chronique d’une randonnée suivie d’une ascension : le mont Charvin dans la vallée de Manigod (Haute-Savoie)

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Vendredi 19 août 2016 : randonnée vers les sources du Fier et ascension du Mont Charvin (2.409 m)

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       Le mont Charvin est pour moi un sommet mythique, il se détache fortement dans le paysage des sommets environnants, est souvent nimbé de nuages et j’apprécie tout particulièrement sa silhouette d’aile de requin émergeant de l’océan de vagues pétrifiées des montagnes qui l’entourent.

les photos d’Enki

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Vue du mont Charvin (c’est la pyramide située au centre contre laquelle colle un nuage) un peu avant le parking de Sous l’Aiguille qui marque la fin de la route qui suit le cours du Fier au fond de la vallée de Manigod.

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Sur le chemin d’accès aux alpages de l’Aulp et du lac du mont Charvin : vue de l’extrémité de la vallée du Fier et les sommets du massif des Aravis qui la bordent.

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Un lieu magique : « le Vargne à Reydet »

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Le « Vargne à Reydet  » avec en arrière-plan le chalet et au pied du vargne, ma chienne Gracie.

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       Un lieu magique : « le Vargne à Reydet » et son chalet de madriers massifs sur le chemin d’accès aux alpages avec ma chienne Gracie qui prend la pose. « Vargne » ou « vuargne » est le nom en patois savoyard (franco-provençal) d’un conifère, le sapin (Abies alba) qui recherche l’ombre et l’humidité et ne dépasse pas l’altitude de 1.500 m. Occupant 15% du couvert forestier cette essence est beaucoup moins répandue que son cousin la « pesse », nom savoyard de l’épicéa (Picea abies) qui en occupe 55%. Le reste du couvert est occupé par des feuillus. Reydet est le nom d’une famille anoblie au XVe siècle par le Comte de Genève, les Reydet de Vulpillières, qui possédait de nombreux biens en Savoie dont la seigneurie de Manigod (acquise en 1579 ou 1610 selon les sources). L’appellation « le Vargne à Reydet » pourrait donc être en relation avec cette famille. C’est un arbre monumental dont la circonférence atteint 4,60 m à 1,5 m du sol. Une méthode de calcul très approximative de son âge à partir de son diamètre lui donnerait un âge de trois siècles et demi (formule : 460 cm / π 3,1416 x coeff.2,5 = 366 ans), ce qui nous ramènerait à l’an 1650, date très proche de celle à laquelle les seigneurs de Reydet possédaient effectivement la vallée.
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      La magie du lieu réside dans la taille démesurée du vargne avec son pied impressionnant et sa grande hauteur qui projette sa cime bien au-dessus des arbres environnants. C’est un colosse dont la longévité nous projette dans les temps les plus anciens. Avec son chalet traditionnel fait de madriers massifs, sa fontaine rustique en bois et son environnement de montagnes, il pourrait servir de décor à une scène du Seigneur des Anneaux. Le Vargne à Reydet nous fait comprendre l’importance dans nos paysages des très vieux arbres monumentaux qui sont autant de ponts avec notre passé le plus ancien et structure d’une dimension temporelle le paysage.

