Home, sweet home : maison de ville à Gand (Belgique) – agence Dierendonck Blanke Architecten

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

La  Gelukstraat house à Gand (Belgique)

Capture d’écran 2016-02-21 à 19.47.24

       Petite maison de ville à Gand en Flandre belge réalisée par l’agence Dierendonck Blanke Architecten en 2011. Le terrain d’accueil était minuscule et le client souhaitait agrandir sa maison existante limitrophe et créer un petit appartement destiné à la location.

localisation : Gelukstraat, 9000 Ghent (Gand), Belgique
équipe de conception : Alexander Dierendonck, Isabelle Blancke, Pieter Mouton
consultants : Arthur de Roover – Ingénierie de la construction
coût : 150.000 €
surface : 89 m2
photographie : Filip Dujardin

Capture d’écran 2016-02-21 à 19.47.45

stringio

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Plans et coupe

Capture d’écran 2016-03-24 à 08.03.46.png

          rez-de-chaussée                                     niveau 1                                    niveau 2 combles

     La construction, coincée entre deux maisons existantes, se développe sur 3 niveaux. Le rez-de-chaussée abrite, côté rue, le vestibule d’entrée et l’escalier d’accès à l’appartement indépendant qui se développe sur les deux niveaux supérieurs et, côté jardin, un atelier relié à l’entrée de l’appartement principal situé dans la bâtiment adjacent par une petite courette. Au niveau 1 ont été aménagés l’espace séjour dans la partie la plus large du bâtiment et une petite kitchenette ouverte côté rue. Du séjour, un escalier non encloisonné permet d’accéder à l’étage supérieur (combles) où sont aménagées deux chambres et un bloc sanitaire. À noter, la généralisation des espaces ouverts par l’absence de portes de communication.

Capture d’écran 2016-02-21 à 19.44.58

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Rez-de-chaussée

La façade côté rue et le vestibule d’entrée avec l’escalier d’accès au second appartement 

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Niveau 1 (second appartement)

Second appartement : l’espace ouvert du premier étage avec le séjour avec son escalier d’accès au niveau des chambres, sa kitchenette et sa petite terrasse côté jardin. À noter le traitement minimaliste et économique des surfaces : murs de parpaings peints et plafonds en panneaux de particules. Une porte coulissante située au sommet de l’escalier en provenance du vestibule du niveau 0 permet d’isoler l’appartement de cet espace commun. La recherche d’économie va jusqu’à laisser apparentes les canalisations verticales en provenance de la toiture et de la salle de bains, ce qui doit poser des problèmes phoniques.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Niveau 2 des combles (second appartement)

    Les deux chambres non closes du niveau 2 (combles) séparées par le bloc central de la salle de bains. À noter l’arrivée de l’escalier dans la chambre des parents. Même traitement minimaliste et «spartiate» des surfaces qu’au niveau inférieur.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

les architectes

Alexander Dierendonck et Isabelle Blanke.jpg

       Alexander Dierendonck et Isabelle Blanke ont effectué leurs études d’architecture à l’Institut Sint-Lucas à Gand. Après quelques années de collaboration dans diverses agences d’architecture en Belgique et en France, notamment chez Dominique Perrault pour le premier et Christian de Porzamparc pour la seconde, ils ont créé leur propre agence à Gand en 2009. La devise du cabinet pourrait être « no nonsense », cette expression anglaise qui signifie à la fois sérieux, rigueur et pragmatisme. Les architectes appliquent une démarche de conception hors de tout préjugé et a priori, qu’ils soient techniques ou esthétiques. Ils envisagent le bâtiment comme une machine dans laquelle la fonction est primordiale et conditionne la définition de tout le reste. L’esthétique architecturale doit naître naturellement de l’application rigoureuse de ce principe. 

  blancke    c44d8931f9d1419eec86fc2f82c6de96.jpg     Capture d’écran 2016-03-24 à 10.24.13

D’autres réalisations du cabinet : centre communautaire et résidence

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

le point de vue d’Enki

Capture d’écran 2016-03-24 à 08.56.12

     C’était jusqu’à présent au Japon et dans les pays nordiques que l’on trouvait ce type d’architecture contemporaine sans concession d’esprit minimaliste. Après analyse, l’architecture développée par l’agence Dierendonck Blanke Architecten apparaît moins provocante que l’impression première qu’elle produit. Lorsque l’on découvre cette réalisation, on est dans un premier temps surpris par le contraste violent induit par la confrontation d’une architecte délibérément contemporaine par sa forme  et les matériaux qu’elle utilise et une vénérable construction de brique traditionnelle contre laquelle elle est accolée. Mais loin de constituer un rejet, cette surprise est heureuse et l’on trouve finalement que cette architecture «trouve sa place» dans le bâti existant. Cela est du au fait qu’elle reprend dans son organisation les éléments constitutifs fondamentaux de l’architecture de ce quartier et en particulier le volume parallélépipédique que l’on retrouve dans de nombreuses maisons récentes et la taille et la proportion des ouvertures. C’est par la reprise de ces éléments architecturaux que la maison s’intègre au reste du bâti du quartier. Finalement l’effet de surprise tient au parement lisse et coloré de la façade et à la structure des ouvertures traitées sans meneaux qui affirment de manière forte la modernité. À noter la bonne maîtrise de la hauteur de la construction, ni «trop haute», ni «trop basse» qui permet de réduire son impact visuel par rapport aux deux constructions adjacentes.
    Un très beau projet, simple et sobre qui affirme sans complexe sa modernité tout en respectant l’environnement ancien dans lequel il est bâti.

Au sujet de la volonté de vouloir réduire la forme à l’expression de la fonction
    On pourrait répliquer à ce point de vue qu’il n’existe pas toujours une seule forme adaptée à une fonction et que le fait de privilégier dans ce cas une forme plutôt qu’une autre réintroduit la subjectivité dans la prise de décision de l’architecte. D’autre part les bâtiments doivent exprimer dans la cité plus que la simple réponse utilitaire à une ou plusieurs fonctions qu’ils abritent. Ce peut être l’esprit du temps, un style, une croyance ou une idéologie partagée par les utilisateurs. On ne peut donc réduire de manière absolue la forme d’une construction à des contraintes exclusivement fonctionnelles sans que cela ait pour conséquences un appauvrissement de son architecture. Le fait de privilégier l’expression formelle de la fonction par rapport aux autres exigences esthétiques ne signifie  aucunement que l’on s’est par là-même «libéré» de ces exigences gratuites mais simplement que l’on a fait un choix esthétique particulier, celui de conditionner la forme à la fonction, tout aussi subjectif que si l’on avait répondu favorablement à ces exigences.
     Les architectes auraient pu réaliser le même projet avec des murs extérieurs de briques ou traités avec un enduit de façade, le fonctionnement aurait été rigoureusement le même mais la perception architecturale aurait été tout à fait différente : le bâtiment se serait alors totalement «fondu» dans l’architecture existante et n’aurait exprimé de manière moins éclatante l’esprit de son époque.

Enki sigle

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

architectures liées

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

Article « Home, sweet home à Landskrona, Suède (2009) : une maison de ville qui s’affirme – agence Elding Oscarson » :  Il y a des moments où la vision d’un projet architectural aussi réussi, aussi exemplaire que celui conçu et réalisé par ces deux jeunes architectes dans une ville de Suède au caractère historique bien marqué, nous conduit à la lassitude et au découragement. Pourquoi, les architectes français ne peuvent-ils pas réaliser une œuvre aussi éclatante dans leur pays ?  – Quoi ? Vous voulez réaliser une construction outrageusement contemporaine au milieu d’un bâti traditionnel ? – Un parallélépipède au milieu de constructions anciennes à toitures en pente ? – Vous n’y pensez pas.

Pour la suite, c’est  ICI

Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

Article « maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey (2011) » : Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.

Pour la suite, c’est ICI

hk_100113_02-630x944

Article « Japon – Vivre à l’abri d’une cascade, architecte Hiroshi Nakamura (2012) » : Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. 

Pour la suite, c’est ICI

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Home, sweet home : Reese House à Long Island de l’architecte Andrew Geller (1957), maison à charpente en A (A-frame)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Andrew Geller (1924-2011)

Andrew Geller (1924-2011)

     Andrew Geller était un architecte américain qui était également peintre et graphiste. Il est surtout connu pour ses maisons de plage originales qui ont révolutionné l’architecture des résidences secondaires dans les régions côtières de New York, du New Jersey et du Connecticut au cours des années 1950 et 1960. Fils d’émigrés russes arrivés aux Etats-Unis en 1905 et installés à Brooklyn, le jeune Geller avait du interrompre ses études d’architecture pour s’être engagé dans l’armée lors de la seconde Guerre mondiale mais au retour il eut la chance de débuter sa carrière au sein de la prestigieuse agence de design Raymond Loewy and Associates chez qui il avait rêvé de travailler et dans laquelle il s’occupera principalement de la conception de centres commerciaux et de grands magasins à travers les États-Unis et du design des produits qui les accompagnaient.
     C’est en 1957 qu’Elisabeth Reese, la directrice des relations publiques de l’agence, lui demande de réaliser le projet d’une maison de plage sur la petite parcelle qu’elle vient d’acquérir à Saganopack, un village situé dans la région des Hamptons de l’État de New York, une péninsule constituée de villages anciens, de plages et de dunes sur 45 km de cotes. Le budget était serré (5.000 dollars) et la cliente souhaitait une maison facile à vivre demandant peu d’entretien aux lignes simples et épurées. Le coût final sera finalement de 7.000 dollars.

vue aérienne de la cote de saganopack

vue aérienne de la cote de Saganopack dans les Hamptons

     Geller rechercha une solution technique économique pour la structure de la construction. Le parti adopté fut la réalisation d’une construction en ossature bois à  structure porteuse en A, vulgarisée par la suite sous l’appellation de A-frame, dans laquelle les chevrons porteurs des deux pans de toiture descendaient jusqu’au sol et était contreventés par des entraits horizontaux (formant la barre du A). La couverture de la toiture était constituée de bardeaux en red cedar. Le projet, qui dérogeait à l’architecture classique de la région, reçut dans un premier temps l’opposition des services administratifs de l’architecture mais Geller réussit à les convaincre en argumentant que le projet s’inspirait des granges à pommes de terre traditionnelles de la région. Outre son faible coût, la structure en A-frame offrait grâce à son contreventement une bonne résistance aux vents violents venus du large.

Andrew Geller - croquis pour la Reese House à Saganopack,, 1957

Andrew Geller – croquis pour la Reese House  à Saganopack, 1957

Andrew Geller - Reese House, 1957

Andrew Geller – Reese House à Saganopack, 1957

Andrew Geller - Reese House à , 1957

Andrew Geller - Reese House à Saganopack, l'un des murs pignons, 1957

Andrew Geller – Reese House  à Saganopack, l’un des murs pignons, 1957

°°°

Elisabeth Reese pêchant avec David Herrmann     La maison doit beaucoup à la personnalité d’Elisabeth Reese, « Betty », jeune femme sportive de caractère qui souhaitait que sa maison soit un lieu à la fois de méditation et  ouverte sur l’extérieur pour pouvoir bénéficier de la vue et du soleil et qui était ouverte à des solutions techniques et architecturales novatrices et originales qui iraient à l’encontre de l’architecture stéréotypée qui avait alors cours dans les Hamptons. C’est ainsi que la maison apparait surélevée du sol de la plage pour la protéger des inondations, que les terrasses se projettent en avant de la toiture par leur réalisation en porte-à-faux et jouent ainsi le rôle de brise-soleil pour le grandes baies vitrées du séjour, que la cheminée en maçonnerie n’a pas été placée au centre de la construction mais en façade au milieu de baies vitrées avec un conduit de fumée métallique mis en valeur par son décollement du volume de la construction et qu’une chambre est accessible à l’étage à l’aide d’une échelle rétractable mue par un système de poulie et de contrepoids. La maison donnait l’image d’une architecture moderne, fonctionnelle et ludique  qui convenait parfaitement à l’esprit d’une maison de vacance.

