Il est préférable que la coquille soit brisée avant l’envol de l’oiseau

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chick-hatching

       « Toutes choses, même la plus banale, touchaient le même point en moi, d’un léger et incessant coup de marteau. Elles contribuaient toutes à me débarrasser de mes peaux, à briser mes coquilles d’œuf, et à chaque fois ma tête en sortait un peu plus haut, un peu plus libre, jusqu’à ce que mon oiseau jaune fît sortir une tête de rapace de la coquille brisée du monde. »

Hermann Hesse, Demian (1919)

The shell must be break before the bird can fly
(Il est préférable que la coquille soit brisée avant l’envol de l’oiseau)

Alfred Lord Tennyson

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2 réflexions au sujet de « Il est préférable que la coquille soit brisée avant l’envol de l’oiseau »

  1. Toujours dans l’actualité de la naissance et de l’enfance (Chère grande Nathalie Sarraute), et regardant l’oeil noir, magnifique, de l’oiseau encore empêtré dans sa coquille, je crois me souvenir qu’Emmanuel Kant a écrit sur la naissance du petit de l’homme qu’il était unique dans le règne animal à s’annoncer bruyamment — ce qui s’avèrerait trop dangereux pour les animaux du fait des prédateurs — et qui vaut également pour le bébé sans défense, mais Kant concluait par l’idée de révolte : le petit de l’homme est seul à clamer sa révolte de naître…..
    Amitié. Michèle Cointe

    • Le petit de l’homme crie parce qu’il trouve qu’il a été jeté beaucoup trop tôt dans le monde, il aurait aimé rester encore un peu dans le giron de sa maman comme pour les animaux. Et tout cela à cause de (parait-il) de la taille disproportionnée de son cerveau et par conséquent de son crâne qui l’obligeait à naître prématurément. Dieu, apparemment, n’avait aucun goût pour les femmes aux hanches trop larges. Le petit de l’homme ne serait donc qu’un fœtus inaccompli qui doit poursuivre son développement encore quelque temps. Y’a effectivement de quoi hurler ! Mais il fallait choisir entre le confort de la gestation qui impliquait une tête de linotte, siège de pensées d’un niveau à peine supérieur à celles d’une huitre et une tête bien pleine siège de la conscience et de l’imagination. Le fait que cette tête se soit révélée une véritable boîte de Pandore est une autre histoire… Kant, avec sa tête bien pleine ne pouvait pas savoir tout cela… Quant au danger représenté par les pleurs, je pense au contraire que celles-ci constituaient une défense. Qui peut supporter sans avoir de désir de fuir les hurlements d’un bébé ? (en dehors de la maman, évidemment)

      bien à vous,
      Enki

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