la fabrique de la rareté


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       La collection Pluriel des éditions Fayard qui propose des ouvrages en format de poche vient d’expérimenter une nouveauté dans le domaine de l’édition qui mérite d’être saluée.      
     Ayant commandé le livre « Les origines de la culture » de René Girard chez mon libraire favori, j’ai eu la surprise de constater à la réception qu’il devait se lire à l’envers ! Ainsi, lorsque vous ouvrez le livre à la première page, vous tombez effectivement sur le titre du livre, mais écrit à l’envers.      

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    Vous me direz que c’est inutile de faire des histoires pour si peu et qu’il me suffit simplement de faire pivoter le livre d’un tour complet pour lire le texte à l’endroit. Et vous aurez entièrement raison ! j’ai donc mis le texte à l’endroit et tourné la page pour lire l’introduction. Le texte de la page suivante est effectivement apparu à l’endroit mais  un nouveau problème s’est présenté car les pages se lisent maintenant de droite à gauche ce qui, vous l’avouerez, est tout de même singulier… Quant à l’épaisseur du livre restant à lire, elle se trouve à gauche alors que dans le cas normal elle se situe à droite…
      Comme si René Girard n’était déjà pas si difficile à lire !

     Vous me direz alors que c’est une erreur de l’imprimerie et qu’il suffit de demander à l’éditeur de l’échanger contre un nouvel exemplaire pour que le problème soit résolu, mais alors là, désolé, vous n’aurez pas raison… Il est absolument hors de question que j’échange une chimère contre un livre désespérément normal. Si votre chienne mettait bas un chiot à 2 têtes avec une queue de dragon, l’échangeriez-vous contre un chiot ordinaire ?  Bien sûr que non ! Vous seriez fier de vous promener en ville en sa compagnie et d’attirer ainsi tous les regards. Je vais ranger immédiatement ce livre dans mon cabinet de curiosité où il côtoiera, dans un rassemblement à la Prévert, des cristaux de roches dénichés dans le massif du Mont-Blanc au-dessus du glacier d’Argentière, une sphère métallique censée être une météorite trouvée au pied des falaises battues par la mer en Normandie, une rose des sables du Sahara, l’attestation encadrée de mon certificat d’études, une plume sergent-major datant de ma première année d’école primaire encore toute tachée d’encre violette, un coquillage des mers du sud que j’avais dérobé pour écouter la mer quand j’avais 8 ans dans le placard des sciences naturelles de l’école Carnot d’Aspergopolis (j’en ai encore la honte), un galet noir ovoïde de forme parfaite ramassé sur la grande plage de la baie d’Audierne en Bretagne que j’ai toujours supposé être un œuf fossilisé de dinosaure, un morceau de pierre arraché à une colonne du théâtre antique de Taormina en Sicile par ma maman qui pensait ainsi me faire plaisir (imaginez le désastre si toutes les mamans du monde arrachaient un morceau de monument historique pour faire plaisir à leur fils…), un pavé ramassé rue de la Contrescarpe en mai 68 à Paris qui sent encore les lacrymos (les gilets jaunes peuvent aller se rhabiller…), plusieurs pin’s à la gloire de l’Union Soviétique ramené d’un voyage à Moscou, mon duvet imbibé de la sueur de 10 années de courses en montagne roulé en boule compacte que je n’ai jamais osé ouvrir depuis plusieurs décennies, le vieux piton qui avait cédé lors d’une ascension en montagne et m’avait entraîné dans sa chute, une patte de poulet devenue toute ratatinée avec laquelle j’avais joué enfant (en tirant le tendon les serres se rétractaient…), une vieille moulinette métallique à fixer sur le plateau d’une table identique à celle avec laquelle le réalisateur iconoclaste Jean-Christophe Averty moulinait des bébés à la télévision dans les années soixante, un exemplaire unique d’oiseau mécanique enfermé dans une cage qui tourne sur lui-même après qu’on ait remonté le mécanisme payé très cher mais qu’un ami brocanteur m’a dit ensuite être fabriqué en Chine pour 3 sous à des millions d’exemplaires,  un putti en plâtre au joli sourire mais sans ses 4 membres trouvé lors d’un relevé dans le grenier d’un presbytère, deux très beaux Alebrijes, ces sculptures en bois d’animaux fantastiques, ramené de Oaxaca au Mexique,  etc, etc…      

     De plus, imaginez que ce livre-chimère soit unique, il vaudrait une fortune ! Des collectionneurs sont prêts à dépenser des sommes folles dans l’acquisition de spécimens uniques résultant d’une erreur d’impression ou de composition. Avec ce livre, ma retraite sera peut-être assurée…

connaissez-vous-les-chats-chimere-ces-felins-a-double-face.jpgBah quoi ? qu’est-ce que j’ai ?


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