Home, sweet home : quel micmac !


Habiter en Nouvelle-France

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Un campement micmac photographié par Paul-Émile Miot en 1857  

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Un wigwam micmac traditionnel en 1873

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Ville Marie en 1642

Vérité d’un côté de l’Atlantique, erreur en deçà – Où l’on voit que les micmacs étaient en avance sur leur temps en promouvant la flexibilité…

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      Le Clercq Chrestien, le bien nommé, originaire de Bapaume dans le Pas-de-Calais, était un prêtre missionnaire chez les Micmacs de Gaspésie. Parti de La Rochelle en Juin 1675, il atteignit Québec deux mois plus tard puis le port de Percé en Gaspésie qui servait de refuge aux pêcheurs français après une violente tempête. Le Clercq apprit rapidement le dialecte gaspésien et enseigna la religion aux indigènes grâce à un ingénieux système de caractères figuratifs de son invention. Il rédigea également un dictionnaire français-gaspésien et est l’auteur de deux volumes sur la Nouvelle France :  La  Nouvelle Relation de la Gaspésie paru à Paris en 1691 qui est un ouvrage de témoignage consacrée aux Micmacs et un ouvrage historique, Premier établissement de la Foy dans la Nouvelle-France, paru également en 1691.

     Le texte qui suit est une réponse du chef des Gaspésiens au père Le Clercq, porte-parole de certains français imbus de leur supériorité, qui invitaient les Mimacs à se construire des maisons en dur et vivre « à la française » :

    « Je m’étonne fort que les Français aient si peu d’esprit qu’ils en font paraître dans ce que tu me viens de dire de leur part pour nous persuader de changer nos perches, nos écorces et nos cabanes en des maisons de pierre et de bois qui sont hautes et élevées, à ce qu’ils disent, comme ces arbres. Hé quoi donc ! Pour des hommes de cinq à six pieds de hauteur, faut-il des maisons qui en aient soixante ou quatre-vingts? Car enfin, tu le sais bien toi, Patriarche, ne trouvons-nous pas dans les nôtres toutes les commodités et les avantages que vous avez chez vous, comme de coucher, de boire, de dormir, de manger et de nous divertir avec nos amis, quand nous voulons ? »

Puis, s’adressant à l’un des Français présents :

      « Ce n’est pas tout. Mon frère, as-tu autant d’adresse et d’esprit que les sauvages, qui portent avec eux leurs maisons et leurs cabanes pour se loger partout où bon leur semble, indépendamment de quelque seigneur que ce soit ? Tu n’es pas aussi brave ni aussi vaillant que nous, puisque, quand tu voyages, tu ne peux porter sur tes épaules tes bâtiments ni tes édifices; ainsi, il faut que tu fasses autant de logis que tu changes de demeure, ou bien que tu loges dans une maison empruntée et qui ne t’appartient pas. Pour nous, nous nous trouvons à couvert de tous ces inconvénients et nous pouvons toujours dire plus véritablement que toi que nous sommes partout chez nous, parce que nous nous faisons facilement des cabanes partout où nous allons, sans demander permission à personne.

      Tu nous reproches assez mal à propos que notre pays est un petit enfer, par rapport à la France que tu compares au paradis terrestre, d’autant qu’elle te fournit, dis-tu, toutes sortes de provisions en abondance; tu nous dis encore que nous sommes les plus misérables et les plus malheureux de tous les hommes, vivant sans religion, sans civilité, sans honneur, sans société et, en un mot, sans aucune règle, comme des bêtes dans nos bois et dans nos forêts, privés du pain, du vin et de mille autres douceurs que tu possèdes avec excès en Europe.

    Hé bien! mon frère si tu ne sais pas encore les véritables sentiments que nos sauvages ont de ton pays et toute ta nation, il est juste que je te l’apprenne aujourd’hui. Je te prie donc de croire que, tout misérables que nous paraissions à tes yeux, nous nous estimons cependant beaucoup plus heureux que toi, en ce que nous sommes très contents du peu que nous avons; et crois encore une fois, de grâce, que tu te trompes fort si tu prétends nous persuader que ton pays (est) meilleur que le nôtre. Car si la France, comme tu dis, est un petit paradis terrestre, as-tu de l’esprit de la quitter ? Et pourquoi abandonner femme, enfants, parents et amis ? Pourquoi risquer ta vie et tes biens tous les ans et te hasarder témérairement en quelque saison que ce soit aux orages et aux tempêtes de la mer, pour venir dans un pays étranger et barbare que tu estimes le plus pauvre et le plus malheureux du monde ?

