens sous le nom de Saint-Eustache.

l'apparition à Saint-Hubert   Le même thème du cerf crucifère réapparait plus tard vers 847 dans la vie de Saint Meinulphe, le diacre fondateur du monastère de Boeddeken, près de Paderborn en Saxe et plus tard, au XVe siècle, dans la quatrième vie de Saint Hubert du nom du saint patron des chasseurs qui relate l’histoire du seigneur Hubert, un noble franc qui n’avait pu résister, passionné de chasse, de chasser un vendredi saint. Il tomba alors nez à nez avec un cerf immaculé porteur d’une croix lumineuse entre ses bois. Il le poursuivit un long moment mais soudain l’animal s’arrêta et une voix descendu du ciel déclara : « Hubert ! Hubert ! Jusques à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusques’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? ». Après s’être racheté une conduite, le seigneur Hubert devint évêque du diocèse de Tongres-Maastricht succédant ainsi à Saint Lambert. Il est le fondateur de la ville de Liège dont il est le saint-patron.

     Ainsi les animaux, que ce soit les lions qui refusent de dévorer les chrétiens ou le cerf , sont aussi des créatures de Dieu dont ils peuvent être à l’occasion, les interprètes. Ne mérite-t-ils pas dans ces circonstances du respect et de la compassion ?

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 1

la scène 2, située en haut et au centre du tableau montre le chasseur et ses lévriers (très rapides, les lévriers étaient spécialement dressés pour la chasse au petit gibier). Oublié, l’hommage rendu au cerf divin, l’homme exhibe la dépouille d’un lièvre que lui et ses chiens ont chassé et tué.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 2 : Diane et ses nymphes

la scène 3, située en haut à droite du tableau et peinte par le peintre Poelenborch montre la déesse Diane dénudée et ses nymphes. Au loin on distingue un homme apparemment en train de s’enfuir. Cette scène est une illustration du mythe grec d‘Actéon popularisé par  le poète romain Ovide dans son poème narratif « Les Métamorphoses ». Actéon était un célèbre chasseur qui avait pour son malheur surpris la déesse de la chasse Artémis (nom grec de la Diane romaine) prenant son bain. Furieuse, celle-ci, pour le punir, l’a alors transformé en cerf. L’infortuné Actéon mourra dévoré par ses propres chiens qui ne le reconnaîtront pas. Cette scène apparait comme un avertissement : voilà ce qui arrive à ceux qui transgressent les interdits divins…

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 3Capture d’écran 2015-10-04 à 02.45.44

scène 4 : un chasseur et l’un de ses chiens, tapis derrière un talus, épient des animaux inoffensifs et paisibles : un rongeur à l’entrée de son terrier et un volatil avec ses poussins. Un personnage court dans le lointain. Actéon poursuivi par ses chiens ?

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 4Capture d’écran 2015-10-04 à 02.33.05

scène 5 : un fauve attiré par un appât placé dans un piège est sur le point d’être capturé.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 5Capture d’écran 2015-10-04 à 02.34.10

scène 6 : un fauve encerclé de toute part est mis à mort par des cavaliers armés d’épées et des lanciers.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 6

scène 7 : un buffle a été immobilisé par le harcèlement des chiens dans l’attente de l’arrivée de cavaliers.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 7

scène 8 : un lion et une lionne sont attaqués par des chasseurs à pied et à cheval. Le lion se défend en assaillant l’un des cavaliers mais son heure est venue; une flèche lancée par l’un des cavaliers l’a transpercé et une lance pénétre dans son cou.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 8

scène 9 : un sanglier est assailli par une meute de chien et deux chasseurs. Pendant que les chiens le harcèlent en le mordant, les deux chasseurs ont tout le loisir de le mettre à mort à la lance et à l’épée.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 9Capture d’écran 2015-10-04 à 02.41.45

scène 10 : trois singes sont épiés par deux chasseurs dissimulés derrière un arbre.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 10Capture d’écran 2015-10-04 à 02.42.14

scène 11 : un ours est assailli par une meute et est sur le point d’être mis à mort par un chasseur qui pointe sur lui un fusil.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 11

Capture d’écran 2015-10-07 à 15.34.00 scène 12 : une chèvre sauvage ou un mouflon est visé par un chasseur armé d’un fusil caché derrière un rocher.

