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Chagall – Deux têtes à la fenêtre, 1955-56

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Du vol de l’oie au pas de l’oie

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vols d’oies sauvages en migration

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anthropocentrisme

    L’homme est-il capable de voir la Nature pour elle-même sans vouloir y retrouver sa propre image, nourrir ses états d’âme et conforter ses croyances et préjugés ? Dans un article précédent, Maurice Barrès, à travers le regard d’un Taine réinterprété (Les Déracinés), voyait dans la puissance et la beauté d’un platane majestueux du jardin des Invalides à Paris, le symbole de la vie et une métaphore de l’épanouissement de l’homme enraciné dans sa patrie (c’est  ICI). Dans le texte présenté ci-après, c’est le philosophe Alain qui, à la vue d’une formation en triangle d’oies dans le ciel dans lequel chaque individu se glisse dans le sillage de son double, trouve une correspondance de structure avec le chant humain pratiqué à l’unisson dans lequel chaque voix s’appuie sur les autres voix et s’en trouve fortifiée. Le philosophe rebondit ensuite par la pensée sur la marche cadencée d’un groupe d’hommes au rythme de la musique et du chant et finalement au rythme du simple bruit des bottes à partir duquel les hommes disparaissent en tant qu’individus, s’agglomèrent et fusionnent dans une masse uniforme qui va s’énivrer de son unicité et de sa puissance et se mettre au service d’une idée, d’une religion.

 la fée Carabosse du logis

   Dés lors la déshumanisation, le fanatisme, puis la barbarie ne sont pas loin et le groupe peut sombrer dans l’Ubris entraînant malheur, mort et destruction. À partir d’une fusion des âmes et du mouvement des corps, c’est un processus mécanique infernal de projection de l’esprit en dehors du réel qui s’est mis en branle en complète autonomie par rapport à la conscience et la raison humaine. Ce processus est spécifique à l’homme; on a jamais vu en effet des formations volantes d’oies s’énivrer de leur puissance, devenir folles et attaquer en piqué d’autres formations ou d’autres espèces de rencontre. Seul l’homme est capable de voir naître en lui une telle folie et se laisser entraîner à de telles extrémités. L’animal a toujours limité ses actions et réactions au champs du possible que la nature lui avait fixé et économisé ses forces au strict nécessaire, seul l’homme a la faculté d’être en proie à de tels accès de folie collective où il met en œuvre une puissance et une violence dévastatrice. On est en droit de se demander si ce n’est pas pour cette raison que l’espèce humaine a pu conquérir dans la nature la place qu’elle occupe aujourd’hui. Le monde en déséquilibre que nous occupons aujourd’hui serait alors le résultat de l’Ubris et porterait en lui la faute originelle qui a prévalu à sa création. Alain nous met en garde contre les processus fusionnels qui s’emparent des foules sous l’action de la manipulation et du conditionnement et rend l’intelligence de l’homme responsable de cette situation mais l’intelligence n’est que l’outil qui permet le règne de l’Ubris. Le véritable coupable ne serait-il pas plutôt l’imagination ?

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Alain – Propos sur la nature, Ve partie : La Nature dans l’Homme, chap. 62

emile-auguste-chartier-dit-alain-1868-1951      Chacun a vu des triangles d’oies dans le ciel, et voici la saison des changements qui va nous ramener cette géométrie volante. Le beau est que ces triangles ondulent comme des banderoles, ce qui rend sensible, la lutte des forces, D’un côté le vent coule comme l’eau, mêlant et démêlant ses filets et tourbillons ; de l’autre la foule des formes invariables s’ordonne dans le mouvement même, chacun des individus se glissant dans le sillage du voisin et y trouvant avec bonheur sa forme encore dessinée. Quant au détail de cette mécanique volante, nous aurions grand besoin de quelque mémoire écrit par une oie géomètre ; mais ces puissants voiliers n’en pensent pas si long.

     L’homme chante à peu près comme les oies volent ; car chanter c’est lancer un son dans le sillage d’un autre de façon à profiter d’un pli d’air favorable ; et chanter faux, au contraire, c’est se heurter à ce qui devrait porter. Encore bien plus évidemment, si une foule d’hommes chante, chaque voix s’appuie sur les autres et s’en trouve fortifiée. C’est ainsi que le puissant signal s’envole, et revient à l’oreille comme un témoin de force. Aussi le bonheur de chanter en cœur n’a point de limites ; il ouvre absolument le ciel.

