écume crayeuse sur fond de sable noir

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Normandie, Pays de Caux – Falaises et plage d’Etretat, 26 décembre 2015 (photos Enki)

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6 réflexions au sujet de « écume crayeuse sur fond de sable noir »

  1. Comme un désert aux proportions de ses dunes… Mais cette forme si menue au bas de l’image, est-ce le corps d’une petite fille assise, blottie dans ce résidu ?

    • Ah ! elle était là, bah zut alors ! Quand je pense qu’on l’a cherché toute la journée et qu’on a du abandonner les recherche au soir à cause de la marée montante…

      Bon, n’ayez crainte, je plaisante…

      Êtes-vous paréidolique ?
      Certains entendent des voix, d’autres voient des nains (ou autre choses) partout. C’était un passe-temps de mon enfance de découvrir des visages ou des personnages dans les vieux parements de peinture tachetés de l’escalier des communs mais j’ai du perdre ce don car malgré mes recherches assidues je n’ai pas discerné de petite fille… Il faudra me faire un dessin…

      Réflexion fait je viens de la découvrir sur la photo du haut avec sa longue robe incrustée de coquilles immaculées et sa tête blême qui repose sur le sable noir… Une sirène peut-être…

  2. C’est que nous sommes tous sujets à des illusions d’optiques, tous dans l’illusion et prêts aux illusions pourvu qu’elles nous rassurent ou nous inquiètent, bref qu’elles peuplent notre imaginaire ailleurs qu’au véritable objet de nos rencontres. Or, Il se trouve que, paradoxalement, quelques jours passés, je fus amenée à reprendre assez vivement la remarque d’une visiteuse découvrant un portrait dans une toile d’Istvan Peto, non figurative, exposée dans ma galerie. Ma visiteuse rétorqua qu’elle était dans son droit, et je lui répondis que la peinture était, elle, en droit d’être contemplée du point de vue de son identité propre, à savoir composition, matière, valeur colorée, force et sensibilité, pensée… Et depuis, la physionomie présumée n’a cessé de me narguer…
    Dans le cas de la photo, seconde image « vue du ciel », le « sujet, petite fille » se trouve isolé au bas de l’image : un petit caillou clair dans l’immensité d’une dune imaginaire.

    • L’historien d’art américain Arthur Danto considérait qu’il était illégitime de vouloir établir une description neutre ou objective d’une œuvre d’art car cette attitude aurait pour conséquence de réduire cette œuvre à un objet physique banal en la privant ainsi de sa spécificité qui est justement de permettre une interprétation : « Si une entité est une œuvre d’art, il n’existe pas de manière de la voir qui soit neutre, on ne la voit pas comme une œuvre d’art ». Il prend, pour appuyer son propos, l’exemple de trois toiles peintes en rouge identiques sur le plan formel mais dont la différence porte sur le sujet et l’interprétation : la première s’intitule « la place rouge », la seconde « la traversée de la mer Rouge par les Hébreux », la troisième « Carré rouge », une figure géométrique. Pour Danto, ces toiles étant physiquement identiques, elles ne peuvent être expliquées et comprises en fonction de leurs propriétés physiques. De la même manière l’analyse d’un objet « ready-made » de Marcel Duchamp ne peut se limiter à l’analyse physique car elle serait réductrice et évacuerait la dimension artistique, c’est le cas notamment de la pelle à neige intitulée « En prévision d’un bras cassé » et de l’urinoir intitulé « fontaine ». Danto en conclu que c’est l’interprétation qui constitue l’œuvre d’art et que dans ce cas, il y a autant d’œuvres d’art qu’il y a d’interprétations. On peut ajouter, à l’appui de cette thèse, les manières différentes d’interpréter l’art nègre des sculptures africaines. En « situation » dans les rites tribaux, la statuette était appréhendée par les indigènes de manière totalement différente que par un collectionneur européen. Beaucoup d’artistes refusent de se laisser amener sur le terrain de l’interprétation de leurs œuvres considérant que les conditions de créations sont empreintes de mystère et par essence non rationalisables. Cela dit, la vision d’un portrait « caché » dans un tableau ne relève généralement pas d’une interprétation puisqu’elle est le plus souvent le résultat d’un mécanisme inconscient du cerveau qui cherche à reconstituer dans le chaos de la perception brute des images correspondant à des objets familiers (ou à des œuvres d’art connues, ex. : la lutte de Jacob avec l’Ange de Delacroix). Ce qui complique la chose, c’est que Istvan Peto est un peintre que l’on pourrait rattacher au tachisme et qu’il peut très bien avoir intégré formellement à son tableau, consciemment ou inconsciemment, des éléments picturaux amenant à percevoir un portrait. Lorsque je contemple ses tableaux, j’ai moi-même tendance à distinguer parfois des ébauches de silhouettes ou d’objets…

  3. Si je reprends les images conjuguées des étreintes et des luttes – l’olivier et la lutte de
    Jacob avec l’Ange -, êtes-vous certain d’avoir perdu les dons de l’enfance ?

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