Retour sur Notre-dame


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      Débat surréaliste sur LCI hier soir autour de David Pujadas sur le thème «Du bien pour un mal». Finalement la destruction de Notre-Dame aurait ceci de bénéfique qu’elle aurait servi de révélateur à des vérités jusque là cachées qui font beaucoup de bien à entendre… Il est bien connu en psychologie que le déni est l’un des moyens choisi de manière inconsciente par les personnes victimes d’un traumatisme pour échapper à la dureté de leur situation. Parmi ces « divines surprises » révélées par ce drame figurent en premier lieu les sentiments d’affliction et la solidarité affichée par la communauté internationale, interprétées par Pujadas et certains de ses invités comme la reconnaissance de l’universalité de la France et le signe que nous sommes finalement toujours un grand pays capable de faire vibrer le cœur de la Planète et ces messieurs de se réjouir avec fierté des déclarations de Trump déclarant que Notre-Dame était « l’un des grands trésors du monde » oubliant que la veille il donnait des conseils à ces stupides français qui n’avaient même pas pensé à utiliser des Canadairs… D’autres invités voyaient dans la douleur et le recueillement silencieux des foules massées devant le monument le signe que la France était toujours un pays profondément attaché au christianisme alors même que les deux tiers des français ne s’identifient à aucune religion et que 40 % d’entre eux se considèrent comme athées. On se console comme on peut…

 Rédemption

        La compassion aujourd’hui manifestée par le monde n’a rien à voir avec la grandeur de la France. Les gens se sentent touchés, voilà tout, comme ils ont été touchés par la chute des Tours du World Trade Center même s’ils n’étaient pas d’accord avec la politique américaine, par la destruction de Palmyre ou des Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan. Ils se mettent à notre place, imaginant ce qu’ils ressentiraient si un lieu ou un monument de leur ville ou de leur pays qu’ils chérissaient connaîssait un sort analogue. En ce qui concerne Notre-Dame, l’émotion a été décuplée par le fait qu’elle était un monument emblématique de l’Occident dont l’image a été reproduite dans le monde entier à des milliards d’exemplaires que ce soit en peinture, en photographies dans les magazines ou au cinéma et à la télévision et qu’elle recevait 14 millions de visiteurs chaque année. Alors, soyons humbles et n’essayons pas d’échapper à notre responsabilité en nous gargarisant de je ne sais quel amour ou admiration que manifesterait le monde à notre égard. Nous avons failli de manière inexcusable (voir notre article précédent) et ne cherchons pas à échapper à nos responsabilités. Il faudra pour cela que l’on boive la coupe jusqu’à la lie. La seule manière de sortir de cette situation est de retrousser nos manches et d’engager toutes nos forces et notre intelligence pour reconstruire le plus vite possible ce joyau en ajoutant à ce qui nous avait été légué les siècles passés quelque chose de plus qui serait le génie de notre modernité. C’est par de tels actes que nous réparerons nos erreurs et pourrons mériter vraiment la considération du monde et peut-être même son admiration.

