Les Visiteurs III – Ça pue !

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Soupe peu ragoûtante au navet

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      Samedi 23 avril 17 h – Genève. Nous venons tout juste de nous réfugier dans l’un des grands centres commerciaux de la périphérie pour échapper au déluge qui s’est abattu sur la ville. Totalement désœuvrés et errants sans but dans ce capharnaüm labyrinthique de la société de consommation au milieu de groupes d’ados passablement excités courant en tous sens, nos pas nous conduisent jusqu’à l’entrée d’un complexe cinématographique. Nous sommes sauvés ! Il ne faut finalement jamais désespérer de la providence… Le cinéma n’a-t-il pas été inventé pour secourir  tous ceux qui s’ennuient les jours de pluie ?  Nous passons en revue les films à l’affiche mais par malheur, aucun d’eux ne retient notre intérêt. Mais que faire ?  Retourner dans le labyrinthe pour y hâler notre pesant d’ennui est au-dessus de nos forces, de même que sortir et affronter la pluie… Nous préférons finalement mettre nos vies entre parenthèses en nous enfermant un long moment dans une salle obscure, au risque de voir un navet. En ce qui me concerne, il y aura toujours la possibilité de piquer un petit somme réparateur, ce qui m’arrive régulièrement quand le film est insipide. Mais pour ce qui est de navet, nous allons être servi !

      Nous avons choisi Les Visiteurs III malgré ma réticence car je me méfie des films à suite qui ne sont que trop souvent l’occasion pour les producteurs d’accommoder les restes d’un succès premier et je ne peux supporter le jeu surfait et prévisible de Clavier mais la présence de Jean Reno, de Karin Viard et de Sylvie Testud nous rassure. Avec de tels acteurs, un film ne peut être totalement mauvais. Le film commence : Godefroi de Montmirail et Jacquouille la Fripouille sont toujours piégés dans le labyrinthe du temps et transportés cette fois en 1793, en pleine période de la Terreur révolutionnaire. Dés les premières  minutes de projection, nous nous rendons compte que cette séance sera pour nous un long calvaire… Manque total d’imagination, Indigence et vulgarité extrême des gags, personnages inconsistants, ébrouement complaisant dans une scatologie verbale à un point tel que par rapport aux deux films précédents, le réalisateur donne l’impression d’être victime d’une régression psychologique et d’un retour au stade anal. Comme dans les cours de récréation, il est effectivement beaucoup question d’effluves malodorantes, de pets et de merde et c’est apparemment destiné à nous faire rire. Quand au cynisme et au mépris qui accompagne la présentation de la Révolution française, il donne envie de vomir. Alors dans ce marigot mal-odorant, Clavier, à grand renfort de grimaces, de bouche édentée, de furoncle purulent et de couilles à hauteur du menton nous impose ses pitoyables pitreries, Reno se réfugie dans sa stature de noble chevalier contrarié au-dessus de la mêlée, attendant que ça passe pour profiter de son cachet que le Pretium doloris qu’il aura subi lors du tournage d’un tel navet aura pour lui pleinement justifié, Karin Viard, Sylvie Testud et Frank Dubosc font ce qu’ils peuvent, donnant l’impression de se demander à tout moment ce qu’ils sont venus faire dans cette galère… Quoi faire ? mais cachetonner, cachetonner. En ces temps difficiles, il faut bien vivre…

     Mépris pour l’histoire de France et la vérité historique, mépris pour l’intelligence et le bon goût, mépris pour les acteurs dont on utilise la notoriété comme faire-valoir commercial et enfin  mépris pour le public traité comme une masse inculte et décérébrée… Monsieur Poiré, votre film :  Ça puuuuuue !  Mais c’est bien connu, l’argent, lui, n’a pas d’odeur…

     Le pire, c’est que la fin du film laisse augurer d’un futur Les Visiteurs IV qui se situerait au temps de l’occupation. Que voulez-vous, on ne change pas une monture qui gagne….

Enki sigle

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2 réflexions au sujet de « Les Visiteurs III – Ça pue ! »

    • La lucarne magique n’y est pour rien, seuls les pécheurs devront espurgation… Qu’ils aillent tous convoyer en piétaille jusqu’à Compostelle pour laver leur hontage en compagnie du gueux Clavier le punais. Cette compaignie leur vaudra pénitanche.

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