Pour une réhabilitation respectueuse du bâti rural : procédés architecturaux pour la création de grandes baies vitrées

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    Dans l’architecture rurale traditionnelle, la majorité des constructions, qu’elles soient à usage d’habitat, à usage agricoles ou mixtes groupant les deux fonctions sont des constructions de un à deux niveaux, de largeur assez étroite, se développant en longueur selon l’axe du faîtage d’une toiture en général à deux pans. Les planchers sont en très grande majorité supportés par des poutres bois de section moyenne avec comme conséquence une portée limitée qui reposent sur les murs porteurs des façades longitudinale. Les murs intermédiaires porteurs longitudinaux qui permettraient l’élargissement de la largeur des constructions sont extrêmement rares. Par contre, on relève la présence de murs transversaux de refends qu’ils aient été intégrés à la construction d’origine ou qu’ils correspondent à des anciens murs pignons intégrés à la construction lors d’une extension. C’est en général au centre de ces murs de refends transversaux ou pignons qu’étaient accolées les anciennes cheminées à feu ouvert.

     Le langage courant donne à ce type de construction toute en longueur le nom de « maison en longueur », de « longère » avec des appellations régionalistes particulières telle le « pen-ty » ou « Ty-forme » dans le Finistère.

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Quelques exemples de lingères traditionnelles :

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Voici quelques exemples pris en Bretagne et dans le Lot de maisons en longueur ou « lingères » à un niveau + combles aménagé ou non. Dans le cas de l’aménagement des combles, on y accédait à l’aide d’un escalier intérieur ou extérieur et l’éclairage des volumes sous toiture s’effectuait à l’aide de lucarnes ou chien-assis dont la façade était placée le plus souvent en prolongement de la façade longitudinale.

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plan de 2 longères dans le village de Gâvres en Riantec près de Lorient dans le Morbihan. (crédit Histoire-Généalogie, magazine-web, c’est  ICI )

Ces 2 lingères présentées ci-dessus font partie d’une même exploitation. La plus petite de dimensions intérieures 2,90 m x 5,20 m est appelée Ty-Forme et ne comprend qu’une pièce de vie, la seconde de dimensions intérieures 4,70 m x 9,40 m possède 2 pièces séparées par un hall-dégagement. Les 2 maisons possèdent une cheminée installée en position centrale de l’un des murs pignons mais certaines possèdent une cheminée par mur pignon.

Plan maison longue ou longère - maison de petit agriculteur dans le Lot, XIXe siècle (crédit Christian Lassure, L'architecture vernaculaire de la France).jpg

Plan de maison longue ou lingère dans le Lot – maison de petit agriculteur, XIXe siècle (crédit Christian Lassure, L’architecture vernaculaire de la France).

Il s’agit d’une longère formée par l’adjonction d’une étable-fenil à une maison rectanguaire à pièce unique; four à pain à une extrémité, citerne non couverte à l’autre – dim. intér. : pièce unique : long. 6,50 x larg. 4,00 m – étable : long. 7,55 x larg. 4,00 m. Légende : 1 – salle à vivre;   2 – étable à ovins surmontée d’un fenil;   3 – citerne non couverte:   4 – four à pain;   a) – cheminée;   b) – évier;   c) – citerne intérieure;   d) – crèche-mangeoire;   e) – entrée;   f) – fenêtre.

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Problèmes fonctionnels et esthétiques posés par la réhabilitation des longères

Exemple de réhabilitation en Bretagne

     Le problème qui se posent aux concepteurs lors de la réhabilitation des constructions rurales traditionnelles type longère est d’ordre fonctionnel et esthétique. Fonctionnel car il s’agit de faire répondre une construction ancienne qui n’avait pas été réalisée pour répondre à ces objectifs à des besoins nouveaux imposés par l’évolution du concept d’habitat tant en matière d’habitabilité que d’économie. Esthétique car les solutions proposées pour résoudre le problèmes posés vont souvent à l’encontre de la préservation de la qualité architecturale d’origine. Les constructions anciennes offrent un faible nombre d’ouvertures de petites dimensions alors que les besoins exprimés portent aujourd’hui sur la présence de quelques grandes baies vitrées permettant de faire entrer la lumière et d’offrir une vue maximale sur le paysage. L’exemple ci-contre réalisé par la société Poriel à Clohars-Fouesnant montre un cas particulièrement réussi et exemplaire de réhabilitation respectueux de l’architecture ancienne mais certains maîtres d’ouvrage auraient pu souhaiter que l’ouverture du séjour soit de surface beaucoup plus importante posant ainsi un problème architectural délicat à résoudre d’intégration d’un élément architectural contemporain — en l’occurrence une grande baie vitrée — à une construction ancienne au style bien particulier. Dans le même ordre d’idée, la nécessité de réaliser des ouvertures plus nombreuses et d’installer des capteurs solaires en toiture auraient eu un impact négatif sur la qualité de l’architecture.

     L’exemple qui suit montre quelles solutions techniques et architecturales peuvent être mises en œuvre pour répondre à ces exigences.

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Réhabilitation d’une lingère dans le Morbihan, 2013 – agence d’architecture ATOME à Plougoumelen 56400.

Atome architectes - Morbihan, Projet de réhabilitation d'une longère ancienne, 2013

     Le problème qui se posait aux architectes de l’agence d’architecture ATOME pour la réhabilitation de cette  longère du Morbihan était double : créer des grandes ouvertures pour l’éclairage des pièces principales des volumes intérieurs et placer sur le toit de la constructions des panneaux solaires. Pour ces deux types d’aménagements, le risque était grand de dénaturer la construction en brisant son unité première par la mise en place d’ouvertures de taille disproportionnées en rupture avec les ouvertures traditionnelles et l’installation sur la toiture d’un corps étranger en saillie du plan formé par le revêtement en ardoises.

     Plutôt que de réaliser des ouvertures supplémentaires du même type que celles existantes mais de taille inappropriée, les architectes ont préférés découper une tranche de l’un des murs de façade sur toute sa hauteur et d’y installer une baie de  grande dimension ce qui a pour effet de donner l’illusion qu’on est en présence de deux corps de bâtiments traditionnels séparés par une articulation vitrée. Pour appuyer cette idée les arêtes des deux murs situés de part et d’autre de la grande baie vitrée ont reçues un appareillage de pierres d’angle. La transition entre la partie verticale vitrée et la partie continue de la toiture se fait très intelligemment par un claustra de lames de bois jouant le rôle de brise-soleil qui brouille la perception en jouant à la fois le rôle d’écran « clos » et « ouvert » grâce à sa semi-transparence. Le même système est utilisé pour réduire artificiellement la hauteur d’une baie en pignon dont la proportion dérogeait aux règles habituelles. Les éléments architecturaux constitutifs des deux volumes pleins tels que l’appareillage en pierres des murs, les encadrements de fenêtres et les linteaux ont été conservés et mis en valeur pour affirmer l’architecture traditionnelle. À noter l’espace privatif extérieur qui prolonge le séjour sous la forme d’une terrasse en bois qui vient buter sur des murets extérieurs traités comme les murs de la construction.

capteurs solaires invisibles  Thermoslate

    Pour l’installation des capteurs solaires thermiques, les architectes ont choisi le système Thermoslate conçu par la société Cupa, qui offre l’intérêt d’être invisible car il utilise des ardoises qui sont extraites de la même carrière au même moment. Ce matériau absorbe la chaleur et la restitue à un ballon d’eau chaude pour alimenter un chauffage basse température, un circuit d’eau chaude sanitaire ou pour chauffer une piscine. Ce système est moins performant qu’un capteur solaire classique mais le fabriquant affirme qu’il s’use moins et est de maintenance nulle. 

Le résultat : une maison à l’architecture contemporaine, simple et sobre, bien adaptée à son environnement qui répond aux exigences d’habitabilité et de confort moderne tout en respectant les principes architecturaux qui avait fait l’originalité et la valeur de la construction initiale.

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Home, sweet home : Reese House à Long Island de l’architecte Andrew Geller (1957), maison à charpente en A (A-frame)

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Andrew Geller (1924-2011)

Andrew Geller (1924-2011)

     Andrew Geller était un architecte américain qui était également peintre et graphiste. Il est surtout connu pour ses maisons de plage originales qui ont révolutionné l’architecture des résidences secondaires dans les régions côtières de New York, du New Jersey et du Connecticut au cours des années 1950 et 1960. Fils d’émigrés russes arrivés aux Etats-Unis en 1905 et installés à Brooklyn, le jeune Geller avait du interrompre ses études d’architecture pour s’être engagé dans l’armée lors de la seconde Guerre mondiale mais au retour il eut la chance de débuter sa carrière au sein de la prestigieuse agence de design Raymond Loewy and Associates chez qui il avait rêvé de travailler et dans laquelle il s’occupera principalement de la conception de centres commerciaux et de grands magasins à travers les États-Unis et du design des produits qui les accompagnaient.
     C’est en 1957 qu’Elisabeth Reese, la directrice des relations publiques de l’agence, lui demande de réaliser le projet d’une maison de plage sur la petite parcelle qu’elle vient d’acquérir à Saganopack, un village situé dans la région des Hamptons de l’État de New York, une péninsule constituée de villages anciens, de plages et de dunes sur 45 km de cotes. Le budget était serré (5.000 dollars) et la cliente souhaitait une maison facile à vivre demandant peu d’entretien aux lignes simples et épurées. Le coût final sera finalement de 7.000 dollars.

vue aérienne de la cote de saganopack

vue aérienne de la cote de Saganopack dans les Hamptons

     Geller rechercha une solution technique économique pour la structure de la construction. Le parti adopté fut la réalisation d’une construction en ossature bois à  structure porteuse en A, vulgarisée par la suite sous l’appellation de A-frame, dans laquelle les chevrons porteurs des deux pans de toiture descendaient jusqu’au sol et était contreventés par des entraits horizontaux (formant la barre du A). La couverture de la toiture était constituée de bardeaux en red cedar. Le projet, qui dérogeait à l’architecture classique de la région, reçut dans un premier temps l’opposition des services administratifs de l’architecture mais Geller réussit à les convaincre en argumentant que le projet s’inspirait des granges à pommes de terre traditionnelles de la région. Outre son faible coût, la structure en A-frame offrait grâce à son contreventement une bonne résistance aux vents violents venus du large.

Andrew Geller - croquis pour la Reese House à Saganopack,, 1957

Andrew Geller – croquis pour la Reese House  à Saganopack, 1957

Andrew Geller - Reese House, 1957

Andrew Geller – Reese House à Saganopack, 1957

Andrew Geller - Reese House à , 1957

Andrew Geller - Reese House à Saganopack, l'un des murs pignons, 1957

Andrew Geller – Reese House  à Saganopack, l’un des murs pignons, 1957

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Elisabeth Reese pêchant avec David Herrmann     La maison doit beaucoup à la personnalité d’Elisabeth Reese, « Betty », jeune femme sportive de caractère qui souhaitait que sa maison soit un lieu à la fois de méditation et  ouverte sur l’extérieur pour pouvoir bénéficier de la vue et du soleil et qui était ouverte à des solutions techniques et architecturales novatrices et originales qui iraient à l’encontre de l’architecture stéréotypée qui avait alors cours dans les Hamptons. C’est ainsi que la maison apparait surélevée du sol de la plage pour la protéger des inondations, que les terrasses se projettent en avant de la toiture par leur réalisation en porte-à-faux et jouent ainsi le rôle de brise-soleil pour le grandes baies vitrées du séjour, que la cheminée en maçonnerie n’a pas été placée au centre de la construction mais en façade au milieu de baies vitrées avec un conduit de fumée métallique mis en valeur par son décollement du volume de la construction et qu’une chambre est accessible à l’étage à l’aide d’une échelle rétractable mue par un système de poulie et de contrepoids. La maison donnait l’image d’une architecture moderne, fonctionnelle et ludique  qui convenait parfaitement à l’esprit d’une maison de vacance.

Andrew Geller - Reese House à Saganopack en construction, 1957

Andrew Geller – Reese House à Saganopack en construction, 1957. Noter la structure en « A » avec les doubles entraits en position intermédiaire et à la base du A pour le support du plancher.

Andrew Geller - vue intérieure Reese House, 1957

Andrew Geller – vue intérieure Reese House, 1957

le volume du séjour monte sur toute hauteur. A noter le bloc cheminée placé au milieu de la baie vitrée en pignon et la chambre placée en mezzanine au-dessus du séjour sans escalier d’accès, accessible par échelle rétractable.

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    Dans les années qui vont suivre, l’image de la maison, par son originalité, va souvent être référencée par les journaux et les magazine pour leurs reportages et leurs campagnes publicitaires. Elle apparaitra ainsi en mai 1957 dans le New York Times et par la suite dans les magazines Life, Sports illustrated et Esquire. Cela constituera une bonne publicité pour notre architecte qui va voir se multiplier les commandes. Une semaine après la parution de l’article du New York Times, Leonard Frisbie, un courtier de Wall Street après lu l’histoire a immédiatement pris contact avec lui pour lui demander de conçoivoir une maison à Amagansett. En moins de trois ans, entre 1958 et 1961, il réalisera plus de quinze nouvelles maisons.

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    Comme l’écrit  l’historien de l’architecture Alastair Gordon, au premier abord, les petites maisons de plage d’Andrew Geller des années 1950 et 60 peuvent être interprétées comme des caricatures, mais ils étaient le symbole d’un modernisme à la portée de tous. «La plupart de ses clients vivaient dans la boîte d’un appartement de Manhattan, travaillaient dans une autre boîte à Manhattan et ressentaient le besoin d’une nouvelle disposition de l’espace autour d’eux », a écrit Fred Smith dans Sports Illustrated. « Ils veulent tous une superficie maximale pour un investissement minimum. » Geller avait bien saisit l’état d’esprit de ses clients. À bien des égards, leurs besoins étaient les mêmes que les siens. Ils n’étaient pas riches mais étaient ambitieux, ils étaient souvent d’anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, avaient eu des enfants et se considéraient sur le plan politique comme progressistes avec une sensibilité moderne, manifestaient un intérêt pour l’art, et avaient la volonté d’explorer de nouveaux modes de vie. C’était un temps où des milliers d’Américains profitant de la prospérité de l’économie d’après-guerre ont constaté que même avec des revenus modestes, ils pouvaient se permettre d’acquérir une maison de vacances. Les petites capsules de sauvetage de Geller les libéraient des pressions de la ville et les faisaient oublier pour un temps la bombe H et la perspective de l’anéantissement nucléaire. Chacune des maisons de Geller était conçue comme un portrait, un hommage sur mesure rendu à la personnalité de ses propriétaires. Cela pouvait aller jusqu’à prendre parfois une forme littérale absurde : Irwin Hunt qui était fabricant de boîtes de carton, a habité une maison qui ressemblait à une boîte tourné sur le bord. Victor Lynn, un dirigeant de Kodak, a obtenu une boîte avec des fenêtres en forme de lentille. Dans certains cas, les métaphores pourraient être moines heureuses. En lieu et place d’une méthodologie précise qui se serait appuyée sur une analyse formelle, Geller se fondait sur son instinct et improvisait tel un bon surfeur surpris une vague qui réagissait immédiatement. Il puisait son inspiration à partir du site et de la personnalité de ses clients en les écoutant attentivement, était dégagé de tout esprit de système et faisait preuve au contraire d’une grande liberté d’esprit.