     Ce genre de perfection immobile concerne nos pensées ; il les accorde, les purifie et les délivre. Mais il est clair que le bonheur de chanter fut joint d’abord au bonheur de marcher en cadence, comme le rappellent les instru­ments qui imitent la marche d’une troupe d’hommes, et qui font tant dans nos musiques. Seulement ce chant de marche est toujours un peu barbare. Il a fallu choisir. Le musicien a choisi de s’arrêter. Le marcheur s’est contenté du bruit des pas, qui est un terrible signe, ou bien il a répété un même cri. Par ce moyen la masse des hommes est présente en chacun ; la délibération est terminée, car le rythme annonce l’action prochaine ; chacun imite les autres et la troupe s’imite elle-même. Cet ordre est enivrant il est par lui-même vic­toire ; il exclut l’obstacle d’avance il l’écrase. Ainsi la pensée, par elle-même défiante et soupçonneuse, se trouve apaisée. Vous demandez quelles sont les opinions, ou les intentions, ou les amours, ou les haines de ces hommes qui marchent ; simplement ils sont heureux, ils aiment leur propre marche, ils se sentent forts, invincibles, immortels. On voit naître ici toute la religion, soit contemplative, soit active, et le fanatisme si naturel à des hommes qui ont une opinion, mais sans savoir laquelle. La dissidence et la critique, toujours persécutées par l’homme qui marche, sont odieuses parce qu’elles obligent à savoir ce qu’on pense ; souvent le fanatisme s’irrite même d’être approuvé et d’être expliqué. Le vrai croyant refuse les preuves. Très prudemment il les refuse, car une preuve est une grande aventure. Que va-t-on trouver dans la preuve ?

       On se demande comment la pensée, le doute, l’examen sont venus au monde. Je suppose que l’ordre fanatique, par sa perfection même, s’est trouvé la source des plus grands maux. Et pourquoi ? C’est que la seule idée qu’il y a des dissidents quelque part, la seule idée que le monde entier des hommes n’est pas encore converti, jette aussitôt le fanatisme en la plus folle des entre­prises, la guerre. Un fanatisme en rencontre un autre. Et il ne s’agit plus alors de chasse, ni de pêche, ni d’industrie ; on n’y pense même plus. Il s’agit d’exterminer les schismatiques et hérétiques, lesquels forment aussi leurs bataillons chantants. Sans chercher d’où provient l’empire de l’homme sur les bêtes, je remarque que c’est cette perfection même, que l’on nomme intelli­gence, qui jette l’homme contre l’homme. Et certes, les choses étant comme nous les voyons, il n’y a que l’homme qui soit capable d’exterminer l’homme. Vainement les religions vieillissent, car cette religion des religions, qui n’est autre que l’union sacrée ne vieillit point. La religion serait aisément séraphique, par une contemplation musicienne ; elle meurt alors de faim. Mais la sanglante religion, celle qui marche et persécute, ne peut mourir que de fureur. Cette suite de maux sans mesure, humains et inhumains, doit être considérée sans cesse à sa naissance, en ses honorables motifs, en ses affreuses consé­quences, comme pire que toute peste. Et la science qui y a trouvé remède se nomme la politique. Cette science ne plaît point, car elle divise ; et elle a nécessairement contre elle tous les partis, qui sont des triangles d’oies.

1er octobre 1934.

AlainPropos sur la nature, Ve partie : La Nature dans l’Homme, chap. 62 – éd. Folio Essai / Gallimard, pp 191-194

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Soldats de la Reichswehr marchants au pas de l’oie

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     Celui qui défile joyeusement au pas cadencé a déjà gagné mon mépris. C’est par erreur qu’on lui a donné un grand cerveau puisque la moelle épinière lui suffirait amplement. On devrait éliminer sans délai cette honte de la civilisation. L’héroïsme sur commande, la brutalité stupide, cette lamentable attitude de patriotisme, quelle haine j’ai pour tout cela.

Combien méprisable et vile est la guerre.           Albert Einstein

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article lié

  • « Borné par tes 5 sens, ne comprends-tu donc pas que le moindre oiseau qui fend l’air est un immense monde de délices ? », c’est  ICI.

