Polyphonie du cosmos en genèse


 

Genèse

   J’ai rassemblé dans cet article un texte extraordinaire, celui du poète russe André Biély décrivant la Genèse, des images de montagne et un chant admirable, « la chanson de Solweig » du compositeur norvégien Edvard Grieg interprété par la chanteuse d’opéra russe Anna Netrebko sur un fond musical électro du groupe allemand Schiller. Voyons si la recette tiendra ses promesses…



    « Les pointes rocheuses menaçaient, surgissaient dans le ciel; s’interpellaient, composaient la grandiose polyphonie du cosmos en genèse; vertigineuses, verticales, d’énormes masses s’accumulaient les unes sur les autres, dans les abîmes escarpés s’échafaudaient les brumes; des nuages vacillaient et l’eau tombait à verse; les lignes des sommets couraient rapides dans les lointains; les doigts des pics s’allongeaient  et les amoncellements dentelés dans l’azur enfantaient de pâles glaciers, et les lignes de crêtes peignaient le ciel ; leur relief gesticulait et prenait des attitudes ; de ces immenses trônes des torrents se précipitaient en écume bouillante; une voie grondante m’accompagnait partout ; pendant des heures entières défilaient devant mes yeux des murs , des sapins, des torrents et des précipices , des galets, des cimetières, des hameaux, des ponts; la pourpre des bruyères ensanglantait les paysages, des flocons de vapeur s’enfonçaient impérieusement dans les failles et disparaissaient, les vapeurs dansaient entre soleil et eau, fouettant ma figure, et leur nuage s’écroulait à mes pieds; parmi les éboulements du torrent, les tumultes de l’écume allaient se dissimuler sous les laits de l’eau étale; mais par là-dessus tout frissonnait, pleurait, grondait, gémissait et, se faisant un chemin sous la couche laiteuse qui faiblissait, moussait comme fait l’eau.

     Me  voici dressé au milieu des montagnes… »

André Biely

Caspar Friedrich - Au-dessus de la Mer de Nuages, 1818


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crépuscule des dieux


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    Ce lundi soir, vers 19h 30 en promenant ma chienne Gracie sur les bords du lac d’Annecy.
    À contempler en écoutant le sublime et poignant «Ich bin der Welt abhanden gekommen»
    de Malher chanté par Fischer-Dieskau – C’est juste après :  7 minutes d’intense bonheur…

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le génie furtif de la nuit qui fuit l’arrivée du jour…


samedi 22 juillet, 6h 32 du matin : un personnage s’invite…

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     Ce matin, devant ma fenêtre, aux premières lueurs de l’aube, un personnage ordinairement banal qui n’attire jamais mon attention s’impose soudainement à moi dans le contraste violent du contre-jour en revêtant la forme d’une créature fantastique. C’est l’insignifiant petit bonhomme de bois articulé pour le dessin qui a décidé de devenir un monstrueux géant dominant le paysage : le génie furtif de la nuit qui fuit l’arrivée du jour…


Promenade matinale avec Gracie


Samedi 24 juin vers 7h du matin : petite promenade matinale pour Gracie avant la canicule – Temps gris et brumeux…

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Gracie prenant la pose près du tas de bois

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Dans le tronc d’un arbre mort, un pivert a exécuté un cône parfait

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Derrière sa vêture d’écorce, la peau nue toute ridée d’un vieil arbre

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le plan d’un labyrinthe ou un langage à déchiffrer ?

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Un petit air de Louisiane en Haute-Savoie

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Gracie incommodée par la chaleur : « vivement la neige ! »

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Effet de la canicule sur les marronniers

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Land Art (ci-git personne…)


la forêt du chaos


Dimanche 28 mai dans la forêt du Semnoz, milieu de l’après-midi – photos Enki

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      Cette partie de la forêt se situe sur un terrain plat et humide et la végétation composée majoritairement de résineux y est très dense. Les arbres, serrés les uns contre les autres, sont très nombreux et une véritable lutte pour atteindre la lumière du soleil s’engage. Il y aura quelques gagnants et de nombreux perdants. Les gagnants sont ceux qui ont réussi à atteindre la lumière les premiers. Ils vont devenir des géants et verront leur ramure s’étoffer en partie supérieure captant ainsi l’essentiel de la luminosité. Les autres, privés des bienfaits des rayons solaires vont s’étouffer et s’étioler peu à peu, finissant par mourir debout. Commence alors le processus d’un long pourrissement sur pied. Les troncs se fendent, l’écorce se dessèche et se détache par plaques telle une peau morte qui se desquame laissant apparaître les stigmates d’une chair dévorée par la vermine, ceci jusqu’au moment où, sous les coups de butoir d’une tempête, ils se brisent à leur base laissant pointer vers le ciel de sinistres moignons.

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