    Sa notoriété fit que l’un de ses projet fut adapté pour représenter la « maison américaine typique » lors de l’Exposition nationale américaine à Moscou en 1979.

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Accueil de l’architecture d’Andrew Geller aux Etats-Unis

    Le travail de Geller a été apprécié aux Etats-Unis de manières diverses. Le critique d’architecture Mark Lamster, écrivant pour le Design Observer, décrit les modèles de maison de Geller sur Long Island comme des «maisons peu coûteuses et modestes dont les formes ludiques faisaient rayonner un sentiment d’optimisme dans les années d’après-guerre». Sa Pearlroth House à Westhampton bâti en 1959 qui se composait d’une paire de structure en forme de diamant, qu’il surnommait le « soutien-gorge carré » ou le « double cerf-volant » et qui avait failli être démolie en 2006 a été qualifiée par le New York Times comme une «icône du modernisme.» et par Alastair Gordon comme l’ «un des exemples le plus importants de la conception expérimentales construite durant la période d’après-guerre, non seulement à Long Island mais sur l’ensemble des Etats-Unis. C’est une architecture pleine d’esprit, audacieuse et inventive.»

    Par contre sa conception en 1966 de la Elkin House à Sagaponack, New York, qu’il avait appelé de Picasso allongé a été qualifié dans le New York Times en 2001 de « désordre angulaire ».

Quelques autres réalisations d »Andrew Geller

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Pour en savoir plus

Articles de ce blog liés :

  • Archéologie de l’habitat : de la hutte paléolithique à la charpente en A, c’est   ICI

Sites et articles du Web :

  • l’article très complet de l’historien de l’architecture Alastair Gordon du 26 décembre 2011 sur Andrew Geller : « Architect of Happiness« , 1924-2011, c’est   ICI

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Archéologie de l’habitat : de la hutte paléolithique à la charpente en A

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Abris rudimentaires de l’habitat paléolithique à structure en A

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     Au paléolithique (de -1.8 millions d’années à – 12.000 ans), les ancêtres de la lignée humaine comme Homo habilis ou Homo erectus étaient des cueilleurs-chasseurs nomades. En fonction des saisons et des opportunités de chasse, ils se déplaçaient constamment, ne restant que peu de temps dans un site particulier et n’ont laissé dans ces conditions que peu de traces de leur passage. Certains indices mis en évidence sur le sol par les archéologues comme des empreintes de piquets et de poteaux en bois, des alignements et des pavages de pierres autorisent à penser que des huttes en matériaux périssables ont été alors construites par les hommes pour se protéger durant leur court séjour.

Exemple 1 : site de Terra Amata (Nice), il y a environ 400.000 ans (paléolithique inférieur)

site de Terra Amata (Nice) - reconstitution vue générale

site de Terra Amata (Nice) – reconstitution vue générale hutte (dessin Wilson)

site de Terra Amata (Nice) - reconstitution montage hutte (dessin Wilson)

Des traces de huttes rudimentaires au plan toujours ovale, de dimensions 7 à 15 mètres de longueur sur 4 à 6 mètres de largeur ont été relevés dans une petite crique du bord de mer pour des séjours courts que les archéologues estiment avoir été effectués périodiquement à la fin du printemps ou au début de l’automne. Des traces de foyers aménagés au centre des huttes et constitués de dallage en galets et de murets coupe-vent témoignent des prémices de la domestication du feu par l’homme. La structure de l’abri était constituée de   piquets de bois ou de branches fichés dans le sol et bloqués par des pierres dont les extrémités supérieures étaient reliées entre elles et attachées par des liens végétaux. Dans ces structures rudimentaires de faible hauteur dans lesquelles on ne pouvait se tenir debout, il n’existait aucun contreventement transversal reliant entre eux les piquets de bois tout au plus une panne longitudinale située au sommet de la hutte supportée par des poteaux 

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Terra Amata à Nice – essai de reconstitution de hutte

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Exemple 2 : site d’Etioles, – 13.000 ans (paléolithique supérieur)

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    La découverte d’unités d’habitation associé à des foyers annexes de plein air indique que le site d’Etioles fut un lieu de résidence, un campement avec différents lieux d’activité plus ou moins spécialisés où les Magdaléniens ont effectués des séjours suffisamment longs pour y installer des tentes et organiser leur espace de vie à l’intérieur comme à l’extérieur des habitations. Les unités d’habitation font preuve de variabilité dans leur réalisation : à partir d’un schéma d’organisation stable – un abri circulaire construit autour d’un foyer central qui devait couvrir une surface d’environ 15 m2 avec, en général, au moins deux issues opposées se déclinent plusieurs formules : présence ou absence de pierres participant la construction de la tente (dalles agencées en cercles, alignements de pierres) et aménagements de foyers domestiques variés : grands foyers de pierre ou foyers plus modestes, creusés ou non.
     A l’intérieur, on constate une bipartition fonctionnelle de l’espace de part et d’autre du foyer. Toutes les activités de débitage et de façonnage étaient réalisées dans la moitié est de l’abri, tandis que la partie ouest avait des fonctions différentes : près du foyer, les Magdaléniens ont rejeté des pierres éclatées par le feu et ont effectué des travaux domestiques, la préparation alimentaire notamment. Il est également probable que le secteur ouest de l’abri, nettement moins encombré de vestiges, ait été réservé au repos. Le pourtour de l’abri a été inégalement occupé puisque tous les déchets de silex se sont accumulés vers le nord. L’espace externe proche était considéré à la fois comme aire de travail (de débitage, en particulier) et comme une zone d’évacuation où étaient rejetés des déchets provenant de débitages effectués près du foyer

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L’habitat des Magdaléniens est adapté à leur mode de vie nomade : des tentes sans doute composées d’une ossature en bois et recouvertes de peaux. Il ne subsiste rien des superstructures, en revanche, des pierres destinées au calage des perches en bois sont parfois conservées et révèlent ainsi le contour de la tente sur le sol.
A noter, dans le sud de la France les magdaléniens utilisaient plutôt des abris sous roche comme lieu d’habitat. Ce type de structure naturelle n’est pas fréquent en Ile-de-France, les magdaléniens ont du s’adapter ! La répartition des vestiges autour des foyers permet de comprendre l’organisation spatiale du campement, et de déterminer ainsi des aires d’activité (zones de taille du silex, zone de vidange des foyers, zone d’habitat…).
Ci-dessus : Reconstitution d’une hutte et de son organisation intérieure – Crédit : Gilles Tosello

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Exemple 3 : site de Pincevent, – 12.000 ans (paléolithique supérieur)

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Le site de Pincevent, découvert en 1956 n’a vraiment commencé a être étudié qu’à partir de 1964 par André Leroi-Gourhan. Les datations montrent une occupation des lieux comprise entre – 10 et – 12 300 ans. Ici pas de cercles de pierres, mais des vestiges qui permettent d’imaginer l’existence de parois délimitant des zones d’activité. Des traces des « piquets » ont été mises à jour. Les préhistoriens ont imaginé que des peaux de bêtes étaient tendues sur la structure.

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Exemple 4 : reconstitution d’une cabane mérovingienne du Vie et VIIe siècle à 2 poteaux à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime, Haute-Normandie)

    Sous l’égide de la FATRA (Fédération des Archéologies du Talou et des Régions Avoisinnates) une opération de reconstitution d’un village mérovingien a été engagée. Une première étape fut franchie l’été 2001 par la construction d’un premier habitat rudimentaire constitué d’un fond de cabane et de deux poteaux médians, le tout recouvert de chaume.
Cette cabane s’inspire de données archéologiques existantes, notamment des découvertes faites par l’équipe d’Alain NICE à Goudelancourt-les-Pierrepont ( 02 – Aisne), où un ensemble d’habitats ruraux des VIe et VIIe siècles fut mis à jour. Par ailleurs M. Alain Nice a mis en pratique ses découvertes par la reconstitution d’un village mérovingien à Marles dans l’Aisne également, associé au musée des Temps Barbares. Les photos ci-dessous sont la reconstitution suggérée d’après les structures au sol retrouvées de ce qui était autrefois une cabane à deux poteaux.
     La particularité de ce type de cabane est le soutènement par deux poteaux médians encore appelé faîtiers, ainsi que la présence d’un fond excavé de forme quadrangulaire soigneusement aplani. L’ensemble représente une surface d’une dizaine de m², les deux poteaux supportent une faîtière avec un toit d’une inclinaison assez prononcée descendant jusqu’au sol.
     L’utilisation de ces cabanes reste obscure ; il est probable que les plus grandes d’entre elles devaient être un habitat ou logement pour les familles les plus modestes de l’époque, les plus petites devaient servir d’étable ou de grange.

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étape 1 : réalisation de la fosse et pose des 2 poteaux médians contreventés par 2 fiches obliques et des chevrons

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étape 2 : pose des liteaux horizontaux et du revêtement en chaume

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Cabane achevée et vue de l’intérieur

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Exemple 5 : site de West Stow (Suffolk), village anglo-saxon du VIIe siècle reconstitué

West Stow est un village et une paroisse civile du Suffolk, en Angleterre. Il est situé à quelques kilomètres au nord de la ville de Bury St Edmunds. Administrativement, il relève du district de St Edmundsbury. Un hameau dont les bâtiments utilisaient les techniques anciennes de construction qu’on imagine avoir été utilisées par les anglo-saxons a été reconstitué sur le site d’une occupation humaine du VIIe siècle étudiées lors de fouilles. Les constructions sont dénommées du nom anglo-saxon de grubenhaus, « maison à fosse ».

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West Stow

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Exemple 6 : site de Bede’s World à Jarrow (Northumberland), village anglo-saxon du VIIIe siècle détruit par les Vikings et reconstitué en partie

     Bède le Vénérable était l’un des plus grands érudits de l’Europe médiévale et le premier à enregistrer l’histoire de la nation anglaise. Il a vécu et travaillé comme moine à Jarrow dans le Northumberland. Le lieu où il s’était établi avait été habité précédemment par un groupe tribal anglo-saxon ou une communauté appelée l’Gyrwe (prononcer Yeerweh). Leur nom a été appliqué à la localité ainsi qu’aux personnes et le nom Gyrwe deviendra plus tard Jarrow. Après la mort de Bède le Vénérable, l’église Saint-Paul et le monastère où il vivait seront détruits par ses raids vikings en 794 et 875. Les constructions présentées ci-après sont des reconstitutions des bâtiments d’une ferme anglo-saxonne de l’époque.

Grubenhaus, Gearwe, Bede's World, Jarrow Kiln, Gearwe, Bede's World, Jarrow

     Ce bâtiment contient une fosse (« Grube » en allemand), utilisée sans doute pour le stockage des céréales. Le nom donné plus tard pour cette structure aurait pu être grubhouse ou grubhut. Il est basé sur le plan d’un bâtiment découvert par des archéologues à New Bewick dans le Northumberland, bien que les bâtiments similaires de cette période aient été trouvés dans toute l’Europe du Nord. Il est couvert de chaume de bruyère. Gearwe était le nom anglo-saxon pour Jarrow. En grande-Bretagne, le nom générique pour ces types de structure est Pit-house.

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Constructions de l’époque moderne à structure en A dans le monde

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gilan_xii_photo_6

abri de berger en Iran dans la province de Gilan

Les demeures des bergers sont souvent constituées de huttes semi-ovoïdes semi-cylindrique ou  faite de branches et recouvert de tissu de crin de chèvre (Parga, Pori, poru). Ces cabanes sont divisées par un mur en bois en deux compartiments, l’un réservé à la famille, l’autre pour le bétail. La cabane est appelé Valar et Gac quand il abrite le mouton et la chèvre, respectivement.

John Thomson - un refuge de montagne, PROVINCE DE HUPEH, avant 1898 -

John Thomson – refuge de montagne dans la province chinoise de Hupeh, avant 1898

Boerderij_uit_plaggen_-_Unknown_-_20522485_-_RCE Une photographie historique d'un un-cadre toit de terre maison dans le Pays-Bas. Image - Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas

Deux constructions agricoles archaïques à structure en A photographiées aux Pays-bas (dates et lieux inconnus)

Area_didattica_Foppe_di_Nadro_-_Riserva_naturale_Incisioni_Rupestri_di_Ceto,_Cimbergo_e_Paspardo - Arte rupestre della Valle Camonica_(Foto_Luca_Giarelli)

Art rupestre du Val Camonica en Italie – (Foto Luca Giarelli)

Iran - maison de 2 étages avec plancher bas décollé du sol dans le delta du Safidrud (mer Caspienne), 1974

Iran – maison de 2 étages avec plancher bas décollé du sol dans le delta du Safidrud (mer Caspienne), 1974

Japon - grange à Shirakawa Japon - Village de Shirakawa, Gifu

Japon – Village de Shirakawa, Gifu : grange (à gauche) et maisons d’habitation anciennes

Minka (maison traditionnelle au Japon) à toiture Kirizuma à 2 pans touchant presque le sol formant un angle aigu

Minka (nom de la maison traditionnelle au Japon) à toiture Kirizuma à 2 pans touchant presque le sol formant un angle aigu

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Maisons typiques de l’île de Madère

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Les maisons contemporaines de type A-frame (maisons à charpentes en A)

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     Une maison A-frame fait référence à un style architectural contemporain où la toiture composée de deux pans est fortement inclinée et descend totalement ou presque totalement jusqu’au sol. Les chevrons formant la structure de la toiture sont contreventés par une structure horizontale formant entrait) ce qui donne à la structure d’ensemble une forme de A.
   Bien que ce type de structure ait été très utilisé dans le passé, comme le montre les exemples présentés ci-dessus, partout dans le monde, il est revenu au goût du jour dans l’architecture occidentale dans les années cinquante pour la construction de maisons de vacances. Ces constructions présentaient alors l’avantage d’être économiques du fait de leur simplicité de structure et d’offrir une nouveauté de forme qui tranchait avec l’architecture normalisée des constructions d’habitation de l’époque. C’est l’architecte Andrew Geller avec la Reese House construite en 1955 sur la plage de Long Island à New York et médiatisée par le New York Times en 1957 qui a lancé la mode de ce type d’architecture qui s’est répandue ensuite comme une trainée de poudre.

