L’Enfant volé (Stolen Child) – Loreena McKennitt

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Loreena McKennith

Loreena McKennitt

     Loreena Isabel Irene McKennitt, née le 17 février 1957  près de Winnipeg dans la province canadienne du Manitoba dans une famille d’ascendance irlandaise et écossaise est une chanteuse et musicienne qui puise son inspiration dans la culture celtique. Depuis son premier album Elemental paru en 1985 d’où est tiré le morceau Stolen Child qui suit qui est un poème de Yeats qu’elle a mis en musique, elle a connu un succès international.

La chute de Glencar, Comté de Leitrim mentionné dans le poème

La chute de Glencar dans le Comté de Leitrim, mentionnée dans le poème de Yeats

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W. B. Yeats (1865-1939)

W. B. Yeats (1865-1939)

The Stolen Child (l’enfant volé) est un poème de l’irlandais William Butler Yeats, composé en 1886. Il figure dans le recueil The Wanderings of Oisin and Other Poems (1889) (les Errances d’Ossian et autres poèmes). The stolen childévoque l’enlèvement d’un enfant par les fées, un thème classique du moyen-âge et de l’Irlande. Chaque strophe se termine invariablement par les mêmes vers « Come away, O human child! To the waters and the wild (…) »,

°°°

The Stolen Child – W. B. Yeats, 1886

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Where dips the rocky highland
Of Sleuth Wood in the lake,
There lies a leafy island
Where flapping herons wake
The drowsy water rats;
There we’ve hid our faery vats,
Full of berries
And of reddest stolen cherries.
Come away, O human child!
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand.
For the world’s more full of weeping

than you can understand.

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Where the wave of moonlight glosses
The dim gray sands with light,
Far off by furthest Rosses
We foot it all the night,
Weaving olden dances
Mingling hands and mingling glances
Till the moon has taken flight;
To and fro we leap
And chase the frothy bubbles,
While the world is full of troubles
And is anxious in its sleep.
Come away, O human child!
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand,
For the world’s more full of weeping

than you can understand.

Capture d’écran 2015-12-07 à 22.49.57

Where the wandering water gushes
From the hills above Glen-Car,
In pools among the rushes
That scarce could bathe a star,
We seek for slumbering trout
And whispering in their ears
Give them unquiet dreams;
Leaning softly out
From ferns that drop their tears
Over the young streams.
Come away, O human child!
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand,
For the world’s more full of weeping

than you can understand.

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Away with us he’s going,
The solemn-eyed:
He’ll hear no more the lowing
Of the calves on the warm hillside
Or the kettle on the hob
Sing peace into his breast,
Or see the brown mice bob
Round and round the oatmeal chest
For he comes, the human child
To the waters and the wild
With a faery, hand in hand
From a world more full of weeping

than he can understand

°°°

Ängsälvor (Elfes dans un pré) par Nils Blommér, 1850.

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°°°

L’enfant volé

Là où les hautes terres rocheuses
de la forêt de Sleuth (1) s’enfoncent dans le lac,
Là git une île feuillue
Où les hérons battant de l’aile éveillent
Les rats d’eau qui somnolent;
Là nous cachons nos cuves du peuple des fées,
Pleines de baies
Et des plus rouges des cerises volées.
Va-t-en vers nous, O enfant humain !
Vers l’eau et la nature sauvage
Avec une fée, main dans la main.
Car il y a plus de pleurs en ce monde que tu ne peux le comprendre.

Là où des vagues de lumière lunaire font briller
Le sable terne
Là-bas au plus loin des lointains des Rosses (2)
Nous le piétinons toute la nuit,
Tissant des danses anciennes
Mélangeant nos mains et nos regards
Jusqu’à ce que la lune s’élève;
De-ci, de-là nous sautillons
Et chassons les bulles d’écume,
Pendant que le monde plein de soucis
Dort d’un sommeil anxieux.
Va-t-en vers nous, O enfant humain !
Vers l’eau et la nature sauvage
Avec une fée, main dans la main.
Car il y a plus de pleurs en ce monde que tu ne peux le comprendre.

La où l’eau errante jaillit
Des collines au dessus de la vallée de Car,
Dans des mares parmi les roseaux
Dans lesquelles pourrait à peine se baigner une étoile,
Nous pourchassons la truite somnolente
Et chuchotant à ses oreilles
Nous lui donnons des rêves inquiets;
Doucement penchées depuis
Des fougères dont les larmes gouttent
Dans de jeunes ruisseaux.
Va-t-en vers nous, O enfant humain !
Vers l’eau et la nature sauvage
Avec une fée, main dans la main.
Car il y a plus de pleurs en ce monde que tu ne peux le comprendre

Au loin, avec nous, il va,
Celui aux yeux solennels
Il n’entendra plus jamais le meuglement
Du veau sur les tièdes coteaux
Ou la bouilloire sur la cuisinière
Chanter paisiblement dans sa poitrine
Plus jamais il ne verra la souris brune remuer sa petite tête
En tournicotant autour du coffre d’avoine.
Car il vient, l’enfant humain !
Vers l’eau et la nature sauvage
Avec une fée, main dans la main.
Depuis un monde qui contient plus de pleurs qu’il ne peux le comprendre

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Une très belle représentation du poème de Yeats sur YouTube

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      En 1988, Trois années après le lancement de la version de Loreena Mc Kennitt, le groupe The Waterboys composait Fisherman’s Blues, un album hybride, relevant à la fois du rock, de la musique country et de la musique « celtique » dans lequel figurait The Stolen Child. La mise en musique du poème de Yeats est très réussie, grâce à un parlé-chanté qui conserve le mystère des couplets, seul le refrain est chanté.

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