la nuit fait de la résistance

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l’aube naissante

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30 juillet 2016, 5h 32 – photo Enki

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L’aube, la montagne, les 2 corbeaux et l’albizzia

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28 juillet 2016, 7h 45 – photo Enki

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Un peintre américain du Grand Nord : Eustace Paul Ziegler (1881-1969)

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Contemplation

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Eustace Paul Ziegler (1881-1969) – Three Wise men

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Eustace Paul Ziegler (1881-1969) – Mt. McKinley

Ziegler Eustace Paul - Ziggy and Ted

Eustace Paul Ziegler (1881-1969) – Ziggy and Ted

Ziegler Eustace Paul - Mount McKinley

Ziegler Eustace Paul – Mount Mc Kinley

2226_Eustace_Paul_Ziegler_bio     Eustace Paul Ziegler a été l’un des peintres le plus éminents de l’Alaska et des régions bordant la cote Nord-Ouest du Pacifique depuis les années de la Ruée vers l’or jusqu’à 1959. Il a pu ainsi dresser par ses tableaux un témoignage précieux du « Old Alaska » et des pionniers qui bâtirent cet état. Né à Detroit dans le Michigan et fils de pasteur, il commença sa vie comme pasteur avant de se vouer entièrement à la peinture pour laquelle il avait manifesté des dons très tôt. Ses thèmes de prédilection sont les paysages de montagnes dans lesquels sont souvent représentés en premier plan des personnages en contemplation, les activités des hommes en lutte avec la nature et des portraits d’autochtones.

Action

Ziegler Eustace Paul - Tog's team devant le Mt McKinley

Ziegler Eustace Paul – Dog’s team devant le Mt McKinley

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Portraits

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Eustace Paul Ziegler (1881-1969) – Cordova Mother, 1919

Ziegler Eustace Paul - Eighty Winters

Ziegler Eustace Paul – Eighty Winters

Ziegler Eustace Paul - A young Eskimoo

Ziegler Eustace Paul – A young Eskimoo

Ziegler Eustace Paul - Russian Priest

Ziegler Eustace Paul – Russian Priest

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Une maladie sournoise : la cogitation incontrôlée

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le fleuve Alphée.

      C’est en lisant un livre de Roger Caillois, le fleuve Alphée, dans lequel cet auteur déclarait être atteint d’une pathologie mentale particulièrement vicieuse que j’ai découvert avec effroi que les symptômes de cette affection qu’il décrivait étaient en tous points semblables à ceux que j’éprouvais moi-même depuis de longues années. Sachez que cette maladie se caractérise par un emballement de la pensée qui se met soudain à fonctionner de manière indépendante, « à l’insu de notre plein gré  », comme le formulait si joliment un coureur du Tour de France et fait que les idées se multiplient et foisonnent de manière anarchique, chaque idée née dans le cerveau donnant elle même naissance à de nouvelles idées qui se multiplient à leur tour de manière exponentielle. Le résultat ?   Il est facile à deviner : le volume de la boîte crânienne étant de fait limité par les impositions fixées par Dame Nature, il se produit un effet d’engorgement, de confinement et de fermentation, sources de graves dommages pour l’exercice de la pensée positive qui est littéralement asphyxiée par la présence de ces éléments perturbateurs. Le pire est que cette maladie semble inguérissable compte tenu de l’invisibilité de ses agents propagateurs que rien ne permet de distinguer des pensées correctes et de leur nombre qui croit sans cesse. Les individus atteints ne pourront donc échapper au destin funeste d’être  submergés et terrassés par le pullulement de pensées et d’idées parasites. La médecine a longtemps expliqué l’état de ces malades par un affaiblissement des facultés cognitives (le gagatisme…) mais c’est en fait l’augmentation incontrôlée de ces facultés qui en est la cause. À vous de tenter de faire le tri dans vos pensées. Si vous le pouvez…

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Vous trouvez ça joli ?
Essayez donc un peu de faire là-dedans la part des bonnes et des mauvaises herbes

