Winter 1946 par Andrew Newell Wyeth.


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        C’est l’un des tableaux d’Andrew Wyeth que je préfère et qui m’a ému avant même que je connaisse son histoire. Cette colline arrondie à l’herbe rase qui semble mouvante sous les pas incertains du personnage happé par la pente, ce teint blême et ce regard dur qui se perd dans des pensées pesantes, ce bras et cette main raides en suspension dans l’air, cette ombre figée qui semble se refuser d’accompagner le personnage dans sa marche erratique, tout cela créait une atmosphère troublante qui me mettait mal à l’aise. La concision et la précision du titre : Winter 1946, renforçait encore le caractère mystérieux du tableau car il semblait faire référence à une situation ou à un événement particulier qui s’était produit cet hiver là. J’ai appris depuis que ce tableau reflétait l’état d’esprit du peintre durant cet hiver particulier où il s’était retrouvé seul avec lui-même après la mort de son père, le peintre Newell Convers Wyeth, mort accidentellement en octobre de l’année précédente avec son petit-fils (le fils de Nathaniel, l’un des frères d’Andrew), sa voiture ayant été heurtée par un train de marchandise au passage à niveau situé tout près de leur maison de Chadds FordNewell Convers Wyeth travaillait alors à l’exécution d’une fresque pour la Metropolitan Life Insurance Company et ce sera son fils Andrew avec l’aide du peintre John McCoy qui achèvera cette fresque. Andrew Wyeth a passé tout l’hiver 1946 à peindre cette toile. Il dira à son sujet : « C’était moi, en perdition — Cette main flottant dans l’air, c’était mon âme errante, tâtonnante ». L’endroit où son père et son neveu étaient morts se situe juste derrière la colline. Wyeth n’avait jamais peint le portrait de son père et disait le regretter. Pour lui « la colline était finalement devenue le portrait de son père ».

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2 réflexions au sujet de « Winter 1946 par Andrew Newell Wyeth. »

  1. A reblogué ceci sur Dire, c'est faireet a ajouté:
    Merci pour ces mots émouvants qui évoquent pour moi la relation au lieu, au temps, à l’image en ce que ces composantes de notre milieu ont de perdu, mais aussi de retrouvé… Cette histoire est universelle et parle, je crois, à chacun de nous.

  2. Merci pour ces mots émouvants qui évoquent pour moi la relation au lieu, au temps, à l’image en ce que ces composantes de notre milieu ont de perdu, mais aussi de retrouvé… Cette histoire est universelle et parle, je crois, à chacun de nous.

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