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La Forêt

De l’audace et encore de l’audace…

  À ce propos, le débat en cours sur la nature de la reconstruction, entre une reconstruction « à l’identique » et une reconstruction « évolutive » qui ferait appel à des techniques contemporaines me semble être un faux débat. Il convient simplement d’appliquer à la reconstruction de Notre-Dame le même esprit synthétique qui avait prévalu lors de son élaboration qui s’était déroulé sur plusieurs siècles, celui du pragmatisme et de l’imagination dans le choix des techniques de constructions, de la recherche de l’élévation, de la légèreté et de la transparence obtenue par l’économie de la matière et enfin de la recherche de l’unité et de l’harmonie dans le rapport qui existe entre le détail et le tout. C’est l’application de ces principes qui avait fait que Notre-Dame était un chef-d’œuvre de perfection et ce sont ces principes qu’il faut continuer à mettre en application pour la reconstitution de la toiture, de la flèche et de la voûte. Une cathédrale gothique comporte un espace caché situé entre la voûte de pierre et la toiture proprement dite à forte pente. Cet espace est occupé par la charpente qui, compte tenu de la dimension des bâtiments et des efforts gigantesques à soutenir, se devait d’être massive et sophistiquée. De là l’impressionnante et magnifique charpente de Notre-dame à laquelle on avait donné le nom de « Forêt ». On aurait pu ajouter  à ce nom l’adjectif de « sacré » car les nombreux chênes que l’on avait abattus pour pouvoir réaliser cette charpente étaient pour la plupart des arbres centenaires qui s’étaient nourris de la terre de l’île de France et avaient été témoins de plusieurs siècles de son histoire. La « Forêt » des combles de Notre-Dame se rattachait ainsi aux « Nemeton » gaulois, ces bois sacrés des ancêtres païens de ses bâtisseurs. N’en déplaise aux forestiers français qui ont proposé de fournir les chênes qui seraient nécessaires à la reconstruction à l’identique de la charpente de Notre-dame, une telle reconstitution serait absurde. De la même manière que les bâtisseurs du XIIe et du XIIIe siècles avaient utilisés avec intelligence et imagination les matériaux et les techniques que leur offrait leur époque, il faut que la reconstruction de la toiture de Notre-Dame fasse appel aux techniques les plus avancées qu’offre la nôtre. C’est à bon escient que j’ai employé le mot toiture et non pas charpente, car si les techniques anciennes imposaient de dissocier la couverture de son support constitué par la charpente, les techniques modernes permettent de synthétiser les deux fonctions. Le choix d’une telle structure qui pourrait être du type nervuré ou arborescent à inventer ferait l’objet d’une recherche approfondie qui devrait être menée, sinon avec la même foi religieuse, mais tout au moins avec le même enthousiasme que celui qui habitait les bâtisseurs de cathédrales et les faisait se dépasser.

Le défi à relever

     Le monde entier a été ému par la destruction de Notre-Dame et est prêt à apporter son aide, pourquoi ne pas le mettre alors à contribution en organisant un vaste concours d’idées auprès des ingénieurs, des architectes et des artistes du monde entier pour définir l’œuvre d’art ultime emblématique de notre époque qui viendrait s’inscrire dans la cathédrale tel un joyau dans son écrin. La reconstruction de la cathédrale deviendrait alors une affaire mondiale qui mobiliserait des centaines d’équipes et nul doute que cette consultation rencontrerait tant au niveau de la participation que des appels de fonds, un immense succès. Cette structure extraordinaire à inventer resterait visible à travers les ouvertures de la voûte créées par l’incendie et qui seraient conservées. Elles porteraient ainsi témoignage de cet événement terrible et rappellerait à l’homme la fragilité de sa présence sur terre et de ses réalisations mais aussi la force de sa volonté et de sa capacité à se transcender et créer le beau et le sublime. On me critiquera sans doute de vouloir conserver les stigmates de ces blessures infligées à la cathédrale mais cet événement à bouleversé nos vies et sera, je l’espère, le déclencheur d’une prise de conscience ; dans ces conditions pourquoi faudrait-il le faire disparaître et jeter sur lui le voile de l’oubli ? La religion catholique elle-même n’a t’elle pas bâtie toute une exégèse sur les stigmates du Christ et ceux-ci ne sont-ils pas abondamment représentés dans toute l’iconographie religieuse ?

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Andrea Mantegna – Lamentation sur le Christ mort, 1480
Le peintre a représenté les plaies du Christ suite à la crucifixion

