l’eau noire


          Et quand vient la fin, quand les ténèbres sont au cœur et dans l’âme, quand les êtres aimés nous ont quittés et que tous les soleils de la joie ont déserté la terre, alors le fleuve d’ébène, gonflé d’ombres, lourd de regrets et de remords ténébreux, va commencer sa lente et sourde vie. Il est maintenant l’élément qui se souvient des morts.           

Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, 1979

La texture de la nuit

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Éclats et brisures

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La bête

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photos Enki, 14 novembre 2018, vers 17h 30


communiquer avec les animaux : de l’Épopée de Gilgamesh aux communicateurs animaliers.


Bas-relief du palais  de Sargon II à Khorsabad (713-706 av. J.–C.)
Représentation de Gilgamesh ou de Enkidu portant un lion dans ses bras

    Dans l’Épopée de Gilgamesh, un ancien récit épique de l’ancienne Mésopotamie datant de la fin du IIIe millénaire avant notre ère et qui est l’une des œuvres les plus anciennes de l’humanité, il est question d’un personnage sauvage à la force prodigieuse du nom de Enkidu qui vit en dehors de l’humanité dans des espaces désertiques en parfaite harmonie avec les animaux dont il comprend le langage. 

(Et c’est là), dans la steppe,
(Qu’) elle* forma Enkidu-le-preux.      * la déesse Aruru
Mis au monde en la Solitude, 
Aussi compact que Ninurta.
Abondamment velu par tout le corps,
Il avait une chevelure de femme,
Aux boucles foisonnant comme un champ d’épis.
Ne connaissant ni concitoyens, ni pays,
Accoutré à la sauvage,
En compagnie des gazelles, il broutait ;
En compagnie de (sa) harde, il fréquentait l’aiguade ;
Il se régalait d’eau en compagnie des bêtes.

— Tablette I de la version standard, traduction de J. Bottéro.

      Gilgamesh, le roi despotique de la cité d’Uruk ayant entendu parler d’Enkidu et le considérant comme un rival sur le plan de la force physique souhaite le faire venir en sa cité pour se mesurer à lui. Il utilisera pour cela un stratagème, préférant lui envoyer à la place de ses hommes d’armes la belle courtisane Shamhat (La « joyeuse ») qui le « civilisera » en lui enseignant l’amour, les bonnes manières et le langage des hommes, mais cette conversion à la civilisation aura un prix : Enkidu sera définitivement privé de la faculté de communiquer avec les animaux.

Quand elle eut laissé choir son vêtement,
Il s’allongea sur elle,
Et elle lui fit, à (ce) sauvage,
Son affaire de femme,
Tandis que, de ses mamours, il la cageolait. 
Six jours et sept nuits, Enkidu, excité,
Fit l’amour à Lajoyeuse (Shamhat) !
Une fois soûlé du plaisir (qu’)elle (lui avait donné),
Il se disposa à rejoindre sa harde.
Mais, à la vue d’Enkidu,
Gazelles de s’enfuir,
Et les bêtes sauvages de s’écarter de lui.

— Tablette I de la version standard, traduction de J. Bottéro.

     Certains historiens ont vus dans cette épopée une métaphore du passage des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs dans lesquelles les hommes vivaient en petits groupes en symbiose complète avec la nature, ses plantes et ses animaux aux sociétés sédentaires d’agriculteurs et d’éleveurs de la révolution néolithique par lesquelles l’homme va « s’extraire » de la Nature et, en l’exploitant, peu à peu s’en éloigner.


     

Anna Breytenbach et Laila del Monte

    À l’instar des êtres humains, les animaux possèdent aussi un esprit, certes différent du nôtre, mais qui leur permet d’éprouver eux aussi des émotions, des pensées et des désirs et si leurs systèmes de communication sont très différents de notre langage verbal, il est reconnu qu’ils leur permettent d’échanger et de transmettre des informations entre membres d’une même espèce mais également avec les espèces différentes. Parmi ces systèmes de communication figurerait ce qu’on pourrait nommer un langage de type télépathique. Ce « langage » spécifique qui permettait aux hommes du paléolithique de communiquer avec les animaux et que certains indigènes des sociétés premières déclarent encore aujourd’hui posséder peut-il être réintégré par l’homme moderne ? le vidéo suivante que je vous recommande hautement de visualiser et qui présente le travail d’Anna Breytenbach, une jeune sud-africaine qui se présente comme « communicatrice animale » semble le confirmer. À voir aussi les travaux réalisés par l’une de ses collègue, Laila del Monte (visible sur YouTube). Les communicants animaux sont souvent des femmes. Faut-il considérer ce fait comme un hasard ?