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Andrew Geller – Maison de plage Reese à Long Island, 1955

Jean-Baptiste Barache's Housemaison passive triangulaire à Auvilliers (Normandie) - architecte Jean-Baptiste Barache

maison passive triangulaire à Auvilliers (Normandie) – architecte Jean-Baptiste Barache

     L’architecte a résolu intelligemment le problème du passage entre la structure intégrale en A et la structure en A posée sur des murs verticaux porteurs en utilisant des fermes en lamellé collé dont la courbure au niveau du sol rencontre celui-ci perpendiculairement. La lecture extérieure de l’architecture des façades longitudinales est celle d’une maison classique avec murs verticaux. Par contre, la lecture des façades pignons et des volumes intérieurs est celle d’une structure en A.

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Peter Behrens (1868-1940), pionnier de l’architecture moderne et du design – (I) 1885-1907 : années de formation

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Peter Behrens (1868-1940) - portrait par Max Liebermann, 1923

Peter Behrens (1868-1940) – portrait par Max Liebermann, 1923

    Peter Behrens, né le 14 avril 1868 à Hambourg et mort le 27 février 1940 à Berlin était un artiste visionnaire qui réunissait les talents les plus divers. Tout à la fois architecte, peintre, graveur, designer et typographe. Il passait allègrement d’une discipline à l’autre : de la peinture à l’architecture en passant par la conception graphique et le dessin d’appareils ménagers ou de meubles et la création de polices d’écriture. Il contribué de manière importante au développement de l’Architecture moderne en Allemagne et a été le premier designer industriel en étant l’ inventeur du design d’entreprise (Corporate Design) par son travail au sein de l’entreprise AEG avant la Première Guerre Mondiale. Cofondateur de la Deutscher Werkbund, il a participé à tous les mouvements d’avant-garde dans les domaines de l’art, de l’artisanat et de la production industrielle.

Peter Behrens (1868-1940) - portrait par Max Liebermann

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–––– période 1885-1899 : le Jugendstil et la Sécession de Munich –––––––––––––––––––––––––––––––––

jungend, Munich    Après avoir étudié la peinture à l’Académie préscolaire de Karlsruhe et suivi les cours de l’École des beaux-arts à Hambourg, Behrens part à Munich en 1890 où il travaille comme peintre et artiste graphique, il y rejoint le mouvement Jugendstil , une variante munichoise du modern style, et produit alors des gravures sur bois, des illustrations en couleurs, des dessins pour les métiers du livre et des objets selon le style en vogue produit par ce mouvement. En avril 1892, plus de 100 artistes créent la Sécession de Munich (Verein bildender Künstler Münchens e. V. Secession), parmi eux figure Peter Behrens en compagnie de Franz von Stuck, Max Liebermann et Lovis Corinth. Il s’agissait pour tous ces artistes de rejeter l’historicisme, le style officiel «du temps de la fondation» ( Gründerzeitstil) qui s’était développé au cours de la fondation du second empire (Reich) en 1871 qu’on estimait alors lourd, trop baroque et démodé. Le moment était venu de trouver un nouveau style. et créer du neuf. La Sécession de Munich poursuivra son activité jusqu’à sa dissolution par les nazis en 1938, durant leur « purification culturelle ».  Un peu plus tard, en pleine période de la renaissance des Arts and Crafts en Allemagne, Behrens uni ses forces avec Hermann Obrist, Août Endell, Bruno Paul, Richard Riemerschmid et Bernhard Pankok pour fonder en 1898, toujours à Munich, les Ateliers réunis pour l’art dans l’artisanat (Vereinigte Werkstätten für Kunst und Handwerk) afin de produire des objets utilitaires façonnés à la main, mouvement qui exercera une influence considérable sur al suite du design germanique. Tous ces mouvements étaient fédérés autour de la revue Jugend créé en 1896 par l’éditeur munichois Georg Hirth. 

Peter Behrens - Der Kuss, 1898

Peter Behrens – Der Kuss, 1898

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–––– période 1899-1907 : la colonie de la Mathildenhöhe à Darmstadt ––––––––––––––––––––––––––––

Mathildenhöhe à Darmstadt

Mathildenhöhe à Darmstadt

Mathildenhöhe : le credo de Joseph maria Olbrich :
« Nous devons construire une ville, une ville complète ! Quelque chose de plus petit ne servirait à rien ! Le gouvernement devrait nous donner […] un champ, et il nous appartient de créer un monde. Construire une seule maison ne signifierait rien. Comment pourrait-elle être belle si une maison laide est construite à ses côtés ? À quoi serviraient trois, cinq, voire dix belles maisons […] si les fauteuils qui sont placés à l’intérieur sont laids ou les plaques ne sont pas beaux ? Non – il nous faut un grand champ, un vaste domaine vide ; et nous pourrons montrer ce que nous pouvons faire. De la conception générale jusqu’au dernier détail, tout sera régi par le même esprit, les rues et les jardins, les palais et les maisons, les tables et les fauteuils , les lampes et les cuillères exprimeront tous la même sensibilité, et au milieu de tout cela, comme un temple dans une rainure sacré, sera bâti une maison de travail, l’atelier de deux artistes et un atelier d’artisans […] » (Joseph Maria Olbrich, cité dans: Hermann Bahr, ». Ein Dokument deutscher Kunst « , dans Bildung Essais , Leipzig 1900, p. 45 .) 

    Au cours du XIXe siècle, l’art décoratif était devenu une branche économique importante en Allemagne. Le Grand-Duc de la Hesse Ernst Ludwig, petit-fils de la reine Victoria, avait passé beaucoup de temps en Angleterre où il avait apprécié les écrits de Morris et Ruskin et l’essor des Arts and Crafts. Dans son Nouveau Palais érigé à Darmstadt, il avait d’ailleurs engagé deux artistes de ce mouvement pour décorer des chambres. Son projet était de profiter de la vogue de l’art décoratif pour développer l’industrie régionale et en même temps de faire de Darmstadt un centre culturel important. C’est ainsi qu’en automne 1899, il réunit sept artistes reconnus dans les domaines de l’architecture, de l’art décoratif, de la sculpture et de la peinture et fonda une colonie d’artistes sur la Mathildenhöhe (colline de Mathilde), un parc situé non loin du centre ville. Peter Behrens et l’autrichien Joseph Maria Olbrich, cofondateur de la Sécession viennoise, figuraient parmi ces artistes. la colonie devint un champ d’expérimentation sensationnel en matière d’innovations artistiques, à travers lesquelles les jeunes artistes s’efforçaient de concrétiser leur idéal de fusion entre l’art et la vie. Leur intention était de révolutionner l’architecture et la décoration d’intérieur afin de créer une nouvelle culture qui serait l’expression de la vie moderne Les efforts du Grand-Duc étaient secondés à Darmstadt par l’éditeur-mécène Alexander Koch dont les revues d’art Innendekoration (La décoration intérieure) et Deutsche Kunst und Dekoration (L’art et la décoration allemands) devinrent des porte-voix importants du nouveau style. La première exposition de la colonie d’artistes avait lieu en 1901 sur la Mathildenhöhe. Les membres de la colonie, dont Peter Behrens, avaient construit un bâtiment d’exposition et neuf maisons du style Art Nouveau et du Jugenstil allemand, entièrement meublées et décorées afin de donner l’exemple comment construire et habiter de façon moderne. Les sept artistes invités ont reçu une bourse de 7 ans. Cet exposition était un grand succès international même si ici et là on critiquait certaines formes trop bizarres. Ainsi Darmstadt, avec Nancy, Paris, Vienne et Glasgow, était devenu un centre de l’Art Nouveau européen, et trois autres expositions en 1904, 1908 et 1914 faisant sensation avaient lieu. En 1902, le duc de Saxe-Weimar s’inspirera de la démarche du Grand-Duc de la Hesse en invitant Henry Van de Velde à ouvrir une Ecole des arts.

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la maison de Behrens à Mathildenhöhe

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Peter Behrens - chaise, vers 1902

mobilier de la maison Berhens à Mathildenhöhe et objets conçus par Behrens

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–––– période 1903-1907 : enseignement à Dusseldorf, premières commandes en architecture  ––––

    En 1902, Berhens commençait à se sentir à l’étroit à Mathildenhöhe où l’architecte Olbrich monopolisait la conception de la plupart des constructions principales et des dissensions étaient apparues entre les artistes de la colonie. Le poste de directeur de la Kunstgewerbeschule (école des arts appliqués) de Dusseldorf était vacant, Bahrens y postula. C’est grâce à l’architecte Hermann Muthesius, fonctionnaire d’état qui rentrait d’un séjour à Londres où il avait été attaché culturel, qu’il obtint le poste. Mathesius voulait réformer les écoles d’art et de design allemandes en s’inspirant de ce qu’il avait appris en Angleterre. A peine installé à Dusseldorf, Behrens effectua en juin 1902 un voyage d’étude en Angleterre et en Ecosse qui lui fit une grande impression : « Ce voyage m’a permis d’approfondir et de renforcer mes notions sur la culture moderne, que j’honorerai jusqu’à la fin de mes jours » (lettre à Muthesius du 9 août).
   Behrens s’entourera à Dusseldorf de jeunes artistes et architectes de talents engagés dans le courant moderniste qui exercèrent une influence notable sur son propre travail. C’est le cas notamment de Rudolf Bosselt, sculpteur de la colonie de Darmstadt, Fritz Ehmcke, graphiste berlinois, Max Benirschke, décorateur d’intérieur viennois, Joseph Bruckmüller, peintre viennois et surtout J.L. M. Lauweriks, architecte hollandais qui exercera une grande influence sur sa pratique architecturale. Sous sa direction des réformes fondamentales changeront le visage de cette école. 

Réalisations architecturales entre 1904 et 1907

. 1904 : Garten und Kunstausstellung à Düsseldorf et restaurant Jungbrunnen
. été 1904 : séjour en Italie, à Rome et Pompéi pour étudier les antiquités.
. 1905 : lieu de conférence pour le Folkwang musuem  à Hagen en Westphalie
. 1905 : salon et mobilier de la maison Schede sur la Ruhr près de Hagen.
. 1905 : salle de lecture de la bibliothèque de Düsseldorf
. 1905 : bâtiments de la Nordwestdeutsche Kunstausstellung (exposition d’art du nord-ouest de l’Allemagne) à    Oldenburg.
. 1905 : chambre à coucher et salon pour exposition organisée par les magasins Wertheim à Berlin
. 1905 : aménagement de l’exposition de peintures Deutsche Jahrhundertausstellung du Musée national de            Berlin.
. 1905-1906 : maison Obenhauer à St-Johann-Saarbrücken
. 1906 : salle de concerts de l’exposition Deutsche Kunstgewerbeausstellung de Dresde
. 1906 : salle de concerts La Tonhaus pour l’exposition artistique du parc floral de Cologne.
. 1906-1907 : crématoire de Delstern en Prusse
. 1906-1907 : atelier pour la société Josef Klein à Hagen
. 1906 : projets non réalisés d’un temple protestant à Hagen et des grands magasins Warenhaus Leonard Tietz    à  Düsseldorf.
. fin 1906-1907 : salle d’Exposition Internationale de l’Art de Mennheim.

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Peter Behrens, Crematorium in Hagen-Delstern, Germany

Peter Behrens, fenêtre du crématorium de Hagen-Delstern, Germany

Crédit photographique : livre d’Alan Windsor « Peter Behrens, architecte et designer » – Pierre Mardaga, Editeur à Bruxelles, 1981

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Home, sweet home : maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

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Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

la maison « Eel Nest » à Echo Park Los Angeles, CA, USA

Données

  • Maître d’œuvre : Anonymous Architectes – Simon Storey
  • charge de projet : Ben Warwas
  • localisation : Echo Park, Los Angeles, CA, USA
  • Surface de plancher : 960 pieds carrés (environ 89 m²)
  • Surface du terrain: 780 pieds carrés (environ 72 m²)
  • Chambres : 2 – Salle de bain : 1
  • Fin des travaux : mars 2011
  • Entrepreneur : Armex construction, Los Angeles
  • photographies : Steve King et Elisabeth Daniels

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maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 14 maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

 

 

 

 

 

 

 

la maison « Eel Nest » dans son quartier

Présentation

   Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.
   Le quartier de Echo Park est un quartier résidentiel situé au nord de la ville bâti sur un site vallonné. L’architecture y est disparate avec une majorité de constructions avec toitures en pente dont beaucoup font référence au style hispanique. Le terrain était primitivement occupé par une petite bâtisse construite en 1929 qui a été démolie à l’exception des murs du sous-sol qui ont été intégrés à la nouvelle structure.
    Pour répondre au programme de surface fixé sur un terrain aussi étroit les architectes ont développé la maison sur trois étages et pour économiser l’espace ont supprimé les couloirs à l’intérieur du bâtiment.

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 8

           

       L’entrée s’effectue au rez-de-chaussée par le volume semi-enterré conservé de l’ancienne maison dans lequel ont été aménagés un petit vestibule et un garage. Du vestibule un escalier permet l’accès au niveau 1 qui abrite l’espace séjour et la cuisine ouverte qui s’ouvrent par de grandes baies vitrées sur l’espace de la rue et sur le jardin. L’escalier a été traité en claire-voie pour ne pas réduire visuellement l’espace du séjour. Le niveau supérieur est celui des chambres (au nombre de deux) et de l’unique salle de bains. L’escalier continue sa course vers la toiture terrasse aménagée en solarium. Les grandes baies vitrées des façades et la limitation des surfaces de cloisonnement permettent à la lumière d’entrer à profusion et offrent des vues variées sur la ville.
   Parce que la maison est construite en limites de propriété, le code de l’urbanisme exigeait que ses façades soient classées coupe-feu. Pour résoudre ce problème, les architectes ont revêtu la maison d’un enduit ciment pour améliorer la résistance au feu.