       Comme il a été cité plus haut, l’un des principes fondamentaux qui animaient l’esprit des bâtisseurs de cathédrales était la recherche absolue de l’élévation, celle de l’élévation vers le ciel qui était une élévation vers Dieu. C’est la raison pour laquelle la construction devait être la plus légère possible et que la matière devait être réduite au maximum jusqu’à se confondre avec les lignes de force de la structure qui prenaient alors la forme de nervures. La conservation et la mise en valeur des ouvertures de la voûte ajoutera au sentiment d’élévation que l’on ressentait lorsqu’on levait les yeux vers la nef par la vision supplémentaire d’une partie de l’espace des combles et de la structure nervurée de la nouvelle charpente. On retrouverait ainsi dans un but d’unité les principes fondamentaux qui avaient prévalus à la construction de la cathédrale. Le fait que les phases de réflexion et de réalisation seraient ouvertes à tous ceux qui dans le monde éprouvent un attachement à Notre-Dame et auraient fait leur le combat engagé pour sa renaissance ferait que le défi à relever ne serait plus alors spécifiquement français mais deviendrait mondial par l’appropriation par le monde entier de ce monument emblématique. Ce serait cela la véritable universalité que nous, Français, pourrions alors revendiquer et non pas une universalité chauvine et rétrécie, dépassée parce que vide de sens dans le monde d’aujourd’hui.

Enki sigle

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Quand l’Enfer se confond avec le ciel…


Relevé depuis sur les médias :

  •  17 avril : Le gouvernement va organiser un concours d’architecte pour la reconstruction de la flèche mais pourquoi limiter l’objet du concours à la flèche et ne pas y intégrer la charpente, la toiture et la voûte . D’autre part pourquoi ne pas dissocier la phase  » proposition d’idées » de la phase « conception-réalisation ». Dans un premier temps, le concours d’idée serait ouvert à l’ensemble du public et la phase conception-réalisation serait réservée aux hommes de l’art dans des équipes pluridisciplinaires étendues.
  • 18 avril : Des architectes de Dijon se sont posé le même problème que moi mais vont encore plus loin dans la transgression : organiser un concours international qui ne serait pas limité à la flèche et pour leur part proposent de réaliser une promenade panoramique sur la voûte qui permettrait aux visiteurs de contempler Paris à travers une toiture vitrée. Ce qui me gêne dans cette proposition ce n’est pas tant la « transgression architecturale » que le fait qu’à cette occasion on change totalement de paradigme sur le plan fonctionnel. La Cathédrale ne serait plus dans ce cas le lieu de recueillement et de contemplation intime qu’elle avait été jusque là mais, avec une part d’elle-même vouée à être un déambulatoire à touristes visible de l’extérieur, aurait son image totalement dénaturée. Ce genre de proposition qui privilégie le « Grand geste architectural » au détriment de la fonction réelle du bâtiment est totalement contre-productif. Par son caractère excessif et profanateur vis-à-vis de la sacralité du lieu, il apporte de l’eau au moulin de ceux qui s’accrochent à une action purement reproductrice du bâtiment contre ceux qui proposent de s’ouvrir à une réflexion sur le plan technique en ne s’interdisant pas le choix de matériaux contemporains et de techniques modernes pour sa rénovation.

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Le projet des architectes de Dijon. Combien paraît pathétique la présence de la Croix sur le parcours à touristes…


C’était mieux avant… Photo-journalisme


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2 novembre 2016, Gogjali, Mossoul-Est. Alors que les soldats sécurisent les
ruelles du quartier, une petite fille sort de chez elle avec un drapeau blanc
© © Alvaro Canovas / Paris Match

Trouvé sur le site de 9 lives magazine

     Une interview de Jean-François Leroy, Directeur du festival Visa pour l’image à Perpignan par Ericka Weidmann. (Extraits)

« Il y a 25 ans, je recevais 1000 propositions de reportages par an, j’étais obligé d’en rejeter environ 850. Mais dans tous ceux là, il y en avait au moins 300 d’excellents. Aujourd’hui, j’en reçois plus de 4500 et je n’ai plus que 150 dossiers exceptionnels, et cela vient de plusieurs choses…

Tout d’abord, les photographes ne savent pas éditer, c’est à dire que quand ils font un travail, ils présentent 15 images, mais ils font l’erreur de présenter le même editing à différentes rédactions, alors que justement il faut ajuster son editing, il faut s’adapter au support auquel on s’adresse.