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la pénitence

Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 12

scène 13 : le chasseur et ses chiens ont été capturés par les animaux et conduits devant le lion, roi des animaux qui brandit un sceptre, symbole de son pouvoir. Le chasseur, encadré par deux loups, a ses mains ligotées derrière son dos et est poussé par un ours. son cheval attaché au tronc d’un arbre se cabre, ses chiens sont gardés par un ours, un sanglier et un buffle. Autour du roi des animaux siègent les témoins : éléphant, taureau, léopard, bouc, sanglier. Un renard muni d’un parchemin tient le rôle du greffier. Un singe, perché sur une branche d’arbre assiste au spectacle.

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Paulus Potter - la punition du chasseur, scène 14

scène 14 : la sentence a été rendue et est en cours d’exécution. C’est la loi du talion qui est appliquée. Ceux qui donne la mort doivent être exécutés. Les chiens, animaux traitres à leur semblables, sont pendus à la plus haute branche d’un arbre décharné symbole de mort. Un loup et un renard tirent sur la corde de pendaison. A l’extrémité de la branche un singe exhibe le cadavre d’un chien. Au sol un lévrier, la tête et la queue basse attend son triste sort. Mais la punition la plus horrible a été réservée au chasseur; maintenu sur le pic d’un rôtissoire, celui-ci est soumis aux flammes pour être rôti et sera dévoré par les animaux; deux ours tournent la manivelle du rôtissoire, un cochon et une chèvre répandent de la sauce sur le corps pendant qu’un éléphant et un singe récolte du bois de chauffe dans la forêt toute proche. Les autres animaux sont en liesse et danse.

Capture d’écran 2015-10-07 à 15.59.18 Capture d’écran 2015-10-07 à 16.01.05 Capture d’écran 2015-10-07 à 16.01.31

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    Paulus Potter (1625-1654) a vécu à une époque qui a correspondu à l’âge d’or des Pays-Bas qui s’est déroulé approximativement de 1580 à 1700. Cette période vit la république des Provinces-Unies à peine née en 1581 de l’Union d’Utrecht, se hisser au rang de première puissance commerciale au monde avec le développement intense du grand commerce maritime en direction des Indes et de l’Amérique. Cette prospérité économique s’est accompagné d’un épanouissement culturel sans précédent dans les domaines des sciences, de la philosophie et de l’art, en particulier de la peinture. Le développement et l’enrichissement d’une classe bourgeoise avide de représentations picturales mettant en scène son statut et son cadre de vie. La peinture de portraits se développe à un niveau encore jamais atteint et des thèmes picturaux nouveaux apparaissent comme la représentation des paysages, la peinture de genre et la nature morte. La peinture de paysage met en scène des thèmes qui jusque là avaient été inexploités tels que les constructions rurales ou urbaines, les activités agricoles et avec elles les représentations des animaux domestiques que ce soient des chevaux, des bovins ou des moutons paissant au pâturage ou des animaux des cours de fermes.

Les ménageries
Dans le même temps étaient débarqués dans les ports de nombreux animaux exotiques qui allaient peupler les ménageries et emplir les cabinets de curiosité. C’est ainsi que dans la partie des Pays-Bas encore sous domination espagnole, jusqu’en 1640, une ménagerie existait à la Cour du prince de Gand et une autre dans la même ville dans le jardins du prince évêque de Lobkowitz à côté d’un cabinet d’histoire naturelle célèbre; elle se composait de loges pour animaux et d’une oisellerie, qualifiée de précieuse perles par commissaires français des armées de la Convention qui vinrent pour s’en emparer. A Anvers, dés la fin du XVIe siècle, la belle floraison des peintres animaliers dans cette ville dont Rubens fut le maître et l’initiateur laisse supposer que  son port faisait toujours un grand commerce d’animaux de ménagerie. Les peintres Jean Breugliel, dit de Velours, Paul de Vos et Franz Snyders étaient spécialisés dans le genre animalier. On peut élaborer la même hypothèse paru la ville de Bruxelles car Jean Breugliel, alors au service des archiducs, traita plusieurs fois le sujet du Paradis terrestre avec nombre d’animaux de ménagerie très bien représentés et peints certainement d’après nature. Si plusieurs visiteurs n’ont vu à cette époque dans la vile que des cerfs en grande quantité et des oiseaux dans « une volière remplie de petits perroquets qui en sortent au printemps pour se nicher dans les arbres et y reviennent de leur propre mouvement vers l’hiver pour s’y laisser enfermer » (le duc de Saxe, Jean-Ernest), le colonel français Duplessis l’Escuyer qui voyagea dans les Pays-Bas, vers l’année 1610, parle « de boscages et prairies fort plaisantes où se voient touttes sortes de bestes sauvages et fauves » et décrit des « allées en berceaux » dans lesquelles se trouvent « toutes sortes d’animaux rares et de toutes espèces, tant de terre que de l’air ». Au nord de Bruxelles, le château de Laeken, connu plus tard au XVIIIe siècle sous le nom de château de Schoonberg possédait au milieu d’une foule d’arbres et de plantes exotiques très rares ainsi, une petite ménagerie « disposée avec goût ». Dans la province du Hainaut, le château de Belœil, propriété des princes de Ligne possédait à la fin du XVIIIe siècle, une petite ménagerie qui abritait deux dromadaires et un « village tartare » avec sept ou huit cents moutons et bétes à cornes ainsi qu’un « haras d’animaux sauvages » servant à repeupler les bois environnants ainsi qu’une héronnière et une faisanderie.
     On suppose des montreurs de bètes et des ménageries ambulantes sillonnaient le pays. En 1606, par exemple, nous voyons les échevins de Gand donner 23 « escalins gros » à un Anglais qui avait fait combattre devant eux des ours, des taureaux et des chiens et l’année suivante, ce sont deux forains de Paris qui reçoivent 5 escalins pour avoir fait sauter et danser un loup-cervier et deux pananes (?). En 1628 arrivait toujours à Gand un éléphant, en 1630, deux bœufs gras de taille extraordinaire venant de pays étrangers et en 1642, un second éléphant était exhibé.