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L’entrée de la maison et l’escalier d’accès au premier étage

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niveau 1 : l’espace séjour et la cuisine ouverte

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey  - photo Elisabeth Daniels

niveau 1 : l’espace séjour avec sa grande baie vitrée et l’escalier à claire-voie

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niveau 2 : la chambre côté jardin et la salle de bains

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niveau 3 : la toiture terrasse aménagée et son escalier d’accès. De la terrasse, on domine Los Angeles et la vue porte jusqu’au montagnes de San Gabriel et jusqu’au signe mythique d’Hollywood. 

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

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organisation et appréhension de l’espace en Grèce antique : (I) – formes d’habitat et d’occupation

–––– Protohistoire de la Grèce antique ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    La maison grecque de l’antiquité ne présente pas un modèle unique, elle va de la cabane rudimentaire du paysan construite en pierre ou en torchis couverte de chaume et parfois sans fenêtres à la maison de plusieurs pièces à deux étages articulées autour d’une cour.
     Peu de fouilles archéologiques ont été menées sur la maison grecque antique mais on sait qu’il existait deux styles architecturaux qui se répartissaient en fonction de critères géographiques et sociaux : la maison à plan circulaire ou ellipsoïdal surtout présente dans le nord et la maison à plan dite à megaron qui est une pièce principale longue et rectangulaire, parfois unique, avec foyer central séparée en deux par une colonnade centrale en bois soutenant un toit à double pente couvert de bois, de chaume ou de paille et plus tardivement de tuiles d’argiles. Pour permettre l’éclairage et la ventilation du mégaron, un large espace vide a été ménagé entre le toit et le mur de façade, la ventilation pour l’évacuation des fumées était indispensable car la plupart des maisons grecques ne possédait pas de cheminée mais un foyer aménagé à même le sol. La cuisson des aliments ne nécessitait pas de foyer fixe et l’on se contentait d’allumer à même le sol des petits feux de charbon de bois ou de branchages. Certaines maisons possédaient des foyers portables en terre cuite. Seules les maisons des plus aisés étaient munies d’un conduit de cheminée.  Les murs, protégés par des avancées de toiture, sont le plus souvent érigés en briques d’argile séchée ou en torchis sur ossature bois sur une base de pierre pour lutter contre les remontées d’humidité. Il sont blanchis à la chaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. En règle générale, deux petites pièces complètent le megaron à son arrière. Cette organisation déjà utilisée à l‘Âge du bronze serait originaire de Russie où elle était déjà présente à l’époque paléolithique. Sur le continent, le megaron peut se développer sur deux étages, le niveau supérieur étant alors occupé par deux chambres et un vestibule et un porche à colonnade surmonté parfois d’un pignon à faible pente ou un fronton sont aménagés à son entrée donnant sur une cour ou patio parfois à péristyle autour de laquelle s’articulent les constructions annexes. La cour qui donnait directement sur la rue était un élément essentiel de la maison dont elle occupait la position centrale, elle était aussi bien une pièce de séjour que de travail. Les demeures hellénistiques les plus répandues sont les maisons à péristyle : la cours centrale est entourée d’une colonnade, le tout formant une sorte de préau… Certaines maisons possèdent des pièces séparées pour les hommes et les femmes (andrôn et gynécée). Les esclaves étaient logés là où ils pouvaient dans les locaux annexes. L’andrôn était la seule pièce de la maison où les étrangers avaient accés, elle participait donc au prestige social des occupants et son aménagement et sa décoration étaient plus soignés : son sol était revêtu de ciment ou de galets et une dépression centrale rectangulaire. Le long des murs, des banquettes en pierre, en bois ou en métal parfois précieux, les klinês, étaient disposés, servant de lit ou de canapé. Il faut signaler que de nombreuses maisons urbaines étaient en fait des fermes où l’on entreposait le matériel et où l’on transformait les produits de la terre. Le plus souvent un atelier ou cellier était réservé pour le traitement et l’entreposage de l’huile d’olive et le vin. Les réserves alimentaires étaient le plus souvent conservées en vrac dans de grandes jarres, parfois enfoncées dans le sol et les objets précieux entreposés dans les pièces intérieures, plus sûres, appartements ou ateliers. De manière générale, en dehors de l’andrôn, les pièces de la maison grecque était de fonction polyvalente, un cellier pouvait être utilisé en chambre d’hôte (Protagoras de Platon). Dans les villes certaines pièces donnant sur la rue n’étaient pas reliées à la maison et était accessible par une porte ouvrant sur l’espace public ou par une échelle ou un escalier; ces pièces pouvaient servir d’échoppes, d’ateliers et d’entrepôts pour les marchands et colporteurs ou bien être loués à des  personnes étrangères à la famille.
La construction de l’habitat en relation avec le climat s’est développé empiriquement, car il ne fallait pas être un savant pour apprécier la meilleure orientation pour se protéger du vent ou pour bénéficier de la chaleur du soleil en hiver. Cependant, les philosophes de la Grèce antique ont été les premiers a établir quelques règles qui pourraient être reproduites. D’après Xénophon, Socrate expliquait qu’une maison avec un portique orientés au Sud pouvait permettre la pénétration des rayons du soleil en hiver, tout en restant à l’ombre en été, car le trajet du soleil pendant l’été est plus élevé dans le ciel. Ce concept simple a été utilisé pour le développement de l’architecture des cités en instaurant un droit au soleil pour chaque parcelle, à l’intérieur de laquelle les habitants pouvaient disposer les pièces afin de bénéficier de l’ensoleillement suivant les saisons.
    La maison grecque à des fondations en pierre et des murs en brique crue ainsi que des toits en tuiles de terre cuite. Ses fenêtres étroites protégent en partie la maison de la chaleur et des voleurs. Les portes et les volets sont en bois. Les maisons grecques ont une cour centrale ouverte dans laquelle se trouve un hôtel (bâtiment qui permet aux habitants d’honorer les dieux).Dans les riches demeures, il y aussi un puits dans la cour, mais la plupart du temps, les femmes vont chercher l’eau à la fontaine publique. Les maisons grecques avaient une pièce réservée aux femmes, le gynécée et une pièce réservée aux hommes pour les banquets. Les riches demeures ont aussi des salles de bains. Le mobilier était fait de bois et de bronze. Pour s’éclairer, ils se servaient de lampes à huile.
    Les étages n’apparaissent que tardivement. D’autre part la séparation hommes femmes est essentiellement conceptuelle et comportementale, elle ne se vérifie pas dans l’organisation physique de la maison (sauf pour l’andrôn). Toutes les pièces que l’oikos n’utilisait pas pour le travail, et où ne vivaient ni ne dormaient les femmes de la maison pouvaient être utilisées par les hommes de la maison et leurs amis.

Les jardins
   L’étude des jardins en Grèce antique révèle que les maisons privées n’étaient pas entourées de jardins comme nos maisons contemporaines. La maison grecque s’oriente vers l’intérieur, mais généralement, la cour centrale n’était pas pourvue d’un jardin. En revanche, il est probable que les habitants plantaient des fleurs ou des herbes aromatiques dans des pots à fleurs. Dans les villes grecques, les zones de verdure se trouvaient surtout sur les places publiques ou autour des sanctuaires. Les jardins privés se situaient à l’extérieur des villes, de même que les grands parcs autour des gymnases et des écoles philosophiques, telle l’Académie de Platon.

   Le monde égéen

Vasilika

On appelle la révolution néolithique, le passage de l’état nomade à l’état sédentaire. Au début du VIe millénaire avant notre ère se développent en Méditerranée centrale et occidentale les premières économies fondées sur l’élevage et l’agriculture («culture de la céramique imprimée»). Les communautés qui les constituent nous livrent un paysage culturel multiforme. A la même époque, dans l’ensemble du monde grec, depuis la Crète jusqu’en Macédoine, apparaissent des habitats fixes, tournés vers un mode de vie Makrygialosessentiellement agropastoral et pratiquant, parallèlement à l’industrie lithique taillée, des techniques nouvelles, telles que l’industrie lithique polie et la poterie. Les grottes ont été abandonnées au profit de maisons construites en pierre et en terre crue et deux modes d’occupation du terrain se développent alors, l’un horizontal, s »étalant dans l’espace, de faible densité (sites de Vassilika et de Makrygialos, tous les deux en Macédoine, près de Thessalonique), l’autre vertical. très concentré et se développant en hauteur connu, dans le langage archéologique, sous le nom de tell ou, pour la Grècede toumba ou de magoula (colline arrondie). Certains sites sites du Néolithique grec, Sesklo et Dimini, en Thessalie, offrent l’exemple d’une combinaison de deux types d’habitats : autour d’une éminence naturelle, progressivement élevée par le cumul de constructions successives, une partie de l’habitat s’organise selon le modèle plat.

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––– exemple d’une maison du site de Néa Nicomédia, Macédoine (6.000 ans avant JC) ––––––––––––

maison à Néa Nicomédia (Macédoine)

reconstitution d’une maison à Néa Nicomédia (Macédoine)

 Nea Nikomedeia    Néa Nicomedia est le village néolithique grec le plus ancien. Il date de plus de 6.000 ans avant J.C. La reconstitution ci-dessus montre une maison dont le toit à deux ou quatre pans est constitué d’une charpente légère et d’une couverture en chaume est supporté par une série de poteaux en bois. Les poteaux situés en périphérie possède un clayonnage intermédiaire formant armature qui est rempli de pisé. (d’après R. Rodden).

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–––– acropole de Sesklo, Tessalie (6.000 à 5.300 ans avant JC) ––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Acropole de Sesklo

Reconstitution de l’acropole de Sesklo (6.000 à 5.300 ans av. J.C.)

Sesklo    Le site de Sesklo a donné son nom à une culture qui a couvert de 6.000 à 5.300 ans av. J.C. un territoire qui s’étendait de la Macédoine grecque occidentale à la Phthiotide. il comprend une acropole entourée d’un mur d’un mètre d’épaisseur au-delà à l’intérieur duquel étaient bâtis des maisons carrées ou rectangulaires de une à deux pièces et pour certaines deux niveaux séparées les unes des autres par des allées étroites. Près du centre géométrique était érigé un vaste Megaron. Au pied de l’acropole s’étendait  une ville basse. Les murs des maisons étaient réalisés en briques crues posées sur un socle de pierres sèches. On suppose que les toitures étaient à deux pans.

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–––– exemple des deux sites de Domini, Tessalie (6.000 à 5.300 ans avant JC) ––––––––––––––––––––

dimini

reconstitution du site de Dimini avec son megaron (5.000 ans av. JC)

Dimini

 Dimini   Le site de Dimini présente deux exemples d’installation néolithique : l’une occupe le sommet d’une colline et une autre, mycénienne, s’est développée dans la plaine, à l’est et au sud-est. Seules les fondations de pierre des maisons les plus anciennes sont encore visibles. Les installations étaient implantées dans six enclos concentriques défensifs constitués de murs.  L’ensemble est couronné à son sommet par une cour rectangulaire de dimensions 30 m x 25 m sur lequel donne un mégaron (habitat principal) composé de deux chambres et d’un porche. Ce bâtiment, manifestement le principal édifice du village, date de la fin du néolithique (fin du 4ème millénaire avant JC); malgré son importance, il ne faut  pas l’imaginer comme un palais ou comme le prototype direct du futur palais mycénien; ce n’était que l’habitation rustique d’un chef de village.

Reconstitition d'une maison à Dimini

Reconstitition d’une maison néolithique à Dimini

    Dans la site de Dimini (IVe millénaire), le décor des céramiques est enrichi par l’introduction de la bichromie et l’apparition de motifs nouveaux, en particulier la spirale, comme sur cette jarre où des faisceaux de lignes parallèles s’organisent sans monotonie ni froide symétrie autour d’un motif central en spirale. On trouve un peu partout dans ce vaste espace des figurines d’aspect semblable. Les plus nombreuses sont des figurines féminines, généralement nues, aux formes plantureuses, aux caractères sexuels accusés et à l’attitude stéréotypée aux bras ramenés sur les seins ou sur le ventre. Certaines figurines, plus rares, sont masculines.

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–––– exemple des maisons de Lefkandi, île d’Eubée (1.200 à 1.100/1075 ans avant JC) ––––––––––––

Lefkandi     A Lefkandi, sur l’île d’Eubée, à l’orée orientale de la riche plaine lélantine qui sera l’objet au VIIIe siècle d’un conflit entre les cités de Chalcis et d’Erétrie. Le site se trouve en bordure de mer à mi-distance des deux cités. Il semble avoir été abandonné au début du VIIe siècle au moment de la guerre entre les deux cités (710-650 avant JC). Les constructions mises à jour datent paradoxalement de la fin de la période palatiale mycénienne (1.200-1.100/1075 avant JC) et le début des « siècles obscurs » où les sites fortifiés étaient abandonnés. La construction présentée ci-dessus a fait l’objet d’un agrandissement après sa construction, une abside ayant été ajoutée ultérieurement. Les archéologues pensent qu’elle était un lieu à vocation collective ou était « une maison de chef ». Elle était entourée de huttes avec lesquelles elle formait un village d’une centaine d’habitants.