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Le platane de Barrès ou l’arbre de M. Taine

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Un platane à Paris – Jardin de Bagatelle

       Dans le roman de Maurice Barrès Les Déracinés paru en 1897, le jeune Lorrain Rœmerspacher, l’un des sept jeunes Nancéiens installés à Paris, vient d’écrire un article remarqué sur l’œuvre d’Hippolyte Taine, Les Origines de la France contemporaine. Le grand homme (dans le roman, personne réelle mêlée à des personnages inventés), touché par la pertinence de son propos, lui accorde une visite et le conduit au square des Invalides où il lui désigne un platane avec lequel il entretien une relation toute particulière puisqu’il en a fait à la fois un ami et un modèle : celui d’une vie qui, puisant son énergie dans les profondeurs de la terre qui l’a vu naître, obéit aux lois de son développement naturel, tirant sa force même et son harmonie intérieure de «l’acceptation des nécessités de la vie».

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Maurice Barrès, Les déracinés – Extrait

 hippolyte-taine-1828-1893    Ils étaient arrivés devant le square des Invalides ; M. Taine s’arrêta, mit ses lunettes et, de son honnête parapluie, il indiquait au jeune homme un arbre assez vigoureux, un platane, exactement celui qui se trouve dans la pelouse à la hauteur du trentième barreau de la grille compté depuis l’esplanade. Oui, de son parapluie mal roulé de bourgeois négligent, il désignait le bel être luisant de pluie, inondé de lumière par les destins alternés d’une dernière journée d’avril.

    « Combien je l’aime, cet arbre ! Voyez le grain serré de son tronc, ses nœuds vigoureux ! Je ne me lasse pas de l’admirer et de le comprendre. Pendant les mois que je passe à Paris, puisqu’il me faut un but de promenade, c’est lui que j’ai adopté. Par tous les temps, chaque jour, je le visite. Il sera l’ami et le conseiller de mes dernières années… Il me parle de tout ce que j’ai aimé : les roches pyrénéennes, les chênes d’Italie, les peintres vénitiens. Il m’eût réconcilié avec la vie, si les hommes n’ajoutaient pas aux dures nécessités de leur condition tant d’allégresse dans la méchanceté.
     Sentez-vous sa biographie ? Je la distingue dans son ensemble puissant et dans chacun de ses détails qui s’engendrent. Cet arbre est l’image expressive d’une belle existence. Il ignore l’immobilité. Sa jeune force créatrice dès le début lui fixait sa destinée, et sans cesse elle se meut en lui, Puis-je dire que c’est sa force propre ? Non pas, c’est l’éternelle unité, l’éternelle énigme qui se manifeste dans chaque forme. Ce fut d’abord sous le sol, dans la douce humidité, dans la nuit souterraine, que le germe devint digne de la lumière. Et la lumière alors a permis que la frêle tige se développât, se fortifiât d’états en états. Il n’était pas besoin qu’un maître du dehors intervînt. Le platane allégrement étageait ses membres, élançait ses branches, disposait ses feuilles d’année en année jusqu’à sa perfection. Voyez qu’il est d’une santé pure ! Nulle prévalence de son tronc, de ses branches, de ses feuilles ; il est une fédération bruissante. Lui-même il est sa loi et il l’épanouit… Quelle bonne leçon de rhétorique ; et non seulement de l’art du lettré, mais aussi quel guide pour penser ! Lui, le bel objet, ne nous fait pas voir une symétrie à la française mais la logique d’une âme vivante et ses engendrements. Au terme d’une vie où j’ai tant aimé la logique, il me marque ce que j’eus peut-être de systématique et qui n’exprimait pas toujours ma décision propre, mais une influence extérieure. En éthique surtout je le tiens pour mon maître. Regardez-le bien. Il a eu ses empêchements, lui aussi ; voyez comme il était gêné par les ombres des bâtiments : il a fui vers la droite, s’est orienté vers la liberté, a développé fortement ses branches en éventail sur l’avenue. Cette masse puissante de verdure obéit à une raison secrète, à la plus sublime philosophie, qui est l’acceptation des nécessités de la vie. Sans se renier, sans s’abandonner, il a tiré des conditions fournies par la réalité le meilleur parti, le plus utile. Depuis les plus grandes branches jusqu’aux plus petites radicelles, tout entier il a opéré le même mouvement… Et maintenant, cet arbre qui, chaque jour avec confiance, accroissait le trésor de ses énergies, il va disparaître parce qu’il a atteint sa perfection. L’activité de la nature, sans cesser de soutenir l’espèce, ne veut pas en faire davantage pour cet individu. Mon beau platane aura vécu. Sa destinée est ainsi bornée par les mêmes lois, qui, ayant assuré sa naissance, amèneront sa mort. Il n’est pas né en un jour, il ne disparaîtra pas non plus en un instant… Déjà en moi des parties se défont et bientôt je m’évanouirai ; ma génération m’accompagnera, et puis un peu plus tard viendra votre tour et celui de vos camarades…»