    Au reste, comme nous sommes entièrement convaincus du contraire, nous ne nous mettons guère en peine d’aller en France, parce que nous appréhendons avec justice d’y trouver bien peu de satisfaction, voyant par expérience que ceux qui en sont originaires en sortent tous les ans pour s’enrichir dans nos côtes. Nous croyons de plus que vous êtes incomparablement plus pauvres que nous et que vous n’êtes que de simples compagnons, des valets, des serviteurs et des esclaves, tout maîtres et tout grands capitaines que vous paraissiez, puisque vous faites trophée de nos vieilles guenilles et de nos méchants habits de castor qui ne nous peuvent plus servir, et que vous trouvez chez nous, par la pêche de morue que vous faites en ces quartiers, de quoi soulager votre misère et la pauvreté qui vous accable. Quant à nous, nous trouvons toutes nos richesses et toutes nos commodités chez nous-mêmes, sans peines, et sans exposer nos vies aux dangers où vous vous trouvez tous les jours par de longues navigations ; et nous admirons, en vous portant compassion dans la douceur de notre repos, les inquiétudes et les soins que vous vous donnez nuit et jour afin de charger votre navire ; nous voyons même que tous vos gens ne vivent ordinairement que de la morue : morue au matin, morue à midi, morue au soir, et toujours morue ; jusque là même que, si vous souhaitez quelque bon morceau, c’est à nos dépens, et vous êtes obligés d’avoir recours aux sauvages que vous méprisez tant pour les prier d’aller à la chasse, afin de vous régaler.

    Or, maintenant, dis-moi donc un peu, si tu as de l’esprit, lequel des deux est le plus sage et le plus heureux : ou celui qui travaille sans cesse et qui n’amasse qu’avec beaucoup de peines de quoi vivre, ou celui qui se repose agréablement et qui trouve ce qui lui est nécessaire dans le plaisir de la chasse et de la pêche ? Apprends donc, mon frère, une fois pour toutes, puisqu’il faut que je t’ouvre mon cœur, qu’il n’y a pas de sauvage qui ne s’estime infiniment plus heureux et plus puissant que les Français. »

Le Clercq, cité par Vachon, 1968

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Sainte-Marie des Hurons, construction commencée en 1639

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Maison de pierre de la Nouvelle-France


L’architecture des habitations de la Nouvelle-France

maison de bois de la Nouvelle-France et poste de traite en 1600

       Dans un premier temps les colons reproduisirent le style d’architecture de leur région d’origine en France de manière simplifiée. Ils construisirent de petites maisons d’une pièce de 13 pieds par 14 (environ 4 mètres par 4 mètres) avec cheminée. Les murs étaient faits de bois et le toit de bouleau et d’écorce, durant la première année. Dès la première récolte d’avoine, on le couvrait de paille. Dans un second temps on s’adapta aux conditions et aux matériaux locaux, on construisit des toits plus inclinés pour que la neige et la pluie s’écoulent plus facilement et des foyers de pierre fermés plus efficaces pour chauffer la maison. Le bois finit par remplacer la pierre comme principal matériau de construction. Après quelques années, les maisons de Nouvelle-France avaient un style spécifique, parfaitement bien adapté au climat et aux besoins des habitants.


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Les territoires de l’ancienne patrie des micmacs


Étymologie : ne pas confondre micmac et mic mac (crédit Wiktionnaire)

  • le micmac, langue du peuple des Micmacs, appartient à la famille algonquienne qui domine l’est du Canada, de la Nouvelle-Écosse aux rives de la baie d’Hudson et même au-delà jusque dans certaines communautés de Colombie-Britannique. comme le cri (du golfe du St-Laurent au montagnes Rocheuses), l’ojibwa (du nord de l’Ontario à la Colombie-Britannique), le naskapi et l’attikamek   (à l’est du Canada).
  • un micmac qui signifie intrigue, manigance ou confusion inextricable qui serait issu du néerlandais muyte maken, «faire une émeute»

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