Andrew Geller - Reese House à Saganopack en construction, 1957

Andrew Geller – Reese House à Saganopack en construction, 1957. Noter la structure en « A » avec les doubles entraits en position intermédiaire et à la base du A pour le support du plancher.

Andrew Geller - vue intérieure Reese House, 1957

Andrew Geller – vue intérieure Reese House, 1957

le volume du séjour monte sur toute hauteur. A noter le bloc cheminée placé au milieu de la baie vitrée en pignon et la chambre placée en mezzanine au-dessus du séjour sans escalier d’accès, accessible par échelle rétractable.

betty_reese_house_rare__jpg_1145_north_700x_white

    Dans les années qui vont suivre, l’image de la maison, par son originalité, va souvent être référencée par les journaux et les magazine pour leurs reportages et leurs campagnes publicitaires. Elle apparaitra ainsi en mai 1957 dans le New York Times et par la suite dans les magazines Life, Sports illustrated et Esquire. Cela constituera une bonne publicité pour notre architecte qui va voir se multiplier les commandes. Une semaine après la parution de l’article du New York Times, Leonard Frisbie, un courtier de Wall Street après lu l’histoire a immédiatement pris contact avec lui pour lui demander de conçoivoir une maison à Amagansett. En moins de trois ans, entre 1958 et 1961, il réalisera plus de quinze nouvelles maisons.

Resse House - nytimes_5-5-57

    Comme l’écrit  l’historien de l’architecture Alastair Gordon, au premier abord, les petites maisons de plage d’Andrew Geller des années 1950 et 60 peuvent être interprétées comme des caricatures, mais ils étaient le symbole d’un modernisme à la portée de tous. «La plupart de ses clients vivaient dans la boîte d’un appartement de Manhattan, travaillaient dans une autre boîte à Manhattan et ressentaient le besoin d’une nouvelle disposition de l’espace autour d’eux », a écrit Fred Smith dans Sports Illustrated. « Ils veulent tous une superficie maximale pour un investissement minimum. » Geller avait bien saisit l’état d’esprit de ses clients. À bien des égards, leurs besoins étaient les mêmes que les siens. Ils n’étaient pas riches mais étaient ambitieux, ils étaient souvent d’anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, avaient eu des enfants et se considéraient sur le plan politique comme progressistes avec une sensibilité moderne, manifestaient un intérêt pour l’art, et avaient la volonté d’explorer de nouveaux modes de vie. C’était un temps où des milliers d’Américains profitant de la prospérité de l’économie d’après-guerre ont constaté que même avec des revenus modestes, ils pouvaient se permettre d’acquérir une maison de vacances. Les petites capsules de sauvetage de Geller les libéraient des pressions de la ville et les faisaient oublier pour un temps la bombe H et la perspective de l’anéantissement nucléaire. Chacune des maisons de Geller était conçue comme un portrait, un hommage sur mesure rendu à la personnalité de ses propriétaires. Cela pouvait aller jusqu’à prendre parfois une forme littérale absurde : Irwin Hunt qui était fabricant de boîtes de carton, a habité une maison qui ressemblait à une boîte tourné sur le bord. Victor Lynn, un dirigeant de Kodak, a obtenu une boîte avec des fenêtres en forme de lentille. Dans certains cas, les métaphores pourraient être moines heureuses. En lieu et place d’une méthodologie précise qui se serait appuyée sur une analyse formelle, Geller se fondait sur son instinct et improvisait tel un bon surfeur surpris une vague qui réagissait immédiatement. Il puisait son inspiration à partir du site et de la personnalité de ses clients en les écoutant attentivement, était dégagé de tout esprit de système et faisait preuve au contraire d’une grande liberté d’esprit.

    Sa notoriété fit que l’un de ses projet fut adapté pour représenter la « maison américaine typique » lors de l’Exposition nationale américaine à Moscou en 1979.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Accueil de l’architecture d’Andrew Geller aux Etats-Unis

    Le travail de Geller a été apprécié aux Etats-Unis de manières diverses. Le critique d’architecture Mark Lamster, écrivant pour le Design Observer, décrit les modèles de maison de Geller sur Long Island comme des «maisons peu coûteuses et modestes dont les formes ludiques faisaient rayonner un sentiment d’optimisme dans les années d’après-guerre». Sa Pearlroth House à Westhampton bâti en 1959 qui se composait d’une paire de structure en forme de diamant, qu’il surnommait le « soutien-gorge carré » ou le « double cerf-volant » et qui avait failli être démolie en 2006 a été qualifiée par le New York Times comme une «icône du modernisme.» et par Alastair Gordon comme l’ «un des exemples le plus importants de la conception expérimentales construite durant la période d’après-guerre, non seulement à Long Island mais sur l’ensemble des Etats-Unis. C’est une architecture pleine d’esprit, audacieuse et inventive.»

    Par contre sa conception en 1966 de la Elkin House à Sagaponack, New York, qu’il avait appelé de Picasso allongé a été qualifié dans le New York Times en 2001 de « désordre angulaire ».

Quelques autres réalisations d »Andrew Geller

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Pour en savoir plus

Articles de ce blog liés :

  • Archéologie de l’habitat : de la hutte paléolithique à la charpente en A, c’est   ICI

Sites et articles du Web :

  • l’article très complet de l’historien de l’architecture Alastair Gordon du 26 décembre 2011 sur Andrew Geller : « Architect of Happiness« , 1924-2011, c’est   ICI

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Archéologie de l’habitat : de la hutte paléolithique à la charpente en A

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Abris rudimentaires de l’habitat paléolithique à structure en A

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

     Au paléolithique (de -1.8 millions d’années à – 12.000 ans), les ancêtres de la lignée humaine comme Homo habilis ou Homo erectus étaient des cueilleurs-chasseurs nomades. En fonction des saisons et des opportunités de chasse, ils se déplaçaient constamment, ne restant que peu de temps dans un site particulier et n’ont laissé dans ces conditions que peu de traces de leur passage. Certains indices mis en évidence sur le sol par les archéologues comme des empreintes de piquets et de poteaux en bois, des alignements et des pavages de pierres autorisent à penser que des huttes en matériaux périssables ont été alors construites par les hommes pour se protéger durant leur court séjour.

Exemple 1 : site de Terra Amata (Nice), il y a environ 400.000 ans (paléolithique inférieur)

site de Terra Amata (Nice) - reconstitution vue générale

site de Terra Amata (Nice) – reconstitution vue générale hutte (dessin Wilson)

site de Terra Amata (Nice) - reconstitution montage hutte (dessin Wilson)

Des traces de huttes rudimentaires au plan toujours ovale, de dimensions 7 à 15 mètres de longueur sur 4 à 6 mètres de largeur ont été relevés dans une petite crique du bord de mer pour des séjours courts que les archéologues estiment avoir été effectués périodiquement à la fin du printemps ou au début de l’automne. Des traces de foyers aménagés au centre des huttes et constitués de dallage en galets et de murets coupe-vent témoignent des prémices de la domestication du feu par l’homme. La structure de l’abri était constituée de   piquets de bois ou de branches fichés dans le sol et bloqués par des pierres dont les extrémités supérieures étaient reliées entre elles et attachées par des liens végétaux. Dans ces structures rudimentaires de faible hauteur dans lesquelles on ne pouvait se tenir debout, il n’existait aucun contreventement transversal reliant entre eux les piquets de bois tout au plus une panne longitudinale située au sommet de la hutte supportée par des poteaux 

hutte-terra-amata hutte-terra-amata-profil

Terra Amata à Nice – essai de reconstitution de hutte

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Exemple 2 : site d’Etioles, – 13.000 ans (paléolithique supérieur)

campement-magdalenien-etiolles

    La découverte d’unités d’habitation associé à des foyers annexes de plein air indique que le site d’Etioles fut un lieu de résidence, un campement avec différents lieux d’activité plus ou moins spécialisés où les Magdaléniens ont effectués des séjours suffisamment longs pour y installer des tentes et organiser leur espace de vie à l’intérieur comme à l’extérieur des habitations. Les unités d’habitation font preuve de variabilité dans leur réalisation : à partir d’un schéma d’organisation stable – un abri circulaire construit autour d’un foyer central qui devait couvrir une surface d’environ 15 m2 avec, en général, au moins deux issues opposées se déclinent plusieurs formules : présence ou absence de pierres participant la construction de la tente (dalles agencées en cercles, alignements de pierres) et aménagements de foyers domestiques variés : grands foyers de pierre ou foyers plus modestes, creusés ou non.
     A l’intérieur, on constate une bipartition fonctionnelle de l’espace de part et d’autre du foyer. Toutes les activités de débitage et de façonnage étaient réalisées dans la moitié est de l’abri, tandis que la partie ouest avait des fonctions différentes : près du foyer, les Magdaléniens ont rejeté des pierres éclatées par le feu et ont effectué des travaux domestiques, la préparation alimentaire notamment. Il est également probable que le secteur ouest de l’abri, nettement moins encombré de vestiges, ait été réservé au repos. Le pourtour de l’abri a été inégalement occupé puisque tous les déchets de silex se sont accumulés vers le nord. L’espace externe proche était considéré à la fois comme aire de travail (de débitage, en particulier) et comme une zone d’évacuation où étaient rejetés des déchets provenant de débitages effectués près du foyer

habitat-magdalenien

L’habitat des Magdaléniens est adapté à leur mode de vie nomade : des tentes sans doute composées d’une ossature en bois et recouvertes de peaux. Il ne subsiste rien des superstructures, en revanche, des pierres destinées au calage des perches en bois sont parfois conservées et révèlent ainsi le contour de la tente sur le sol.
A noter, dans le sud de la France les magdaléniens utilisaient plutôt des abris sous roche comme lieu d’habitat. Ce type de structure naturelle n’est pas fréquent en Ile-de-France, les magdaléniens ont du s’adapter ! La répartition des vestiges autour des foyers permet de comprendre l’organisation spatiale du campement, et de déterminer ainsi des aires d’activité (zones de taille du silex, zone de vidange des foyers, zone d’habitat…).
Ci-dessus : Reconstitution d’une hutte et de son organisation intérieure – Crédit : Gilles Tosello

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Exemple 3 : site de Pincevent, – 12.000 ans (paléolithique supérieur)

tipi-pincevent tipi-pincevent-12000-ans

Le site de Pincevent, découvert en 1956 n’a vraiment commencé a être étudié qu’à partir de 1964 par André Leroi-Gourhan. Les datations montrent une occupation des lieux comprise entre – 10 et – 12 300 ans. Ici pas de cercles de pierres, mais des vestiges qui permettent d’imaginer l’existence de parois délimitant des zones d’activité. Des traces des « piquets » ont été mises à jour. Les préhistoriens ont imaginé que des peaux de bêtes étaient tendues sur la structure.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Exemple 4 : reconstitution d’une cabane mérovingienne du Vie et VIIe siècle à 2 poteaux à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime, Haute-Normandie)

    Sous l’égide de la FATRA (Fédération des Archéologies du Talou et des Régions Avoisinnates) une opération de reconstitution d’un village mérovingien a été engagée. Une première étape fut franchie l’été 2001 par la construction d’un premier habitat rudimentaire constitué d’un fond de cabane et de deux poteaux médians, le tout recouvert de chaume.
Cette cabane s’inspire de données archéologiques existantes, notamment des découvertes faites par l’équipe d’Alain NICE à Goudelancourt-les-Pierrepont ( 02 – Aisne), où un ensemble d’habitats ruraux des VIe et VIIe siècles fut mis à jour. Par ailleurs M. Alain Nice a mis en pratique ses découvertes par la reconstitution d’un village mérovingien à Marles dans l’Aisne également, associé au musée des Temps Barbares. Les photos ci-dessous sont la reconstitution suggérée d’après les structures au sol retrouvées de ce qui était autrefois une cabane à deux poteaux.
     La particularité de ce type de cabane est le soutènement par deux poteaux médians encore appelé faîtiers, ainsi que la présence d’un fond excavé de forme quadrangulaire soigneusement aplani. L’ensemble représente une surface d’une dizaine de m², les deux poteaux supportent une faîtière avec un toit d’une inclinaison assez prononcée descendant jusqu’au sol.
     L’utilisation de ces cabanes reste obscure ; il est probable que les plus grandes d’entre elles devaient être un habitat ou logement pour les familles les plus modestes de l’époque, les plus petites devaient servir d’étable ou de grange.