    M. Taine, quand il était heureux d’une idée, d’un développement d’idées surtout, avait pour conclure un sourire extrêmement doux qui plissait ses paupières et jouait autour des lèvres sans presque remuer les joues. Il regarda un instant avec cette bienveillance son compagnon. […]
     Les paroles de M. Taine, en ce jeune homme qui a des loisirs, épuiseront peu à peu leurs conséquences. Immédiatement ce qu’il entrevoit, c’est la position humble et dépendante de l’individu dans le temps et dans l’espace, dans la collectivité et dans la suite des êtres. Chacun s’efforce de jouer son petit rôle et s’agite comme frissonne cliaque feuille du platane; mais il serait agréable et noble, d’une noblesse et d’un agrément divins, que les feuilles comprissent leur dépendance du platane et comment sa destinée favorise et limite, produit et englobe leurs destinées particulières. Si les hommes connaissaient la force qui sommeillait dans le premier germe et qui successivement les fait apparaître identiques à leurs prédécesseurs et à ceux qui viendront, s’ils pouvaient se confier les lois du vent qui les arrachera de la branche nourricière pour les disperser, quelle conversation d’amour vaudrait l’échange et la contemplation de ces vérités?… D’avoir approché, à côté de M. Taine, en union avec M. Taine, et d’un cœur modeste mais ému, ces problèmes de l’universel et de l’unité, naît pour Rœmerspacher un contentement joyeux et d’une qualité apaisante et religieuse. Il voudrait être relié avec tous ses semblables, leur communiquer et s’approprier dans l’allégresse, cette curiosité que ne peuvent manquer d’inspirer les lois de la nature, et en même temps cette soumission à laquelle elles ont droit.

Maurice Barrès, « Les Déracinés », dans Romans et voyages, tome I, Robert Laffont, collection Bouquins, 1994, p. 596-597.

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Platane d’Orient (Platanus orientalis) planté par Buffon en 1785 au Jardin des plantes à Paris.

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      Dans une étude comparative entre entre le platane de Taine dans Les Déracinés de Barrès et le marronnier de Sartre dans La Nausée, l’universitaire Philippe Zard  présente le platane, à l’époque où Barrès écrit son roman, comme se situant au « croisement d’une symbolique archétype (l’arbre étant le symbole par excellence) et d’une détermination historique et politique ». L’arbre est d’abord symbole de vie et métaphore organiciste par sa « logique d’âme vivante et de ses engendrements » qui répète le cycle de la naissance, de la vie et de la mort et par ses capacités de lutte et d’adaptation aux contraintes du milieu qui le font obéir à « une raison secrète, à la plus sublime philosophie, qui est l’acceptation des nécessités de la vie ». En même temps, pour l’idéologie conservatrice et nationaliste, l’arbre, avec sa sève et ses racines s’enfonçant profondément dans la terre nourricière est une métaphore du sang et des liens qui unissent l’homme à sa terre natale. La symbolique de l’arbre s’étend à la société toute entière : il s’apparente alors à une « fédération bruissante » dont « l’éternelle unité, l’éternelle énigme […] se manifeste dans chaque forme ». Dans son roman, Barrès fait jouer à Taine un rôle de sage et de conseiller pour le jeune déraciné Rœmerspacher qui a du quitter sa patrie soumise au joug prussien en lui offrant l’exemple de l’arbre capable de s’épanouir de manière harmonieuse jusqu’à la perfection et d’accomplir avant de mourir son devoir de renouvellement et perpétuation de l’espèce. Ainsi, comme « symbole individuel, l’arbre renvoie implicitement à une pensée du collectif (et) peut devenir la représentation par excellence du corps de la nation ».

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Documentation et articles liés

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« Borné par tes cinq sens, ne comprends-tu donc pas que le moindre oiseau qui fend l’air est un immense monde de délices ? »

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la fauvette babillarde enferme dans sa minuscule cervelle d’oiseau des constellations à foison…

How do you know but every bird that cuts the airy way, is an immense world of delight, closed by your senses five ?

