Bouée de sauvetage : « Till the End of the World » (I’ll Love You)


Nick Cave and the Bad Seeds
(I’ll Love You) Till the End of the World – un parfum de Leonard Cohen…
A song from the soundtrack to the film by Wim Wenders

Bouée de sauvetage

    Foutez le monde en l’air, détruisez la planète, noyez-la sous des millions de tonnes d’ordures, empoisonnez l’air, traquez le dernier requin, la dernière baleine, le dernier éléphant et le dernier rhinocéros, Menez la guerre chimique contre les papillons, les abeilles et les oiseaux, stérilisez la terre et la mer, détruisez l’humus et remplacez le plancton par du plastique, gavez vos gosses et vous avec, de nourriture Frankenstein, hypothéquez leur avenir par des injections massives de produits de synthèse, de nanoparticules, de particules radioactives, de métaux lourds, d’hormones variées et de perturbateurs endocriniens, détruisez-vous les uns les autres sous des tonnes de bombes, à la ceinture d’explosifs, au sabre, au canif, avalez la terre toute entière avec votre grande gueule et votre absence totale de goût, enivrez-vous, hantez les quartiers minables peuplés de cafards, les bas-fonds aux rues jonchées de tessons de bouteilles et de vomissures, gueulez après votre chien, votre femme ou vos gosses, cognez-les pour libérer votre frustration et votre colère et soudain vous voilà redevenu ridiculement un petit enfant qui prie, non pas un Dieu en lequel il ne croit plus, mais simplement pour pouvoir se blottir l’espace d’un instant contre le sein d’une madone charnelle aux yeux anthracite ou azurés comme le ciel, aux longs cheveux bouclés noirs comme le charbon ou immaculés comme la neige…

     Hypocrite et pathétique…

Enki sigle 

Notre Dame de Grasse - Musée des Augustins de Toulouse, vers 1460-1480

Till the End of the World (1991)

It was a miracle I even got out of Longwood alive,
this town full of men with big mouths and no guts;
I mean if you can just picture it,
the whole third floor of the hotel gutted by the blast
and the street below showered in shards of broken glass,

and all the drunks pouring out of the dance halls
staring up at the smoke and the flames ;
and the blind pencil seller waving his stick
shouting for his dog that lay dead on the side of the road ;
and me, if you can believe this,
at the wheel of the of the car
closing my eyes and actually praying ;
not to God above but to you, saying :

Help me, girl ; help me, girl
I’ll love you till the end of the world
With your eyes black as coal
and your long dark curls

Some things we plan,
we sit and we invent and we plot and cook up ;
others are works of inspiration, of poetry ;
and it was this genius hand that pushed me up the hotel stairs
to say my last goodbye
to a hair as white as snow and of pale blue eyes
[saying :]
I gotta go ; I gotta go,
the bomb in the bread basket are ready to blow

in this town of men with big mouths and no guts,
the pencil seller’s dog, spooked by the explosion,
leaping under my wheels as I careered out of Longwood
on my way to you waiting in your dress,
in your dress of blue

I said:
Thank you, girl; thank you, girl
I’ll love you till the end of the world
with your eyes black as coal
and your long, dark curls

and with the horses prancing through the fields,
with my knife in my jeans and the rain on the shield ;
I sang a song for the glory of the beauty of you
waiting for me
in your dress of blue

Thank you, girl. Thank you, girl
I’ll love you till the end of the world
with your eyes black as coal
and your long, dark curls
°°°


 

2 réflexions au sujet de « Bouée de sauvetage : « Till the End of the World » (I’ll Love You) »

  1. Mais à qui de nous, pauvres hommes, pauvres femmes, s’adresse cette noire germination dont nous contenons tous quelques grammes de la sombre fécondité ? Est-ce Enki, le naturel, qui nous dénonce ? C’est l’heure de la promenade avec l’amie chienne et des bouquets d’automne, façon Japon, d’une femme douce et avisée…. Amitiés M.C

    • J’adore Nick Cave mais à l’écoute de cette chanson qui traite du thème millénaire, récurrent et éculé de la femme éternelle « repos du guerrier » dans un monde de m… – Est-ce sous l’influence de l’actuel battage médiatique ? – Je me suis senti soudainement à la fois las et révolté. C’est trop facile ! Les hommes sont la plupart du temps responsables des malheurs du monde puisqu’ils ont détenu et détiennent encore l’essentiel des pouvoirs et, de temps à autre, pour oublier leur responsabilité, se purifier et être réconfortés, ils éprouvent le besoin de fuir le monde dément qu’ils ont créé et se réfugier un court moment dans les bras d’une femme qu’ils idéalisent et à qui ils promettent de l’aimer jusqu’à la fin du monde, ceci avant de bien vite ré-endosser leur cuirasse et achever le saccage commencé… Le problème est de savoir si les femmes, après avoir conquis leur égalité de droits et accaparé une part du pouvoir, se comporteront à leur tour de la même manière que les hommes… Le comportement de certaines « executive women » et de femmes politiques me rend pessimiste à ce sujet…

      Quant à vous, j’ai reçu de très nombreuses protestations de la part de la gent ailée qui n’a pas du tout appréciée la manière dont vous l’avez traité…
      Je me ferais prochainement son interprète..
      Amitiés, Enki

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