Sophie Scholl : pour l’honneur du peuple allemand

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Die Weiße Rose : « Serons-nous pour toujours le peuple haï de tous, exclu du monde ? »

Capture d’écran 2016-07-04 à 09.15.02

autodafé de livres interdits en 1933

« Ce n’était qu’un prélude : là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes. »   –   Heinrich Heine

     Une grande partie des allemands appuya au moins pour un temps le pouvoir nazi.  Cette adhésion allait de la compromission la plus abjecte avec une participation active aux actions barbares menées par le régime et son armée au déni de ces actions que chacun cherchait à évacuer de sa conscience. Quant aux opposants qui n’avaient pas choisi le chemin de l’exil, la plupart de ceux-ci se réfugièrent alors selon l’expression de l’écrivain allemand Frank Thiess dans une émigration intérieure (« Innere Emigration ») qui était une forme de résistance passive inactive : on prenait ses distances à l’égard du national-socialisme mais on ne menait aucune action à son encontre, attitude sévèrement jugée après la guerre par Thomas Mann. Pourtant dans le monstrueux univers monolithique de contrainte, de terreur et de lâcheté façonné par les nazis qui annihilait les consciences, quelques rares individualités eurent le courage d’agir et le payèrent de leur vie. Ils n’agissaient pas seulement pour l’honneur de l’Allemagne mais pour l’humanité toute entière.

Widerstandsgruppe "Weisse Rose" Repro eines Privatfotos der Familie Scholl: von links: Vater Robert, Kinder Inge, Hans, Elisabeth, Sophie, Werner Scholl , Ludwigsburg 1930/31

Robert Scholl et ses enfants Inge, Hans, Elisabeth, Sophie et Werner vers 1930, 1931 à Ludwigsburg.

AVT_Sophie-Scholl_4176

Sophie Scholl (1921-1943)

« Quel beau jour, quel soleil magnifique, et moi je dois mourir. Mais combien de jeunes gens, de garçons pleins d’espoir, sont tués sur les champs de bataille… Qu’importe ma mort si, grâce à nous, des milliers d’hommes ont les yeux ouverts »  –   Sophie Scholl (propos rapportés par Else Gebel, qui partageait sa cellule)

     Sophia Magdalena Scholl était une jeune fille allemande de Munich embrigadée comme tout les autres jeunes allemands dans les jeunesses hitlériennes. Issue d’une famille protestante, elle est profondément croyante et souffre de la restriction des libertés instaurée par le régime nazi. L’un de ses livres qui l’inspire et qu’elle a pu garder malgré l’interdiction de posséder des livres est les Confessions de saint Augustin. En mai 1942, elle entame des études de biologie et de philosophie à Munich et prend conscience de la situation réelle de son pays grâce à son père Robert Scholl, opposant de la première heure au nazisme et à son frère Hans, militaire et témoin des exactions allemandes sur le Front de l’Est. Avec son frère, plusieurs amis et un de leur professeur, elle fait partie d’un réseau de résistance pacifique, « La Rose Blanche » (Die Weiße Rose). Ils tiennent des réunions, diffusent des tracts hostiles au régime et mènent des actions de propagande. Après un lâcher de tracts à l’Université de Munich, elle est dénoncée par le concierge de l’université et arrêtée avec son frère Hans le 18 février 1943. Après un procès expéditif de 3 heures seulement, un tribunal la condamne à mort pour faits de « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l’ennemi et démoralisation des forces militaires ». Elle est guillotinée le jour même, le 22 février 1943, en même temps que son frère Hans et un autre militant, Christoph Probstau mépris de la loi qui imposait un délai de 99 jours avant l’exécution d’un condamné. D’autres résistants comme Alexander SchmorellWilli Graf et le professeur Karl Huber sont décapités quelques mois plus tard. Au total, 16 membres du réseau paieront leur résistance de leur vie, soit par exécution, soit par mauvais traitements dans les camps. (Crédit Wikipedia).

Scholl-Denkmal,_München

Photos des membres de la Rose blanche et reproduction des
tracts incrustés sur les pavés devant l’université de Munich.

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le professeur Kurt Huber, Sophie et Hans Scholl, Alexander Schmorell, Willi Graf et Christoph Probst

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