Heureux présage…

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Éloge de la politesse

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       Je viens de commencer la lecture d’un nouveau petit livre écrit par un écrivain indien, prix Nobel de littérature en 1913, Rabindranath Thakur dit Tagore. Cet écrivain était un ami de Romain Rolland et c’est de cette manière que j’ai fait la connaissance de son œuvre. Ce livre qui a pour titre « La religion du poète » n’était pas un choix de ma part mais c’était le seul livre disponible de cet auteur dans la librairie où je me le suis procuré. Je bénis la providence de ces circonstances. Il est rare qu’un livre éveille notre intérêt dés les premières lignes, c’est pourtant le cas de cet ouvrage qui m’a agréablement surpris en débutant son texte par un éloge de la politesse en la hissant à la hauteur d’un art et d’un style de vie

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      « La politesse est la beauté du comportement. Pour être parfaite, elle exige de la patience, de la maîtrise de soi et du temps libre. car la véritable courtoisie est une création, comme la peinture ou musique. C’est une combinaison harmonieuse de la voix, des gestes, des mouvements, des paroles et des actes par laquelle s’exprime une conduite généreuse. Elle révèle l’homme lui-même et n’a pas d’autre objet.
      Nos besoins sont toujours pressés; ils se bousculent et s’agitent; ils sont violents et sans-gêne; ils n’ont pas le temps et sont impatients tant que leur but n’est pas atteint. Il est fréquent de voir chez nous, actuellement, des individus qui se servent de bidons d’essence vides pour transporter de l’eau. Ces bidons sont l’emblème d’une incivilité; ils sont brefs et brusques, ils n’ont pas la moindre honte de leur grossièreté, ils ne se soucient de rien d’autre que de leur utilité.
     Les instruments de nos besoins essentiels prétendent qu’il nous faut nous procurer des aliments, un abri, des vêtements, du confort et des aises. Et cependant des hommes perdent une partie considérable de leur temps et de leurs ressources à contredire cette assertion, afin de prouver qu’ils ne sont pas uniquement un catalogue vivant de besoins sans fin, qu’il y a en eux un idéal de perfection, un sentiment d’unité, fait d’harmonie entre les parties et d’harmonie avec l’environnement.
     La qualité de l’infini n’est pas dans la grandeur de l’étendue, elle est dans l’advaitam*, le mystère de l’Unité. Les faits occupent un temps et un espace infinis; mais la vérité qui les englobe tous n’a pas de dimensions; elle est Une. Lorsque notre cœur approche de cette Unité, dans les petites ou dans les grandes choses, il est en contact avec l’infini. »

Rabindranath Tagore, La religion du poète, texte publié en 1924, extrait de Creative Unity publié en 1922

advaitam* : Pour l’Advaita Vedānta, l’univers est une unique entité, une Totalité interconnectée. Les distinctions entre objets résultent de l’ignorance de la vraie nature de la Réalité, identique au brahman, qui transcende le temps et l’espace. Dans cet état d’ignorance, l’individu est prisonnier des illusions du monde et n’échappe pas aux réincarnations successives, fruit de son karma.

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