Amour vache ?


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« Les bras du lierre soutiennent les arbres à mourir.
Beauté hypocrite du geste. »

Ephéméride (2009) de Chantal Dupuy-Dunier

photos Enki, janvier 2018

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Fake news

    Le lierre a mauvaise réputation, il parasiterait et étoufferait l’arbre qui lui sert de support. Rien de plus faux, l’alliance entre le lierre et son support est au contraire bénéfique. Le support permet à la liane qu’est le lierre d’atteindre la lumière et de poursuivre ainsi son développement et en échange le lierre le protège.


Mutualisme entre lierre et arbre support (crédit Wikipedia)

     Les véritables pelotes permanentes de lierre dans un arbre servent d’abri et de lieu d’hibernation à une faune nombreuse. Ainsi il permet d’accroître la quantité d’auxiliaires utiles (par exemple pour un verger) car il leur fournit un réservoir de proies supplémentaires. Il sert en particulier de lieu d’hibernation pour la forme adulte du papillon Citron (Gonepteryx rhamni).
      Si le lierre fleurissait en même temps que les arbres qu’il protège et sauve pour la quasi-totalité, alors à nombre de pollinisateurs égal, la concurrence pour la pollinisation des fleurs serait inévitable. Cependant, le lierre ne fleurit que de fin septembre à octobre, voire novembre, c’est-à-dire après que la plupart des autres plantes ont terminé leur floraison, et après la chute des feuilles, le pollen pouvant mieux se disperser ainsi – et les fleurs peut-être plus visibles. C’est ainsi une source critique de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où il y a peu de fleurs et où l’hiver arrive, et donc ensuite de fruits pour les oiseaux, en février, à une période où de même peu de fruits sont disponibles. Loin d’être un parasite, c’est à l’inverse un organisme mutualiste.
     Le lierre ne mérite donc pas son surnom de « bourreau des arbres ». On voit parfois des arbres morts recouverts de lierre mais cela ne signifie pas qu’il est responsable de la mort de l’arbre, qui ne lui sert que de support. Lors de promenades durant l’hiver, on pourrait croire que les arbres à feuilles caduques sont étouffés par le lierre, qui reste bien vert durant l’hiver, ce qui n’est qu’une fausse impression, donnée par la complémentarité des cycles de développement entre le lierre et son support. Le lierre est aussi un des principaux dépolluants de l’atmosphère (principalement les particules de poussières). De concert avec l’arbre, il participe à assainir l’air environnant, et par là même l’air que nous respirons.
     Très rarement, les tiges du lierre finissent par enserrer complètement le tronc de l’arbre qui le supporte, ce qui ne pose en réalité pas de problème. Même quand cela arrive, pour que l’arbre en soit gêné encore faudrait-il que le lierre se soit enroulé autour tel un chèvrefeuille, ce qui est encore une fois peu commun, le lierre poussant surtout verticalement et de façon rectiligne sur son support sans gêner les flux de sève – à la différence d’une glycine ou d’un vieux chèvrefeuille qui causent des déformations et retards de croissance à leur arbre-support.
     Les tiges rampant sur le sol émettent au niveau des nœuds des racines adventives qui permettent à la plante de se multiplier.
    Les tiges enserrant un arbre peuvent également le protéger d’un feu courant, de la fracture par le gel, des animaux pouvant endommager l’écorce.
    Le lierre absorbe l’excès d’humidité, et a une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s’attaquer à un arbre

 


 

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