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Extermination


« Homo demens » : la population d’animaux sauvages a chuté de 60 % depuis 1970_100803744_b15ff511-da68-4450-a12d-23e747b990a1.jpg

États-Unis : montagne de crânes de bisons, 1870


Deux chansons magnifiques de Tom Waits, chanteur alien…


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     « Bizarre », « cynique », « obscur »… Voilà comment a été qualifié le chanteur de blues américain Thomas Alan Waits dit Tom Waits. Quant à sa voix  elle a été jugée  « Rocailleuse » et « abrasive ». Il est vrai qu’elle possède un effet décapant. Il chante, souvent avec recul et une pointe d’humour, des thèmes mélancoliques et romantiques comme la solitude, le désespoir, la mort. Parmi les 18 albums qu’il a enregistré de 1973 à 2011, on citera Bad as Me (2011) dont le single éponyme a été décrit comme une chanson « brute et déroutante comme jamais avec ce titre cliquetant et déprimant » aux paroles « totalement absurdes  » relevant «  du génie pur », Mule Variations (1999), Bone Machine (1992) qui a obtenu le Grammy Awards du meilleur album de musique alternative de l’année, Rain Dogs (1985), Swordfishtrombones (1983) classé comme expérimental et abstrait, Heartattack and Vine (1980) dont la chanson éponyme a été qualifiée de «  grognée-hurlée », The Heart of Saturday Night (1974) dont La chanson éponyme est un hommage aux fans et à l’univers de l’écrivain Jack Kerouac.


Earth Died Screaming (album Bone Machine, 1992)

Rudy’s on the midway
And Jacob’s in the hole
The monkey’s on the ladder
The devil shovels coal
With crows as big as airplanes
The lion has three heads
And someone will eat the skin that he sheds
And the earth died screaming
The earth died screaming
While I lay dreaming of you
Well hell doesn’t want you
And heaven is full
Bring me some water
Put it in this skull
I walk between the raindrops
Wait in Bug House Square
And the army ants
They leave nothin’ but the bones
And the earth died screaming
While I lay dreaming of you

There was thunder
There was lightning
Then the stars went out
And the moon fell from the sky
It rained mackerel
It rained trout
And the great day of wrath has come
And here’s mud in your big red eye
The poker’s in the fire
And the locusts take the sky
And the earth died screaming
While I lay dreaming of you

°°°


     « Nous étions dans un bus allant à Los Angeles Et il faisait vraiment froid dehors. Il y avait cette personne transgenre, pour être politiquement correct, qui se tenait dans un coin, portant un petit haut court qui laissait voir son nombril, beaucoup de maquillage aux yeux et des cheveux décolorés et une mini jupe. Et ce gars ou fille, dansait tout seul. Et ma petite fille l’a vu et a dit « Ca doit être vraiment dur de danser comme ça quand tu as si froid et qu’il n’y a pas de musique » […] j’ai pensé que c’était une bonne chose à dire dans une chanson. Tenir le coup. Nous nous accrochons tous à quelque chose. Aucun de nous ne veut quitter le terrain. Les mauvaises herbes s’accrochent. Tout s’accroche. J’ai pensé que c’était un vrai point positif à dire. Ce fut une chanson optimiste. Prends ma main, reste là, tiens bon. Nous avons écrit ça ensemble, Kathleen et moi, et c’était bien. Deux personnes qui sont amoureuses écrivant une chanson comme celle-là sur le fait d’être amoureux. C’était bien. »   (Crédit La Coccinelle, pour la traduction, c’est ICI)
°°°
Hold On ( album Mule Variations1999)

« Hold On »

They hung a sign up in our town
« if you live it up, you won’t
live it down »
So, she left Monte Rio, son
Just like a bullet leaves a gun
With charcoal eyes and Monroe hips
She went and took that California trip
Well, the moon was gold, her
Hair like wind
She said don’t look back just
Come on Jim

Oh you got to
Hold on, Hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
You gotta hold on

Well, he gave her a dimestore watch
And a ring made from a spoon
Everyone is looking for someone to blame
But you share my bed, you share my name
Well, go ahead and call the cops
You don’t meet nice girls in coffee shops
She said baby, I still love you
Sometimes there’s nothin left to do

Oh you got to
Hold on, hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here, you got to
Just hold on.

