Pauvre Rutebeuf

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Que sont mes amis devenus ?

Pauvre Rutebeuf interprété par Jacques Douai en 1957
L’une des versions que je préfère

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2015-04-23-17-52-33

      Rutebeuf (en vieux français Rustebeuf), né vers 1230 et mort vers 1285, est le poète français le plus illustre du XIIIe siècle. On sait peu de chose de sa vie sauf qu’il était probablement aussi jongleur et qu’il connaissait le latin. Il serait originaire de Champagne mais a vécu à Paris dans la pauvreté. Son œuvre est diversifiée et très personnelle car elle rompt avec la tradition de la poésie courtoise de son temps en parlant des misères et des difficultés de la vie et n’hésite pas à critiquer les puissants. Son œuvre la plus connue est le recueil de poèmes connu sous le nom des Poèmes de l’infortune d’où est tiré le poème chanté par la Complainte de Rutebeuf qui a été créée par Léo Ferré en 1956 dans son album Le Guinche.

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta 

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est advenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

L’espérance de lendemain
Ce sont mes fêtes

Poèmes de l’infortune

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Et la version inoubliable chantée par Joan Baez en 1965

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3 réflexions au sujet de « Pauvre Rutebeuf »

      • Je viens de me rendre compte que je la connais. Mais je ne l’ai plus entendue depuis si longtemps – depuis l’enfance – que je l’avais oubliée.
        Quelle émotion !
        Merci de m’avoir permis de vivre ça.

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