Sol_cabane cabane1

étape 1 : réalisation de la fosse et pose des 2 poteaux médians contreventés par 2 fiches obliques et des chevrons

Ossature chaume

étape 2 : pose des liteaux horizontaux et du revêtement en chaume

Cabanneinterieur-cab

Cabane achevée et vue de l’intérieur

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Exemple 5 : site de West Stow (Suffolk), village anglo-saxon du VIIe siècle reconstitué

West Stow est un village et une paroisse civile du Suffolk, en Angleterre. Il est situé à quelques kilomètres au nord de la ville de Bury St Edmunds. Administrativement, il relève du district de St Edmundsbury. Un hameau dont les bâtiments utilisaient les techniques anciennes de construction qu’on imagine avoir été utilisées par les anglo-saxons a été reconstitué sur le site d’une occupation humaine du VIIe siècle étudiées lors de fouilles. Les constructions sont dénommées du nom anglo-saxon de grubenhaus, « maison à fosse ».

_85755934_gruben_house_frame_2015 _85754387_new-and-old-sunken-grubenha

West Stow

West_Stow_Sunken_House West_Stow_Sunken_House_interior West_Stow_Farmer's_House_interior

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Exemple 6 : site de Bede’s World à Jarrow (Northumberland), village anglo-saxon du VIIIe siècle détruit par les Vikings et reconstitué en partie

     Bède le Vénérable était l’un des plus grands érudits de l’Europe médiévale et le premier à enregistrer l’histoire de la nation anglaise. Il a vécu et travaillé comme moine à Jarrow dans le Northumberland. Le lieu où il s’était établi avait été habité précédemment par un groupe tribal anglo-saxon ou une communauté appelée l’Gyrwe (prononcer Yeerweh). Leur nom a été appliqué à la localité ainsi qu’aux personnes et le nom Gyrwe deviendra plus tard Jarrow. Après la mort de Bède le Vénérable, l’église Saint-Paul et le monastère où il vivait seront détruits par ses raids vikings en 794 et 875. Les constructions présentées ci-après sont des reconstitutions des bâtiments d’une ferme anglo-saxonne de l’époque.

Grubenhaus, Gearwe, Bede's World, Jarrow Kiln, Gearwe, Bede's World, Jarrow

     Ce bâtiment contient une fosse (« Grube » en allemand), utilisée sans doute pour le stockage des céréales. Le nom donné plus tard pour cette structure aurait pu être grubhouse ou grubhut. Il est basé sur le plan d’un bâtiment découvert par des archéologues à New Bewick dans le Northumberland, bien que les bâtiments similaires de cette période aient été trouvés dans toute l’Europe du Nord. Il est couvert de chaume de bruyère. Gearwe était le nom anglo-saxon pour Jarrow. En grande-Bretagne, le nom générique pour ces types de structure est Pit-house.

Bedes.Farm.Grabenhaus.9568 Bedes.Farm.Grabenhaus.9569 Bedes.Farm.Grabenhaus.9567

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Constructions de l’époque moderne à structure en A dans le monde

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

gilan_xii_photo_6

abri de berger en Iran dans la province de Gilan

Les demeures des bergers sont souvent constituées de huttes semi-ovoïdes semi-cylindrique ou  faite de branches et recouvert de tissu de crin de chèvre (Parga, Pori, poru). Ces cabanes sont divisées par un mur en bois en deux compartiments, l’un réservé à la famille, l’autre pour le bétail. La cabane est appelé Valar et Gac quand il abrite le mouton et la chèvre, respectivement.

John Thomson - un refuge de montagne, PROVINCE DE HUPEH, avant 1898 -

John Thomson – refuge de montagne dans la province chinoise de Hupeh, avant 1898

Boerderij_uit_plaggen_-_Unknown_-_20522485_-_RCE Une photographie historique d'un un-cadre toit de terre maison dans le Pays-Bas. Image - Agence du patrimoine culturel des Pays-Bas

Deux constructions agricoles archaïques à structure en A photographiées aux Pays-bas (dates et lieux inconnus)

Area_didattica_Foppe_di_Nadro_-_Riserva_naturale_Incisioni_Rupestri_di_Ceto,_Cimbergo_e_Paspardo - Arte rupestre della Valle Camonica_(Foto_Luca_Giarelli)

Art rupestre du Val Camonica en Italie – (Foto Luca Giarelli)

Iran - maison de 2 étages avec plancher bas décollé du sol dans le delta du Safidrud (mer Caspienne), 1974

Iran – maison de 2 étages avec plancher bas décollé du sol dans le delta du Safidrud (mer Caspienne), 1974

Japon - grange à Shirakawa Japon - Village de Shirakawa, Gifu

Japon – Village de Shirakawa, Gifu : grange (à gauche) et maisons d’habitation anciennes

Minka (maison traditionnelle au Japon) à toiture Kirizuma à 2 pans touchant presque le sol formant un angle aigu

Minka (nom de la maison traditionnelle au Japon) à toiture Kirizuma à 2 pans touchant presque le sol formant un angle aigu

m_Madère 380 pt7336

Maisons typiques de l’île de Madère

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Les maisons contemporaines de type A-frame (maisons à charpentes en A)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

     Une maison A-frame fait référence à un style architectural contemporain où la toiture composée de deux pans est fortement inclinée et descend totalement ou presque totalement jusqu’au sol. Les chevrons formant la structure de la toiture sont contreventés par une structure horizontale formant entrait) ce qui donne à la structure d’ensemble une forme de A.
   Bien que ce type de structure ait été très utilisé dans le passé, comme le montre les exemples présentés ci-dessus, partout dans le monde, il est revenu au goût du jour dans l’architecture occidentale dans les années cinquante pour la construction de maisons de vacances. Ces constructions présentaient alors l’avantage d’être économiques du fait de leur simplicité de structure et d’offrir une nouveauté de forme qui tranchait avec l’architecture normalisée des constructions d’habitation de l’époque. C’est l’architecte Andrew Geller avec la Reese House construite en 1955 sur la plage de Long Island à New York et médiatisée par le New York Times en 1957 qui a lancé la mode de ce type d’architecture qui s’est répandue ensuite comme une trainée de poudre.

Andrew-Geller-Beach-House-Main

Andrew Geller – Maison de plage Reese à Long Island, 1955

Jean-Baptiste Barache's Housemaison passive triangulaire à Auvilliers (Normandie) - architecte Jean-Baptiste Barache

maison passive triangulaire à Auvilliers (Normandie) – architecte Jean-Baptiste Barache

     L’architecte a résolu intelligemment le problème du passage entre la structure intégrale en A et la structure en A posée sur des murs verticaux porteurs en utilisant des fermes en lamellé collé dont la courbure au niveau du sol rencontre celui-ci perpendiculairement. La lecture extérieure de l’architecture des façades longitudinales est celle d’une maison classique avec murs verticaux. Par contre, la lecture des façades pignons et des volumes intérieurs est celle d’une structure en A.

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

articles liés :

  • organisation et appréhension de l’espace en Grèce antique : (I) formes d’habitat et d’occupation, c’est  ICI
  • archéologie de l’habitat : utilisation contemporaine de la fourche porteuse ou « paufourche« , c’est  ICI

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Archéologie de l’habitat : utilisation contemporaine de la fourche porteuse ou « paufourche »

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

     Une étude parue en 1985 dans la revue Caesarodum réalisée par l’archéologue Christian Lassure, éditée par le Centre de Recherches A. Piganiol à Tours avait présenté une synthèse nationale sur la technique archaïque de construction à poteaux fourchus ou « pauxfourches » (pour reprendre le vieux terme utilisé par le français médiéval). Christian Lassure avait en juin 1986 complété cette étude par un article publié dans le bulletin de liaison n° 5 La Lettre du CERAV (Centre d’études et de recherches sur l’architecture vernaculaire) par la présentation de divers exemples d’utilisation de la fourche porteuse dans des structures porteuses rudimentaires  relevées dans le Lot. périssables

Exemples d’utilisation sommaire de la « paufourche »

Noyer au houppier soutenu par une béquille fourchue (région de Saint-Céré).Vieux pommier aux branches soutenues par des étais fourchus (région de Gourdon).

Dans la région de Saint-Céré (Glanes, Saint-Michel- Loubéjou, etc.), nombreux sont les noyers à être étayés de perches fourchues. Ces béquilles auraient été installées en 1983 à la suite d’une tempête qui ravagea les noyeraies. Le noyer est un arbre au houppier trop important qui donne prise aux vents violents et aux tempêtes.
A gauche, vieux pommier et à droite, houppier de noyer soutenus par des étais fourchus.

paufourche_lot_2 lot_support_poulie pauxfourches_lot_12

     Au nord de Calès, a été observé, barrant l’entrée d’un champ, une barrière rudimentaire formée de deux piquets fourchus, l’un en chêne, l’autre en châtaignier, fichés en terre à 3 m l’un de l’autre et portant une perche horizontale en châtaigner. Pour que cette dernière soit bien horizontale malgré la déclivité du terrain, le piquet de droite a plus de hauteur que le piquet de gauche : la perche se trouve à 85 cm du sol à droite contre 50 cm à gauche. Pour permettre ou pour interdire l’accès, il suffit d’enlever ou de replacer la perche dans les fourches des piquets. Au plan de la classification des constructions à « pauxfourches », ce type de barrière ressortit de la construction rectilinéaire à simple file axiale de deux « pauxfourches » ou portique. Entre Béduer et Faycelles, nous avons observé, dans un champ, une margelle de puits dotée d’un bâti vertical en bois portant une poulie et dans la fabrication duquel entrent deux « pauxfourche ». La pièce horizontale où est accrochée la poulie est en effet portée par deux petits troncs de chênes fourchus fichés dans le sol contre la paroi extérieure de la margelle. Ce type de bâti rudimentaire servant à accrocher une poulie ne semble pas être confiné au Lot. Il constitue une solution économique à l’installation d’un tel dispositif de levage au-dessus d’un puits. C’est ce que porte à croire en tout cas une représentation déjà ancienne (1925) d’un puits camarguais due au dessinateur Etienne Laget (dessin de droite) : un portique à « pauxfourches » y porte la poulie. Toutefois, à la différence de notre exemple lotois, le puits camarguais a les montants de son portique fichés sur le dessus de la margelle.