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––––––––––––––––––– habitats et établissements mycéniens de l’âge du bronze –––––––––––––––––––

      L’âge du bronze est une période de la Protohistoire caractérisée par l’usage de la métallurgie du bronze, nom générique des alliages de cuivre et d’étain. Cette période a succédé à l’âge du cuivre (ou Chalcolithique) et a précèdé l’âge du fer. Les limites chronologiques de l’âge du bronze varient considérablement selon les aires culturelles et  géographiques considérées. Pour la Grèce, on considère que la civilisation des Cyclades correspond à  l’âge du bronze ancien (de -3200 à -1950 av. J.-C.) avec les sites de Grotta-Pélos et Kéros-Syros, la civilisation crétoise ou minoenne correspond à l’âge de bronze moyen (de -1550 à -1200 av. J.-C.) et la civilisation mycénienne ou hellénique font partie de l’âge du bronze.
    L’expression « siècles obscurs » ou « âges obscurs » fut popularisée par The Dark Age (1971) d’Anthony Snodgrass et The Greek Dark Ages (1972) de R. A. Desborough. À cette époque, la fin du xiiie siècle apparaissait comme une chute irrémédiable de la civilisation mycénienne, surnommée « la Catastrophe ». On parle aussi de « Moyen Âge grec ». Par contraste, le viiie siècle apparaît comme une véritable Renaissance de la Grèce.
    Selon Desborough, le recul du xiiie siècle s’explique par de grandes invasions. Snodgrass se montre plus prudent. Aujourd’hui, les historiens ont tendance à rejeter cette hypothèse, en l’absence de preuves archéologiques. L’effondrement de la civilisation mycénienne peut aussi avoir eu des causes climatiques déstabilisant l’équilibre économique et donc politique régional (la sédimentologie indique des sécheresses prolongées alternant avec des pluies diluviennes, d’où perte probable des récoltes et turbidité de la mer réduisant les prises de pêche1) car à peu près à la même époque, ladomination hittite en Anatolie prenait brutalement fin avec la destruction de leur capitale Hattusa, tandis que la fin de la XIXe et la XXedynasties égyptiennes étaient confrontées aux invasions des Peuples de la mer.
Il n’y a pas d’explication arrêtée à la chute du monde mycénien, mais son déclin progressif est probablement dû à une combinaison de phénomènes naturels, de tensions intérieures et de fragilité intrinsèque du système mycénien.
    Desborough et Snodgrass s’accordaient pour dresser un tableau apocalyptique de la période des âges sombres : chute dramatique de la démographie, perte de l’écriture et des techniques architecturales, pauvreté, etc.
    De fait, les grands palais mycéniens succombèrent aux incendies à Mycènes elle-même, Tirynthe, Pylos et Thèbes. En Crèteexceptée, aucune grande construction en pierre ne fut plus entreprise. Les grandes tombes collectives furent remplacées par des tombes individuelles, beaucoup plus modestes, ou par l’incinération. Le travail du bronze s’éteignit, faute des nécessaires contacts avec l’extérieur pour importer le cuivre et l’étain. Seule la céramique demeura comme trace matérielle de la culture de l’époque. Le linéaire B disparut, sauf à Chypre. Enfin, de grandes régions se trouvèrent dépeuplées, comme en Laconieet Messénie. Certaines populations cessèrent de cultiver leurs champs et se consacrèrent exclusivement à l’élevage.
    Les « siècles obscurs » paraissent aujourd’hui davantage une période de changement que de déclin; ils portent les prémisses des techniques, pratiques sociales et modes de pensée qui vont définir la Grèce archaïque. Ils sont aussi l’époque de rédaction de documents écrits dont certains d’une importance capitale dans la culture grecque: les poèmes homériques, l’Illiade et l’Odyssée attribués à Homère. La cité grecque ne semble plus apparaître d’un coup au viiie siècle : elle figure déjà en filigrane dans les textes homériques.

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–––– exemple des maisons de Nichoria (1.500 à 1.200 ans avant JC) –––––––––––––––––––––––––––––––

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reconstitution d’une maison du début de l’âge de bronze à Nichoria, Messénie dans le Péloponnése (d’après McDonald et autres)

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construction de l’unité IV-1 de Nichoria en Messénie – phases 1 et 2

Lefkandi

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Lefkandi

Nichoria    Nichoria était une implantation idéalement située pour l’établissement d’une vigie afin de surveiller la plaine et la côte. C’est un des plus grands sites de la région, un centre important pour le travail du bronze et un gros fournisseur de lin pour l’artisanat textile. Sa prospérité et sa chute sont liées à celles du palais de Nestor. Une image détaillée de la Messénie, aussitôt après la destruction du palais, est plus difficile à établir, notamment durant les siècles obscurs. Alors que le royaume de Pylos est organisé en deux provinces, qu’on y recense 240 établissements, qu’il possède une administration développée, une économie structurée et centralisée, une élite dirigeante cultivée, tout disparaît autour de 1.200 avant J.-C. Le site est réoccupé vers 1.100-900 : les archéologues ont repéré des traces d’activité domestique et des habitats construits avec les pierres du palais. Moins de douze sites ont été recensés pour les siècles obscurs. Au IXe siècle, ils sont concentrés dans des zones fertiles, la plaine du Stenyclarus et la vallée de la rivière Pamisos.

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–– exemple d’un grenier à Smyrne (800 ans avant JC) ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Reconstitution d'un grenier circulaire du vieux Smyrne (VIIIe siècle avant J.C)

Reconstitution d’un grenier circulaire du vieux Smyrne (VIIIe siècle avant J.C)

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–– exemple d’une maison urbaine à Olynthus ( Ve siècle avant JC ) ––––––––––––––––––––––––––––––

Les maisons des Grecs au Ve siècle avant J.C
    Les paysans vivaient dans des cabanes fabriquées en torchis, sans fenêtre et le toit était en chaume (paille après la moisson). Les gens plus aisés avaient une maison plus grande (1 pièce principale et deux chambres), puis la population riche, qui avait une maison comportant plus d’une dizaine de pièces…
    Le toit des habitations était le plus souvent fait de tuiles d’argile, les murs étaient faits de torchis ou de brique, les fenêtres étaient petites, peu nombreuses et n’avaient pas de vitres, seulement des volets donc la lumière rentrait surtout par la cour. Des murs de pierre entouraient la maison pour la protéger des intrus. Dans chaque habitation on trouvait un autel pour faire des offrandes aux dieux, dans les maisons on trouvait plusieurs pièces: l’andrôn une salle réservée aux banquets, le gynécée une pièce réservée aux femmes on y trouvait souvent un berceau, un lit, un métier à tisser ; la cuisine, les Grecs cuisinaient à même le sol, ils allumaient un petit feu de brindilles ou de charbon et n’avaient pas besoin de foyer pour cuisiner, l’atelier qui servait à stocker l’huile et le vin et la cour située au centre de la maison, on pouvait y travailler et tout autour on trouvait souvent une colonnade.
    Dans les quartiers populaires, la plupart des maisons étaient fort petites et formées seulement d’un rez-de-chaussée avec deux ou trois pièces exiguës. Lorsqu’elles possédaient un étage avec une ou deux chambres, on y accédait souvent par un escalier extérieur en bois. Ces mansardes pouvaient être louées à de pauvres campagnards ou à des étrangers qui désiraient avoir un pied-à-terre en ville . « Il y avait dans notre maison, dit un plaideur, un étage, qu’occupait Philonéos lorsqu’il résidait à la ville. »
    Les murs de ces maisons étaient en bois, en brique crue ou en cailloux agglutinés par un mortier fait de terre délayée. Ils étaient tellement faciles à percer que les voleurs ne se donnaient pas la peine de chercher à forcer les portes et les fenêtres ; ils préféraient faire un trou à travers ces minces cloisons, si bien que les cambrioleurs, à Athènes, étaient appelés toichorychoi, ce qui veut dire « perce-murailles ».
    Les proportions des maisons dont on distingue des traces à Athènes sont toujours exiguëes. Les portes, nous dit Plutarque, s’ouvraient sur le dehors et l’on frappait avant de sortir afin d’épargner aux passants le désagrément d’être heurtés par une porte brusquement ouverte.
Les toits étaient en terrasse. Les fenêtres, lorsqu’elles existaient, étaient nécessairement fort petites, de la dimension de simples lucarnes, puisque les Anciens ignoraient l’usage des vitres transparentes : si, par mauvais temps, l’on voulait obstruer les fenêtres, on ne pouvait le faire qu’au moyen de panneaux opaques.
    Lorsque de telles maisons étaient louées, le propriétaire, s’il ne recevait pas régulièrement le montant du loyer, employait, pour se faire payer son dû, des moyens énergigues : il enlevait la porte de la maison, ou bien les tuiles du toit, ou, enfin, il fermait l’accès du puits. Et les locataires insolvables allaient rejoindre la foule, nombreuse à Athènes, des sans-logis.
    Avant les VIIe et VIe siècles, les maisons étaient bâties en matériaux périssables, et étaient de plan circulaire, ellipsoïdal ou rectangulaire.
    Par la suite elles sont construites plus solidement avec des briques crues et des soubassements en pierre. La petite maison rectangulaire, à deux ou trois pièces, est la plus répandue.
    A partir du IVe siècle, on commence à embellir les façades et l’intérieur des maisons, qui deviennent plus vastes et plus luxueuse. La maison devient plus fonctionnelle mais aussi plus planifiée.
    Vers le IIIe siècle, sur le site de Priène, la galerie se voit réduite, l’andrôn disparaît même pour faire place à l’oikios. Les maisons sont plus élaborées, les femmes commencent à être séparées des hommes.
    Au IIe siècle, le portique nord est parfois rehaussé, les étages supérieurs font leur apparition. Les maisons ressemblent à celles de l’île de Délos.

plans d'un quartier et d'une maison urbaine à Olynthus (Ve siècle av. J.C.)plans d’un quartier et d’une maison urbaine à Olynthus (Ve siècle av. J.C.)

plan schématique du rez-de-chaussée d'une maison_d'Olynthe

Olynthus    Aux Ve et IVe siècles, la maison est plus élaborée. C’est le cas du site d’Olynthe où les maisons comportent une partie résidentielle (oikios) au nord et une galerie (pastas), qui communique avec une cour rectangulaire pavée. Sur l’un de ses côtés, se trouvent une salle réservée aux banquets (andrôn) et un vestibule, et de l’autre côté un magasin. A partir du IVe siècle, on commence à embellir les façades et l’intérieur des maisons, qui deviennent plus vastes et plus luxueuses. La maison devient plus fonctionnelle mais aussi plus planifiée.

la maison colorée à Olynthus (IVe siècle avant J.C.)

la maison colorée à Olynthus (IVe siècle avant J.C.)

     Les maisons olynthiennes du Ve siècle et de la première moitié du IVe, sont loin d’être aussi modestes que leurs contemporaines athéniennes. Beaucoup avaient deux étages et de 6 à 12 chambres au rez-de-chaussée. La pièce la plus caractéristique présente une dépression rectangulaire centrale, ornée de mosaïques et entourées d’une bordure en ciment. Il n’y a pas de colonnes autour de la cour centrale sur laquelle s’ouvre la pièce principale accostée d’une seconde pièce communiquant avec elle et avec la cour. Ces détails reparaissent dans les maisons de Doura-Europos, où l’on avait déjà soupçonné une origine macédonienne, aujourd’hui confirmée. Les pièces principales regardent vers le sud et sont ainsi abritées contre les intempéries. Sur l’un des côtés court une loggia d’où l’on dominait tout le site d’Olynthe. Les rues se coupaient à angle droit, suivant les principes de l’architecture urbaine mis à la mode par Hippodamos de Milet. (Revue belge de philologie et d’histoire, 1931)

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–––– exemples de maison grecque –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    La maison grecque de l’antiquité ne présente pas un modèle unique, elle va de la cabane rudimentaire du paysan construite en pierre ou en torchis couverte de chaume et parfois sans fenêtres à la maison de plusieurs pièces à deux étages articulées autour d’une cour.

maison grecque (-IVe siècle)°°°

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Le rez-de-chaussée d’une grande maison grecque au IVe siècle :

1 – porche d’entrée et vestibule
2 – cour
3 – autel
4 – salle à manger
5 – office
6 – portique
7 – cuisine
8 – four ou foyer
9 – salle de bains
10 & 11 – salles de séjour
12 – pièce du gynécée
13 – atelier, magasin à vivres

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Oikios à Heraklia`Oikios à Heraklia

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–––– la maison déliante au IIe siècle ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

maison déliante

    Dans l’île de Délos on rencontre des habitations plus grandes et plus luxueuses. Les états des lieux, annexés aux baux des domaines d’Apollon délien, nous font connaître les pièces ou bâtiments qui, réunis dans un enclos, composent une forme grecque : ce sont la chambre à coucher, la chambre pour les hommes, l’étable, l’écurie, la bergerie, le grenier pour les céréales, la grange pour la paille, le moulin, le cellier pour les grandes vases d’argile ; on signale rarement un étage. La ferme atteint souvent un jardin.
    Les maisons riches des villes différaient selon les régions et selon le goût des propriétaires. Les fouilles nous ont livré deux types principaux : l’un à Priène, l’autre à Délos. La maison priérienne comprend trois parties : une cour ; au fond de la cour un vestibule, largement couvert et soutenu par deux colonnes ; enfin une ou deux chambres, donnant sur le vestibule.
     La maison délienne a comme centre une cour entourée d’une colonnade ; sur la rue, de petites pièces, isolées du reste de la maison, servent de boutiques ; un large passage conduit à la cour et, tout autour de la cour, s’ouvrent des chambres de dimensions variables, salle de réception, salles à manger, cuisine, communs ; à noter les latrines, avec un système primitif de tout-à-l’égout. Un escalier conduit à l’étage, dont les pièces s’ouvrent sur une galerie portée par la colonnade de la cour. Pendant longtemps on se contenta d’étendre sur les murs un lait de chaux, qui masquait les imperfections de la construction. Avec le progrès du luxe, la décoration se complique et s’enrichit. A l’époque hellénistique, les murs sont recouverts de stucs peints qui, toujours disposés de même, constituent un vrai système décoratif. Ils prétendent imiter la construction en marbre des grands édifices et en reproduisent les éléments essentiels. : au ras du sol une plinthe, puis des grands lambris rectangulaires, un bandeau mouluré, décoré parfois de guirlandes, de personnages, enfin plusieurs assises de panneaux rectangulaires. Au-dessus de ces assises des colonnettes ou des pilastres supportent un entablement. Cette décoration stuquée et peinte se retrouve dans tout le monde grec, à Alexandrie, à Délos, à Priène, à Théra, en Macédonie, dans la Russie méridionale ; elle est le point de départ de la décoration murale des maisons romaines de Pompéï.
     Le mobilier a toujours été rudimentaire. Le Grec, qui vit beaucoup au dehors, ignore à peu près le luxe de l’ameublement. On a des sièges sans dossier, des chaises à haut dossier. Les tables sont basses, le plus souvent rondes et à trois pieds. Le lit est bas, muni de couvertures et d’oreillers. On renferme les vêtements, les objets de toute sorte dans de grands coffres. On éclaire avec des lampes de terre cuite ou de bronze, à une ou plusieurs mèches. On se chauffe avec de hauts braseros de terre cuite.L’architecture publique privilégie la construction de temples, l’absence de palais s’explique par le fait que les Grecs anciens n’ont pas eu de royauté1

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–––– Définitions ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Achéens :
les Achéens sont l’un des premiers peuples Indo-européens à avoir envahi la Grèce. Ils y apparaissent vers 1900 av. J.-C.. Ils sont originaires des régions plus septentrionales et arrivent par l’Ouest. Ils s’installent d’abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils chassent les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire (usage de l’épée au lieu du poignard, usage du bronze). Ils vont ensuite dominer les populations de Béotie, d’Attique et enfin du Péloponnèse où ils vont s’arrêter en Argolide. Un groupe ira même former la population ionienne d’Asie Mineure. (Wikipedia)

