l’eau noire


          Et quand vient la fin, quand les ténèbres sont au cœur et dans l’âme, quand les êtres aimés nous ont quittés et que tous les soleils de la joie ont déserté la terre, alors le fleuve d’ébène, gonflé d’ombres, lourd de regrets et de remords ténébreux, va commencer sa lente et sourde vie. Il est maintenant l’élément qui se souvient des morts.           

Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, 1979

La texture de la nuit

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Éclats et brisures

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La bête

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photos Enki, 14 novembre 2018, vers 17h 30


4 réflexions au sujet de « l’eau noire »

  1. La bête est dans l’eau plus bleue que noire, mais où est l’amie des longues
    promenades ? Il me semble l’avoir perdu de vue depuis un temps incertain…
    Quant à Gaston Bachelard, qui de nous n’aura aimé ses « rêveries » !
    Bien à vous. M.C

    • À la brune, à l’heure de l’entre chien et loup, ma chienne Gracie subit une métamorphose et se transforme en louve. De la même manière, sous l’effet d’un étrange mimétisme, je me transforme parfois moi-même en loup-garou et nous courons ensemble à perdre haleine par monts et par vaux en hurlant à la lune jusqu’à l’orée du jour…

      • L’image numéro 2 sur la texture de la nuit m’intrigue; je suis retournée voir
        « le banc de pierre du géant ». Ainsi apparaît au crépuscule le siège brisé en son centre d’où le « géant » pressenti devait contempler le lac, les pieds dans l’eau. Et, peut-être a-t-il vu errer entre deux brumes la louve et son compagnon l’oeil rivé au viseur ? Mais, s’agit-il du simple bornage en ciment d’un écoulement ?
        Ah, les métamorphoses de la nuit !
        M.C

      • Pourquoi vouloir discerner et ressentir la nuit des choses trop claires identiques à celles que l’on voit à la lumière aveuglante du jour ? la nuit offre la perspective exaltante de nous libérer des contraintes de ce que l’on appelle le réel qui n’est finalement qu’un état conventionnel historiquement déterminé dans le champ infini des possibles. Qu’est-ce que notre petit réel face à l’infinité du temps et de l’espace. Les blocs de pierre dans lesquels vous avez vu le siège d’un géant contemplatif, voire un bornage en ciment, n’existaient pas il y a quelques dizaines d’années, ont failli disparaître l’an dernier et ne seront un jour qu’un souvenir (à condition qu’il reste encore quelques humains sur cette terre pour s’en souvenir). Quand au géant qu’il aurait pu accueillir, ce serait plutôt une géante (https://enkidoublog.com/2012/10/08/vivre-au-pied-dune-geante/). Mais nous sommes toujours le géant (ou le nain…) de quelqu’un ou de quelque chose d’autre et moi-même lorsque je hante ce lieu à la brune je suis un géant pour les monstrueux cerbères carapaçonnés aux bras boursouflés munis de pinces tranchantes, les voraces Orconectes limosus, qui gardent, au pied de ces marches de pierres, l’accès à l’eau noire dans laquelle je vois une forme révélée du Styx. Et effectivement, à plusieurs reprises, j’ai cru distinguer dans la pénombre des lointains, glisser silencieusement sur l’onde, l’esquif du nautonier Charon, tout entier chargé d’âmes et à, mes pieds, j’ai entrevu dans les remous du ressac danser les chevelures des morts.
        Ne demandons pas plus à la nuit que sa capacité à nous révéler ce qui se cache au plus profond de nos âmes et du monde…
        Enki

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