Well, God bless your crooked little heart St. Louis got the best of me
I miss your broken-china voice
How I wish you were still here with me

Well, you build it up, you wreck it down
You burn your mansion to the ground
When there’s nothing left to keep you here, when
You’re falling behind in this
Big blue world

Oh you got to
Hold on, hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
You got to hold on

Down by the Riverside motel,
It’s 10 below and falling
By a 99 cent store she closed her eyes
And started swaying
But it’s so hard to dance that way
When it’s cold and there’s no music
Well your old hometown is so far away
But, inside your head there’s a record
That’s playing, a song called

Hold on, hold on
You really got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
And just hold on

°°°


Moins on se connait, mieux on se porte…


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Le Caravage – Narcisse

Imaginez Narcisse, par Raphaël Enthoven, ARTE.

    Ce que raconte l’histoire de Narcisse, c’est que le narcissisme n’est pas un amour de soi, c’est le contraire !


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Alexis-Vincent-Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, paranoïaque & « fou littéraire »


Où finit la littérature et où commence la folie ?

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Je suis la folie
Celle qui procure
Plaisir et douceur
Et bonheur au monde.

 Tous, plus ou moins,
Servent mon nom
Mais il n’y en a pas un
Qui pense être fou.

 Henri Du/Le Bailly, la Locura, 1614

°°°

La Salade,  Librairie Pierre Saunier

     Trouvé par hasard sur la toile, les catalogues de livres rares et pour la plupart introuvables de la Librairie Pierre Saunier, 22, rue de Savoie à Paris (c’est  ICI  et  ICI). La frustration ressentie de ne jamais sans doute pouvoir posséder et se délecter de l’un de ces trésors est un peu compensée par le plaisir de la lecture des compte-rendus accompagnant la présentation de ces livres et la contemplation de certaines illustrations qui en sont tirées. Dans le catalogue de l’année 2012 intitulé La Salade — Allez savoir pourquoi … — j’ai été intrigué par la présentation de ce récit autobiographique loufoque publié en 1821  en trois volumes et 274 chapitres par l’écrivain originaire de Carpentras Alexis-Vincent-Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym (excusé du peu !), au titre tout aussi loufoque de « Les Farfadets, ou tous les démons ne sont pas de l’autre monde« . Le tirage fut de 400 exemplaires dont dix furent reliés par les soins de l’auteur lui-même pour être offerts aux têtes couronnées d’Europe. À la fin de sa vie, il récupéra une centaine de ces livres et en fit un autodafé.

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     N’ayant jamais entendu parlé de ce personnage et développant mes recherches, j’ai appris que cet auteur né vers 1764  à Carpentras et mort en 1851 dans cette même ville occupa dans un premier temps un poste d’employé de bureau à l’hospice civil d’Avignon. C’est vers l’âge de trente ans qu’il commença a être obsédé par des créatures démoniaques qu’il nommait « farfadets » qui le persécutaient. La chance veut qu’il hérite en 1813 d’un vieil oncle, chanoine à Paris mais les difficultés qu’il éprouve pour entrer en possession de son dû vont aggraver son délire de persécution.  Il avait été soigné pour cela sans grand succès dés 1815 à la Salpétrière par le médecin aliéniste et occasionnellement zoologue, pionnier de la psychothérapie, Philippe Pinel, mais comme beaucoup des personnes qui s’intéressèrent à son cas, Berbiguier l’accusa d’être l’un des farfadets persécuteurs qui se cachait derrière une apparence humaine. Son cas s’aggrava de manière notable lorsqu’il pensa avoir capturé Pinel chez lui sous sa forme naturelle de farfadet et se mit à le torturer avec des aiguilles. D’autres farfadets qu’il pensait avoir capturés étaient enfermés dans de nombreuses bouteilles qui encombraient sa chambre (voir l’illustration de la chambre). Son cas a un moment passionné toute la psychiatrie française et caricaturistes et librettistes s’y sont donnés à cœur joie. Il  a été considéré plus tard comme un archétype du fou littéraire* par des auteurs comme Raymond Queneau et le belge André Blavier qui ont écrit tous deux des ouvrages sur ce sujet.  Dans son livre Les Fous littéraires, André Blavier avait recensé dans l’histoire plus de 3.000 fous littéraires qui vont des inventeurs du mouvement perpétuel, des démontreurs de la quadrature du cercle, des origines batracienne de l’homme, des origines préhistoriques de la langue française issue d’une imitation des cris d’animaux, etc… Depuis le nombre a encore augmenté.

fous littéraires * : auteurs qui n’ayant réussi à obtenir aucune reconnaissance de la part de la communauté intellectuelle et du public publient le plus souvent à compte d’auteur des ouvrages portant sur des sujets jugés par eux comme sérieux mais qui sont considérés par le public comme fantasques et désopilants.

