« Borné par tes cinq sens, ne comprends-tu donc pas que le moindre oiseau qui fend l’air est un immense monde de délices ? »

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la fauvette babillarde enferme dans sa minuscule cervelle d’oiseau des constellations à foison…

How do you know but every bird that cuts the airy way, is an immense world of delight, closed by your senses five ?

To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

William Blake (The Marriage of Heaven and Hell and Auguries of Innocence)

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   Il existe en Allemagne du Nord, à Brême, un planétarium, le Olbers Planetarium, où a été reconstituée la voûte du ciel nocturne avec toutes ses constellations. Franz Sauer, un chercheur spécialisé dans l’étude des oiseaux migrateurs a eu l’idée d’élever des oiseaux en captivité qui émigrent habituellement en hiver dans la vallée du Nil en faisant en sorte de ne jamais les mettre en contact de manière naturelle avec le ciel nocturne.

Fauvette babillarde Sylvia curruca Lesser Whitethroat

    L’un de ces oiseaux, une fauvette babillarde, a ensuite été placée sous la voûte étoilée reconstituée du Planetarium où l’on a fait défiler devant elle les constellations que l’on voit habituellement défiler lorsque l’on vole de nuit entre l’Allemagne et l’Egypte. La fauvette a alors suivi en volant dans l’espace du planétarium la carte du ciel sans défaillance pour finir se poser sous le ciel de Louxor. Cette expérience qui visait à démontrer que la fauvette, sans avoir reçu d’apprentissage préalable, avait la capacité innée de se diriger vers l’Egypte en lisant la carte du ciel est citée par Edgar Morin dans son essai « Introduction à la pensée complexe » (Essai/Seuil, 2005) et l’auteur conclut en énonçant que la fauvette avait, d’une certaine façon, le ciel dans la tête… On aurait pu dire  aussi qu’elle avait des étoiles plein la tête ou encore, dans son minuscule cerveau, des constellations à foison...

     Ainsi l’oiseau est dans le monde et le monde entier est dans l’oiseau. Un est dans le Tout et le Tout est dans l’Un et comme l’écrit Edgar Morin : « Nous, les êtres humains, connaissons le monde à travers les messages transmis par nos sens à notre cerveau. Le monde est présent à l’intérieur de notre esprit, lequel est à l’intérieur de notre monde. » Il ne nous reste plus, à nous humains, que de tenter de démêler les fils emmêlés de manière inextricable qui nous relient au monde. Lourde tâche qui se révèle le plus souvent impossible…  On comprends alors mieux le sens de ces quelques vers du poète visionnaire William Blake que j’ai choisi de placer en exergue de cet article :

Ne comprends-tu donc pas
Que le moindre oiseau qui fend l’air
Est un immense monde de délices fermé à tes cinq sens ?

Voir un univers dans un grain de sable
Un paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans la paume de sa main.
Et l’éternité dans une heure.

la fauvette babillarde en vol (Sylvia curruca).png

la fauvette babillarde en vol (Sylvia curruca) – photo Gorka Ocio

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