Ils manquent de rigueur dans la construction de leur sujet. Souvent on a quand même l’impression que le photographe qui a fait par exemple un sujet sur la chasse au Japon qui est pratiquée depuis le XV ème siècle, est passé dans un village pour faire 10 photos, et qu’il pense que le sujet est fait. Ce n’est pas ça de construire un sujet. Raconter une histoire c’est autre chose, alors il est vrai, que la technique a beaucoup évolué, ce qui fait qu’aujourd’hui, pour rater une photo faut vraiment être mauvais.
Techniquement la photo est devenue beaucoup plus accessible à tout le monde. Maintenant, est-ce que la construction d’une histoire est devenue accessible à tous, je ne le crois pas.   […]

Les gens ne savent plus vraiment raconter des histoires. […]

Tous ça précède d’un manque de culture photographique […], 
Je pense qu’il y a aussi un vrai manque de curiosité.
Mon conseil aux photographes serait donc de regarder autour de soi et de faire des recherches sur ce qui a déjà été fait avant de démarrer un sujet. »

Ericka Weidmann, interview publiée sur le site du magazine le 6 sept. 2018


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Jean-François Leroy est un journaliste passionné par la photographie qui a travaillé pour plusieurs magazines consacré à cet art et effectué plusieurs reportages pour l’agence Sipa Press. Il a également réalisé avec Yann Arthus-Bertrand le reportage « 3 jours en France » qui dressait le portrait de la France de 1989. Depuis 1989, il est maître d’œuvre du Festival International de Photojournalisme « Visa pour l’Image – Perpignan ». Il est également actif dans l’édition dans le cadre de la société Images-Evidence dont il est le président.


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Après des études d’Arts Appliqués et de photographie, Ericka Weidmann a rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique. En 2010, elle s’installe comme DA en indépendant et en parallèle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie. En septembre 2013 elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie dont elle est rédactrice en chef jusqu’en septembre 2016 avant de co-créer, Mowwgli, un pure player destiné à la photographie et à l’art puis. À l’automne 2018, elle fonde 9 Lives magazine, un media plus centré sur l’image et la photographie.


Ils ont dits…


Francisco Goya - Saturne dévorant son enfant

      « Nous ne sommes qu’une bande d’assassins […] Notre inconscient tue même pour des détails […] Nous supprimons journellement et à toute heure du jour tous ceux qui se trouvent sur notre chemin, qui nous ont offensés ou lésés […] La manière dont est formulée la prohibition Tu ne tueras point est de nature à nous donner la certitude que nous descendons d’une série infiniment longue de générations de meurtriers qui, comme nous-mêmes peut-être, avaient la passion du meurtre dans le sang. »

S. Freud, « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », in Essais de psychanalyse, Paris, Petite bibliothèque Payot, 1963 – cité par Marie-Claire Boons-Grafé dans Pulsions d’agression et faillites symboliques. *
Illustration : Saturne dévorant son enfant peint par Goya (1819-23) 


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Retour à l’envoyeur


Gymnastique neuronale

Mon premier est ma première
et ma seconde est aussi ma première
ma troisième est ma sixième
ma quatrième appartient à l’oiseau
ma cinquième, c’est elle
ma sixième est ma neuvième
ma septième est première dans l’Un
ma huitième est le commencement de l’erreur
ma neuvième est redondante dans Andromaque
ma dixième est égale à cinq
ma onzième se trouve à l’intérieur de l’œuf
ma douzième est égale à ma septième
ma treizième est égale à dix.

Mon Tout ? bah, c’est Tout ce que je vous souhaite…

Enki sigle


la fabrique de la rareté


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       La collection Pluriel des éditions Fayard qui propose des ouvrages en format de poche vient d’expérimenter une nouveauté dans le domaine de l’édition qui mérite d’être saluée.      
     Ayant commandé le livre « Les origines de la culture » de René Girard chez mon libraire favori, j’ai eu la surprise de constater à la réception qu’il devait se lire à l’envers ! Ainsi, lorsque vous ouvrez le livre à la première page, vous tombez effectivement sur le titre du livre, mais écrit à l’envers.      

