Ne pas oublier…


Leur histoire, notre histoire.

« Ceux qui oublient le passé se condamnent à le revivre. »

George Santayana, écrivain
et philosophe espagnol.

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Novembre 1973, révolte des étudiants de l’Université polytechnique d’Athènes

     Novembre 1973, voilà six années que la Grèce vit sous le joug de la dictature d’une brochette de colonels d’extrême droite soutenue activement par les États-Unis, obnubilés par la « menace communiste ». Des milliers d’opposants de gauche, mais aussi des libéraux et des défenseurs des droits de l’homme sont persécutés, placés en résidences surveillées ou déportés dans sur des îles désertes de la mer Égée où beaucoup seront torturés. Le 14 novembre les étudiants de l’Université polytechnique d’Athènes décident d’occuper leur université et improvisent une radio libre qui lancent des appels à la résistance à la population. Le 16 novembre, 150.000 personnes défilent contre la dictature. Le lendemain, l’armée prend l’université d’assaut : un char en force l’entrée écrasant au passage plusieurs étudiants. Postés à l’extérieur des snippers visent les occupants. On ne connaîtra jamais le nombre des victimes : on estime le nombre des morts de 39 à plus de 80 et les blessés par milliers.
        Ces événements enclencheront le processus de résistance qui aboutira à la chute de la dictature et l’avènement de la démocratie moins d’une année plus tard, le 23 juillet 1974.


« O Antonis »

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« O Antonis », Musique de Mikis Theodorakis du film  » Z  » (réalisateur Costa-Gravas)

        Quatre années plus tôt, en 1969,  le cinéaste franco-grec Costa-Gavras avait réalisé le film « Z », inspiré du roman de l’écrivain Vassilis Vassilikos qui faisait référence à l’assassinat de Grigóris Lambrákis, député grec charismatique de la Gauche démocratique unie (EDA),  un parti d’opposition initié par le parti communiste alors interdit. Présenté dans un premier temps comme les conséquences d’un « accident de la circulation », l’enquête menée par un juge impartial fait apparaître bientôt que le député a été volontairement agressé par deux motocyclistes appartenant à l’extrême droite ayant des liens avec certains milieux de la gendarmerie et de la police. L’indignation est alors forte en Grèce et lors des élections de février 1964, l’opposition l’emporte avec 50 % des voix pour le parti du centre et 11 % pour l’E.D.A. C’est le développement de ce processus démocratique qui sera interrompu par le coup d’État des colonels du 21 avril 1967.

« O Antonis » interprétée par Maria Farantouri
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Mikis Theodorákis et les Jeunesses Lambrakis

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      Peu après la mort de Lambrákis, le musicien militant  d’extrême gauche et ancien résistant Mikis Theodorákis fonde un mouvement de jeunes, la Jeunesse Démocratique Lambrakis qui regroupera bientôt plus de 50.000 adhérents et mènera de manière conjointe lutte politique et action culturelle avec la création de 200 centres culturels dans le pays. Mikis Theodorákis sera élu député tout en poursuivant son métier de musicien composant de multiples chef-d’œuvres à partir d’œuvres littéraires grecques. Après le coup d’état du 21 avril 1967 qui interdit sa musique, il entre dans la clandestinité pour poursuivre l’action politique mais est arrêté et emprisonné quelques mois plus tard. Affaibli et malade des séquelles de ses emprisonnements précédents, Il sera finalement libéré à la suite d’une campagne internationale et se réfugiera en France


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