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Andrôn :
L’andrôn (du grec ancien ἀνδρών / andrốn) désigne dans l’architecture domestique grecque antique littéralement la pièce ou la partie de la maison réservée aux hommes.
Elle consistait en une cour découverte (aulê), entourée de colonnades, autour de laquelle étaient disposés les divers appartements exigés pour le service du maître et de ceux qui étaient à lui. Elle était séparée de l’autre division, qui contenait les appartements des femmes par un passage et une porte. (Wikipedia)

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 Doriens :
Les Doriens (grec ancien : Δωριεῖς, Dōrieis, singulier Δωριεύς, Dōrieus) étaient l’un des quatre ethnē majeures de la grèce antique que les historiens de l’époque classique reconnaissaient comme constituant leur propre peuple. (les autres peuples étant les Achéens, les Ioniens et les Éoliens). Ethnos a ici le sens de groupe ethnique. Hérodote utilisait ce mot pour les désigner. Ils sont cependant le plus souvent appelé juste les Doriens dans des textes littéraires aussi anciens que l’Odyssée, qui les localisait à l’époque dans l’île de Crète.
Ils étaient très diversifiés dans leur vie et leur organisation sociale qui allait depuis la cité commerciale de Corinthe connue pour son style ornementé dans l’art et l’architecture, jusqu’à l’état militaire isolationniste de Sparte. Pourtant, tous les Hellènes savaient quelles villes étaient doriennes et lesquelles ne l’étaient pas. A la guerre, les États doriens pouvaient généralement compter sur l’assistance des autres États doriens. Les Doriens se distinguaient des autres grecs par leur dialecte et par des caractéristiques sociales et historiques.
Au 5e siècle avant JC , Doriens et Ioniens étaient politiquement les deux plus importants groupes ethniques. Leur confrontation a abouti à la Guerre du Péloponnèse.
Les opinions quant à leur lieu d’origine sont diverses. Une théorie largement admise dans les temps anciens est qu’ils provenaient des régions montagneuses du nord et du nord-est de la Grèce, en Macédoine et en Épire, d’où, à la suite d’obscures circonstances, ils se seraient déplacés vers le Péloponnèse, les îles Égées, la Grande-Grèce, Lapithos et la Crète. L’origine des Doriens est un concept à multiples facettes. Pour la science moderne, le terme a souvent représenté l’emplacement de la population qui a diffusé le dialecte dorique grec au sein d’une population de langue proto-grecque hypothétique. Ce dialecte est connu à partir de sources classiques issues du nord-ouest de la Grèce, du Péloponnèse, de la Crète et de diverses îles. L’information ethnique et géographique trouvée dans le texte littéraire connu le plus ancien de la Grèce occidentale, l’Iliade, combinée avec les registres administratifs des états Myceniens antérieurs, prouvent à la satisfaction générale que les locuteurs de l’est de la Grèce étaient autrefois dominants dans le Péloponnèse mais ont subi un revers et ont été remplacés, au moins dans les niveaux supérieurs de la société, par des locuteurs de l’ouest de la Grèce. Un évènement historique est associé à ce renversement. Les Grecs classiques l’appelaient « le retour des Héraclides », les historiens moderne le nomment l’invasion dorienne.
Cette théorie du retour ou d’une invasion présuppose que les locuteurs de la Grèce orientale vivaient dans le nord-ouest de la Grèce puis ont envahi le Péloponnèse, remplaçant par leur propre dialecte celui des Grecs qui s’y trouvaient. Il n’existe aucune autre source de l’âge du bronze que les registres mycéniens, l’existence d’un peuplement hellène à l’ouest de la Grèce à cette époque ne peut ni être prouvée, ni être infirmée. Au contraire des Grecs orientaux, ils ne peuvent être associés à aucune preuve d’un évènement migratoire. Cela suggère comme preuve circonstancielle que le dialecte dorien était diffusé parmi les Hellènes au nord-ouest de la Grèce, une région très montagneuse et quelque peu isolée. (Wikipedia)

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gynécée :
   Le gynécée (du grec ancien γυναικεῖον/gynaikeîon) est l’appartement des femmes dans les maisons grecques et romaines.
    La zone allouée aux femmes est utilisée pour les activités qui leur sont traditionnellement dévolues. La société grecque antique les confine dans des rôles liés au foyer. La pensée grecque les excluait des tâches intellectuelles ou culturelles, comme au théâtre, qu’il soit comique ou tragique, où les femmes étaient interdites de scène — les rôles féminins étaient exclusivement tenus par des hommes —, mais également d’assister aux représentations.
    Comme tout lieu où s’exerce une ségrégation sexuelle, le gynécée est empreint d’érotisme. Ajoutons à cela que lamythologie grecque place nymphes, ondines et déesses sous des formes féminines évoquant leur grâce, il n’en fallait pas plus pour inspirer les artistes se réclamant de cet héritage.

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herôon :
    Un hérôon (au pluriel Heroa, en grec ἡρῷον) est un édifice d’architecture gréco-romaine dédié à un héros ou à une héroïne et construit au-dessus de la tombe ou du cénotaphe de celui-ci. Il était consacré à la commémoration ou au culte rendu au fondateur de la cité dit aussi œciste. (Wikipedia)

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Ionien :
    L’ionien est un groupe dialectal du grec ancien, parlé dans une grande partie du pourtour de la mer Égée, principalement dans la région ancienne Ionie et ses colonies. (Wikipedia)

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megaron :
   Le mégaron (μέγαρον) est le nom de la pièce principale (parfois unique) des habitations de l’âge du bronze, en Grèce et en Anatolie. Elle dispose d’un foyer central entouré de deux ou quatre colonnes, et par extension le nom de ce type de maison. Il existe plusieurs variantes du mégaron, à partir d’un type général, qui est la « pièce longue », grande pièce rectangulaire où la porte se situe alors toujours sur l’un des petits côtés. Cette pièce rectangulaire est séparée en deux par une colonnade en bois qui soutient un toit à double pente couvert de bois ou de paille. Un large espace vide entre le toit et le mur de façade permet l’entrée de la lumière et l’évacuation de la fumée car la maison grecque standard n’a pas de cheminée (seuls les riches ont des conduits pour cheminée). Cette configuration pourrait être originaire de la Russie de l’époque paléolithique.
   Chez Homère, le terme « mégaron » ne désigne qu’une grande salle mais en archéologie, l’usage limite aujourd’hui sa signification à une certaine forme architecturale que l’on trouve dans tous les palais mycéniens. Le mégaron mycénien se compose d’un porche (αἴθουσα), d’un vestibule (πϱόδομος) et d’une grande salle abritant un foyer central et un trône. Le porche donne sur une cour à laquelle on accède par un portail ornemental.
    Le temple grec serait peut-être la forme la plus aboutie du mégaron. (Wikipedia)

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Mycènes :
    Mycènes (en grec ancien Μυκῆναι / Mykễnai) est une cité antique préhellénique située sur une colline au nord-est de la plaine d’Argos, dans le Péloponnèse, et entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes). Mycènes donne son nom à la civilisation mycénienne, qui se développe à partir de 1700 av. J.-C. en Grèce continentale. Ainsi, on a retrouvé des vases en céramique et en métal précieux, des perles d’ambre et un masque funéraire en électrum dans le cercle B des tombes à fosse situées près de l’acropole, daté de 1650-1600 av. J.-C. Il témoigne de la transition entre les premières tombes, au matériel relativement modeste, et le cercle A (1600-1500 av. J.-C.), qui a livré une impressionnante quantité d’or et d’objets précieux. Le matériel et l’iconographie des tombes montrent que Mycènes est alors dominée par une aristocratie guerrière, dont les représentants affichent une taille et une force physique supérieures à la moyenne, sans doute grâce à une meilleure alimentation. Elle se distingue par son goût pour les objets de luxe et par l’importance accordée aux monuments funéraires. La cité est gouvernée par un monarque appelé « wa-na-ka » dans la langue mycénienne des tablettes en linéaire B, correspondant au mot (ϝ)άναξ / (w)ánax (« roi ») de la langue homérique. (Wikipedia)

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oikos :
    Le mot oïkos en grec ancien signifie « maison » ou « maisonnée ». Il désigne le domaine familial avec la maison et les habitants de ce domaine : famille plus ou moins large, esclaves. L’oikos est sous l’autorité du chef de famille, lui-même citoyen. En Grèce antique chaque personne était rattachée à un oïkos, un ensemble de biens et d’hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production, une « maisonnée ». Il s’agit à la fois d’une unité familiale élargie – des parents aux esclaves – et d’une unité de production agricole ou artisanale. Il définissait l’ensemble des biens et des hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production. Le terme désigne à la fois un lieu et une action : l’habitat et les échanges qui fondent le regroupement social. C’est pour cette raison que ce même mot est à la racine des mots écologie et économie. Ces deux disciplines, longtemps considérées comme antinomiques, sont en réalité interdépendantes: pour nous, le développement économique tient compte des ressources naturelles et humaines mobilisées, et la protection de l’environnement suppose de nouvelles dynamiques qui le rend possible.

    En Grèce antique, dès l’époque homérique, chaque personne était rattachée à un oikos (du grec ancien οἶκος, « maison »), un ensemble de biens et d’hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production, une « maisonnée ». Il s’agit à la fois d’une unité familiale élargie – des parents aux esclaves – et d’une unité de productionagricole ou artisanale. Dans l’empire byzantin, le terme sert à désigner les grandes familles d’aristocrates, au sens de « maisons » aristocratiques. L’Oikos était également une sorte de base de ralliement durant les jeux olympiques en Grèce, elle permettait de conserver les prix gagnés sur les sites comme Delphes,Corinthe, Némée etc. mais aussi de réunir les athlètes venus d’une même cité. (Wikipedia)

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propylon et propylée :
   Du grec ancien προπυλαιον, propylaion (« id. ») de pro- (« devant ») et πυλών, pulon (« porte »), vestibule conduisant à un temple grécoromain et par extension, entrée monumentale.
    Un propylée est à l’origine un vestibule conduisant à un sanctuaire. Aujourd’hui on l’emploie au pluriel, il désigne un accès monumental. C’est la porte d’entrée d’un sanctuaire, la séparation entre un lieu profane (la cité) et un monde divin (le sanctuaire).
Le plus célèbre exemple de propylée est celui de l’Acropole d’Athènes, réalisé par Mnésiclès de 437 à 432 av. J.-C., dans le cadre des grands travaux de Périclès après les guerres médiques. Il est composé d’un vestibule central et de deux ailes de chaque côté. À l’Est et à l’Ouest, il est flanqué de deux portiques avec six colonnes doriques. L’aile nord se nomme lapinacothèque et était une salle de banquet et d’exposition d’œuvres d’art. (Wikipedia)

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Home, sweet home au Japon – maison ossature bois dans la baie de Wakaura – Archivi architectes & associés

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lieu d’implantation : ville de Wakayama, Japon
concepteurs :
 Archivi Architectes (Seiichi Kubo, Yoshinobu Kagiyama, Mine Muratsuji)
fonction : résidence principale
structure : bois
superficie du bâtiment : 1 162 pieds carrés
surface totale du terrain : 1431 pieds carrés
niveaux : R + 1 + terrasse en toiture
Photographies : Yutaka Kinumaki

   Cette villa à ossature bois de deux étages se situe dans la ville de Wakayama située dans un secteur résidentiel de la partie Est de la Baie de Wakaura, au pied du parc national très fréquenté du mont Akibasan. Les architectes de l’agence Archivi (Seiichi Kubo, Yoshinobu Kagiyama, Mine Muratsuji). Le terrain d’implantation était peu propice à l’accueil d’une construction compte tenu de sa surface réduite et sa forme compliquée que les architectes qualifiait de « bossue ».
   Les architectes ont choisis de développer la construction autour d’une cour centrale aménagée en jardin traversée et contournée par un corridor de liaison largement vitré qui remplit  également la fonction de galerie pour abriter la collection léguée par le grand-père.  Les différentes pièces de la villa possède de larges baies vitrées pour pouvoir profiter de la lumière, de la végétation et de l’environnement naturel de la baie de Wakaura. Le jardin intérieur est ainsi visible de pratiquement tous les points de la villa. Les architectes ont également cherché à prolonger les espaces intérieurs sur l’extérieur par l’aménagement de terrasses bois et rendu accessible la toiture terrasse.
arbre subi ou cèdre japonais  Après avoir fait largement appel aux techniques et matériaux nouveaux, les japonais reviennent aujourd’hui aux matériaux et techniques traditionnels jugés de meilleure qualité. Les matériaux utilisés pour la construction de la villa l’ont été dans une optique de développement naturel et durable en référence aux techniques traditionnelles des charpentiers locaux. C’est ainsi que le cèdre et le cyprès japonais ont été utilisés pour la réalisation de la structure principale, les planchers et les revêtements même ceux composés d’éléments tressés. Les plafonds et certains revêtements intérieurs ont été réalisés en contreplaqué de bois Lauan. L’arbre sugi, qualifié de japan cedar en anglais, n’appartient pas en fait à la famille des cèdres mais est apprécié pour son bois clair et est largement utilisé dans la construction de maisons modernes. Le cyprès japonais, quand à lui, est une espèce de cyprès qui pousse à 35 m de haut et qui est cultivé pour son bois de très haute qualité. Le contreplaqué lauan est pour sa part beaucoup moins écologique, le bois de lauan, anciennement importé des Philippines, l’est aujourd’hui d’Indonésie et de Malaisie par suite de la destruction de 85 % des forêts de l’archipel philippin.

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axonométries montrant la structure interne de la maison et l’organisation des espaces

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–––– les façades  et les patios ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

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façades donnant sur l’un des jardins intérieurs : largement vitrés, les volumes intérieurs se projettent sur l’espace extérieurs par l’intermédiaire de balcons et de larges terrasses en bois.