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    Vous me direz que c’est inutile de faire des histoires pour si peu et qu’il me suffit simplement de faire pivoter le livre d’un tour complet pour lire le texte à l’endroit. Et vous aurez entièrement raison ! j’ai donc mis le texte à l’endroit et tourné la page pour lire l’introduction. Le texte de la page suivante est effectivement apparu à l’endroit mais  un nouveau problème s’est présenté car les pages se lisent maintenant de droite à gauche ce qui, vous l’avouerez, est tout de même singulier… Quant à l’épaisseur du livre restant à lire, elle se trouve à gauche alors que dans le cas normal elle se situe à droite…
      Comme si René Girard n’était déjà pas si difficile à lire !

     Vous me direz alors que c’est une erreur de l’imprimerie et qu’il suffit de demander à l’éditeur de l’échanger contre un nouvel exemplaire pour que le problème soit résolu, mais alors là, désolé, vous n’aurez pas raison… Il est absolument hors de question que j’échange une chimère contre un livre désespérément normal. Si votre chienne mettait bas un chiot à 2 têtes avec une queue de dragon, l’échangeriez-vous contre un chiot ordinaire ?  Bien sûr que non ! Vous seriez fier de vous promener en ville en sa compagnie et d’attirer ainsi tous les regards. Je vais ranger immédiatement ce livre dans mon cabinet de curiosité où il côtoiera, dans un rassemblement à la Prévert, des cristaux de roches dénichés dans le massif du Mont-Blanc au-dessus du glacier d’Argentière, une sphère métallique censée être une météorite trouvée au pied des falaises battues par la mer en Normandie, une rose des sables du Sahara, l’attestation encadrée de mon certificat d’études, une plume sergent-major datant de ma première année d’école primaire encore toute tachée d’encre violette, un coquillage des mers du sud que j’avais dérobé pour écouter la mer quand j’avais 8 ans dans le placard des sciences naturelles de l’école Carnot d’Aspergopolis (j’en ai encore la honte), un galet noir ovoïde de forme parfaite ramassé sur la grande plage de la baie d’Audierne en Bretagne que j’ai toujours supposé être un œuf fossilisé de dinosaure, un morceau de pierre arraché à une colonne du théâtre antique de Taormina en Sicile par ma maman qui pensait ainsi me faire plaisir (imaginez le désastre si toutes les mamans du monde arrachaient un morceau de monument historique pour faire plaisir à leur fils…), un pavé ramassé rue de la Contrescarpe en mai 68 à Paris qui sent encore les lacrymos (les gilets jaunes peuvent aller se rhabiller…), plusieurs pin’s à la gloire de l’Union Soviétique ramené d’un voyage à Moscou, mon duvet imbibé de la sueur de 10 années de courses en montagne roulé en boule compacte que je n’ai jamais osé ouvrir depuis plusieurs décennies, le vieux piton qui avait cédé lors d’une ascension en montagne et m’avait entraîné dans sa chute, une patte de poulet devenue toute ratatinée avec laquelle j’avais joué enfant (en tirant le tendon les serres se rétractaient…), une vieille moulinette métallique à fixer sur le plateau d’une table identique à celle avec laquelle le réalisateur iconoclaste Jean-Christophe Averty moulinait des bébés à la télévision dans les années soixante, un exemplaire unique d’oiseau mécanique enfermé dans une cage qui tourne sur lui-même après qu’on ait remonté le mécanisme payé très cher mais qu’un ami brocanteur m’a dit ensuite être fabriqué en Chine pour 3 sous à des millions d’exemplaires,  un putti en plâtre au joli sourire mais sans ses 4 membres trouvé lors d’un relevé dans le grenier d’un presbytère, deux très beaux Alebrijes, ces sculptures en bois d’animaux fantastiques, ramené de Oaxaca au Mexique,  etc, etc…      

     De plus, imaginez que ce livre-chimère soit unique, il vaudrait une fortune ! Des collectionneurs sont prêts à dépenser des sommes folles dans l’acquisition de spécimens uniques résultant d’une erreur d’impression ou de composition. Avec ce livre, ma retraite sera peut-être assurée…

connaissez-vous-les-chats-chimere-ces-felins-a-double-face.jpgBah quoi ? qu’est-ce que j’ai ?