ოროველა (Oroleva), un chant en suspens dans le temps et entre deux mondes…


Oroleva,  chant traditionnel géorgien interprété par le chanteur Hamlet Gonashvili
accompagné par le chœur Rusatvi (album Georgian Voices)

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    La musique traditionnelle géorgienne se situe entre deux mondes culturels, l’européen et l’asiatique. Elle est en outre très ancienne, ses racines remontent à l’ère pré-chrétienne. Malgré les invasions successives des Empires perse, ottoman et russe, puis la soviétisation, elle a su conserver ses caractéristiques propres. Le chant polyphonique géorgien a été déclaré chef d’œuvre du patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO. L’un de ses chants a été choisi pour accompagner la sonde Voyager en 1977. Le chant Orovela (en géorgien : ოროველა, chants de labour) interprété magnifiquement par Hamlet Gonashvili, l’un des chanteurs les plus célèbres de Géorgie est une chanson solo spécifique que l’on ne trouve que dans l’est du pays. Il semble qu’au départ, cette chanson (hymne) était dédiée au dieu païen de la Récolte Harale mais plus tard, elle deviendra la chanson des paysans qui travaillent la terre à l’aide de la charrue.


Capture d’écran 2018-10-30 à 19.03.29.pngHamlet Gonashvili

      « les bêtes de la montagne, les oiseaux décrivant leurs orbes dans les hauteurs azurées écoutaient le bruit de ses eaux ; des nuages dorés, venus de lointaines régions méridionales, accompagnaient sa course vers le nord et les masses rocheuses, plongées dans un mystérieux sommeil, inclinaient leurs têtes sur lui et couronnaient les nombreux méandres de ses ondes …»               Mikhaïl Lermontov, Le Démon

    Ce chant interprété si magnifiquement par Hamlet Gonashvili s’accorde merveilleusement avec les grandioses paysages montagneux de son pays. Face à la sublime beauté et la puissance sereine de ces imposantes masses rocheuses qui semblent « plongées dans un mystérieux sommeil » comme l’exprime si bien le poète russe Mikhaïl Lermontov, la voix de l’homme doit se faire humble pour pouvoir monter et se mouvoir avec légèreté dans les airs à la façon des la lignes épurées des vols d’oiseaux lorsqu’ils « décrivent leurs orbes dans les hauteurs azurées »…

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