Exemples d’utilisation de la « paufourche » pour des constructions rudimentaires

boussac_pauxfourches_treille pauxfourches_lot_4 paufourche_lot_3

    Le châtaignier constitue le matériau par excellence pour la constitution des supports de treilles. A Boussac, dans une ferme, un alignement de fines perches fourchues porte les pampres de treilles plantées à l’abri d’un mur de maison. Dans ce dispositif, qui est le plus simple dans la classification des structures à « paufourches », les rameaux s’étendent uniquement dans le plan vertical, à la façon d’un espalier (photo de gauche). Dans la commune de Lavercantière (dessins du centre et de droite) une armature de treille à montants fourchus en châtaignier, en forme de demi-bâtière construite en appentis contre le gouttereau d’un maison, utilise comme montants des piquets fourchus en châtaignier. Une file basse de trois montants fourchus porte la sablière de la toiture, tandis que la faîtière est accrochée en lambourde sous la rive du gouttereau. Les « paufourches » de la file basse sont de hauteur décroissante pour compenser la déclivité du terrain d’implantation. Le « paufourche » à la moitié de la file est contreventé longitudinalement par un étai fourchu. Les chevrons sont des perches de châtaignier assujetties aux pannes haute et basse par des liens. De longues perches sont posées perpendiculairement aux chevrons à la manière de lates.

pauxfourches_lot_10 pauxfourches_lot_8

    Dans une loge végétale récente dont la structure comporte quatre couples d’arbalétriers au sol inclinés vers l’avant de la bâtisse, le deuxième couple à partir de l’avant a chacun de ses arbalétriers étayé par un petit « paufourche » en châtaignier (dessin en haut à gauche); la fourche enserre non pas l’arbalétrier (dont la section est trop importante) mais un coin en bois cloué sur celui-ci (dessin en haut à droite)

pauxfourches_lot_800_9

sauliac-sur-cele_affut

A Sauliac-sur-Célé, a été observé un affût pour la chasse aux grives dont l’armature est constituée de piquets fourchus en chêne. Adossée à un mur de pierre sèche, cette petite construction rectangulaire utilise deux sommiers parallèles reposant chacun sur l’arase du mur à un bout et dans l’enfourchement d’un piquet à l’autre bout. Des perches jetées d’un sommier à l’autre forment une toiture plate. Des branches de genévriers recouvrent celle-ci et tapissent deux côtés, le troisième côté restant libre pour l’accès (ill. no 15). À quelques mètres de la bâtisse, du côté opposé à l’accès, une petite mare servant d’abreuvoir aux grives constitue la cible des chasseurs. Au plan de la classification, ce poste d’affût est assimilable à une construction rectilinéaire à deux files d’égale hauteur portant plate-forme.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    La « paufourche » est également largement utilisée dans l’architecture rurale dans lie reste du monde. Le dessin qui suit est un relevé d’une construction rurale du nord de l’Iran. On constate que les éléments de structure horizontaux sont soutenus par des poteaux fourchus.

construction rurale du nord de l'Iran

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

le chagrin de Bachelard

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Pour l’ambiance, commencez par allumer le feu, s’il vous plait. Pour l’allume feu automatique, appuyez là où vous savez… Et n’hésitez pas à jeter les pubs au feu !

°°°

MoiMon client a prévu pour son chalet une cheminée à feu ouvert.
l’ingénieur écologiste : Ah mais ce ne va pas être possible !
Moi : Ah bon, mais pourquoi ?
l’ingénieur écologiste : Eh bien pour deux raisons : la première c’est que le rendement d’une cheminée à feu ouvert est ridicule et la deuxième est que ces cheminées sont nuisibles sur les plans écologique et sanitaire par leur pollution. elles libèrent en effet les fameuses particules fines PM10 à la taille inférieures à 10 microns qui sont dangereuses pour la santé. Elles sont d’ailleurs sujettes à restriction dans certains secteurs comme dans la région parisienne et la vallée de l’Arve en Haute-Savoie.
Moi : Je pensais que dans la vallée de l’Arve, c’était la circulation des nombreux camions qui utilisent le tunnel du Mont-Blanc qui générait cette pollution… Pourquoi n’agit-on pas sur cette cause principale plutôt que sur les cheminées ?
–  l’ingénieur écologiste : Réduire la circulation des camions entre la France et l’Italie ? Vous n’y pensez pas. Les conséquences seraient trop importantes sur le plan économique. 
– Moi : Ça va causer beaucoup de peine à Bachelard, votre histoire…
l’ingénieur écologiste : Qui ?
– Moi : Gaston Bachelard, un spécialiste des feux de cheminée...
l’ingénieur écologiste : Gaston Bachelard, vous dites ? Un spécialiste des feux de cheminée ? Connais pas… jamais entendu parler…

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

L’art du tisonnage

    Quand j’étais malade, mon père faisait du feu dans ma chambre. Il apportait un très grand soin à dresser les bûches sur le petit bois, à glisser entre les chenêts la poignée de copeaux. manquer un feu eût été une insigne sottise. Je n’imaginais pas que mon père pût avoir d’égal dans cette fonction  qu’il ne déléguait jamais à personne. En fait, je ne crois pas avoir allumé un feu avant l’âge de dix huit ans. C’est seulement quand je vécus dans la solitude que je fus le maître de la cheminée. Mais l’art de tisonner que j’avais appris de mon père m’est resté comme une vanité. J’aimerais mieux, je crois, manquer une leçon de philosophie que manquer mon feu du matin. Aussi avec quelle vive sympathie je lis chez un auteur estimé (il s’agit de Ducarla), tout occupé de savantes recherches, cette page qui est pour moi presque une page de souvenirs personnels : « Je me suis souvent amusé de cette recette quand j’étais chez les autres ou quand j’avais quelqu’un chez moi : le feu se ralentissait; il fallait le tisonner inutilement, savamment, longuement, à travers une fumée épaisse. On recourait enfin au menu bois, au charbon, qui ne venaient pas toujours assez tôt : après qu’on avait souvent bouleversé des bûches noires, je parvenais à m’emparer des pincettes, chose qui suppose patience, audace et bonheur. J’obtenais même sursis en faveur d’un sortilège, comme ces Empiriques, auxquels la Faculté livre un malade désespéré; puis je me bornais à mettre en regard quelques tisons, bien souvent  sans qu’on pût s’apercevoir que j’eusse rien touché. Je me reposais sans avoir travaillé; l’on me regardait comme pour me dire d’agir et cependant la flamme venait et s’emparait du bûcher; alors on m’accusait d’avoir jeté quelque poudre, et l’on reconnaissait enfin, selon l’usage, que j’avais ménagé des courants : on n’allait pas s’enquérir des chaleurs complète, effluente, rayonnante, des pyrosphères, des vitesses translatives, des séries calorifiques. » (…)  

Gaston Bachelard – la psychanalyse du feu (pages 25-26)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

la rêverie devant le feu

    Le rêve chemine linéairement, oubliant son chemin en courant. La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons. Et précisément la rêverie devant le feu, la douce rêverie consciente de son bien-être, est la rêverie la plus naturellement centrée. Elle compte parmi celle qui tient le mieux à son objet ou si l’on veut à son prétexte. D’où cette solidité et cette homogénéité qui lui donnent un tel charme que personne que personne ne s’en déprend. Elle est si bien définie que c’est devenu une banalité de dire qu’on aime un feu de cheminée. Il s’agit alors du feu calme, régulier maîtrisé, où la grosse bûche brûle à petites flammes. C’est phénomène monotone et brillant, vraiment total : il parle et il vole, il chante.
      Le feu enfermé dans le foyer fut sans doute pour l’homme le premier sujet de rêverie, le symbole du repos, l’invitation au repos. On ne conçoit guère une philosophie du repos sans une rêverie devant les bûches qui flambent. Aussi, d’après nous, manquer à la rêverie devant le feu, c’est perdre l’usage vraiment humain et premier du feu. sans doute le feu réchauffe et réconforte. mais on ne prend bien conscience de ce réconfort que dans une assez longue contemplation; on ne reçoit le bien-être du feu que si l’on met les coudes aux genoux et al tête dans les mains. Cette attitude vient de loin. L’enfant près du feu la prend naturellement. Elle n’est pas pour rien l’attitude du penseur. Elle détermine une attitude  très particulière, qui n’a rien de commun avec l’attention du guet ou de l’observation. Elle est très rarement utilisée pour une autre contemplation. Près du feu, il faut s’asseoir; il faut se reposer sans dormir; il faut la rêverie objectivement spécifique.

Gaston Bachelard – la psychanalyse du feu (pages 36-37)

   °°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Un barrage contre l’Atlantique : la dernière maison de Holland Island (Maryland)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

La dernière maison de Holland Island

    Construite en 1888, cette maison victorienne a bravé les éléments et a combattu durant plus d’un siècle l’érosion du littoral de Holland Island dans la baie de Chesapeake. Malgré les efforts des anciens résidents de la maison et du propriétaire Stephen White pour protéger l’île afin de la sauver, les eaux ont été victorieuses et les ont submergées toutes les deux.
    Ce qui suit est l’histoire de de la lutte d’un homme qui a entrepris une lutte désespérée pour sauvegarder ce à quoi il tenait plus que tout : son passé…

Holland Island - Naissance d'un village

Holland Island – Naissance d’un village

hi-15

    La première occupation humaine date des années 1600, Holland Island a reçu son nom du propriétaire de l’île, le colon Daniel Holland. Pendant près de deux siècles, la vie s’est déroulée sans incident pour la petite île dont les rives n’étaient occupées que par un seul village de taille minuscule. Puis, dans les années 1850, on assista à un boom de la pêche et de l’agriculture dans la région de Chesapeake qui apporta un certaine prospérité dans l’île. Quarante années plus tard, il y avait dans l’île une importante communauté de bateliers et à l’orée du vingtième siècle, en 1910, l’île abritait 360 habitants, ce qui en faisait l’île la plus peuplée de la baie de Chesapeake. À l’apogée de sa prospérité, Holland Island comptait plus de 70 constructions comprenant des commerces, une école, un bureau de poste, plusieurs magasins généraux et une église. L’île avait aussi son propre médecin, un centre communautaire, et même une équipe de baseball qui voyageait par bateau pour participer à des matchs à l’extérieur.
  Près de 90 navires mouillaient à Holland Island, dont les propriétaires s’attachaient à bâtir leurs fortunes par la pêche, le piégeage des crabes ou la collecte des huîtres.

Holland Island tel qu'elle était encore le 18 Octobre 1953

Holland Island tel qu’elle était encore le 18 Octobre 1953

carte de Holland Island     Une des caractéristiques géologiques des îles de la baie de Chesapeake est que leur sol est constitué de boue et de limon déposés par les glaciers de l’époque glaciaire lors de la fonte des glaces. Cette particularité rend une île comme Holland Island plus sensible à l’érosion des berges causée par l’assaut permanent des vagues. Ainsi, le processus d’érosion qui s’est développé depuis des milliers d’années a peu à peu grignoté le socle terreux de l’île. Ce processus s’est accéléré ces dernières années avec la montée du niveau de l’océan résultant du réchauffement climatique.
    C’est au cours de l’année 1914 que les habitants de l’île ont commencé à sérieusement s’inquiéter en assistant à la submersion de pans entiers de rivages. Des travaux de consolidation des rivages ont alors été menés et des dépôts de pierres importées du continent ont été mis en place pour constituer des digues et des brise-lames. On a également sabordé des navires pour amortir le choc des vagues mais tous ces efforts se sont révélés inutiles.

    Cette situation a obligé la majorité des habitants à démonter leurs maisons pour les reconstruire sur le continent mais certains îliens sont restés dans l’espoir de la venue d’un hypothétique miracle mais ce dernier espoir s’est envolé sous l’effet de la tempête tropicale de 1918 qui a fortement endommagé l’église. Durant quelques années encore l’île a été partiellement occupée lors de la période de pêche mais a finalement été totalement désertée en 1922 après la fermeture de l’église.