To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

William Blake (The Marriage of Heaven and Hell and Auguries of Innocence)

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   Il existe en Allemagne du Nord, à Brême, un planétarium, le Olbers Planetarium, où a été reconstituée la voûte du ciel nocturne avec toutes ses constellations. Franz Sauer, un chercheur spécialisé dans l’étude des oiseaux migrateurs a eu l’idée d’élever des oiseaux en captivité qui émigrent habituellement en hiver dans la vallée du Nil en faisant en sorte de ne jamais les mettre en contact de manière naturelle avec le ciel nocturne.

Fauvette babillarde Sylvia curruca Lesser Whitethroat

    L’un de ces oiseaux, une fauvette babillarde, a ensuite été placée sous la voûte étoilée reconstituée du Planetarium où l’on a fait défiler devant elle les constellations que l’on voit habituellement défiler lorsque l’on vole de nuit entre l’Allemagne et l’Egypte. La fauvette a alors suivi en volant dans l’espace du planétarium la carte du ciel sans défaillance pour finir se poser sous le ciel de Louxor. Cette expérience qui visait à démontrer que la fauvette, sans avoir reçu d’apprentissage préalable, avait la capacité innée de se diriger vers l’Egypte en lisant la carte du ciel est citée par Edgar Morin dans son essai « Introduction à la pensée complexe » (Essai/Seuil, 2005) et l’auteur conclut en énonçant que la fauvette avait, d’une certaine façon, le ciel dans la tête… On aurait pu dire  aussi qu’elle avait des étoiles plein la tête ou encore, dans son minuscule cerveau, des constellations à foison...

     Ainsi l’oiseau est dans le monde et le monde entier est dans l’oiseau. Un est dans le Tout et le Tout est dans l’Un et comme l’écrit Edgar Morin : « Nous, les êtres humains, connaissons le monde à travers les messages transmis par nos sens à notre cerveau. Le monde est présent à l’intérieur de notre esprit, lequel est à l’intérieur de notre monde. » Il ne nous reste plus, à nous humains, que de tenter de démêler les fils emmêlés de manière inextricable qui nous relient au monde. Lourde tâche qui se révèle le plus souvent impossible…  On comprends alors mieux le sens de ces quelques vers du poète visionnaire William Blake que j’ai choisi de placer en exergue de cet article :

Ne comprends-tu donc pas
Que le moindre oiseau qui fend l’air
Est un immense monde de délices fermé à tes cinq sens ?

Voir un univers dans un grain de sable
Un paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans la paume de sa main.
Et l’éternité dans une heure.

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la fauvette babillarde en vol (Sylvia curruca) – photo Gorka Ocio

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Illustres illustrateurs : Roland Topor (1938-1997)

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les dangers de l’automobile à toit ouvrant

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Et que personne ne tente de s’échapper !

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Maman, j’ai peur !

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Déjà la neige !

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Descente gâchée ! j’suis pas le premier !

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Quand le paysage se noie dans une flaque d’eau… (photo Enki du 19 novembre 2016)

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L’envers de l’endroit

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Peut-être préférez-vous l’envers de l’envers de l’endroit ?

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Relire Hannah Arendt – I) Quand l’histoire bégaie…

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Terrifiante solidarité négative

       La montée partout en Occident des mouvements populistes et réactionnaires et l’élection du populiste démagogue Donald Trump comme président des Etats-Unis m’a incité à me replonger dans l’essai qu’a écrit la philosophe allemande juive, élève de  HeideggerHannah Arendt en 1948 sur la genèse du totalitarisme en Europe dans les années trente, « Le système totalitaire – Les origines du totalitarisme » (édit. Essais, Le Seuil/Gallimard, 2002).

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Scène du film de Carmine Gallone, Scipion l’africain, 1937

Le concept de « masses »

