Asia

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ASIA

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Kitsune, l’esprit Renard au Japon
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Hiroshige - « Renards de feu la nuit du Nouvel An sous l’arbre Enoki près d’Ōji » (détail)

 « Nous bûmes ensemble. Ce soir-là, le Fuji était magnifique. Vers dix heures, mes deux jeunes compagnons me laissèrent pour rentrer chez eux. Ne dormant pas, je sortis. J’avais gardé ma veste d’intérieur. La lune jetait un vif éclat sur le paysage nocturne. Merveilleux spectacle : sous les rayons de la lune, le Fuji, translucide, avec ses reflets bleutés. Etait-ce un renard qui m’avait ensorcelé ? La montagne, bleue comme l’eau ruisselante. Etat phosphorescent. Feux follets. Etincelles. Lucioles. Hautes herbes. Kuzu-no-Ha..

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Existe t’il différentes manières d’appréhender le monde ? le « Qi » chinois…
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Cascade, attribué à Wang Wei, Chishaku-in, Kyoto, VIIIe siècle

 Et si l’on pouvait appréhender le monde de manière totalement différente dans laquelle le monde formerait une totalité dont nous ferions partie où tous les objets, les entités qui le composent, rochers, montagnes, nuages, rivières, lacs et tous êtres vivants seraient liés entre eux et emportés par une force, un élan vital, un souffle qui les feraient évoluer, croître, dépérir, se transformer dans un cycle sans fin ? Nous ne distinguerions plus les choses qui nous entoure comme éternelles et figées mais en évolution permanente et nous ressentirions le monde comme un jeu de forces multiples et puissantes avec lesquelles nous devons composer plutôt que de nous y opposer à l’instar du navigateur, du nageur, du kayakiste ou du lutteur qui doivent composer avec la force des vents, des courants et de la gravité pour atteindre leur objectif. Nous ne nous attacherions alors plus du tout aux objets particuliers, nous nous en détacherions et notre pensée serait toute entière emportée par ce flux universel qui nous charrierait et nous relierait au monde.

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A propos du tableau « Face à la lune » du peintre chinois Ma Yuan (fin XIIe – début XIIIe siècle)
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Ma Yuan - Face à la lune : arbre (détail)

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Un pichet de vin au milieu des fleurs :         
Je suis seul à boire sans compagnon.              
Ma coupe levée, je convie la lune claire  :
Avec mon ombre, nous voilà trois !

La lune, hélas ! ne sait pas boire,
Et mon ombre me suit sans comprendre.
Amies d’un instant, lune et ombre,
Débordons de printemps !

La lune vacille à mon chant :
A ma danse, l’ombre s’ébat.
Dans la joie, nous veillons ensemble :
Ivres, chacun s’en retourne.

Amies inanimées de toujours
Au Fleuve des Nues, prenons rendez-vous !

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Le paysage vu de Chine (I). Extrait de « Cette étrange idée du beau » de François Jullien
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Ma Yuan - exemple d'expression du Vide

Un « paysage » : ses cimes et ses ravins, ses roches et ses forêts, ses brouillards montant des vallons et ses torrents; ou bien des bras d’eau immenses, quelques îlots qu’on entrevoit vaguement et des saules, sur la rive, laissant transparaître le passage du vent. Comment ces paysages, eux qu’a tant peint en Chine le pinceau des Lettrés, « porteraient »-ils en eux, (…), l’infini de l’esprit ? Car il y a bien cette physicalité massive, ces flancs larges d’assise, ces rochers pesants, ces troncs rugueux; mais ce sont là autant d’actualisation d’une énergie qui tantôt se densifie, se durcit, s’opacifie; et tantôt se dilue, se diffuse et devient expansive. Cette matérialité n’est pas inerte, mais elle laisse apparaître la poussée qui la fait advenir. Les moindres contrastes créent en eux de l’échange : ils tendent cette matérialité et la rendent active. Que signifierait donc l’ « esprit d’un paysage », dés lors qu’il ne s’agit plus seulement, par projection et métaphorisation faciles, comme on en a pris l’habitude en Europe, de transposer dans les choses, qui ne seraient que des « choses », l’état d’esprit d’un sujet  – lui seul leur « prêtant » la vie ?.

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le jardin zen du temple Ryôan-Ji de Kyoto : le regard vu par Italo Calvino dans son roman Palomar
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     L’enceinte rectangulaire de sable incolore est bordé sur trois côtés de murs surmontés de tuiles, au-delà desquels verdoient les arbres. Sur le quatrième côté, une estrade aux gradins de bois sur laquelle le public peut passer, s’arrêter et s’asseoir. « Si notre regard intérieur reste absorbé par la vue de ce jardin, explique en japonais et en anglais le prospectus, signé par l’abbé du temple, qui est offert aux visiteurs, nous nous sentirons dépouillés de la relativité de notre moi individuel, tandis que l’intuition du Moi absolu nous remplira d’un étonnement serein, en priaient nos esprits obscurcis. »

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Regards aveugles sur les jardins
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Stanford Campus Papouasie Nouvelle Guinée sculpture

     Ecole du regard (tiré de Jardins, réflexions, de Robert Pogue Harrison, 2007) : un jardin est un lieu où les apparences attirent l’attention sur elles; pour autant, mêmes radieuses, même spectaculaires, on ne les remarque pas nécessairement. Là où, toit en s’affirmant dans le monde phénoménal, elles reculent dans le profondeurs de l’espace et du temps, les apparences sollicitent à leurs manière très particulière nos capacités d’observation. Mauvaise nouvelle pour les jardins, car rien n’est moins cultivé aujourd’hui dans les sociétés occidentales que l’art du regard. On peut bien le dire, il existe aujourd’hui un gouffre entre la vertigineuse richesse du monde visible et l’extrême pauvreté de la perception que nous en avons. Aussi, le monde a beau en regorger, nous vivons une époque largement dépourvue de jardins..

