Fabienne Verdier : « se perdre dans le labyrinthe »


« Mon époux Jan a achevé de me peindre en l’an 1439, le 17 juin,
   j’avais 33 ans »  
                                                       Margherita van Eyck

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    « J’ai passé  des mois en compagnie de Margherita ne sachant comment l’approcher, comment la percevoir et je dois dire que je reconnais un grand génie à Van Eyck pour avoir réussi dans ce tableau à y incarner un mystère immense. Chaque jour, chaque semaine, selon mon humeur, selon la saison à laquelle je la regardais, elle me disais des choses différentes. Van Eyck a essayé, me semble-il, de peindre l’énigme de la nature humaine au travers ce portrait et on a cette double sensation qu’elle est infiniment présente et en même temps infiniment lointaine, donc presque insaisissable… »        –       Fabienne Verdier

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      « Tout à coup je me suis rendu compte que dans  la coiffe de Margherita, il y avait une pensée labyrinthique absolument extraordinaire. Van Eyck pendant des semaines et des mois avec un petit pinceau s’est perdu dans la dentelle de cette coiffe et a peint une figure labyrinthique. On sait que la figure labyrinthique est un sujet qui intéresse l’histoire de l’art depuis la nuit des temps. (…) Je me suis dit que le sujet du labyrinthe était  une expérience fantastique pour remettre aussi en cause toute mes connaissances de la peinture, oublier tout ce que je crois savoir, oublier les automatismes, m’oublier moi-même et essayer d’aller vers cet inconnu et me perdre dans un labyrinthe, voir ce qui se passe et faire l’expérience du labyrinthe sur la toile avec mon corps et mon esprit; j’ai donc pris mon pinceau et j’ai tenté de me baigner, de me laisser pénétrer, de me transporter sans ses méandres »

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Fabienne Verdier – Margherita, le Méandre, hiver 2010

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Fabienne Verdier – La Coiffe de Margherita n°16, 2011

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Fabienne Verdier – La Pensée labyrinthique II, 2011


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     le Musée Groeninge de Bruges avait proposé à Fabienne Verdier de relever un défi redoutable. Il s’agissait pour elle de s’imprégner des œuvres des primitifs flamands qui, de Van Eyck à Memling, ont porté l’art flamand au plus haut et de réaliser des œuvres qui seraient exposées dans les salles mêmes du musée. Contre toute attente, Fabienne Verdier a trouvé au cours de sa prise de connaissance de ces tableaux anciens certaines correspondances entre la conception du monde des maîtres flamands de l’époque et celle qui lui avait été dispensée par les maîtres chinois auprès desquelles elle avait travaillé durant dix années  : « Au cours du lent travail de contemplation qui a précédé la réalisation des oeuvres, j’ai progressivement perçu comment les maîtres flamands avaient inventé cette relation nouvelle en Occident, à la fois physique et morale, entre l’homme et la nature et comment celle-ci était en miroir avec l’enseignement philosophique et esthétique que les lettrés chinois m’avaient transmis pendant près de dix ans en Chine ». Ainsi, en s’appuyant sur ces correspondances, elle s’est attachée à mettre en relation des œuvres que le temps, la culture et l’histoire séparaient.


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