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Rencontre inopportune

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     J’avais préféré quitter un moment la voie d’alpage caillouteuse et emprunter un ancien sentier très raide à travers les prairies et les bois. Il fallait pour cela franchir une clôture électrifiée qui laissait supposer la présence d’un troupeau. Effectivement, après 10 minutes de marche, je me suis soudain trouvé nez à nez avec une tarine de taille imposante qui se tenait debout sur le sentier comme si elle montait la garde et qui sembla surprise de me voir. À priori, je n’ai pas peur des vaches, à condition que ce soit bien des vaches et non pas des taureaux — ceci en référence à un événement malheureux qui s’était produit dans ma jeunesse — J’examinais donc illico les attributs pendentifs de la bestiole : c’était bien une vache si l’on en croyait la mamelle gonflée qui pendait entre ses pattes. Cela dit, les vaches ont en commun avec les taureaux d’avoir des cornes et celle ci était sur ce plan particulièrement bien montée. Ce qui m’inquiétait, c’était l’immobilité dont elle faisait preuve et la nature de son regard qui me semblait différent de celui que les tarines arborent habituellement et que je trouve pour ma part particulièrement gracieux et même un tantinet enjôleur. Cette fois, le regard semblait chargé de circonspection à mon égard et me communiquait l’impression somme toute déplaisante de vouloir me jauger. Peut-être, dans son raisonnement limité de vache, me considérait-elle comme un intrus qui violait son territoire… De ma longue expérience de rencontre alpestre avec les vaches, j’avais appris que celles-ci commençaient par manifester une certaine curiosité à votre égard puis, après un moment d’inertie dû sans doute à leur caractère placide et à l’énormité de la masse qu’elles avaient à déplacer, finissaient toujours par reconnaître la prééminence de l’homme et s’écartaient pour lui laisser le passage. Mais celle-ci semblait avoir un caractère différent et vouloir s’affranchir des règles et coutumes habituelles. Qui sait ? Peut-être était-elle la reine du troupeau qui voulait manifester les prérogatives dues à son rang… Contre toute attente, à mon approche elle restait plantée bien fermement sur ses quatre sabots et continuait à me fixer avec intensité au détail près que ses yeux ne me parurent plus exprimer la curiosité et la circonspection mais bien une attitude de défi. Ainsi, il semblait bien que cet animal n’avait aucune intention de se déplacer et me défiait ! peut-être même souhaitait-il en découdre… Cette constatation provoqua immédiatement un changement dans le déroulement de mes fonctions cognitives : la partie reptilienne de mon cerveau prit d’autorité la direction des opérations et, sans m’en avoir préalablement référé, orienta mon regard vers la paire de cornes bien aiguisées que la bête arborait fièrement sur le sommet du crâne. Un avertissement sonore  et lumineux répétitif fut alors enclenché dans mon cerveau : DANGER ! DANGER ! et je sentis que mes jambes s’apprêtaient à me propulser dans une fuite éperdue. Mais, Dieu merci, après ce moment d’égarement, ma raison, bien secondée par l’émergence d’un sentiment profond d’indignation et d’une prise de conscience des responsabilités qui m’incombaient en tant qu’humain reprit la situation bien en main. J’étais en ce lieu le représentant de la glorieuse race des Hommes et il ne sera pas dit que je devrais m’incliner devant la volonté d’un animal réduit à une vulgaire et méprisable usine à lait sur pattes qui ne trouvait pas mieux à occuper son temps que de mâcher de l’herbe à longueur de journée. J’élaborais donc une stratégie : tout d’abord, il convenait avant tout de chasser la peur de mes pensées car on sait bien que les animaux possèdent un sens inné qui leur permet de connaître votre état d’âme et il ne fallait surtout pas que dans le processus de confrontation qui venait de s’amorcer, la bestiole puisse ressentir le fait qu’elle m’inspirait la moindre crainte. Il fallait que la peur change de camp et pour cela je devais paraître sûr de moi, volontariste et dominateur. Je bombais donc le torse, pris l’air le plus viril qui soit et marchais fermement vers la bête d’un pas décidé, en opposant à son sombre regard vitreux, mon propre regard empreint d’une froide détermination. Cette rencontre avait pris un tour inattendu et une importance considérable : elle était devenue une confrontation emblématique anthropologique et cosmologique de deux volontés farouches : l’Homme contre l’animal, la pensée contre la sauvagerie, l’ordre du monde contre le chaos… Ma responsabilité était donc immense et je poursuivis mon avancée de manière déterminée vers la bête insolente mais mon action ne sembla malheureusement pas aboutir au résultat escompté : celle-ci restait immobile et ne paraissait aucunement intimidée. Bon sang, mais où était passé ma chienne Gracie ? Pourquoi n’était-elle pas à ce moment précis où j’avais besoin d’elle, à mes côtés pour me seconder : un bouvier bernois est après-tout un chien de troupeau qui gardait anciennement et même encore aujourd’hui les vaches dans l’Oberland bernois. Il est vrai que Gracie, animal citadin, a peur des vaches et, petite, se réfugiait dans mes bras pour s’en protéger… La tension avait atteint son comble lorsque j’arrivais à la hauteur de la tarine. Peut-être devrais-je dire la tsarine ? Que devais-je faire : élever la voix ? Gesticuler de manière menaçante ? Saisir ses deux cornes comme le font les cow-boys et lui faire un croc en jambe pour la déséquilibrer ? la frapper ? ou bien peut-être la contourner benoîtement en ravalant ma fierté ce qui aurait été une défaite cuisante et lourde de conséquence pour toute l’espèce humaine… On en était à ce moment fatidique où le battement d’une aile de papillon peut provoquer un cyclone dévastateur à l’autre bout du monde, où le sort des batailles, des peuples, des civilisations, des espèces même se joue, où tout peut basculer d’un côté ou d’un autre. C’est à ce moment précis que la bête, ayant enfin pris la mesure de son infériorité sinon physique mais du moins mentale et prise de vertige sans doute devant les conséquences dramatiques d’un vacillement de l’ordre du monde que son attitude risquait de créer, détourna son regard et après avoir un peu hésité, se retourna et quitta le sentier pour me laisser la voie libre dans laquelle je m’engageais, triomphant… Ouf !