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Japon, vivre à l’abri d’une cascade – architecte Hiroshi Nakamura
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Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. La masse de cette paroi de verre permet de lutter efficacement contre les nuisances sonores en provenance de la rue et sa transparence permet à la lumière naturelle en provenance de l’Est d’inonder le patio et les pièces de la maison ouvertes sur celui-ci. De même la vue sur la rue est maintenue. Cette paroi composite agit comme un filtre diffractant la lumière et créant sur les parois du patio et de la maison des miroitements, des reflets et des effets de lumière variés, se modifiant en permanence. L’effet produit est celui que créerait un mur d’eau ou une cascade qui diffracterait la lumière sur les parois environnantes et déformerait les vues. C’est cette paroi que l’architecte qualifie de optical glass façade De là nait un spectacle permanent empreint de poésie qui varie selon la position du soleil, la mise en route de l’éclairage urbain et les allées et venues des véhicules qui empruntent la chaussée.

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A propos des premières représentations picturales de deux montagnes prestigieuses : le mont Fuji et le Mont Blanc
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Konrad-Witz-Miraculous-Catch-Of-Fish

Dans l’Appel de saint Pierre apparaît la première représentation topographiquement correcte d’un paysage réel de la peinture occidentale, celui de la rade de Genève avec en arrière plan le Mont Blanc. En s’approchant du tableau, le spectateur peut découvrir le lac Léman peint depuis Genève, la colline des Voirons sur la gauche, le Môle au centre devant les neiges du Mont-Blanc et le petit Salève sur la droite. La singularité de La pêche miraculeuse réside dans son réalisme. «Les bons Genevois ont dû être frappés lorsqu’ils virent pour la première fois ces hommes simples pêcher dans leur lac et le Christ marcher sur ces eaux familières pour les aider et les réconforter.» (Ernst Gombrich).

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Topos du Fuji et pathos nippon (I) : 4 vues du mont Fuji de Dazai Osamu (1938)
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le mont Fuji vue de Tokyo

     Le titre de ce recueil « Cent vues du mont Fuji » est évidemment un clin d’œil de l’auteur au célèbre peintre Hokusai qui avait peint une série d’estampes de la montagne sacrée des japonais durant la période 1834-1840. A la mi-septembre 1938, sur les conseil du romancier Ibuse Masuji, Dazai Osamu fait une retraite qui allait durer soixante jours dans les montagnes de Misaka, dans la province de Kôshû (préfecture de Yamanashi), un endroit retiré du monde avec une vue extraordinaire sur le mont Fuji. Voici comment il présente dans son récit les circonstances qui l’avait conduit à effectuer ce séjour.

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Imaginaire de la montagne au Japon : le blog « One Hundred Mountains »
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    Ce titre reprend celui d’un célèbre ouvrage écrit en 1964 par l’écrivain et montagnard japonais Kyūya Fukada : « Les 100 montagnes célèbres du Japon » (日本百名山, Nihon Hyaku-meizan) . qui dressait la liste des montagnes remarquables de son pays en se basant sur des critères de beauté de la montagne et des paysages mais également de l’altitude. Au Japon, la création de listes de montagnes remarquables n’était pas nouvelle, elle remonte à l’époque d’Edo entre les XVIIe et XIXe siècles et déjà le peintre et poète Tani Bunchō (1763-1840) avait établi une liste de 90 montagnes remarquables.

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Japon : Wabi-Sabi ou l’esthétisme par la spiritualité
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   « Je cite André Leroi-Gourhan, ethnologue de renom qui a longtemps étudié la culture et la société japonaises écrivait à ce propos : « Je parle souvent de cette ligne unique propre au Japon, ni droite ni courbe à force de vouloir être à la fois courbe et droite : le flanc du Fuji, la ligne du sabre, le rempart d’un château, la branche du pin, les îles dans la Mer intérieure, le flanc du toit, le bord d’un seau, le bol à thé, la coupe d’un vêtement, le geste d’un danseur, un trait de calligraphie ». et encore : « Si le bûcheron chinois est chinois ce n’est pas parce qu’il est bûcheron mais parce que son comportement est orienté par une perception des formes et des mouvements qui sont propres à la culture chinoise. Cette perception ne se limite pas à l’art, elle englobe tout l’ensemble du vécu à travers les formes et les rythmes ».

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le pin de montagne au Japon vu par Paul Claudel et d’illustres illustrateurs japonais
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    L’arbre seul, dans la nature, pour une raison typifique, est vertical, avec l’homme.
Mais un homme se tient debout dans son propre équilibre, et les deux bras qui pendent, dociles, au long de son corps, sont extérieurs à son unité. L’arbre s’exhausse par un effort, et cependant qu’il s’attache à la terre par la prise collective de ses racines, les membres multiples et divergents, atténués jusqu’au tissu fragile et sensible des feuilles, par où il va chercher dans l’air même et la lumière son point d’appui, constituent non seulement son geste, mais son acte essentiel et la condition de sa stature.
La famille des conifères accuse un caractère propre. J’y aperçois non pas une ramification du tronc dans ses branches, mais leur articulation sur une tige qui demeure unique et distincte, et s’exténue en s’effilant. De quoi le sapin s’offre pour un type avec l’intersection symétrique de ses bois, et dont le schéma essentiel serait une droite coupée de perpendiculaires échelonnées.   suite….

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Regards croisés : l’alpiniste et le pin au sommet de la montagne
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Gaston Rébuffat à l'aiguille du Roc

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