    Dans le chapitre Ier de son essai intitulé « Une société sans classe« , Hannah Arendt défini le concept de « masses » qui s’applique à des ensembles disparates d’individus au mieux indifférents, au pire aigris, peu socialisés et abandonnés du fait de leur marginalité par les formations politiques traditionnelles et qui s’opposent aux classes sociales structurées qui sont elles composées en majorité d’individus le plus souvent éduqués, engagés et agissants, liés par la réalisation d’objectifs communs.
     Du fait de leur ignorance et de leur marginalité, les individus composant les masses constituèrent dans la période d’entre-deux guerres des proies faciles pour la propagande des partis extrémistes qui ne cherchaient pas à les convaincre par l’exercice de la raison mais plutôt à les utiliser en flattant leur préjugés et leurs pulsions primaires et en prétendant que les sources des problèmes qu’ils rencontraient résidaient dans des causes profondes, naturelles, sociales, psychologiques ou métaphysique de nature irrationnelle échappant ainsi au contrôle de l’individu et de la raison.
       Il ne s’agissait pas pour ces mouvements manipulateurs d’aider les masses à réfléchir pour trouver les solutions raisonnables, réalistes et consensuelles permettant de résoudre leurs problèmes mais au contraire de tenir à leurs membres le langage que leur désir primaire et leurs pulsions  du moment souhaitaient entendre pour créer un effet fusionnel d’entraînement et d’enthousiasme participatif qui malheureusement n’hésiterait pas à abandonner en cours de route tout ce qui, dans l’esprit humain, avait tendance à freiner ou à s’opposer à son déploiement, en particulier les valeurs morales et d’humanité et parmi elles les plus essentielles comme le respect de la vie humaine, l’acceptation de l’autre et de sa différence, l’esprit d’ouverture et de tolérance, la compassion et de désir de protection du faible et en particulier de l’enfance.
     Dans ces conditions, et avec le renfort de la propagande, les masses pouvaient devenir une force aveugle destructrice se nourrissant de leur propre ivresse de puissance au service de manipulateurs sans scrupules.

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Hannah Arendt (1906, Hanovre-1975, New-York) – Extraits

hannah-arendt-political-philosopher     « Les mouvements totalitaires sont possibles partout où se trouvent des masses qui, pour une raison ou une autre, se sont découvert un appétit d’organisation politique. Les masses ne sont pas unies par la conscience d’un intérêt commun, elles n’ont pas cette logique spécifiques des classes qui s’exprime par la poursuite d’objectifs précis, limités et accessibles. Le terme de masses s’applique seulement à des gens qui, soit du fait de leur seul nombre, soit par indifférence, soit pour ces deux raisons, ne peuvent s’intégrer dans aucune organisation fondée sur l’intérêt commun, (…). Les masses existent en puissance dans tous les pays, et constituent la majorité de ces vastes couches de gens neutres et politiquement indifférents qui n’adhèrent jamais à un parti et votent rarement. » (…)

     « La chute des murs protecteurs des classes transforma les majorités qui somnolaient à l’abri de tous les partis en une seule grande masse inorganisée et déstructurée d’individus furieux. Ils n’avaient rien en commun sinon une vague conscience que les espoirs des adhérents des partis étaient vains, que, par conséquent, les membres les plus respectés, les plus organisés, les plus représentatifs de la communauté étaient des imbéciles, et que toutes les puissances établies étaient moins mauvaises moralement qu’également stupides et frauduleuses. Peu importait, pour la naissance de cette terrifiante  solidarité négative, sous quelle forme étaient haïs le statut quo et les puissances établies : pour le chômeur, c’était le parti socialiste; pour le petit propriétaire exproprié, un parti de centre ou de la droite; et pour les anciennes classes moyennes et supérieures, l’extrême droite traditionnelle. La masse de ces hommes généralement déçus et désespérés augmenta rapidement en Allemagne et en Autriche, après la Première Guerre mondiale, lorsque l’inflation et le chômage aggravèrent la dislocation consécutive à la défaite militaire; il s’en trouva un grande proportion dans les états successeurs, et ils ont soutenu les mouvements extrémistes, en France et en Italie, depuis la Seconde Guerre mondiale.

Annah Arendt, Le système totalitaire – Les origines du totalitarisme (P.  )

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Tout cela ne vous rappelle rien ?

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     Déjà, en décembre 2015, certains tiraient la sonnette d’alarme sur la personnalité du candidat et sur l’état d’esprit qui animait ses partisans :

Trump et ses partisans vus par un psy (article du 21 déc.2015 de R. Hétu du journal « La Presse »de Montréal) 

     (New York) Ça ne va vraiment pas bien dans la tête des électeurs les plus susceptibles d’appuyer Donald Trump. De qui parle-t-on au juste? Des Américains blancs d’âge moyen peu éduqués.
      Depuis 1999, ils meurent en nombre record, selon une étude publiée début novembre par le Prix Nobel d’économie 2015, Angus Deaton, et sa femme Anne Case. La mortalité des Américains blancs âgés de 45 à 54 ans a augmenté de 9% sur une période de 14 ans, et de 22% pour ceux d’entre eux n’ayant pas poursuivi d’études au-delà du secondaire. Tous les autres groupes démographiques, y compris les Noirs et les Hispaniques, ont connu une baisse de mortalité au cours de la même période, et ce, dans toutes les tranches d’âge.