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vue sur la galerie qui sépare la cour centrale en deux jardins et sur l’escalier d’accès au niveau 1

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partie supérieure de la maison : le toit de la galerie est traité en coursive de circulation extérieure et la toiture en terrasse accessible aménagée

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–––– plans et vues intérieures –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

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 plan du rez-de-chaussée

    . Une paroi pleine en bois isole la maison et ses jardins de la rue
    . l’entrée et de l’espace de stationnement des automobiles sont situés latéralement
    . l’entrée de la maison est précédée d’un porche d’où l’un des jardins est visible
    . le vestibule se prolonge par une première galerie adossée au mur sur rue et ouverte sur les jardins.
    . la galerie conduit à une première pièce ouverte sur un jardin et à espace de dépôt.
    . une 2ème galerie vitrée perpendiculaire à la 1ère traverse la cour et conduit au séjour-cuisine
   . l’espace séjour-cuisine se prolonge dans le jardin par une vaste terrasse
   . l’escalier d’accès à l’étage est accolé à cette seconde galerie
   . une autre pièce donne sur l’espace séjour-cuisine ainsi que des sanitaires

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plan du niveau 1

    . les volumes bâtis ne sont plus en continuité mais séparés par les espaces jardins
   . l’escalier issu du R-de-C débouche sur une coursive ouverte sur l’espace séjour-cuisine
   . la coursive donne accès à une pièce, un sanitaire et à l’escalier d’accès à la terrasse haute
   . la toiture du volume annexe séparé est traité en terrasse accessible grâce à un escalier

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coupes transversale et longitudinale

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Vue de la galerie adossée contre le mur isolant de la rue et ouverte sur le jardin à partir du volume annexe extérieur

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vue du porche et de l’entrée, de la coursive du niveau 1 donnant sur le vide séjour-cuisine du R-de-C et de l’escalier d’accès à la toiture terrasse

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vue sur les volumes intérieurs

 

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–––– le point de vue d’Enki ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    L’architecture contemporaine du Japon frappe toujours les européens par sa spécificité et par la grande liberté formelle dont elle fait preuve.  Les architectures européenne et américaine ne se sont pas encore complètement dégagées des canons de l’architecture traditionnelle et expriment souvent un formalisme de composition dans la recherche du « beau » ou du « pittoresque » qui ramène au classicisme ou à l’expressionnisme même si cela est un peu moins vrai pour l’architecture américaine qui peut faire preuve d’un certain éclectisme.
   L’architecture japonaise moderne apparaît tout au contraire pragmatique. Les volumes, les matériaux sont représentés pour ce qu’ils sont, dans leur vérité première, sans être contraints de se couler dans un moule esthétique prédéterminé. De cette pratique qui s’apparente à une philosophie nait une architecture spontanée et naturelle souvent jugée par l’européen comme éclectique et parfois même hétéroclite.
 La maison conçue par les architectes du cabinet Archivi dénoterait sans doute dans un environnement urbain européen avec son manque d’homogénéité au niveau de la volumétrie et ses multiples édicules qui jaillissent des volumes de base mais elle est intéressante dans la mesure où son architecture s’affranchit des préjugés et des règles esthétiques préétablies.

 Les architectes font référence aux préoccupations environnementale et de développement durable, préoccupations qui auraient été les leurs lors de la conception du projet. S’il est vrai que le bois local a été largement utilisé pour la structure de la construction, cela est moins vrai pour la réalisation des parements en contreplaqué fabriqués à partir de bois du sud-est asiatique dont la production est aujourd’hui mal contrôlée et contribue à une déforestation dévastatrice dan cette région du monde. Mais le problème principal est posé par le choix d’une architecture éclatée ou les surfaces habitables largement vitrées pour des raisons esthétiques se répartissent dans des volumes séparés par des jardins et des patios, ce qui a pour conséquence d’augmenter de manière très importante les surfaces de façades et donc les déperditions calorifiques qui en découlent. Sur le plan de la consommation énergétique liée au chauffage, ce projet ne contribue en rien à l’affirmation du principe de développement durable.

    L’organisation intérieure des pièces étonnera également un observateur occidental mais ne peut s’analyser qu’en référence avec la maison japonaise typique à laquelle le projet se réfère et qui privilégiait, dans un plan éclaté en équerre ou en « U », une cour intérieure fermée et un « couloir-service » par lequel les différentes pièces s’ouvraient sur la cour.

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Exemple de résidence typique japonaise D’après Engel H., The Japanese House, p 92.

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     Enfin, de manière anecdotique, le projet de l’agence Archivi me semble pouvoir apporter une réponse sur le plan architectural – même si cette réponse ne constituait vraisemblablement pas pour les architectes auteurs du projet un but recherché – au problème de l’intégration de constructions ou de maisons à toitures terrasses dans un environnement bâti à toitures en pentes grâce à la présence de l’édicule de couverture de l’escalier qui introduit dans l’architecture des façades un élément oblique structurant qui fait référence à l’oblicité des toitures environnantes. Ce traitement en oblique d’éléments secondaires mais occupant une place très visible dans une architecture aux toits plats pourraient permettre dans certains projets de faciliter leur intégration dans un environnement bâti traditionnel.

Enki signature °°
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le 4 juin 2014

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Home, sweet home : Schield House à Denver (USA), ex atelier H:T architects

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maison à Denver - agence H:T, Christopher Herr, architecte

Schield House, la maison bouclier à Denver – agence H:T architects

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les architectes Christofer Herr et Brad Tomecek, fondateurs de l’agence d’architecture H:T de 2005 à 2014, année où il se séparèrent.

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maison Bouclier : angle sud-ouest

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   La maison « bouclier » a été construite dans la ville de Denver (Colorado) sur un terrain long et étroit et se veut un exemple d’insertion urbaine. Son surnom lui vient de la forme courbe donnée à une partie de sa façade Ouest qui abrite l’espace dans lequel se développe les circulations verticales reliant les quatre niveaux de la maison. Les architectes ont voulu établir un contraste esthétique fort entre le traitement de l’espace dévolu aux parties habitables (pièces de vie, chambres et leurs annexes) et le traitement de l’espace regroupant les circulations horizontales et verticales.

Schield House à Denver : coupes

     La structure de la « Maison Bouclier » apparait clairement exprimée sur les deux coupes et la perspective présentées ci-dessus : une structure parallèlépipèdique étroite de 4 niveaux dont l’un est enterré et celui qui est le plus élevé est constitué d’une terrasse accessible. Les 4 niveaux sont reliés entre eux par un volume se développant sur toute hauteur et débordant sur la terrasse haute par une extension en forme de casquette.

Données du projet

  • Architectes : studio H:T architects – Brad Tomecek, architecte de projet
  • Projet : Schield House, (Maison Bouclier)
  • Lieu: Denver, Colorado, États-Unis
  • client : Erikson
  • équipe de projet : Kevin Seitmann
  • architecte paysagiste : 360 Driven
  • décorateur : O Design Intérieur
  • entrepreneur : Cottonwood House
  • Photographie: Raul Garcia
  • Achèvement du projet: 2010
  • Superficie du terrain : 8 250 pieds carrés
  • Superficie du bâtiment: 3 250 Pieds carrés

    L’espace du rez-de-chaussée est constitué de deux volumes juxtaposés : un volume étroit créé par le bouclier arrondi flanqué contre la maison qui abrite le hall d’entrée, un sanitaire, les escaliers d’accès aux étages et au sous-sol et le volume principal de la maison aménagé en  pièce unique regroupant séjour, salle à manger et, en position centrale, une cuisine ouverte. Le choix a été fait de ne pas isoler le grand volume de vie des circulations : il n’existe pas de portes permettant d’isoler cet espace du hall d’entrée et des paliers de l’escalier et il faut traverser le séjour pour descendre au sous-sol. Le choix de la transparence et de l’ouverture des espaces fonctionnels entre eux est ici clairement exprimé.

    Le niveau inférieur aménagé au sous-sol est un espace annexe aux pièces principales de la maison qui comporte une grande pièce d’activité ou de jeu, des petits locaux de service et une chambre d’appoint pour les invités avec sa salle de bain. Ces pièces sont apparemment éclairés par l’intermédiaire de courettes anglaises. Là également aucune fermeture ne permet d’isoler la grande salle d’activité de l’escalier, ce qui pose le problème de la gêne créée pour le reste de la maison en cas d’activités bruyantes qui auraient lieu dans cet espace. De la même manière, on constate que l’accès à la chambre d’ami s’effectue par la salle d’activité alors qu’il aurait été aisé, de la desservir directement par le palier de l’escalier.

Schield House à Denver - atelier H:T architects : plans

Schield House à Denver – ci-dessus : plans du sous-sol et du rez-de-chaussée  
ci-dessous : vue de l’espace ouvert séjour/cuisine/escalier

Schield House à Denver : séjour au rez-de-chaussée

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la cuisine ouverte

maison bouclier : la façade côté rue avec l'entrée

maison bouclier : la façade côté rue avec l’entrée

       Le niveau 1 est celui des chambres. Trois au total flanqués de trois salles de bains et d’espaces de rangements. Le niveau est accessible à partit du rez-de-chaussée par l’intermédiaire d’un escalier droit qui recouvre exactement l’escalier qui descend au sous-sol et qui dessert une coursive ouverte à partir de laquelle on accède aux différentes chambres. C’est à partir de ce niveau que le mur bouclier qui clôt et protège l’espace des circulations horizontales et verticales de la maison commence à s’incurver. Cette disposition fait que l’accès au niveau 2 ne peut s’effectuer de la même manière que pour les deux premiers niveaux et que le troisième escalier est décalé vers l’intérieur de la maison de l’autre côté de la coursive et ne s’aligne plus sur les deux autres.

Schield House à Denver - atelier H:T architects : plans

Schield House à Denver – ci-dessus : plans des niveaux 1 (chambres) et 2 (toiture terrasse)
ci-dessous :
 vue d’une chambre et de sa salle de bains

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espace des circulations au niveau 1 : à gauche l’arrivée de l’escalier venant du rez-de-chaussée, au centre, coursive, à d’oie escalier conduisant à la toiture terrasse

    Le niveau 2 est celui de la toiture terrasse accessible et d’un petit édicule placé sous la courbe du bouclier qui joue à ce niveau le rôle de toiture. Cet édicule remplit deux fonctions : celle d’abriter un petit espace lié à la terrasse qualifié de « patio » et cette de permettre par ses fenêtres l’entrée de la lumière naturelle de manière à ce qu’elle inonde le volume des circulations horizontales et verticales.

niveau 1 : l’espace circulation sous le bouclier avec l’escalier d’accès à la toiture terrasse

maison Bouclier de Denver : la terrasse supérieure et l'édicule

maison Bouclier de Denver : la terrasse supérieure offrant la vue sur la ville et l’édicule édifié par le retour en toiture du bouclier

maison Bouclier de Denver : la terrasse supérieure

le bouclier métallique

Le boucler métallique et sa structure

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niveau 1 : l’espace circulations sous le bouclier avec l’escalier d’accès à la toiture terrasse

A l’extrémité nord du terrain, une piscine a été réalisée et un petit bâtiment annexe implanté qui ferme la vue sur les constructions voisines et qui, avec ses canapés et sa cheminée, constitue un lieu de refuge, presque de méditation, à l’écart de la maison.

Shield house : annexe nord

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Shield house : intérieur de l'annexe nord

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le point de vue d’Enki

   Programme difficile pour les architectes de l’agence H:T. Construire une maison individuelle sur terrain linéaire et étroit entourés de constructions dans un quartier fortement urbanisé n’était pas aisé. Le parti d’une maison également étroite et linéaire se développant sur plusieurs niveaux s’imposait mais le risque était grand que les contraintes physiques du site investissent de manière totale l’architecture et que celle-ci se réduise à l’expression d’un volume parallélépipèdique sommaire. L’adjonction sur la façade Est d’un élément architectural singulier dont la forme et le matériau sont en rupture complète avec la volumétrie et l’architecture du bâtiment principal a pour conséquence qu’un évènement architectural majeur est créé qui change la donne. Cet élément constitué d’une paroi en métal cintré sans ouvertures qui se prolonge au-dessus du bâtiment et se retourne horizontalement en formant toiture a donné son nom à la maison : Schield House, c’est-à-dire la Maison bouclier. Si les concepteurs ont visualisé cet élément comme un bouclier, des commentateurs l’ont perçu plutôt comme une voile gonflée par le vent.
    Ce qui est intéressant dans la démarche des architectes, c’est que cette adjonction d’un élément intéressant sur le plan formel ne se réduit pas à un acte motivé par des raisons uniquement esthétiques mais découle de l’organisation même de la construction et de son fonctionnement. Les architectes ont voulu concentrer l’ensemble des circulations horizontales et verticales de la maison dans un volume unique se développant en hauteur. Compte tenu du développement tout en longueur de la maison selon un axe nord-sud, il était impératif que cet espace se situe en position centrale de la maison et sur son côté Est pour laisser aux pièces habitables le privilège d’être orientée vers le sud ou l’ouest. En même temps cet espace de circulation, véritable articulation des volumes et  fonctions de la maison, devait être bien éclairé de manière naturelle or la façade Est donne sur un immeuble collectif qui possède une vue plongeante sur la propriété. Des ouvertures en façade Est du bouclier auraient eu pour effet d’interdire toute intimité à l’espace de circulation. Le traitement de la façade du bouclier en tôle métallique aveugle permet de bloquer les vues sur cet espace. L’éclairage naturel est assuré de deux manières différentes et complémentaires : par deux ouvertures verticales latérales crées par le décalage en plan du bouclier par rapport à la façade Est du bâtiment principal qui offrent en même temps des vues sur le jardin et la rue selon l’axe Nord-Sud et de manière zénithale par les façades ouvertes de l’édicule en terrasse créé par le débordement du bouclier en toiture. Ainsi, plus qu’une voile, la paroi métallique incurvée de la façade Est agît comme un bouclier protégeant le ventre mou de la maison constitué par son espace circulation et l’écheveau des circulations permettant l’accès aux espaces habités, des incursions visuelles de la ville qui l’encercle.
   Autre intérêt du bouclier, son débordement en partie haute du bâtiment principal au dessus du toit terrasse créé sur un bâtiment essentiellement parallélépipèdique un effet ponctuel de toiture en pente particulièrement intéressant pour les constructions devant être réalisées dans un environnement dans lequel l’architecture traditionnelle est dominante.

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le 24 mai 2014

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Home, sweet home : Two houses à Houston (2008 & 2010) – Olson Kundig architecte (E.-U.)

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Jim Olson et Tom Kundig, architectesJim Olson et Tom Kundig, architectes

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Le cabinet Olson Kundig Architects

    Le cabinet Olson Kundig Architects de Seattle a été fondé par l’architecte Jim Olson en 1967 et est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs cabinets d’architectes d’Amérique du Nord. A la fin des années 1960, Jim Olson a engagé une réflexion sur le thème des relations interactives qui s’opéraient entre les habitations et le paysage du Nord-Ouest américain dans lequel elles étaient implantées. Olson a commencé son activité d’architecte en s’appuyant sur quelques idées simples : les bâtiments pouvaient servir de pont entre la nature, la culture et les habitants et, lorsqu’ils étaient bien étudiés, pouvaient exercer un effet positif sur leur vie. 

