Ford Madox Brown (1821-1893), peintre préraphaélite anglais

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Portraits

Ford Madox Brown - Lucy, first surviving daughter, 1849.jpg

Ford Madox Brown – Lucy, first surviving daughter, 1849

Ford Madox Brown - Lucy, first surviving daughter, 1849 (détail).png

Lucy, détail

Ford Madox Brown - The Irizh Girl, 1860.jpg

Ford Madox Brown – The Irish Girl, 1860.

Ford Madox Brown - The Irizh Girl, 1860 (détail).png

Irish Girl, détail

Mauvais Sujet 1863 by Ford Madox Brown 1821-1893

Ford Madox Brown – Mauvais sujet, 1863

Tableaux historiques, littéraires et sociaux

Ford_Madox_Brown_-_Pretty_Baa-Lambs_-_Google_Art_Project.jpg

Ford Madox Brown – The Pretty Baa-Lambs, 1852

Brown_work

Ford Madox Brown – Work, 1852-1863

Manfred on the Jungfrau par Ford Madox Brown (1821-1893)

Ford Madox Brown – Manfred au sommet de la Jungfrau, 1842

     Cette huile sur toile a été inspirée par le célèbre poème dramatique  de Lord Byron, Manfred, et représente le personnage central du poème sur le point de se jeter dans le vide du haut de la Jungfrau. Il sera sauvé de justesse de la mort par un chasseur de chamois. Ce sont certainement les vers de la scène 2 de l’acte I qui ont inspirés le peintre :

Extrait de la scène 2 de l’acte 1 de Manfred de Byron – traduction Benjamin Laroche

      Les esprits que j’ai évoqués m’abandonnent, — les charmes que j’ai étudiés m’ont déçu, — le remède sur lequel je comptais me torture ; je ne veux plus recourir à une aide surnaturelle ; il ne peut rien sur le passé ; et quant à l’avenir, jusqu’à ce que le passé soit englouti dans les ténèbres, je n’ai que faire de le chercher, — ô terre ! ô ma mère ! et toi, jour qui commences à poindre ; et vous, montagnes, pourquoi y a-t-il en vous tant de beauté ? je ne puis vous aimer. Et toi, œil brillant de l’univers, qui t’ouvres sur tous, et qui es pour tous un délice, — tu ne luis point sur mon cœur. Et vous, rochers, au sommet desquels je me tiens debout en ce moment, ayant à mes pieds le lit du torrent et les hauts pins qui le bordent, lesquels, vus à cette distance étourdissante, semblent des arbrisseaux ; il suffirait d’un élan, d’un pas, d’un mouvement, d’un souffle, pour me briser sur ce lit de rochers, et reposer ensuite pour toujours. — Pourquoi est-ce que j’hésite ? J’éprouve le désir de me précipiter de cette hauteur, et pourtant je n’en fais rien ; je vois le péril, pourtant je ne recule pas ; mon cerveau a le vertige, pourtant mon pied est ferme : je ne sais quel pouvoir m’arrête et me condamne à vivre, si toutefois c’est vivre que de porter en moi cette stérilité de cœur, et d’être le sépulcre de mon âme ; car j’ai cessé de me justifier à moi-meme mes propres actions, — derniere infirmité du mal. (Un aigle passe devant lui.)

     Oui, toi qui fends les nuages d’une aile rapide, dont le vol fortuné s’élève le plus haut vers les cieux, tu fais bien de m’approcher de si près, — je devrais être ta proie, et servir de pâture à tes aiglons ; tu t’éloignes à une distance ou mon œil ne peut te suivre ; mais le tien, en bas, en haut, devant, pénètre à travers l’espace. — Oh ! que c’est beau ! Comme tout est beau dans ce monde visible ! comme il est magnifique en lui-même et dans son action ! Mais nous, qui nous nommons ses souverains, nous, moitié poussière, moitié dieux, également incapables de descendre ou de monter, avec notre essence mixte nous jetons le trouble dans ses éléments, nous aspirons le souffle de la dégradation et de l’orgueil, luttant contre de vils besoins et des désirs superbes, jusqu’à ce qu’enfin notre mortalité prédomine, et les hommes deviennent ce qu’ils ne s’avouent pas à eux-mêmes, ce qu’ils n’osent se confier les uns aux autres. (On entend de loin la flûte d’un berger.)

     Cinq années plus tôt, le peintre anglais John Martin avait déjà peint une aquarelle représentant la même scène mais en privilégiant le décor grandiose des Alpes au détriment des personnages, simplement esquissés. Il s’agissait, en bon romantique qu’il était,  de montrer l’insignifiance de l’homme face à l’immensité et au caractère sublime de la nature. À la différence des peintres romantiques qui minimisent la présence de l’homme face à la nature,  Ford Madox Brown privilégie la représentation du sujet décrit par le poème de Byron et de son état d’âme, la nature n’est pas pour lui le thème principal.

John_Martin_-_Manfred_on_the_Jungfrau_(1837)

John Martin – Manfred sur la Jungfrau, 1837

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Ford Madox Brown

Ford Madox Brown (1821-1893).jpg     Né à Calais en avril 1821 (son père était commissaire de bord) Ford Madox Brown a commencé sa formation artistique à Paris où il découvre les peintres Delacroix et Delaroche et la poursuit en Flandre, à Bruges, Gand et Anvers et finalement à Rome où il sera influencé par les peintres allemands Nazaréens. Ce n’est qu’en 1846 qu’il s’installera à Londres alors que l’Angleterre lui était totalement inconnue. Là, il rencontrera les peintres raphaéliques, Dante Gabriel Rossetti, William Holman Hunt et John Everett Millais avec lesquels il sera très proche. Son style se caractérise par un recherche de luminosité dans le traitement des couleurs des couleurs et le soin apporté au traitement des détails.

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2 réflexions au sujet de « Ford Madox Brown (1821-1893), peintre préraphaélite anglais »

  1. « …face à l’immensité et au caractère sublime de la nature. »

    « In Australia, when a aborigine man-child reaches sixteen, he’s sent out into the land. For months, he must live from it. Sleep on it. Eat of its fruit and flesh. Even if it means killing his felow créatures. The Aborigines call it the WALKABOUT. This is the story of a « WALKABOUT ». Voilà comment débute Walkabout, un film de la sélection de Cannes 1971, qui est donné comme l’un des 50 films à voir avant d’avoir 14 ans et que je me languissais de découvrir. Il est visible à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=GNShL-LiyYo

    Bonne journée

    • Magnifique film qui relativise notre propre rapport à ce que nous croyons être une nature encore sauvage mais qui est en fait une nature « humanisée », artialisée, sécurisée, aseptisée dans laquelle nous ne risquons rien ou pas grand chose, ce qui veut dire que nous ne mettons rien en jeu de fondamental dans notre vie…
      Merci de nous avoir permis de découvrir ce film,
      Enki

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