Alcool, drogues, suicides
     Et pourquoi donc la mortalité des 45-54 ans blancs les moins éduqués a-t-elle augmenté de 600 à 734 pour 100 000 individus de 2009 à 2013 aux États-Unis? Les économistes de Princeton invoquent trois maux: alcool, drogues (opiacés), suicides. Et ils établissent un lien entre ce phénomène et «l’insécurité économique» des membres d’une génération qui ont été les premiers à réaliser que le «rêve américain» d’avoir une meilleure vie que celle de leurs parents ne serait pas à leur portée.
      Et le rapport avec les partisans de Trump ? Environ la moitié d’entre eux sont des Blancs âgés de 45 à 65 ans, selon une étude réalisée par deux politologues de Stanford (David Brady et Douglas Rivers). Et une moitié d’entre eux n’ont pas plus qu’un diplôme d’études secondaires. Pour Ben Michaelis, psychologue clinicien à New York, il ne fait pas de doute que l’étude des économistes de Princeton jette un éclairage crucial pour comprendre la popularité du milliardaire auprès de certains électeurs républicains.

L’illusion de certitude
      «Comme le démontrent les recherches et l’histoire, les gens qui ressentent de la peur et de l’incertitude recherchent souvent la certitude afin de les aider à mieux gérer leur anxiété. Et l’une des choses que Trump offre est l’illusion de certitude: des réponses claires et concrètes à une peur diffuse. Pour combattre l’immigration illégale, nous allons bâtir un mur! Pour lutter contre le terrorisme, nous allons stopper l’immigration musulmane!», affirme le psychologue en entrevue.
     Et d’ajouter: «Les déclarations xénophobes de Trump représentent une exploitation éhontée des peurs des gens à l’égard de groupes marginaux afin de gagner des votes. C’est une honte pour notre pays. Cela fait penser à l’Allemagne de l’entre-deux-guerres. L’économie du pays était décimée et les gens cherchaient des boucs émissaires, une situation que Hitler a exploitée avec les conséquences que l’on sait

      Ben Michaelis est l’un des psychologues cliniciens auxquels le magazine Vanity Fair a fait appel récemment pour dresser le portrait psychologique de Donald Trump. Ceux-ci en sont venus à un verdict unanime.
      «Donald Trump présente des symptômes qui sont absolument liés au trouble de la personnalité narcissique», dit Michaelis à La Presse en évoquant notamment son manque d’empathie et son absence de remords.
     Michaelis revient sur l’épisode où le milliardaire s’est moqué d’un journaliste handicapé qui l’avait pris en flagrant délit de mensonge sur les soi-disant célébrations de milliers de musulmans du New Jersey lors des attentats du 11-Septembre. «Vous devriez voir ce type», avait lancé Trump devant ses partisans en se lançant dans une gesticulation censée imiter Serge Kovaleski, qui souffre d’une maladie qui réduit la mobilité de ses articulations.
      «Quand il a fait ce théâtre pour dénigrer le journaliste handicapé, je pensais vraiment que cela allait faire tourner le vent, dit le psychologue et auteur d’un récent livre (Your Next Big Thing). C’était tellement cruel à mes yeux. Et quand j’ai vu que cela n’avait eu aucun impact auprès des supporteurs, j’ai été secoué. Je crois qu’il n’y a plus rien qu’il puisse dire qui lui ferait perdre des supporteurs.»

      Dans l’épisode évoqué plus haut, Donald Trump a démontré deux autres symptômes du trouble de la personnalité narcissique. Il a d’abord nié s’être moqué du journaliste handicapé et il a réclamé ensuite des excuses à ceux qui prétendaient le contraire.
      «Pour moi, la question la plus impérieuse est l’état psychologique de ses supporteurs, dit Ben Michaelis. Ils sont incapables ou peu disposés à établir un lien entre les défis auxquels fait face tout président et le comportement et la connaissance de Donald Trump. Dans une démocratie, c’est désastreux.»

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MAIN BASSE SUR L’AMÉRIQUE

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TRUMP’S TRIUMPH

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Enki sigle

Les Fauves sont lâchés…

 


Jeudi 10 janvier 2019 : Je pensais être le premier à avoir eu cette idée mais je viens de découvrir un dessin de la même veine du caricaturiste américain Brian Adcock paru en avril 2016 dans The Independant suite à la victoire de Trump à la Primaire républicaine.