Google Map - carte et vue satellite montrant l'érosion

Google Map – carte et vue satellite montrant l’érosion

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Un barrage contre l’Atlantique

hi-stephen-white    Le sort de l’île paraissait définitivement scellé et pendant les années qui suivirent l’action destructrice de la nature suivit son cours inexorable de délitement et d’anéantissement. Mais en 1995, un événement que l’on avait plus connu depuis longtemps vint troubler la tranquillité de ce qui restait de l’île… L’homme était de retour sur l’île et pas seulement de manière momentanée comme le faisaient les quelques pêcheurs ou navigateurs qui venaient jeter parfois l’ancre sur son rivage. Non, l’homme était de retour et était là pour y rester dans la ferme intention de contrecarrer l’œuvre de la nature sinon du Seigneur. L’homme en question s’appelait Stephen White, et en matière de navigation et de relation avec le Seigneur, il s’y connaissait puisque il était ancien batelier et pasteur méthodiste et connaissait bien l’île pour y avoir passé son enfance. Il venait d’acheter ce qui restait de l’île pour 70.000 dollars dans le but de la sauver et avait créé afin de parvenir à cet objectif une association : la Fondation Holland Island Preservation.

Stephen White avec en arrière-plan son île

Stephen White avec en arrière-plan son île

    S’engagea alors une lutte titanesque et inégale contre l’océan. Stephen White, aidé par son épouse, construisit tout d’abord des brise-lames en bois mais les vagues les détruisirent. Il les remplaça alors par le dépôt de sacs de sable qui finirent par percer et se dissoudre dans l’océan. Il remplaça alors les sacs de sable par des tonnes de roches importées du continent. Au total 23 tonnes de roches furent déposées sur le rivage mais là également, en vain. C’est alors qu’il apporta un engin de terrassement et se mit à créer des digues de fortune pour contrer l’action des vagues et protéger le rivage mais comme le reste, ces barrières dérisoires furent emportées par les flots. Dans un ultime recours recours, il alla jusqu’à saborder une vieille barge à proximité de la maison pour la protéger mais là encore sans succès. La maison fut envahie par les eaux. Au total Stephen White avait consacré 15 années de sa vie à lutter contre le destin et dépensé en pure perte plus de 150.000 dollars.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

L’agonie de la maison

l'engin de terrassement (2)

La dernière maison de Holland Island avec l’engin de terrassement de White

Holland Island - photo Jay Fleming

l’agonie de la maison – photo Jay Fleming

Holland Island

Holland Island avec sa barge de protection dernière trace de ce qui fut la maison

à gauche, la maison encore debout protégée par sa barge (rectangle orange) – à droite tout ce qui reste comme traces de la maison après sa submersion.

l'engin de terrassement (4)

hi-8

hi-4

hi-11

l'engin de terrassement (3)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
article lié

La Ballade de Holland Island House, un court-métrage d’animation réalisé par l’américaine Lynn Tomlinson sur ce thème
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

The Ballad of Holland Island House

    La Ballade de Holland Island House, la réalisatrice  Lynn Tomlinson raconte l’histoire véridique d’une maison qui est la dernière de son village à résister à la montée de l’océan sur une île de la baie de Chesapeake. Après une longue lutte, elle finira par disparaître à son tour dans les flots. Dans la ballade chantée qui accompagne les images, la maison raconte l’histoire de sa vie avec les créatures qu’elle a côtoyé et abrité au cours de son voyage depuis sa vie originelle en tant qu’arbre, puis en bois de construction jusqu’à son ultime retour à la nature. Ce film est une interrogation sur le temps, le changement de l’environnement et la montée du niveau des océans.

C’est ICI

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Home, sweet home à Landskrona, Suède (2009) : une maison de ville qui s’affirme – agence Elding Oscarson

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

« La modernité, c’est le fugitif, le transitoire, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. »   – Baudelaire.

maison de ville en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

maison de ville à  Landskrona, Suède – architectes : agence Elding Oscarson. La maison, qui mesure seulement cinq mètres de large, comble une « dent creuse » dans l’alignement des maisons traditionnelle de la rue qui existait depuis plus de 50 ans. La toiture terrasse est alignée avec le faîtage de la construction voisine la plus haute.

dzn_Townhouse-in-Landskrona-by-Elding-Oscarson-14

Les bâtiments adjacents sont de faible hauteur, mais le reste de la rue est bordée de bâtiments de différentes hauteurs, taille et de matériau de façades variées. Derrière la rangée de bâtiments se cache un monde coloré fait de murs de briques, de hangars, et de végétation.

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

     Ces deux photos présentées ci-dessus permettent de mesurer l’impact réel de la maison dans son environnement. On constate que le bâti est constitué sur les deux côtés de la rue par des constructions anciennes hétéroclites par leur taille et leurs hauteurs et de matériaux variés qui vont du bois à la brique et au béton enduit. Au loin se profile le clocher de l’une des églises de Landskrona.
  Si l’on compare la maison conçue par l’agence d’architecture Elding Oscarson avec les autres constructions de la rue, on constate :
    . que sa hauteur ne dépasse pas la hauteur des constructions les plus hautes.
    . que sa faible largeur (5 m) est plutôt inférieure à la moyenne de leurs largeurs
   . que les différences formelles portent sur la toiture traitée en terrasse alors que les toitures des
     autres maisons sont à deux pans.
 . que les ouvertures dérogent par leur proportion et leur conception aux ouvertures traditionnelles.

     Si le contraste entre l’architecture contemporaine de la maison et celle du reste de la rue est flagrant lorsqu’on la compare, en vision rapprochée, aux deux maisons adjacentes, il apparaît beaucoup moins prononcé lorsque la vision est lointaine, la masse de la maison s’intégrant alors de manière heureuse au rythme d’alternance des constructions hautes et basses de la rue. La spécificité architecturale bien marquée et visible n’est perçue aucunement comme incongrue ou négative. La maison apparaît plutôt comme un « évènement architectural » notable qui anime la rue brisant la monotonie du décor initial, au même titre que le clocher de l’église visible dans le lointain. La portée de cet « événement » ne se limite pas à son aspect esthétique, elle se déploie également sur le plan sémiologique par l’introduction de la « modernité » dans un secteur jusque là délaissé de la ville, une modernité présentée sous un aspect rationnel clair, positif et avenant.

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

le nez au milieu du visage

le nez au milieu de la figure

    Il y a des moments où la vision d’un projet architectural aussi réussi, aussi exemplaire que celui conçu et réalisé par ces deux jeunes architectes dans une ville de Suède au caractère historique bien marqué, nous conduit à la lassitude et au découragement. Pourquoi, les architectes français ne peuvent-ils pas réaliser une œuvre aussi éclatante dans leur pays ?  – Quoi ? Vous voulez réaliser une construction outrageusement contemporaine au milieu d’un bâti traditionnel ? – Un parallélépipède au milieu de constructions anciennes à toitures en pente ? – Et en plus, peint en un blanc éclatant pour qu’il puisse bien se distinguer du bâti environnant ? – Vous n’y pensez pas – Mais quel genre d’architecte êtes-vous ? – Êtes-vous au moins inscrit à l’Ordre des architectes ? – Pourquoi ce projet ne peut-il être accepté ? – Je m’étonne que vous me posiez la question :  le Patrimoine, Monsieur ! Le PATRIMOINE ! notre patrimoine sacré que nous avons hérité de nos aïeux et que nous avons le devoir de préserver, de protéger des actions irresponsables de gens comme vous… Et nous le protégeons par des forteresses inexpugnables, les forteresses à la Vauban que sont nos règlements d’urbanisme ! – Mais enfin ! Vous ne voyez pas que votre architecture, elle se voit voit comme le nez au milieu de la figure ?

    Le nez au milieu de la figure… Je me suis toujours demandé pourquoi cette formule était connotée péjorativement… Imagine t’on un visage sans nez ? Il y manquerait quelque chose de fondamental, quelque chose qui fait qu’un visage est un visage et que ce visage est unique et se distingue des autres visages. Je regarde de nouveau les photos du projet des deux jeunes architectes suédois et j’imagine la même rue vidée de leur architecture : une rue devenue anonyme et banale, à qui il manquerait soudainement quelque chose; une rue où l’esprit de l’époque, la beauté de la modernité serait absents, une rue sans relief, sans aspérité,  tel un visage sans nez…

    Pourquoi la France se distingue t’elle sur ce point du reste des pays européens ? Pourquoi s’est-elle repliée frileusement sur son passé et craint-elle l’innovation et la représentation de la modernité ? Cette situation est la résultante à mon avis d’un double état de faits : d’une part le manque de culture architecturale de la plupart de nos concitoyens et de leurs élus et d’autre part un état d’esprit particulier, que l’on retrouve dans d’autres domaines de la vie publique, marqué par le manque de confiance en soi, une incapacité à affronter à la fois le présent et l’avenir, un refus d’affronter pleinement ses responsabilités. On se réfugie alors dans l’abri bétonné du passé où l’on se rassure en contemplant les vestiges de notre ancienne splendeur.

Enki signature

Capture d’écran 2014-08-28 à 04.33.21Capture d’écran 2014-08-28 à 05.56.57

°°°

le visage, avec le nez et sans le nez…

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Johan Oscarson et Jonas Elding

l’agence d’architecture Elding Oscarson est née du désir de collaboration de Johan Oscarson et Jonas Elding. Cette structure est récente mais bénéficie  d’une forte expérience accumulée lors de responsabilités antérieures assumées en Suède et au Japon pour des projets de stature locale ou internationale et appliquée à des domaines aussi divers que la conception et la réalisation de musées, théâtres, maison d’habitation, aménagements intérieurs, design. Jonas Elding était associé à Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (SANAA) à Tokyo pendant sept ans, période pendant laquelle il a dirigé la conception pour le nouveau musée d’art contemporain à New York. Johan Oscarson était associé à Sandellsandberg à Stockholm pendant sept ans, et a conduit les dessins pour Villa Nilsson et l’intérieur du siège OMX. Nous avons la volonté de poursuivre la promotion de solutions originales en architecture et en design et de voir comment nos efforts communs peuvent contribuer à apporter des innovations dans les façons de vivre et de profiter de l’espace. Nous pensons avoir atteint notre but lorsque nous nous surprenons nous-même; et quand nos projets répondent aux besoins de l’utilisateur, aux exigences du site et aux autres paramètres qui font de chaque projet un projet unique qui  s’inscrit dans la réalité et est porteur d’une histoire.

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

maison de ville à Landskrona en Suède- architecte Elding Oscarson, 2009

type de Projet : maison de ville
localisation : Landskrona, Suède
architecte : Elding Oscarson
ingénieur structure : Konkret
constructeur : Skånebygg
Structure : leca-masonry, metal deck slab
surface du terrain : 75 m2
surface totale : 125 m2
coût de construction : 280,000 Euro
année de réalisation : 2009
matériaux et produits :
structure : fondations en béton armé, maçonnerie en éléments composites béton/isolant polyuréthane LECA, planchers métalliques
toiture : végétalisée (sedum) avec pièces de rive en zinc
revêtement muraux : enduits et plâtre
baies  : châssis en aluminium anodisé
chauffage : pompe à chaleur avec recyclage de l’air. Chauffage par le sol dans toutes les pièces
planchers : dalles en béton précontraint avec joints mastiqués
parquet : en épicéa lavé et pigmenté
escaliers et balustrades : en acier et caillebotis métallique

°°°

–––– le contexte, la petite ville de Lanskrona ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    Landskrona est une petite ville d’environ 30.000 habitants située à l’extrême sud de la Suède en bordure du détroit, le Öresund, qui sépare le Danemark de ce pays. La ville abrite plusieurs monuments, dont la citadelle construite pour surveiller et contrôler le détroit. Elle possède également un port maritime, un chantier naval ainsi que la première usine d’avions de Suède. La ville est pilote en matière de protection de la nature etandskrona fait partie de villes estimées par un cercle de protecteurs de nature et de l’environnement; la fondation TEM (Technology Environment Management) de l’université de Lund a donné une impulsion déterminante à la ville pour l’amélioration des techniques environnementales utilisées dans la ville.