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l’œuvre des trolls ?

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       Vision étonnante sur la voie de l’alpage que cette excavation réalisée dans un immense rocher cubique. Lors de mon dernier passage il y a deux années à cet endroit, l’excavation était moins profonde et la construction de bois n’avait pas encore été réalisée. Quelqu’un s’est donc lancé patiemment depuis plusieurs années dans la réalisation d’un projet étonnant et fastidieux : creuser une cavité dans une roche très dure et l’aménager. Dans quel but ? créer un abri pour animaux ? une buvette à l’intention des randonneurs et des habitants de la vallée ? Il aurait été plus économique de bâtir une construction nouvelle mais voilà, des constructions qui ne seraient pas nécessaires aux activités agricoles ne sont pas permises dans cet espace naturel protégé alors que rien n’interdit, semble-t-il, de réaliser une cavité dans un rocher… À moins que ce soit l’œuvre d’un Troll…

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le mont Charvin finit par apparaître dans toute sa majesté (à droite de l’image)

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Une vision surréaliste 

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Une répétition du mythe grec de la création du sanctuaire d’Apollon à Delphes ?

      À tout instant de la journée, même dans les situations les plus banales, la magie, la poésie et le rêve peuvent surgir et créer un monde de merveilles et d’enchantement. À un moment de la longue marche qui me conduisait aux alpages je rencontrais un troupeau de chèvres qui s’étaient établies sur la ligne de crête d’un alignement de rochers dont la base abritait une excavation. Quoi de plus « bateau » que de photographier un troupeau de chèvres ? De plus la scène était à contre-jour : les rayons du soleil auraient causé des effets parasites et le premier plan aurait été sombre et illisible. L’intérêt de l’Iphone est que la prise de vue est rapide et ne nécessite pas de préparation. Je prenais donc la résolution de prendre malgré tout quelque photos et bien m’en a pris. C’est lorsque je vis la scène dans le viseur que je fus littéralement ébloui par l’étrangeté et la beauté de la scène. Les silhouettes de chèvres se détachaient en ombres chinoises sur le blanc lumineux d’un nuage qui avait eu la bonne idée de se trouver là au bon moment. Pour ma part, ces photos, surtout celle où le soleil apparaît en contre-jour, prenaient une dimension mythologique qui m’a ramené à la Grèce antique.

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la chèvre, animal sacré de la mythologie grecque

   Dans la mythologie grecque, certaine sources indiquent que ce serait des chèvres qui auraient indiqué le site où devait être édifier à Delphes le temple dédié à Apollon, le dieu du soleil et de la lumière. Une chèvre était d’ailleurs utilisée par les prêtres pour définir l’ordre de passage des pèlerins : des gouttes d’eau froide étaient jetées sur elle qui, si elle ne tremblait pas, faisait perdre son tour au pèlerin. Un oracle de Delphes aurait également guidé Caranos, de la race des Héraclides (les descendants d’Héraclés), à fonder le royaume de Macédoine en l’incitant de se laisser guider par  un troupeau de chèvres dans la recherche d’une terre d’accueil : « Songe, ô divin Caranos, et garde en ton esprit mes paroles: quitte Argos et la Grèce aux belles femmes et gagne les sources de l’Haliacmon ; et là, si tu aperçois d’abord des chèvres en train de brouter, c’est là précisément qu’il faut que tu mènes une existence digne d’envie, toi-même et toute ta lignée ». Dans un autre mythe, Amalthée est une chèvre qui allaita Zeus lorsqu’il était enfant, aidée par des abeilles qui le nourrissaient de miel. Zeus l’aurait par la suite  récompensée en en faisant une constellation dans le ciel  (constellation du capricorne), ou encore comme la plus grande des étoiles de la constellation du Cocher (Capella « la chèvre », c’est-à-dire α du Cocher). Cette « étoile de la chèvre » est une super géante qui fait deux mille fois la taille du soleil. C’est suite de ce mythe que la chèvre a reçu le surnom de « fille du Soleil ». Selon d’autres traditions, à la mort de la chèvre, Zeus aurait pris sa peau pour en revêtir son arme merveilleuse, symbole de la puissance souveraine, l’égide : le terme grec αἰγίς / aigís signifie en effet également « peau de chèvre ». La déesse Athéna utilisait une peau de chèvre, appelée également Egide, à la façon d’une voile pour être portée par les vents. Chez le poète latin Ovide, Amalthée est personnifiée en naïade qui a pris soin de Zeus en le nourrissant de lait de chèvre par l’intermédiaire d’une corne de chèvre brisée : « Amalthée ramassa cette corne brisée, l’entoura d’herbes fraîches, la remplit de fruits, et la présenta ainsi aux lèvres de [Zeus] ». Cette légende serait à l’origine de la corne d’abondance.