Le fleuve Alphée, Extrait 

Un bourdonnement mental…

       « Je cherchais, pour définir ce bourdonnement mental, analogue pour mon amertume d’alors à celui que produisait un essaim d’insectes émus, le mot le plus péjoratif. Je m’arrêtai à cogitation, n’en découvrant pas de pire et pour ce qu’il évoque à la fois de mécanique, de stérile et d’inachevé. Je désignai donc par-là la prolifération anarchique des idées : un pullulement que nulle régulation ne vient tempérer. Elle me parut dans l’univers mental l’équivalent de la multiplication cancéreuse des cellules à laquelle, passé un certain seuil, aucun remède connu ne saurait mettre un terme. Alors triomphe un certain mode de reproduction microbien, exponentiel, incontrôlable, le contraire, me semblait-il, de la pensée véritable, qui place dans sa rigueur son honneur. Je n’hésitais pas à y reconnaître la maladie spécifique de l’univers des idées. Mais ferais-je en la dénonçant autre chose qu’y céder? Je choisis de me taire.

Un bouillon de culture originel

       Je n’en pensais pas moins que prospérait ici la même monstrueuse alliance qu’entre chlorophylle et pollution, dont j’avais constaté plus d’une fois la redoutable conjugaison dans la fange tropicale. L’humidité y aide l’infection à l’égal de la fertilité, le soleil accélère la fermentation; la photo-synthèse multiplie le miasme et la bactérie. Tout concourt à augmenter la nocivité de l’immense bouillon de culture originel.
        Dans la sphère mentale, je redoute fort que la luxuriance ne soit tout aussi irrésistible, et encore plus indifférente à produire le baume ou le venin, le remède et la nuisance. Je ne vois pas pourquoi l’homme, qui fait partie de la nature, aurait seul le privilège de ne pas se tromper dans l’unique domaine où une prodigalité illimitée lui est consentie. Dans le monde des idées, il n’est ni asepsie ni hygiène; et elles y seraient sans doute pires que le mal. L’effervescence spéculative se développe sans l’amorce d’une responsabilité ni la crainte de la moindre sanction. Ai-je besoin de souligner que je ne m’élève nullement contre le caractère éventuellement subversif des idées? Il ne m’intéresse pas. C’est leur pullulement qui m’inquiète. Je n’aperçois aucun moyen d’en freiner la progression. En nommant cogitation l’ébriété, le remue-ménage de la pensée, j’entends marquer le danger d’un foisonnement qui constitue une menace croissante d’asphyxie, à la manière des herbes sauvages dans un jardin abandonné : elles étouffent vite de leurs racines et de leurs broussailles les fleurs et les plantes cultivées, qui exigent, elles, protection et soins.

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Une invisible présence

         Le péril est plus alarmant dans le domaine des idées, où l’ivraie, la ronce et l’ortie ne se distinguent guère de la plante la plus délicate. Comme les idées n’ont pas de volume et n’occupent aucun espace, on imagine mal que leur fourmillement tire à conséquence. Pourtant leur invisible présence flottante parvient très bien à paralyser la pensée la plus vigoureuse, à l’égarer, à la coudre comme ferait une multitude de Lilliputiens vrombissants, à l’ensevelir sous une végétation parasite, dont la force est seulement d’être innombrable et de paraître inoffensive. La condition de la pensée l’appareille à la condition végétale. Dans l’immense vasière de la forêt vierge, au moins la pléthore porte-t-elle en soi son châtiment. Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres. De même encore qu’en économie, la mauvaise monnaie chasse inexorablement la bonne, et justement par son abondance, de même qu’en biologie les cellules cancéreuses éliminent les cellules saines, la croissance déréglée de la cogitation, par ses mille subtilités, distinctions et arguties vient à bout de la pensée sévère. Elle l’affaiblit, en détend la cohérence, en effrite la syntaxe. Je ne vois rien qui puisse arrêter la marée montante de la pensée, je ne dis même pas non vérifiable, mais non analysable. Tout échange, toute controverse lui profite. La combattre revient à y ajouter. Je me souviens de la maxime de Confucius, selon laquelle le sage s’interdit de parler des émeutes. Je suppose : même pour les condamner. »


Roger Caillois, « La bulle », Le fleuve Alphée, Gallimard, 1978.

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Crédit photographique : images du film Avatar

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Un exemple affligeant dans le cinéma américain des pires effets du développement d’idées parasites : Le pullulement des Triffides.

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French bashing

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Pourquoi ils nous détestent…

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Fragment

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Fragment

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