Fourre-Tout

°°°

–––– les plans et les volumes intérieurs –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

EO-Townhouse-Li-18,large

dzn_Townhouse-in-Landskrona-by-Elding-Oscarson-17

EO-Townhouse-St-7,medium_large

dzn_Townhouse-in-Landskrona-by-Elding-Oscarson-12

L’intérieur se compose d’un espace unique, divisé par trois  planchers en acier.

dzn_Townhouse-in-Landskrona-by-Elding-Oscarson-3

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.21.13

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.25.14

Au rez-de-chaussée, à une extrémité du jardin, une petite construction annexe distincte du bâtiment principal sert de bureau 

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.33.56

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.26.57

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.20.21

Capture d’écran 2014-08-28 à 08.37.24

°°°

articles liés

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey (2011)
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.
Le quartier de Echo Park est un quartier résidentiel situé au nord de la ville bâti sur un site vallonné. L’architecture y est disparate avec une majorité de constructions avec toitures en pente dont beaucoup font référence au style hispanique. Le terrain était primitivement occupé par une petite bâtisse construite en 1929 qui a été démolie à l’exception des murs du sous-sol qui ont été intégrés à la nouvelle structure.
Pour répondre au programme de surface fixé sur un terrain aussi étroit les architectes ont développé la maison sur trois étages et pour économiser l’espace ont supprimé les couloirs à l’intérieur du bâtiment.

Pour la suite, c’est ICI

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Japon – Vivre à l’abri d’une cascade, architecte Hiroshi Nakamura (2012)
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

hk_100113_02-630x944

Le génie de l’architecte réside dans le fait d’avoir imaginé une paroi séparative qui permette de résoudre la contradiction sans que l’un ou l’autre des impératifs soit sacrifié. Cette paroi est constituée de l’assemblage de 6.000 blocs de verre moulé de dimensions 50mm x 235mm x 50mm. Le verre utilisé est un verre borosilicate à teneur élevée en silice très transparent et extrêmement résistant aux chocs thermiques et de faible dilatation linéaire. C’est le verre utilisé par l’industrie nucléaire pour le confinement des déchets nucléaires. La masse de cette paroi de verre permet de lutter efficacement contre les nuisances sonores en provenance de la rue et sa transparence permet à la lumière naturelle en provenance de l’Est d’inonder le patio et les pièces de la maison ouvertes sur celui-ci. De même la vue sur la rue est maintenue. Cette paroi composite agit comme un filtre diffractant la lumière et créant sur les parois du patio et de la maison des miroitements, des reflets et des effets de lumière variés, se modifiant en permanence. L’effet produit est celui que créerait un mur d’eau ou une cascade qui diffracterait la lumière sur les parois environnantes et déformerait les vues. C’est cette paroi que l’architecte qualifie de optical glass façade De là nait un spectacle permanent empreint de poésie qui varie selon la position du soleil, la mise en route de l’éclairage urbain et les allées et venues des véhicules qui empruntent la chaussée.

Pour la suite, c’est ICI

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Home, sweet home : maison de ville « Eel Nest » à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Eel Nest - maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 10

la maison « Eel Nest » à Echo Park Los Angeles, CA, USA

Données

  • Maître d’œuvre : Anonymous Architectes – Simon Storey
  • charge de projet : Ben Warwas
  • localisation : Echo Park, Los Angeles, CA, USA
  • Surface de plancher : 960 pieds carrés (environ 89 m²)
  • Surface du terrain: 780 pieds carrés (environ 72 m²)
  • Chambres : 2 – Salle de bain : 1
  • Fin des travaux : mars 2011
  • Entrepreneur : Armex construction, Los Angeles
  • photographies : Steve King et Elisabeth Daniels

°°°

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 14 maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey

 

 

 

 

 

 

 

la maison « Eel Nest » dans son quartier

Présentation

   Cette maison aurait pu être édifiée au Japon : on retrouve en effet dans ce projet les caractéristiques habituelles des maisons contemporaines japonaises : simplicité formelle, pragmatisme dans les solutions techniques adoptées pour résoudre les problème posés par le site et le programme. Le nom de la maison « Eel Nest », (nid d’anguilles) est d’ailleurs le nom donné au japon aux parcelles résiduelles d’à peine cinq mètres de largeur que l’on trouve en ville et dont l’étroitesse rend la construction difficile. C’est ainsi que la maison conçue l’agence d’architecture Anonymous Architectes a une largeur de seulement 4,5 m.
   Le quartier de Echo Park est un quartier résidentiel situé au nord de la ville bâti sur un site vallonné. L’architecture y est disparate avec une majorité de constructions avec toitures en pente dont beaucoup font référence au style hispanique. Le terrain était primitivement occupé par une petite bâtisse construite en 1929 qui a été démolie à l’exception des murs du sous-sol qui ont été intégrés à la nouvelle structure.
    Pour répondre au programme de surface fixé sur un terrain aussi étroit les architectes ont développé la maison sur trois étages et pour économiser l’espace ont supprimé les couloirs à l’intérieur du bâtiment.

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 8

           

       L’entrée s’effectue au rez-de-chaussée par le volume semi-enterré conservé de l’ancienne maison dans lequel ont été aménagés un petit vestibule et un garage. Du vestibule un escalier permet l’accès au niveau 1 qui abrite l’espace séjour et la cuisine ouverte qui s’ouvrent par de grandes baies vitrées sur l’espace de la rue et sur le jardin. L’escalier a été traité en claire-voie pour ne pas réduire visuellement l’espace du séjour. Le niveau supérieur est celui des chambres (au nombre de deux) et de l’unique salle de bains. L’escalier continue sa course vers la toiture terrasse aménagée en solarium. Les grandes baies vitrées des façades et la limitation des surfaces de cloisonnement permettent à la lumière d’entrer à profusion et offrent des vues variées sur la ville.
   Parce que la maison est construite en limites de propriété, le code de l’urbanisme exigeait que ses façades soient classées coupe-feu. Pour résoudre ce problème, les architectes ont revêtu la maison d’un enduit ciment pour améliorer la résistance au feu.

Capture d’écran 2014-07-07 à 19.02.35 Dezeen_Eels-Nest-by-Anonymous-Architects_5B

L’entrée de la maison et l’escalier d’accès au premier étage

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 3maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 2

niveau 1 : l’espace séjour et la cuisine ouverte

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey  - photo Elisabeth Daniels

niveau 1 : l’espace séjour avec sa grande baie vitrée et l’escalier à claire-voie

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 9

niveau 2 : la chambre côté jardin et la salle de bains

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey 6Capture d’écran 2014-07-07 à 22.24.52

niveau 3 : la toiture terrasse aménagée et son escalier d’accès. De la terrasse, on domine Los Angeles et la vue porte jusqu’au montagnes de San Gabriel et jusqu’au signe mythique d’Hollywood. 

maison de ville à Los Angeles, CA, USA – Anonymous Architects, Simon Storey - photo Elisabeth Daniels

 °°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 

organisation et appréhension de l’espace en Grèce antique : (I) – formes d’habitat et d’occupation

–––– Protohistoire de la Grèce antique ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    La maison grecque de l’antiquité ne présente pas un modèle unique, elle va de la cabane rudimentaire du paysan construite en pierre ou en torchis couverte de chaume et parfois sans fenêtres à la maison de plusieurs pièces à deux étages articulées autour d’une cour.
     Peu de fouilles archéologiques ont été menées sur la maison grecque antique mais on sait qu’il existait deux styles architecturaux qui se répartissaient en fonction de critères géographiques et sociaux : la maison à plan circulaire ou ellipsoïdal surtout présente dans le nord et la maison à plan dite à megaron qui est une pièce principale longue et rectangulaire, parfois unique, avec foyer central séparée en deux par une colonnade centrale en bois soutenant un toit à double pente couvert de bois, de chaume ou de paille et plus tardivement de tuiles d’argiles. Pour permettre l’éclairage et la ventilation du mégaron, un large espace vide a été ménagé entre le toit et le mur de façade, la ventilation pour l’évacuation des fumées était indispensable car la plupart des maisons grecques ne possédait pas de cheminée mais un foyer aménagé à même le sol. La cuisson des aliments ne nécessitait pas de foyer fixe et l’on se contentait d’allumer à même le sol des petits feux de charbon de bois ou de branchages. Certaines maisons possédaient des foyers portables en terre cuite. Seules les maisons des plus aisés étaient munies d’un conduit de cheminée.  Les murs, protégés par des avancées de toiture, sont le plus souvent érigés en briques d’argile séchée ou en torchis sur ossature bois sur une base de pierre pour lutter contre les remontées d’humidité. Il sont blanchis à la chaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. En règle générale, deux petites pièces complètent le megaron à son arrière. Cette organisation déjà utilisée à l‘Âge du bronze serait originaire de Russie où elle était déjà présente à l’époque paléolithique. Sur le continent, le megaron peut se développer sur deux étages, le niveau supérieur étant alors occupé par deux chambres et un vestibule et un porche à colonnade surmonté parfois d’un pignon à faible pente ou un fronton sont aménagés à son entrée donnant sur une cour ou patio parfois à péristyle autour de laquelle s’articulent les constructions annexes. La cour qui donnait directement sur la rue était un élément essentiel de la maison dont elle occupait la position centrale, elle était aussi bien une pièce de séjour que de travail. Les demeures hellénistiques les plus répandues sont les maisons à péristyle : la cours centrale est entourée d’une colonnade, le tout formant une sorte de préau… Certaines maisons possèdent des pièces séparées pour les hommes et les femmes (andrôn et gynécée). Les esclaves étaient logés là où ils pouvaient dans les locaux annexes. L’andrôn était la seule pièce de la maison où les étrangers avaient accés, elle participait donc au prestige social des occupants et son aménagement et sa décoration étaient plus soignés : son sol était revêtu de ciment ou de galets et une dépression centrale rectangulaire. Le long des murs, des banquettes en pierre, en bois ou en métal parfois précieux, les klinês, étaient disposés, servant de lit ou de canapé. Il faut signaler que de nombreuses maisons urbaines étaient en fait des fermes où l’on entreposait le matériel et où l’on transformait les produits de la terre. Le plus souvent un atelier ou cellier était réservé pour le traitement et l’entreposage de l’huile d’olive et le vin. Les réserves alimentaires étaient le plus souvent conservées en vrac dans de grandes jarres, parfois enfoncées dans le sol et les objets précieux entreposés dans les pièces intérieures, plus sûres, appartements ou ateliers. De manière générale, en dehors de l’andrôn, les pièces de la maison grecque était de fonction polyvalente, un cellier pouvait être utilisé en chambre d’hôte (Protagoras de Platon). Dans les villes certaines pièces donnant sur la rue n’étaient pas reliées à la maison et était accessible par une porte ouvrant sur l’espace public ou par une échelle ou un escalier; ces pièces pouvaient servir d’échoppes, d’ateliers et d’entrepôts pour les marchands et colporteurs ou bien être loués à des  personnes étrangères à la famille.
La construction de l’habitat en relation avec le climat s’est développé empiriquement, car il ne fallait pas être un savant pour apprécier la meilleure orientation pour se protéger du vent ou pour bénéficier de la chaleur du soleil en hiver. Cependant, les philosophes de la Grèce antique ont été les premiers a établir quelques règles qui pourraient être reproduites. D’après Xénophon, Socrate expliquait qu’une maison avec un portique orientés au Sud pouvait permettre la pénétration des rayons du soleil en hiver, tout en restant à l’ombre en été, car le trajet du soleil pendant l’été est plus élevé dans le ciel. Ce concept simple a été utilisé pour le développement de l’architecture des cités en instaurant un droit au soleil pour chaque parcelle, à l’intérieur de laquelle les habitants pouvaient disposer les pièces afin de bénéficier de l’ensoleillement suivant les saisons.
    La maison grecque à des fondations en pierre et des murs en brique crue ainsi que des toits en tuiles de terre cuite. Ses fenêtres étroites protégent en partie la maison de la chaleur et des voleurs. Les portes et les volets sont en bois. Les maisons grecques ont une cour centrale ouverte dans laquelle se trouve un hôtel (bâtiment qui permet aux habitants d’honorer les dieux).Dans les riches demeures, il y aussi un puits dans la cour, mais la plupart du temps, les femmes vont chercher l’eau à la fontaine publique. Les maisons grecques avaient une pièce réservée aux femmes, le gynécée et une pièce réservée aux hommes pour les banquets. Les riches demeures ont aussi des salles de bains. Le mobilier était fait de bois et de bronze. Pour s’éclairer, ils se servaient de lampes à huile.
    Les étages n’apparaissent que tardivement. D’autre part la séparation hommes femmes est essentiellement conceptuelle et comportementale, elle ne se vérifie pas dans l’organisation physique de la maison (sauf pour l’andrôn). Toutes les pièces que l’oikos n’utilisait pas pour le travail, et où ne vivaient ni ne dormaient les femmes de la maison pouvaient être utilisées par les hommes de la maison et leurs amis.