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Le versant nord-ouest du  mont Charvin (2.409 m). Le lac éponyme se situe sur le plateau situé à gauche et la voie d’accès au sommet sur l’autre versant après avoir gravi le col situé sur la gauche. Gracie a pris de l’avance et m’attends, étendue dans l’herbe.

stratigraphie des faces N-O et N-E du mont Charvin

    Lors de ma dernière visite sur le site, il y a deux années, je n’avais pas remarqué les strates rocheuses resserrées au pendage presque vertical de la pointe nord-ouest de cette montagne qui forme une pyramide presque parfaite. La face nord-ouest de la pyramide a été formée après l’effondrement, puis l’érosion d’une partie la couche rocheuse originelle qui a mis à jour la paroi extérieure de l’une des strates et formé la grande dalle lisse aujourd’hui apparente alors que la face nord-est qui lui est adjacente fait apparaître en coupe les strates rocheuses qui se succèdent en rang serré. Le guide géologique précise que la roche est constituée de calcaires argileux clairs du Sénonien qui se sont formés par des dépôts crayeux marins pendant la période du Crétacé supérieur entre 90 et 66 millions d’années. Le lac Charvin a été créé par un effet de surcreusement à l’ère glaciaire qui a laissé en place un verrou rocheux retenant les eaux du lac après la fonte des glaces

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     Le lac Charvin (2.011 m) est une étape incontournable sur la route du sommet. On pourrait penser qu’il ne reste plus qu’une dénivellation de 400 m à grimper mais ce serait négliger la descente du col à venir et la remontée équivalente sur l’autre face de la montagne qui en découle soit un dénivelle supplémentaire d’environ 320 m ce qui veut dire qu’il reste en fait encore 720 m à monter. Ainsi, en ajoutant les 100 m supplémentaires de dénivellation montés pour accéder au lac, c’est une dénivellation totale de plus de 1600 m qu’il aura fallu monter depuis le parking de Sous l’Aiguille…

     Sur les pentes descendant vers les rives du lac, un certain Manu (c’est du moins sa signature) s’est livré à une entreprise de land art ou plutôt de calligraphie caillouteuse exprimant sa vision philosophico-politique du monde : la devise « Ni dieu, ni maître », écrite en lettres géantes à l’aide de cailloux gris, tranche sur l’herbe verte et paraît totalement incongrue dans ce décor. Cela parait d’assez mauvais goût car la montagne est un endroit que l’on voudrait voir préservé de la confusion du monde. Ce monde que nous avons quitté se rappelle à nous comme il s’était rappelé à l’occasion du passage d’un bruyant petit avion qui s’est attardé au-dessus du site…

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Gracie

la devise de Gracie : « Pas de dieu, mais un maître »
C’est fini pour aujourd’hui… Ouaf ! Ouaf !

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3 réflexions au sujet de « chronique d’une randonnée suivie d’une ascension : le mont Charvin dans la vallée de Manigod (Haute-Savoie) »

  1. Jolie ballade vue d’ici, les bords de Loire: on se fait un plaisir de marcher à vos côtés… Et comme aurait dit le cher Michel Leiris, pas d’émotion sans risque! La corne du taureau vous rappellera sûrement un de ses meilleurs ouvrages « L’âge d’homme ». Amitiés. Michèle Cointe

    • Comme vous avez pu le constater le risque de l’encornement était somme toute assez limité et ce récit qui se voulait humoristique n’exprime finalement qu’un désir inavoué de risque et de danger sans lesquels comme l’écrivait Michel Leiris nos agissements ne sont que « grâces vaines de Ballerine », ce qui est injuste pour les ballerines qui prennent des risques certains par les sacrifices constants auxquels elles consentent pour mener leur carrière. La présence stimulante de la pointe aiguisée d’une corne de taureau et la tension brûlante qui anime le toréador, je les ai ressenties à maintes reprises quand je pratiquais l’alpinisme. Aujourd’hui, il me reste le culte du dépassement de soi par l’effort physique intense dans mon exil sur les hauteurs, le plaisir de la contemplation de la beauté du monde mais aussi la recherche de la compréhension de ce qui fait sa laideur. Vous l’aurez compris, ce blog qui part dans toutes les directions et qui traite de tout et de rien joue le rôle d’une catharsis, c’est l’un des deux points où je me sens rejoindre Michel Leiris qui a écrit L’Âge d’homme au moment où il entreprenais une psychanalyse, le second point étant la fascination qu’il éprouvait pour les représentations féminines du peintre Cranach…
      Merci de votre intérêt et de votre participation « à la marche »…
      Bien à vous
      Enki

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