Fernando Pessoa : l’arbitraire du langage


260px-216_2310-Fernando-Pessoa.jpgFernando Pessoa (1888-1935)

L’arbitraire du langage

Poème XXVI

Parfois, en certains jours de lumière parfaite et exacte,
où les choses ont toute la réalité dont elles portent le
        pouvoir,
Je me demande à moi-même tout doucement
pourquoi j’ai moi aussi la faiblesse d’attribuer
aux choses de la beauté.

De la beauté, une fleur par hasard en aurait-elle ?
Un fruit, aurait-il par hasard de la beauté ?
Non : ils sont couleur et forme
et existence tout simplement.
La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas
et que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles
         me donnent.
Cela ne signifie rien.
Pourquoi dis-je donc des choses : elles sont belles ?

Oui, même moi, qui ne vis que de vivre,
invisibles, viennent me rejoindre les mensonges des
       hommes
devant les choses,
devant les choses qui se contentent d’exister.

Qu’il est difficile d’être soi et de ne voir que le visible !

***


Poème XXVII

Seule la nature est divine, et elle n’est pas divine…

Si je parle d’elle comme d’un être,
c’est que pour parler d’elle j’ai besoin de recourir au
           langage des hommes
qui donne aux choses la personnalité
et au choses impose un nom.

Mais les choses sont privées de nom et de personnalité :
elles existent, et le  ciel est grand et la terre vaste,
et notre cœur de la dimension d’un poing fermé…

Béni sois-je pour tout ce que je sais.
Je me réjouis de tout cela en homme qui sait que le soleil existe

***

Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux


Comment apprivoiser le hamster qui est en nous…


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« Il s’appelle Pensouillard. C’est un tout petit hamster. Il court dans une roulette à l’intérieur de notre tête… Certains jours il court plus vite que d’autres… »

     1 heure 19 minutes 24 secondes... C’est la durée de cette conférence. Qui, aujourd’hui va vouloir consacrer autant de temps à écouter un conférencier… Habitués que nous sommes aux « flashs », aux courtes formules percutantes, aux raccourcis soi-disant synthétiques, on ne peut plus envisager de s’arrêter un moment au bord du chemin et de « prendre son temps » pour écouter et réfléchir. C’est dommage car le médecin québécois Serge Marquis a beaucoup à nous apprendre sur les moyens de résister au stress et améliorer notre qualité de vie. Il le fait avec talent et en plus, de manière truculente avec son délicieux accent québécois. Alors, arrêtez un moment vos activités, installez-vous dans un fauteuil confortable et écoutez… Vous ne serez pas déçus ! Près de 500.000 personnes l’ont déjà vu.

Quelques phrases tirées de la conférence :

  • Au début des années quatre-vingt, moins de 2% des prestations d’invalidité de longue durée dans les milieux de travail était associé à des troubles psychiques. En 1997, on approchait les 40 %. On est monté aujourd’hui à 70%. […] Ma petite nièce avait trois ans, en rentrant de la garderie m’a dit : « J’ai vraiment eu une grande journée aujourd’hui !».
  • L’aumônier lui avait dit : « Tu sais, si Jésus Christ revenait aujourd’hui, ce n’est pas les paralytiques qu’il ferait marcher, ce serait ceux qui courent…»
  • Mes parents croyaient très fortement que le Paradis c’était à la fin de leurs jours et ils croyaient aussi que le  plus ils enduraient avant, le plus ils auraient de chance d’y aller après. Il fallait « gagner son ciel.»
  • Au sujet d’Internet : Nous sommes piégés par notre génie ! Nous voulons tout faire, tout voir, tout savoir, tout avoir, tout être, tout de suite, tout le temps, tout en même temps. Il y a un pays qui s’appelle la Malaisie on s’y nourrissait autrefois de viande de singe. On avait trouvé un moyen extraordinaire pour les capturer, on prenait une noix de coco dont on pratiquait une ouverture dans la partie supérieure, on y plaçait une poignée de riz et on fixait la noix de coco à une branche d’arbre. Les singes accouraient et voulaient avoir le riz, mettaient la main dans la noix de coco pour saisir le riz mais pour cela, ils serraient la main qu’ils ne pouvaient plus ressortir de la noix de coco. C’est une phrase que je prononce plusieurs fois par jour ; « Serge, Lâche le riz ! »