Les jardins
   L’étude des jardins en Grèce antique révèle que les maisons privées n’étaient pas entourées de jardins comme nos maisons contemporaines. La maison grecque s’oriente vers l’intérieur, mais généralement, la cour centrale n’était pas pourvue d’un jardin. En revanche, il est probable que les habitants plantaient des fleurs ou des herbes aromatiques dans des pots à fleurs. Dans les villes grecques, les zones de verdure se trouvaient surtout sur les places publiques ou autour des sanctuaires. Les jardins privés se situaient à l’extérieur des villes, de même que les grands parcs autour des gymnases et des écoles philosophiques, telle l’Académie de Platon.

   Le monde égéen

Vasilika

On appelle la révolution néolithique, le passage de l’état nomade à l’état sédentaire. Au début du VIe millénaire avant notre ère se développent en Méditerranée centrale et occidentale les premières économies fondées sur l’élevage et l’agriculture («culture de la céramique imprimée»). Les communautés qui les constituent nous livrent un paysage culturel multiforme. A la même époque, dans l’ensemble du monde grec, depuis la Crète jusqu’en Macédoine, apparaissent des habitats fixes, tournés vers un mode de vie Makrygialosessentiellement agropastoral et pratiquant, parallèlement à l’industrie lithique taillée, des techniques nouvelles, telles que l’industrie lithique polie et la poterie. Les grottes ont été abandonnées au profit de maisons construites en pierre et en terre crue et deux modes d’occupation du terrain se développent alors, l’un horizontal, s »étalant dans l’espace, de faible densité (sites de Vassilika et de Makrygialos, tous les deux en Macédoine, près de Thessalonique), l’autre vertical. très concentré et se développant en hauteur connu, dans le langage archéologique, sous le nom de tell ou, pour la Grècede toumba ou de magoula (colline arrondie). Certains sites sites du Néolithique grec, Sesklo et Dimini, en Thessalie, offrent l’exemple d’une combinaison de deux types d’habitats : autour d’une éminence naturelle, progressivement élevée par le cumul de constructions successives, une partie de l’habitat s’organise selon le modèle plat.

°°°

––– exemple d’une maison du site de Néa Nicomédia, Macédoine (6.000 ans avant JC) ––––––––––––

maison à Néa Nicomédia (Macédoine)

reconstitution d’une maison à Néa Nicomédia (Macédoine)

 Nea Nikomedeia    Néa Nicomedia est le village néolithique grec le plus ancien. Il date de plus de 6.000 ans avant J.C. La reconstitution ci-dessus montre une maison dont le toit à deux ou quatre pans est constitué d’une charpente légère et d’une couverture en chaume est supporté par une série de poteaux en bois. Les poteaux situés en périphérie possède un clayonnage intermédiaire formant armature qui est rempli de pisé. (d’après R. Rodden).

°°°

–––– acropole de Sesklo, Tessalie (6.000 à 5.300 ans avant JC) ––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Acropole de Sesklo

Reconstitution de l’acropole de Sesklo (6.000 à 5.300 ans av. J.C.)

Sesklo    Le site de Sesklo a donné son nom à une culture qui a couvert de 6.000 à 5.300 ans av. J.C. un territoire qui s’étendait de la Macédoine grecque occidentale à la Phthiotide. il comprend une acropole entourée d’un mur d’un mètre d’épaisseur au-delà à l’intérieur duquel étaient bâtis des maisons carrées ou rectangulaires de une à deux pièces et pour certaines deux niveaux séparées les unes des autres par des allées étroites. Près du centre géométrique était érigé un vaste Megaron. Au pied de l’acropole s’étendait  une ville basse. Les murs des maisons étaient réalisés en briques crues posées sur un socle de pierres sèches. On suppose que les toitures étaient à deux pans.

°°°

–––– exemple des deux sites de Domini, Tessalie (6.000 à 5.300 ans avant JC) ––––––––––––––––––––

dimini

reconstitution du site de Dimini avec son megaron (5.000 ans av. JC)

Dimini

 Dimini   Le site de Dimini présente deux exemples d’installation néolithique : l’une occupe le sommet d’une colline et une autre, mycénienne, s’est développée dans la plaine, à l’est et au sud-est. Seules les fondations de pierre des maisons les plus anciennes sont encore visibles. Les installations étaient implantées dans six enclos concentriques défensifs constitués de murs.  L’ensemble est couronné à son sommet par une cour rectangulaire de dimensions 30 m x 25 m sur lequel donne un mégaron (habitat principal) composé de deux chambres et d’un porche. Ce bâtiment, manifestement le principal édifice du village, date de la fin du néolithique (fin du 4ème millénaire avant JC); malgré son importance, il ne faut  pas l’imaginer comme un palais ou comme le prototype direct du futur palais mycénien; ce n’était que l’habitation rustique d’un chef de village.

Reconstitition d'une maison à Dimini

Reconstitition d’une maison néolithique à Dimini

    Dans la site de Dimini (IVe millénaire), le décor des céramiques est enrichi par l’introduction de la bichromie et l’apparition de motifs nouveaux, en particulier la spirale, comme sur cette jarre où des faisceaux de lignes parallèles s’organisent sans monotonie ni froide symétrie autour d’un motif central en spirale. On trouve un peu partout dans ce vaste espace des figurines d’aspect semblable. Les plus nombreuses sont des figurines féminines, généralement nues, aux formes plantureuses, aux caractères sexuels accusés et à l’attitude stéréotypée aux bras ramenés sur les seins ou sur le ventre. Certaines figurines, plus rares, sont masculines.

°°° 

–––– exemple des maisons de Lefkandi, île d’Eubée (1.200 à 1.100/1075 ans avant JC) ––––––––––––

Lefkandi     A Lefkandi, sur l’île d’Eubée, à l’orée orientale de la riche plaine lélantine qui sera l’objet au VIIIe siècle d’un conflit entre les cités de Chalcis et d’Erétrie. Le site se trouve en bordure de mer à mi-distance des deux cités. Il semble avoir été abandonné au début du VIIe siècle au moment de la guerre entre les deux cités (710-650 avant JC). Les constructions mises à jour datent paradoxalement de la fin de la période palatiale mycénienne (1.200-1.100/1075 avant JC) et le début des « siècles obscurs » où les sites fortifiés étaient abandonnés. La construction présentée ci-dessus a fait l’objet d’un agrandissement après sa construction, une abside ayant été ajoutée ultérieurement. Les archéologues pensent qu’elle était un lieu à vocation collective ou était « une maison de chef ». Elle était entourée de huttes avec lesquelles elle formait un village d’une centaine d’habitants.

°°°

––––––––––––––––––– habitats et établissements mycéniens de l’âge du bronze –––––––––––––––––––

      L’âge du bronze est une période de la Protohistoire caractérisée par l’usage de la métallurgie du bronze, nom générique des alliages de cuivre et d’étain. Cette période a succédé à l’âge du cuivre (ou Chalcolithique) et a précèdé l’âge du fer. Les limites chronologiques de l’âge du bronze varient considérablement selon les aires culturelles et  géographiques considérées. Pour la Grèce, on considère que la civilisation des Cyclades correspond à  l’âge du bronze ancien (de -3200 à -1950 av. J.-C.) avec les sites de Grotta-Pélos et Kéros-Syros, la civilisation crétoise ou minoenne correspond à l’âge de bronze moyen (de -1550 à -1200 av. J.-C.) et la civilisation mycénienne ou hellénique font partie de l’âge du bronze.
    L’expression « siècles obscurs » ou « âges obscurs » fut popularisée par The Dark Age (1971) d’Anthony Snodgrass et The Greek Dark Ages (1972) de R. A. Desborough. À cette époque, la fin du xiiie siècle apparaissait comme une chute irrémédiable de la civilisation mycénienne, surnommée « la Catastrophe ». On parle aussi de « Moyen Âge grec ». Par contraste, le viiie siècle apparaît comme une véritable Renaissance de la Grèce.
    Selon Desborough, le recul du xiiie siècle s’explique par de grandes invasions. Snodgrass se montre plus prudent. Aujourd’hui, les historiens ont tendance à rejeter cette hypothèse, en l’absence de preuves archéologiques. L’effondrement de la civilisation mycénienne peut aussi avoir eu des causes climatiques déstabilisant l’équilibre économique et donc politique régional (la sédimentologie indique des sécheresses prolongées alternant avec des pluies diluviennes, d’où perte probable des récoltes et turbidité de la mer réduisant les prises de pêche1) car à peu près à la même époque, ladomination hittite en Anatolie prenait brutalement fin avec la destruction de leur capitale Hattusa, tandis que la fin de la XIXe et la XXedynasties égyptiennes étaient confrontées aux invasions des Peuples de la mer.
Il n’y a pas d’explication arrêtée à la chute du monde mycénien, mais son déclin progressif est probablement dû à une combinaison de phénomènes naturels, de tensions intérieures et de fragilité intrinsèque du système mycénien.
    Desborough et Snodgrass s’accordaient pour dresser un tableau apocalyptique de la période des âges sombres : chute dramatique de la démographie, perte de l’écriture et des techniques architecturales, pauvreté, etc.
    De fait, les grands palais mycéniens succombèrent aux incendies à Mycènes elle-même, Tirynthe, Pylos et Thèbes. En Crèteexceptée, aucune grande construction en pierre ne fut plus entreprise. Les grandes tombes collectives furent remplacées par des tombes individuelles, beaucoup plus modestes, ou par l’incinération. Le travail du bronze s’éteignit, faute des nécessaires contacts avec l’extérieur pour importer le cuivre et l’étain. Seule la céramique demeura comme trace matérielle de la culture de l’époque. Le linéaire B disparut, sauf à Chypre. Enfin, de grandes régions se trouvèrent dépeuplées, comme en Laconieet Messénie. Certaines populations cessèrent de cultiver leurs champs et se consacrèrent exclusivement à l’élevage.
    Les « siècles obscurs » paraissent aujourd’hui davantage une période de changement que de déclin; ils portent les prémisses des techniques, pratiques sociales et modes de pensée qui vont définir la Grèce archaïque. Ils sont aussi l’époque de rédaction de documents écrits dont certains d’une importance capitale dans la culture grecque: les poèmes homériques, l’Illiade et l’Odyssée attribués à Homère. La cité grecque ne semble plus apparaître d’un coup au viiie siècle : elle figure déjà en filigrane dans les textes homériques.

