Ils ont dit…(10)


Paroles d’un visionnaire (1)

Lewis Mumford (1895-1990)Lewis Mumford (1895-1990)


La culture des villes, 1938

         « Aujourd’hui, la dégradation de la vie intérieure est symbolisée par le fait que le seul endroit sacré de l’interruption est la toilette privée. »

La culture des villes – chap. 1, sct 5, 1938


La conduite de la vie, 1951

    « Nous arrêtons notre créativité intérieure avec des compulsions externes et des angoisses non pertinentes, à la merci des interruptions constantes par le téléphone et la radio et de l’impression insistante, chronométrant nos vies au mouvement d’une ceinture de production que nous ne contrôlons pas. En même temps, nous donnons autorité à l’estomac, aux muscles, aux organes génitaux – aux réflexes animaux qui produisent des consommateurs obéissants, des man-dresseurs maniaques, des sujets politiques serviles, des automates à bouton-poussoir. »

DÉFI : Diagnostic de notre temps


      « Incapable de se créer une vie significative, la personnalité prend sa propre revanche: du fond profond vient une forme régressive de spontanéité: l’animalité brute fait contrepoids aux stimuli dénués de sens et à la vie vicaire à laquelle l’homme ordinaire est conditionné. Se nourrir spirituellement de ce chaos d’événements, de sensations et d’interprétations sournoises équivaut à essayer de trouver de la nourriture dans un tas d’ordures. »

Chap. 1


       « Nous avons créé un ordre industriel orienté vers l’automatisme, où la faiblesse d’esprit, native ou acquise, est nécessaire à la productivité docile de l’usine; et où une névrose omniprésente est le don final de la vie insignifiante qui émane de l’autre extrémité. »

« L’accomplissement de l’homme »


      « Peut-être jamais auparavant les peuples du monde n’ont été si près de perdre le noyau même de leur humanité ; à quoi servent les énergies cosmiques, si elles sont maniées par des hommes désorientés et démoralisés ? »

DÉFI au renouvellement : La promesse de notre époque.


    « Incapable de se créer une vie significative, la personnalité prend sa propre revanche: du fond profond vient une forme régressive de spontanéité: l’animalité brute fait contrepoids aux stimuli dénués de sens et à la vie vicaire à laquelle l’homme ordinaire est conditionné. Se nourrir spirituellement de ce chaos d’événements, de sensations et d’interprétations sournoises équivaut à essayer de trouver de la nourriture dans un tas d’ordures. »

Chap. 1


Un historien visionnaire

   Je connaissais Lewis Mumford depuis mes année d’études aux Beaux-arts pour avoir lu le pavé  monumental de presque 800 pages qu’il avait écrit sur la naissance et l’évolution du fait urbain, « La cité à travers l’histoire ». Je ne m’étais pas alors intéressé à ses travaux anthropologiques et historiques sur l’utilisation des outils et de la technique et l’apparition du langage et de la pensée symbolique. Je me rends compte aujourd’hui combien les analyses et critiques qu’il avait  énoncées depuis le début des années trente sur l’évolution de la civilisation technicienne et capitaliste étaient pertinentes. sa pensée a été influencée par l’économiste et sociologue américain d’origine norvégienne Thorstein Veblen, le biologiste et sociologue britannique Patrick Geddes et l’écrivain américain Herman Melville. Il a pour sa part fortement influencé l’historien et sociologue français Jacques Ellul, les écologistes américains Amory Bloch Lovins et Murray Bookchin, l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher, le philosophe marxiste Herbert Marcuse, Jaime Semprun et le théoricien de la communication canadien Marshall McLuhan, l’architecte américano-canadien Witold Rybczynski et le paysagiste John Nolen.


Publications traduites en français

  • Le Déclin des villes ou la Recherche d’un nouvel urbanisme (1956), traduit par Genièvre Hurel, Paris, Éditions France-Empire, 1970.
  • Le Mythe de la machine, 2 volumes, (1967-1970), Paris, Fayard, 1974.
  • Technique et Civilisation (en) (1934) ; Paris, Le Seuil, 1950 ; Marseille, Parenthèse, 2016
  • Le Piéton de New York, éd. du Linteau, 2001.
  • Herman Melville (1929, rééd. 1962), Arles, éd. Sulliover, 2006.
  • Les Transformations de l’homme (1956), traduit par Bernard Pecheur, Paris, éd. de l’Encyclopédie des Nuisances, 2008.
  • La Cité à travers l’Histoire (1961, rééd. 1989), Marseille, éd. Agone4, 2011.
  • Art et technique (1951), coédition La Lenteur / La Roue, 2015. Résumé (archive) Résumé [archive] par une des traductrices.
  • Les Brown Decades : Étude sur les arts aux États-Unis 1865-1995, traduit par A. Cruz-Pierre, postface de Thierry Paquot, Éditions Etérotopia, 2015 

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