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Ma belle décrépitude

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Bouquet d’automne

      Sommes invités à passer une soirée chez des amis — S’y rendre avec une petite attention — Un petit quelque chose qui sort de l’ordinaire et surprend agréablement — Mais quoi ? une bonne bouteille ? Des fleurs en faisant un saut rapide chez le fleuriste ? Certainement pas ! M’imaginer chez le fleuriste à choisir entre les sempiternelles roses, anémones, asters et cyclamen produits à la chaîne dans des serres aseptisées, parfaitement calibrés et aux couleurs totalement identiques qu’on encadre à la fin par une brassée de fougères « pour faire champêtre » me donne le tournis… Le reste de l’année, je construis moi-même mes bouquets avec les fleurs du jardin mais nous sommes en automne et les fleurs, quand il en reste, sont toutes décrépies, et le feuillage aussi est décrépi — Mais figurez-vous que le décrépi, moi, j’aime çà — Je trouve çà charmant le décrépi ! — Connaissez-vous le wabi-sabi ? — Au Japon, le wabi-sabi c’est le charme esthétique qui naît du vieillissement des choses, de la beauté née de l’acceptation du réel dans sa totalité en intégrant ses imperfections : un vieux chalet de montagne au bois brûlé par le soleil et rainuré par la pluie qui à pris naturellement une belle patine brune, c’est wabi-sabi, un chalet moderne fait de lames de bois calibrées et vernies, ce n’est pas wabi-sabi… Un bol en terre cuite tourné à la main aux formes imparfaites, c’est wabi-sabi et un bol manufacturé ne l’est pas…

    Alors vite, je déniche un sécateur et je pars à l’assaut du jardin — Le secret d’un beau bouquet, en-dehors de la variété et de la complémentarité de ses fleurs et feuillages, c’est la structure… Un bouquet doit être structuré — Mais c’est quoi être structuré pour un bouquet ? — Être structuré, c’est être agencé selon un certain ordre, selon une organisation qui est source d’harmonie — Si vous n’avez pas naturellement l’esprit esthético-géométrique, il suffit de regarder autour de vous et de vous inspirer de choses qui vous semblent harmonieuses — Vous ne voulez pas en faire votre métier… Alors, inutile de vouloir comprendre et tout maîtriser, contentez-vous de copier ou de vous en inspirer — Pour ma part, j’ai décidé de m’inspirer d’un feu d’artifice… Le corps du bouquet sera traité comme une explosion d’où jailliront dans toutes les directions des éléments de couleurs aux formes variées et de cette masse explosive, des fusées s’élèveront vers le ciel avant d’exploser elles-aussi mais de manière moins ostentatoire…

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Mon bouquet mis en valeur par un magnifique vase que possédaient mes amis – photo Enki

Les ingrédients ?

      Branches feuillues vert claires et odorantes de la variété « Sundance » du Choisya ternata (oranger du Mexique) — Les feuilles spectaculaires et les fleurs séchées rouge-brun de l’Hydrangea Quercifolia (hortensia à feuilles de chêne) — Pour étoffer le corps du bouquet répartir des tiges de bambous Phyllostachys auréosulcata (bambous panachés à feuilles jaunes striées de vert)  et Sasa tesselletabambous à longues et larges feuilles) — Ajouter quelques tiges fleuries séchées de sédum de couleur brune et de physalis vermillon (amour en cage) qui attireront irrésistiblement le regard — Enfin, pour terminer, faire jaillir du corps du bouquet de grandes tiges de bambous Phyllostachys auréosulcata et Sasa tesselleta entre lesquelles vous aurez inséré quelques tiges surmontées de plumeaux bruns de Miscanthis sinensis ‘Zebrinus‘, une graminées panachée.

     Prévoir 20 mn de cueillette, 10 mn de coupe et de mise en place et le tour est joué… Comme le bon vin, plus le bouquet vieilli, et plus il fait de l’effet…  À vos sécateurs ! Et si vous n’avez pas de jardin, n’allez pas tailler vos plantes dans les parcs publics, allez en forêt, vous trouverez des végétaux ressemblants à baies rouges qui conviendront tout aussi bien…

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       Voici un bouquet du même type que j’avais réalisé un mois auparavant, les grandes feuilles exotiques du haut sont celles de branches de magnolia tripetala (magnolia à feuilles de bananier) et celles du bas des feuilles de figuier.

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