      Dans les Provinces-Unies qui s’étaient libérées du joug espagnol, de nombreux animaux exotiques débarquaient dans les ports qui commerçaient avec l’outre-mer et notamment dans le plus important d’entre eux, Amsterdam. Ces  animaux allaient se retrouver dans les ménageries qui se formèrent à cette époque qu’elles soient princières ou aménagées par de riches particuliers qui « rivalisaient de zèle pour orner leur cabinet d’histoire naturelle de choses rares, et leur jardin de bêtes curieuses ou utiles. Des perroquets se voyaient dans toutes les demeures; des hoccos, des pénelopes des éperonniers, des pauxis, des faisans exotiques, des sarcelles à éventail de la Chine, des canards de la Louisiane étaient acclimatés au point de se reproduire régulièrement dans ce climat froid, de façon à pouvoir paraître sur les tables des riches »En même temps, des forains conduisaient de ville en ville des animaux curieux.

Evolution du statut de l’animal 
     Ainsi l’animal, qui avait été ignoré durant toute la période du moyen-âge était devenu un sujet de représentation et de réflexion. Rappelons que si l’animal a l’époque était considéré comme  incapable de raison, le temps n’était pas encore si éloigné où il était jugé responsable de ses actes puisque l’on hésitait pas à le juger et à le punir pour des faits dont il s’était rendu coupable à l’égard des humains. C’est ainsi qu’en 1571, à Middelburg, un taureau avait fait l’objet de poursuite et exécuté, sa tête exposée sur la place publique, pour avoir encorné une femme et lui avoir fait perdre ainsi la vie et qu’en 1595, à Leyde, un chien avait été pendu pour avoir mordu un enfant. Si les animaux pouvaient être jugés pour leurs méfaits, pour quelles raisons l’inverse – le jugement des hommes par les animaux – ne devrait-il pas se produire ?
    Certains historiens de l’art ont suggéré que dans les tableaux de Paulus Potter, les animaux arborent un regard presque humain, regardant loin dans le lointain ou fixant des yeux le peintre qui les a peint ou le spectateur qui les contemplent. D’autres tableaux font apparaître les animaux comme ayant des caractères ou des personnalités propres. Potter pensait-il que les animaux possédaient une âme ou pour le moins une forme de conscience et de compréhension ? Cela expliquerait la genèse de ce tableau qui serait alors un acte de protestation contre la condition animale de son époque. D’autres expliquent le contenu du tableau comme étant une allégorie des risques de révolte d’un peuple opprimé contre son oppresseur. La république hollandaise connait au milieu du XVIIe siècle malgré et à cause de sa richesse qui provoque la jalousie des autres puissances européennes une situation instable avec la guerre anglo-hollandaise (1652-1654) et sur le plan intérieur, des tensions sociales avec les tentatives de la maison d’Orange-Nassau de se réinstaller dans son rôle traditionnel de stathoudérat (gourvernorat général de tutelle de la république).

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