    En 1996, Tom Kundig a rejoint l’agence en tant qu’associé. Les thèmes nouveaux qu’il a exploré et la richesse de sa créativité ont permis au cabinet devenu Olson Kundig Architects de se développer et d’acquérir une réputation internationale. Par la suite, deux autres développeurs, Alan Maskin et Kirsten Murray, ont rejoint le groupe en tant qu’associés et ont permis à l’agence d’étendre ses activités dans les domaines de la conception d’expositions, de l’aménagement intérieur et du design, et de l’intégration des projets aux paysages urbains et ruraux.

    L’entreprise compte aujourd’hui plus de 90 employés. Le travail d’Olson Kundig Architectes, dans des domaines aussi variés que les musées, le design commercial, les constructions scolaires, la conception d’expositions, le design d’intérieur, les lieux de culte et des résidences de luxe (souvent pour des amateurs d’art), est maintenant connu et apprécié dans le monde entier. La filiale « interiors studio », fondée en 2000, offre une gamme complète de services dans le choix des matériaux, la conception de meubles sur mesure et leur commercialisation. Interiors studio continue la longue tradition de continuité entre l’architecture et l’aménagement des espaces intérieurs. Leur première ligne d’accessoires, La Kundig Collection Tom, a été lancée en 2012. De par sa taille et sa structure l’agence combine les avantages de la force de frappe et de moyens d’une grande entreprise avec la souplesse et la réactivité d’une petite. La participation assidue des concepteurs à des séances de brainstorming ou tous les aspects de leur pratique architecturale sont analysés et font l’objet d’une évaluation a permis d’insuffler à toute l’équipe un sens aigu de la responsabilité et de l’engagement sur chaque projet.

    Parmi les récompenses de l’entreprise sont l’AIA Award 2009 National cabinet d’architecture (comme Olson Sundberg Kundig Allen Architects), prix nationaux et régionaux conception de l’American Institute of Architects,L’agence a remporté de la part de l’AIA ( American Institute of Architects) plus de 70 prix régionaux et nationaux , ainsi que des prix dessernés par l’ Athenaeum de Chicago. Tom Kundig a reçu le 2008 National Design Award en architecture de l’ Cooper-Hewitt, National Design Museum , un Academy Award en architecture de l’ Académie américaine des Arts et Lettres en 2007, et le Prix d’architecture émergente de l’ Architectural League de New York en 2004. Jim Olson a reçu l’AIA Seattle Medal of Honor en 2007. Les réalisations du cabinet ont été publié dans le New York Times , Architectural Digest , et Architectural Record, entre autres publications. 

Plusieurs livres ont été publiés pour présenter le travail de l’agence :

  • Tom Kundig: Maisons 2 (Princeton Architectural Press, 2011),
  • Jim Olson Maisons (The Monacelli Press, 2009).
  • Tom Kundig: Maisons (Princeton Architectural Press, 2006).
  • Art + Architecture: La Collection Ebsworth + Résidence (William Stout Publishers, 2006), le Musée Frye Art: Olson Sundberg Kundig Allen Architects (Documentaire médias, 2007).
  • une monographie de l’œuvre de l’entreprise, Olson Sundberg Kundig Allen Architectes: Architecture, Art et Artisanat (The Monacelli Press, 2003).

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Principales réalisations

  • Noah’s Ark Exhibit, Skirball Cultural Center, Los Angeles (2007)
  • Delta Shelter, Washington (2004)
  • Chicken Point Cabin, Idaho (2003)
  • The Brain, Seattle (2001)
  • Mission Hill Winery, Westbank, British Columbia (2001)
  • Ridge House, Washington (2001)
  • Red House, Denver (1999)
  • Studio House, Seattle (1998)
  • Frye Art Museum, Seattle (1997)
  • Hillclimb Court Building, Seattle (1985)
  • Gallery House, Seattle (1985)
  • Pike & Virginia Building, Seattle (1978)
  • Earth House, Washington (1969)

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la Wabi-Sabi House de Houston (2008)

Conception: Olson Sundberg Kundig Allen Architects (OSKA)

    L’architecte Rick Sundberg a été le concepteur principal de la maison Wabi Sabi à Houston, Texas, destinée au développeur Carol Isaak Barden + Société. L’architecture de la maison se voulait exprimer une synthèse des esthétiques orientale et occidentale et mettre en scène des matériaux naturels de manière sensuelle. 

    Rick Sundberg a expliqué la raison pour laquelle la maison avait reçue l’appellation de Wasi Sabi :  » Wabi Sabi est une expression japonaise qui signifie expression restreinte de l’humble et du simple. Au Japon et en Chine, l’attitude Zen implique que l’accent soit mis sur la simplicité et la sobriété, et les temples dédiés au Zen sont sublimement raffiné et sobre. Les moines ont toujours été conscients qu’un espace bien conçu pourrait avoir un effet positif sur le bien-être de ses occupants, ceci qu’il soit qu’il soit intérieur ou extérieur, par exemple dans un jardin. Le Wabi Sabi ne se réduit pas au travail accompli par la nature, ni à celui exclusivement accompli par l’homme. C’est la synthèse des deux « beautés discrètes, sans embellissement » qui le produit. La philosophie du Wabi Sabi invite à la sérénité et au calme et préconise un grand amour et un respect de la nature. »

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    Située dans un quartier résidentiel traditionnel de Houston, près de l’Université Rice et à proximité du centre culturel de la ville. Sa surface totale est d’environ 346 m2 et comprend 3 chambres à coucher et 3 salles de bains.  Bâtie en bois, elle exprime la beauté des matériaux naturels et des formes simples et modernes. Les vieux arbres présents sur le site ont non seulement été conservées, mais ont influencé de manière forte le projet de Sundberg en conditionnant l’emplacement des fenêtres et l’organisation des terrasses qui contournent un arbre de noix de pécan. La teinte chaude du bardage en red cedar donnée par le vieillissement naturel est repris à l’intérieur de la maison avec l’utilisation de bois de natures diverses, bambou et teck de récupération. La présence d’un puits de lumière au centre du bâtiment, de grandes fenêtres ouvrantes et d’une terrasse sur le large toit permettent de bénéficier de lumière et d’une ventilation naturelles – Photo © Don Glentzer.

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Une maison à l’architecture voisine : Handmade House à Houston (Texas)
– année 2010.

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POT-POURRI de photos de la maison Hand-made

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Home, sweet home – Douglas House à Harbour Springs (Michigan), architecte Richard Meier

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Richard MeierRichard Meier en 1967

   Richard Meier est né en 1934 à Newark, New Jersey (États-Unis). En 1963, il crée son agence dans son appartement de New York, sa première commande étant une maison pour ses parents à Essex Fells, New Jersey (États-Unis). En parallèle à son activité d’architecte, il enseigne à la Cooper Union (1962-1973), à Yale (1975-1977) puis à Harvard (1980-1981). Il est l’auteur de plusieurs maisons particulières dont la célèbre Douglas House à Harbour Springs (1973), somptueuse demeure qui surplombe le Lac Michigan. Son travail sur la lumière, la couleur blanche, l’espace et la forme le rapproche de Le Corbusier. Il s’est forgé une solide réputation en matière muséographique. Il construisit pour la première fois en France en 1989, à l’issue du concours pour la réalisation du siège de Canal+, Quai André Citroën. Il obtient le Prix Pritzker en 1984, et exerce dans le cadre de l’agence Richard Meier & Partners.

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Richard Meier – Douglas House

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La Douglas House à Harbour Springs (Michigan)

    Cette maison, construite au début des années soixante dix  à Harbor Springs, Michigan pour Jim et Jean Douglas est l’œuvre culminante de la première période que l’on peut qualifier de rationaliste de réalisations architecturales de Meier où toutes les idées qu’il avait développé précédemment dans les expériences réalisées dans les maisons unifamiliales ont abouties à une structure plus équilibrée et imaginative. Elle est devenu un symbole de cette période de rationalisme et a été classée en 2007 par l’American Institute of Architects comme l’une des 150 meilleures réalisations dans sa liste des « architectures préférées de l’Amérique ».

   La maison a été bâtie sur les pentes d’une colline boisée dominant le lac Michigan.  Certains critiques l’ont présentée comme « flottant » sur la cime des arbres. Pour notre part, elle nous semble plutôt « jaillir » du sous-bois comme si elle voulait s’en extraire pour accrocher la lumière et la vue.  la maison est une structure parallélépipédique verticale en béton qui se développe sur 5 niveaux . Les premiers niveaux sont constitués d’une lourde enveloppe close en béton armé qui a pour mission d' »ancrer » la maison dans la pente. Les niveaux supérieurs se développent dans une structure de béton, de métal et de verre qui contraste violemment avec son assise en béton armé et apparaît comme une structure cristalline et légère qui chercherait à s’extraire de la gangue lourde et massive incrustée dans le sol. Les pièces de vie sont aménagées dans les niveaux supérieurs et bénéficient, grâce aux immenses baies vitrées, d’un éclairement maximum et de la vue sur le lac Michigan. Les parties en béton des façades sont peintes en blanc, ce qui confère à l’ensemble un aspect immaculé qui renforce encore le contraste avec l’environnement naturel.

    Richard Meier déclare lui-même qu’il n’a pas cherché à fondre la construction dans le paysage mais tout au contraire à créer avec celui-ci un fort contraste visuel. L’architecte décrit ainsi la relation qui unit son œuvre à la nature qui l’entoure :

   « Sur la raideur de la pente dominant l’eau, la maison semble avoir été déposée sur le site et abandonnée tel une sorte d’objet manufacturé qui aurait atterri dans un environnement naturel. Le dialogue dramatique entre la blancheur de la maison et les bleus et les verts primaires de l’eau, les arbres et le ciel permet à la maison non seulement d’affirmer sa présence, mais d’améliorer, par contraste, la beauté de son environnement naturel « . (Richard Meier, architecte. New York: Oxford University Press, 1976. p.87)

coupe transversale sur le terrain

Douglas House - Coupe transversale (crédit Mark Turibius Jongman-Sereno)

Douglas House – Coupe transversale (crédit Mark Turibius Jongman-Sereno)

Douglas House - vue axonométrique

    L’architecte enfonce encore le clou lorsqu’il assume, auprès de ses enfants, le choix de la couleur blanche qui augmente encore l’impact de la construction sur son environnement :

    « Une conversation en cours que j’avais eu avec mes enfants, Joseph et Ana, au cours de la dernière année, tournait autour de la question : « Quelle est ta couleur préférée ? « … Alors, deux d’entre eux se tournent vers moi et disent: ‘Papa, quelle est ta couleur préférée ? Chaque fois que nous jouions à ce jeu, ma réponse était la même: Blanc.
    «Mais papa, disait Joseph, tu ne peux pas choisir blanc. Blanc n’est pas une couleur, le blanc n’est pas dans le ciel, tu dois choisir une couleur qui est, comme le rouge ou vert ou bleu ou jaune. Et j’expliquais alors, à chaque fois, que le blanc était la couleur la plus merveilleuse de toutes, parce que dans ce l’on peut y trouver toutes les couleurs de l’arc en ciel « . (Richard Meier. de Richard Meier. Richard Meier: Architecte 1964-1984. p.8.)

    Cette anecdote est révélatrice de l’idéologie et de l’attitude des architectes se rattachant au mouvement rationaliste. Pour ces architectes, qui défendaient une architecture fondée sur des concepts nouveaux tels que la réalisation d’un espace créé de manière libre à partir des besoins réels et des possibilités offertes par les nouvelles structures et les matériaux modernes, le rejet de toute ornementation superfétatoire, l’assujettissement des formes aux fonctions, l’architecture était un combat et chaque construction était étudiée pour être un « manifeste » des idées nouvelles. De là, une certaine affirmation voire une agressivité vis à vis de l’architecture traditionnelle et de l’environnement. Le choix de la couleur blanche faisait partie de cette stratégie. En dehors de l’architecture méditerranéenne, le blanc était peu utilisé dans l’architecture occidentale, les façades exprimaient les teintes naturelles des matériaux utilisés dans leur construction (marbre, calcaire, granit, molasse, briques, etc..), ou bien des teintes naturelles pour leurs enduits (ocre, pastels ou blanc cassé). Par l’utilisation du blanc pur, les nouvelles constructions se distinguaient du tout-venant et accédaient au statut d’œuvre d’art à l’instar de ces sculptures antiques au marbre immaculé.

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Meier - Douglas House - passerelle d'accès au dernier niveau

Douglas House – passerelle d’accès au dernier niveau

Richard Meier - Douglas house - plan de toiture avec passerelle

Richard Meier – Douglas house – plan de toiture avec passerelle

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Plan et aménagement intérieur

    Pour les volumes intérieurs, Richard Meier a créé de riches compositions formelles. L’accès à la maison s’effectue à deux niveaux différents par l’intermédiaire de passerelles, à la façon de pont-levis donnant accès à une tour. L’entrée principale s’effectue à l’arrière de la construction par un volume étroit et sombre qui débouche sur le grand espace vitré qui se développe sur deux niveaux. Cette organisation de l’espace crée pour les arrivants un effet de surprise et d’éblouissement.

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Richard Meier

   Si la façade côté lac est largement vitrée et abrite les pièces de vie, la façade arrière qui donne sur le versant de la colline ne possède que de petites ouvertures et abritent selon les niveaux, les chambres, les sanitaires et la cuisine. Pour ne pas obstruer la vue sur le lac, les escaliers ont été positionnés aux angles de la construction côté colline. Richard Meier s’est également occupé de l’ameublement la maison pour ses clients, Jim et Jean Douglas, il a conçu une partie du mobilier lui-même et s’est aussi inspiré de dessins de Le Corbusier et Mies van der Rohe.

Richard Meier - Douglas House - niveau  supérieur d'entréeRichard Meier – Douglas House – niveau  supérieur d’entrée

Richard Meier - Douglas House - niveau supérieurRichard Meier – Douglas House – niveau supérieur

Richard Meier - Douglas House - niveau intermédiaireRichard Meier – Douglas House – niveau intermédiaire

Richard Meier - Douglas House - niveau inférieur

Richard Meier – Douglas House – niveau inférieur

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