Capture d’écran 2019-12-04 à 06.58.59.png Serge Marquis, médecin québécois, spécialiste en santé communautaire, auteur, conférencier est titulaire d’une maîtrise en médecine du travail au London School of Hygiene and Tropical Medicine de Londres. Il est l’un des meilleurs experts mondiaux de la gestion du stress et de la prévention des risques psycho-sociaux. Développement personnel, humanité, techniques de gestion du stress se marient avec du bon sens autour de l’urgence de ralentir et d’évacuer les pensées négatives qui nous empêchent de profiter de la vie. Il a étudié la perte de sens, la soif de reconnaissance et le rapport complètement névrosé qu’a l’homme moderne avec le temps. Il a également soigné un grand nombre de personnes devenues dysfonctionnelles au travail. Son approche drôle et humaniste vise à remettre du plaisir et du bon sens dans la vie de tous les jours.

     Il est l’auteur avec Eugène Houde d’un livre intitulé : « Bienvenue parmi les humains », et d’un autre livre intitulé : « Pensouillard le Hamster; Petit Traité de Décroissance Personnelle » paru aux Éditions Transcontinental. Ce livre a reçu le « Coup de Coeur de Renaud-Bray » et a été mis en nomination pour le prix du « Grand Public de la Presse ». Best-seller au Québec, le livre l’est également en Europe sous le titre « On est foutu, on pense trop ! », publié aux Éditions de La Martinière. L’an dernier, il a été traduit en italien, en allemand et en coréen. Puis, il est sorti en livre de poche aux éditions Points. En 2016 également, est paru chez Guy Saint-Jean Éditeur « Egoman », son premier roman, dans lequel il poursuit sa réflexion sur l’ego.

***


 

Torino : la maison des surprises


Vu ces derniers jours dans une maison de Turin…

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Les portraits

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les Puttis

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Le mobilier

Parmi les documents affichés sur les murs

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Turin sous l’occupation des armées de la Révolution française

Le JOURNAL DE TURIN du Jeudi 28 Prairial de l’an X
(28 septembre 1802)

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EMPIRE FRANÇAIS
Département du Pô
Certificat de mariage de 1809 établi selon le code Napoléon

Capture d’écran 2019-12-02 à 21.04.50.png

                       Royal
THÉATRE  IMPERIAL

Madame la Comtesse …. (illisible)
a payé …. (illisible)
pour la Loge n° 14
Carnaval du 18/4 à 18/5
Turin le …. 1814


Et pour terminer, « Ciao Torino », une chanson de Turin de 1949 (auteurs Lampo & CA Prato) avec quelques vues anciennes de la ville. La chanson est interprétée par un enfant de Turin, Giuseppe Farassino dit « Gipo » (1934-2013), chanteur, acteur et homme politique italien qui a fait, à l’instar de beaucoup d’italiens, le grand écart politique et idéologique en débutant sa carrière comme communiste et en la terminant comme ministre régional pour le Piémont du parti populiste, d’extrême droite, eurosceptique et xénophobe de la Ligue du Nord aujourd’hui dirigée par Matteo Salvini.

CIAO TORINO

Ciao Torino, io vado via,
vado lontano a lavorare.
Io non so che cosa sia,
sento il cuore tremolare.

Ciao Torino, mia bella terra,
che tristezza, che pensieri.
Non mi sembra neanche vero
di doverti abbandonare.

Non vedrò più la Mole,
né i tuoi giardini.
E non porterò più
le belle ragazze al Valentino.

Ciao Torino, io vado via,
vado lontano a lavorare,
ma darei la vita mia
per poter presto ritornare.

Stamattina sono arrivati dei documenti,
li ha portati ridendo il postino.
O mia bella città, devo partire
e lasciarti, mia bella Torino.

Non vedrò più la Mole,
né i tuoi giardini.
E non porterò più
le belle ragazze al Valentino.

Ciao Torino, io vado via,
vado lontano a lavorare,
ma darei la vita mia
per poter presto ritornare

***


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