Leila Alaoui, photographe franco-marocaine morte pour rien…

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Leila-requiem

Leila Alaoui – (1982-2016)

     Je ne connaissais pas Leila Alaoui. J’ai appris que cette jeune photographe franco-marocaine de 34 ans qui était en mission au Burkina-Faso pour l’ONG Amnesty International dans le cadre de la campagne « Mon corps : mes droits », un projet de prévention contre le mariage précoce au Burkina-Faso et au Mali, donc pour servir une cause humanitaire, a été lâchement assassinée avec son chauffeur burkinabé par des terroristes islamistes à Ouagadougou alors qu’ils dînaient tranquillement dans le café-restaurant le Cappucino, situé devant l’hôtel Le Splendid. Un terroriste lui a envoyé par moins de cinq balles dans le corps… Lui aussi ne la connaissait pas, mais pour lui aucun doute, il fallait qu’elle meurt !
     Née à Paris, elle possédait la double nationalité. Après avoir passé son enfance au Maroc, elle avait vécu à Paris, suivi  des études de sociologie et de photographie documentaire à New-York et s’était fait une place dans les métiers de la photographie-reportage en explorant les thèmes de l’identité, des diversités culturelles et de la migration dans l’espace européens. Elle partageait son temps entre le Liban et le Maroc.

      Sa mort est un nouveau signe de l’absurdité des menées des fanatiques djihadistes. Ces individus ont quitté depuis longtemps le domaine de la raison, ils agissent sous le coup de leurs pulsions primaires malsaines et dans l’euphorie et l’ivresse de leur toute-puissance sur la vie d’autrui. Ils étaient jusque là moins que rien et ils ont cru être devenus des héros pour avoir assassiné lâchement trente personnes innocentes. Leila était belle, ils haïssait sa beauté. Leila était créative et talentueuse, ils enviaient ses dons, eux qui ne savaient rien faire d’autre que psalmodier des litanies qu’ils ne comprenaient même pas. Leila était heureuse de vivre, eux préféraient courtiser la mort. Leila était compatissante dans son travail et attentionnée à la misère du monde, eux détestait le monde et propageait le malheur. Leila était curieuse de tout et de tous, ouverte aux différences, eux étaient refermés sur eux-mêmes, en texte-à-tête exclusif avec leur petitesse et médiocrité. Leila était promise à un bel avenir, eux étaient tournés vers le passé. Leila continue à vivre dans nos cœurs, eux , on les a déjà oublié…

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Leila Alaoui - les Marocains

Leila Alaoui – Les Marocains

     Voici comme elle présentait sa dernière œuvre Les Marocains présentée dans le cadre de la Première Biennale des Photographes du Monde Arabe à l’initiative de l’Institut du Monde Arabe et de la Maison Européenne de la Photographie.

      «Les Marocains est une série de portraits photographiques grandeur nature réalisés dans un studio mobile que j’ai transporté autour du Maroc. Puisant dans mon propre héritage, j’ai séjourné au sein de diverses communautés et utilisé le filtre de ma position intime de Marocaine de naissance pour révéler, dans ces portraits, la subjectivité des personnes que j’ai photographiées. Inspirée par “The Americans”, le portrait de l’Amérique d’après-guerre réalisé par Robert Frank, je me suis lancée dans un road trip à travers le Maroc rural afin de photographier des femmes et des hommes appartenant à différents groupes ethniques, Berbères comme Arabes. Ma démarche, qui cherche à révéler plus qu’à affirmer, rend les portraits réalisés doublement “documentaires” puisque mon objectif – mon regard – est à la fois intérieur et critique, proche et distancié, informé et créatif. Ce projet, toujours en cours, constitue une archive visuelle des traditions et des univers esthétiques marocains qui tendent à disparaître sous les effets de la mondialisation.»

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Capture d’écran 2016-01-19 à 14.08.46

Crossings (Installation vidéo en triptyque)

« Crossings » explore l’expérience des migrants sub-sahariens qui quittent leurs pays dans l’espoir d’atteindre les rivages de la Méditerranée.  L’installation vidéo révèle le traumatisme collectif provoqué par la traversée des frontières et la fragilité d’une communauté plongée dans un nouvel environnement hostile. Tout en explorant les textures expérientiels de la transition psychologique et physique, l’installation invoque aussi le concept de l’Europe comme une utopie problématique dans l’imaginaire collectif africain.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

featured_Portrait-Leila-Alaoui-2

Quelques belles photos de Leila

 « J’installe mon studio en extérieur, les jours de marché. Les gens passent, ceux qui veulent s’arrêtent. La seule chose que je leur demande, c’est de rester face à moi »  Leila Alaoui.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Leila Aloui

Nos pensées vont vers toi, Leila…

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Une réflexion au sujet de « Leila Alaoui, photographe franco-marocaine morte pour rien… »

  1. Ping : Leila Alaoui, photographe franco-marocaine morte pour rien… – musnadjia423wordpress

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s