Rêves de pierre et de sable

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David Roberts - Tombeaux des califes, 1839

David Roberts – les tombeaux des Califes au Caire, 1839

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Gustave Le Gray – Ègypte, Tombeaux des Califes au Caire, vers 1861-1862

     Ces architectures de pierres bâties en plein désert, vous ne les verrez plus ainsi. C’est ainsi que pouvaient les admirer les soldats de l’armée de Bonaparte entre 1798 et 1801 durant la campagne d’Egypte et les visiteurs européens de la fin du XIXe siècle. Après la conquête arabe, à proximité du Caire, en plein désert, des nécropoles ont été érigées pour abriter les tombeaux de grands personnages historiques ou religieux. La plus connue est   le Tourab-Kaït-bey nommé par les Européens Tombeaux des Califes ou des Mamelouks. chaque souverain « se plaisait à effacer son devancier par la magnificence d’une sépulture plus grande que toutes les autres ». Les constructions prennent la forme de mosquées avec minarets et cours abritant dans une grande salle vide sous un dôme ajouré un sépulcre de pierre très simple. À la fin du XIXe siècle, ces lieux étaient déserts et silencieux et étaient empreints d’une atmosphère de profonde mélancolie. Depuis, les bâtiments non entretenus sont tombés en ruines et le développement forcené du Caire dont la population est passée de 500.000 habitants à la fin du XIXe siècle à 8.000.000 aujourd’hui a conduit dans ces lieux tous les miséreux qui ne trouvaient pas place dans la ville et qui ont squatté les monuments et bâti des bidonvilles dans les espaces restés libres.

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Tombeaux des Mamelouks au Caire

Félix Bonfils - Tombeaux des Mamelouks au Caire

Bonfils Félix – Tombeaux des Mamelouks au Caire

Félix Bonfils - Mosquée du sultan el Achraf ; Tombeaux des Mamelouks au Caire

Bonfils Félix – Tombeaux des Mamelouks au Caire, Mosquée du sultan El-Achraf

Bonfils Félix - Mosquée du sultan Barbouk au Caire

Bonfils Félix – Mosquée du sultan Barbouk au Caire

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Les photographes

     Gustave Le Gray (1820-1882), inventeur et artiste, se distinguait par sa maîtrise de la technique photographique, au niveau de la composition comme au niveau de la lumière. Il introduisit en France l’usage des plaques au collodion humide qui permettait de réduire le temps de pose. Il entreprend en 1860 un voyage en Orient en compagnie d’Alexandre Dumas qui le conduira en Sicile, au moment de la prise de Palerme par Garibaldi, à Malte, en Syrie et enfin en Egypte en 1861. Il retourna en Égypte en 1864, s’installant au Caire où il vivra de cours de dessin et de la protection d’Ismaïl Pacha.

      Félix Bonfils (1831-1885) originaire du Gard fonda en 1867 un atelier photographique à Beyrouth et produisit une abondante documentation photographique sur l’Égypte et le Moyen-Orient de la fin du xixe au début du xxe siècle puisqu’elle son catalogue mentionnait pas moins de 15.000 tirages au début des années 1870 réalisés à partir de 200 négatifs et 9.000 vues stéréoscopiques. Sa principale source de revenus étaient les touristes qui visitaient le Moyen-Orient.

Le peintre

     David Roberts (1796-1864) était un peintre écossais célèbre pour ses aquarelles représentant des monuments et des scènes de la vie au Moyen-Orient où il avait voyagé entre 1838 et 1839. C’est en découvrant les décors d’une pièce représentant Bagdad et ses minarets au Théâtre Royal d’Edimbourg que son intérêt pour l’Orient s’éveilla et qu’il commença une carrière de décorateur de théâtre.  L’ensemble de son œuvre est constitué de 248 lithographies regroupées en six volumes, dont les trois premiers décrivent L’Égypte et la Nubie. La taille gigantesque des monuments l’impressionnait et il ne manquait pas de dessiner des personnages à leur proximité pour montrer l’échelle. Il a noté dans son journal « Nous sommes un peuple de nains visitant une nation de géants »  et écrit : « je suis le premier artiste, du moins anglais, à être venu ici. Les travaux des Français ne donnent pas l’impression de ces vestiges admirables comme je le sais maintenant ».

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