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Pour Berbiguier, les farfadets, ces lutins démoniaques avaient les dons de l’invisibilité et de la métamorphose et s’introduisaient dans les appartements pour y délier le saint nœud conjugal, suborner l’épouse vertueuse et engrosser la vierge par « l’opération farfadéenne »

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Extrait du catalogue de l’année 2012 « La salade » de la librairie Pierre Saunier

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Berbiguier harcelé par ses créatures

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Sappho de Mytilene : Lettre à une amie…


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Charles-Auguste Mengin – Sappho de Mytilène

Les blessures délicieuses de l’amour

Poème « À une femme aimée » de Sappho de Mytilène paru dans le recueil Odes d’Anacréon et de Sappho, traduction de Marcellot et Grosset, 1847.

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Voici une traduction plus récente de Yves Battistini dans le Le Cycle des Amies,  éd. Michel Chandeigne,

À une aimée

Un spasme étreint mon cœur dans ma poitrine,
Car si je te regarde un instant, je ne puis plus parler,
mais d’abord ma langue est brisée, voici qu’un feu
subtil soudain, a couru en frissons sous ma peau.
Mes yeux ne me laissent plus voir, un sifflement
tournoie dans mes oreilles.
Une sueur glacée couvre mon corps, et je tremble
toute entière possédée, et je suis
plus verte que l’herbe. D’une morte j’ai presque l’apparence

Mais il faut tout risquer…


 Et une autre traduction de Pascal Charvet, Ode à une Aimée, qui date de 1991

Il m’apparaît l’égal des dieux
cet homme qui face à toi
est assis, et proche, t’écoute
parler doucement

et rire, désirable, ce qui certes
dans ma poitrine a ébranlé mon coeur;
dès que je te vois un instant, plus aucun son
ne me vient,

mais ma langue se brise, un feu léger
aussitôt court dans ma chair
avec mes yeux je ne vois rien, mes oreilles
résonnent,

sur moi une sueur se répand, un tremblement
m’envahi, je suis plus verte
que l’herbe, et peu éloignée de la mort
je m’apparais à moi-même.

Mais il faut tout oser, puisque…


      Et pour vous mettre dans l’ambiance, je n’ai pu m’empêcher pour clore cet article d’ajouter la magnifique chanson O Erotas (erotas signifie amour en grec), inspirée de la poésie du poète grec bien nommé Odysseus Elytis et magistralement interprétée comme d’habitude par Angelique Ionatos.

Érotas

Odysseus Elytis

Éros
l’archipel
et la proue de l’écume
et les mouettes de leurs rêves
Hissé sur le plus haut mat
le marin fait flotter un chant
Éros
son chant
et les horizons de ses voyages
et l’écho de sa nostalgie
sur le rocher le plus mouillé la fiancée
attend un bateau

Éros
son bateau
Et la douce nonchalance de son vent d’été
et le grand foc de son espoir
sur la plus légère ondulation une île se berce
le retour.

II

Les eaux joueuses
les traversées ombreuses
disent l’aube avec ses baisers
qui commence
horizon –

Et la sauvage colombe
fait vibrer un son dans sa caverne
bleu éveil dans le puits
du jour
soleil –

Le noroît offre la voile
à la mer
caresses de chevelure
pour ses rêves insouciants
rosée –

Vague dans la lumière
à nouveau donne renaissance aux yeux
Là où la vie cingle vers le large
Vie
vu du lointain –

III

La Mer fait glisser ses baisers sur le sable caressé – Éros
la mouette offre à l’horizon
sa liberté bleue
Viennent les vagues écumantes
questionnant sans trêve l’oreille des coquillages

Qui a pris la jeune fille blonde et bronzée ?
la brise de la mer avec son souffle transparent
fait pencher la voile du rêve
Tout au loin
Éros murmure sa promesse – Mer qui glisse.

Poème d’Odysseus Elytis emprunté au site Esprits nomades et dont la traduction française a été adaptée par son auteur, site indispensable pour tous les amoureux de la poésie et que je vous recommande chaudement, c’est  ICI.