°°°

–––– exemple des maisons de Nichoria (1.500 à 1.200 ans avant JC) –––––––––––––––––––––––––––––––

magna_grecia_i000090

reconstitution d’une maison du début de l’âge de bronze à Nichoria, Messénie dans le Péloponnése (d’après McDonald et autres)

Capture d’écran 2013-05-28 à 02.43.37

Capture d’écran 2013-05-28 à 02.43.10

construction de l’unité IV-1 de Nichoria en Messénie – phases 1 et 2

Lefkandi

Capture d’écran 2013-05-28 à 08.51.52

Lefkandi

Nichoria    Nichoria était une implantation idéalement située pour l’établissement d’une vigie afin de surveiller la plaine et la côte. C’est un des plus grands sites de la région, un centre important pour le travail du bronze et un gros fournisseur de lin pour l’artisanat textile. Sa prospérité et sa chute sont liées à celles du palais de Nestor. Une image détaillée de la Messénie, aussitôt après la destruction du palais, est plus difficile à établir, notamment durant les siècles obscurs. Alors que le royaume de Pylos est organisé en deux provinces, qu’on y recense 240 établissements, qu’il possède une administration développée, une économie structurée et centralisée, une élite dirigeante cultivée, tout disparaît autour de 1.200 avant J.-C. Le site est réoccupé vers 1.100-900 : les archéologues ont repéré des traces d’activité domestique et des habitats construits avec les pierres du palais. Moins de douze sites ont été recensés pour les siècles obscurs. Au IXe siècle, ils sont concentrés dans des zones fertiles, la plaine du Stenyclarus et la vallée de la rivière Pamisos.

°°°

–– exemple d’un grenier à Smyrne (800 ans avant JC) ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Reconstitution d'un grenier circulaire du vieux Smyrne (VIIIe siècle avant J.C)

Reconstitution d’un grenier circulaire du vieux Smyrne (VIIIe siècle avant J.C)

°°°

–– exemple d’une maison urbaine à Olynthus ( Ve siècle avant JC ) ––––––––––––––––––––––––––––––

Les maisons des Grecs au Ve siècle avant J.C
    Les paysans vivaient dans des cabanes fabriquées en torchis, sans fenêtre et le toit était en chaume (paille après la moisson). Les gens plus aisés avaient une maison plus grande (1 pièce principale et deux chambres), puis la population riche, qui avait une maison comportant plus d’une dizaine de pièces…
    Le toit des habitations était le plus souvent fait de tuiles d’argile, les murs étaient faits de torchis ou de brique, les fenêtres étaient petites, peu nombreuses et n’avaient pas de vitres, seulement des volets donc la lumière rentrait surtout par la cour. Des murs de pierre entouraient la maison pour la protéger des intrus. Dans chaque habitation on trouvait un autel pour faire des offrandes aux dieux, dans les maisons on trouvait plusieurs pièces: l’andrôn une salle réservée aux banquets, le gynécée une pièce réservée aux femmes on y trouvait souvent un berceau, un lit, un métier à tisser ; la cuisine, les Grecs cuisinaient à même le sol, ils allumaient un petit feu de brindilles ou de charbon et n’avaient pas besoin de foyer pour cuisiner, l’atelier qui servait à stocker l’huile et le vin et la cour située au centre de la maison, on pouvait y travailler et tout autour on trouvait souvent une colonnade.
    Dans les quartiers populaires, la plupart des maisons étaient fort petites et formées seulement d’un rez-de-chaussée avec deux ou trois pièces exiguës. Lorsqu’elles possédaient un étage avec une ou deux chambres, on y accédait souvent par un escalier extérieur en bois. Ces mansardes pouvaient être louées à de pauvres campagnards ou à des étrangers qui désiraient avoir un pied-à-terre en ville . « Il y avait dans notre maison, dit un plaideur, un étage, qu’occupait Philonéos lorsqu’il résidait à la ville. »
    Les murs de ces maisons étaient en bois, en brique crue ou en cailloux agglutinés par un mortier fait de terre délayée. Ils étaient tellement faciles à percer que les voleurs ne se donnaient pas la peine de chercher à forcer les portes et les fenêtres ; ils préféraient faire un trou à travers ces minces cloisons, si bien que les cambrioleurs, à Athènes, étaient appelés toichorychoi, ce qui veut dire « perce-murailles ».
    Les proportions des maisons dont on distingue des traces à Athènes sont toujours exiguëes. Les portes, nous dit Plutarque, s’ouvraient sur le dehors et l’on frappait avant de sortir afin d’épargner aux passants le désagrément d’être heurtés par une porte brusquement ouverte.
Les toits étaient en terrasse. Les fenêtres, lorsqu’elles existaient, étaient nécessairement fort petites, de la dimension de simples lucarnes, puisque les Anciens ignoraient l’usage des vitres transparentes : si, par mauvais temps, l’on voulait obstruer les fenêtres, on ne pouvait le faire qu’au moyen de panneaux opaques.
    Lorsque de telles maisons étaient louées, le propriétaire, s’il ne recevait pas régulièrement le montant du loyer, employait, pour se faire payer son dû, des moyens énergigues : il enlevait la porte de la maison, ou bien les tuiles du toit, ou, enfin, il fermait l’accès du puits. Et les locataires insolvables allaient rejoindre la foule, nombreuse à Athènes, des sans-logis.
    Avant les VIIe et VIe siècles, les maisons étaient bâties en matériaux périssables, et étaient de plan circulaire, ellipsoïdal ou rectangulaire.
    Par la suite elles sont construites plus solidement avec des briques crues et des soubassements en pierre. La petite maison rectangulaire, à deux ou trois pièces, est la plus répandue.
    A partir du IVe siècle, on commence à embellir les façades et l’intérieur des maisons, qui deviennent plus vastes et plus luxueuse. La maison devient plus fonctionnelle mais aussi plus planifiée.
    Vers le IIIe siècle, sur le site de Priène, la galerie se voit réduite, l’andrôn disparaît même pour faire place à l’oikios. Les maisons sont plus élaborées, les femmes commencent à être séparées des hommes.
    Au IIe siècle, le portique nord est parfois rehaussé, les étages supérieurs font leur apparition. Les maisons ressemblent à celles de l’île de Délos.

plans d'un quartier et d'une maison urbaine à Olynthus (Ve siècle av. J.C.)plans d’un quartier et d’une maison urbaine à Olynthus (Ve siècle av. J.C.)

plan schématique du rez-de-chaussée d'une maison_d'Olynthe

Olynthus    Aux Ve et IVe siècles, la maison est plus élaborée. C’est le cas du site d’Olynthe où les maisons comportent une partie résidentielle (oikios) au nord et une galerie (pastas), qui communique avec une cour rectangulaire pavée. Sur l’un de ses côtés, se trouvent une salle réservée aux banquets (andrôn) et un vestibule, et de l’autre côté un magasin. A partir du IVe siècle, on commence à embellir les façades et l’intérieur des maisons, qui deviennent plus vastes et plus luxueuses. La maison devient plus fonctionnelle mais aussi plus planifiée.

la maison colorée à Olynthus (IVe siècle avant J.C.)

la maison colorée à Olynthus (IVe siècle avant J.C.)

     Les maisons olynthiennes du Ve siècle et de la première moitié du IVe, sont loin d’être aussi modestes que leurs contemporaines athéniennes. Beaucoup avaient deux étages et de 6 à 12 chambres au rez-de-chaussée. La pièce la plus caractéristique présente une dépression rectangulaire centrale, ornée de mosaïques et entourées d’une bordure en ciment. Il n’y a pas de colonnes autour de la cour centrale sur laquelle s’ouvre la pièce principale accostée d’une seconde pièce communiquant avec elle et avec la cour. Ces détails reparaissent dans les maisons de Doura-Europos, où l’on avait déjà soupçonné une origine macédonienne, aujourd’hui confirmée. Les pièces principales regardent vers le sud et sont ainsi abritées contre les intempéries. Sur l’un des côtés court une loggia d’où l’on dominait tout le site d’Olynthe. Les rues se coupaient à angle droit, suivant les principes de l’architecture urbaine mis à la mode par Hippodamos de Milet. (Revue belge de philologie et d’histoire, 1931)

°°°

–––– exemples de maison grecque –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

    La maison grecque de l’antiquité ne présente pas un modèle unique, elle va de la cabane rudimentaire du paysan construite en pierre ou en torchis couverte de chaume et parfois sans fenêtres à la maison de plusieurs pièces à deux étages articulées autour d’une cour.

maison grecque (-IVe siècle)°°°

°°°

°°°

°°°

°°°

°°°

°°°

Le rez-de-chaussée d’une grande maison grecque au IVe siècle :

1 – porche d’entrée et vestibule
2 – cour
3 – autel
4 – salle à manger
5 – office
6 – portique
7 – cuisine
8 – four ou foyer
9 – salle de bains
10 & 11 – salles de séjour
12 – pièce du gynécée
13 – atelier, magasin à vivres

°°°

Oikios à Heraklia`Oikios à Heraklia

°°°

–––– la maison déliante au IIe siècle ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

maison déliante

    Dans l’île de Délos on rencontre des habitations plus grandes et plus luxueuses. Les états des lieux, annexés aux baux des domaines d’Apollon délien, nous font connaître les pièces ou bâtiments qui, réunis dans un enclos, composent une forme grecque : ce sont la chambre à coucher, la chambre pour les hommes, l’étable, l’écurie, la bergerie, le grenier pour les céréales, la grange pour la paille, le moulin, le cellier pour les grandes vases d’argile ; on signale rarement un étage. La ferme atteint souvent un jardin.
    Les maisons riches des villes différaient selon les régions et selon le goût des propriétaires. Les fouilles nous ont livré deux types principaux : l’un à Priène, l’autre à Délos. La maison priérienne comprend trois parties : une cour ; au fond de la cour un vestibule, largement couvert et soutenu par deux colonnes ; enfin une ou deux chambres, donnant sur le vestibule.
     La maison délienne a comme centre une cour entourée d’une colonnade ; sur la rue, de petites pièces, isolées du reste de la maison, servent de boutiques ; un large passage conduit à la cour et, tout autour de la cour, s’ouvrent des chambres de dimensions variables, salle de réception, salles à manger, cuisine, communs ; à noter les latrines, avec un système primitif de tout-à-l’égout. Un escalier conduit à l’étage, dont les pièces s’ouvrent sur une galerie portée par la colonnade de la cour. Pendant longtemps on se contenta d’étendre sur les murs un lait de chaux, qui masquait les imperfections de la construction. Avec le progrès du luxe, la décoration se complique et s’enrichit. A l’époque hellénistique, les murs sont recouverts de stucs peints qui, toujours disposés de même, constituent un vrai système décoratif. Ils prétendent imiter la construction en marbre des grands édifices et en reproduisent les éléments essentiels. : au ras du sol une plinthe, puis des grands lambris rectangulaires, un bandeau mouluré, décoré parfois de guirlandes, de personnages, enfin plusieurs assises de panneaux rectangulaires. Au-dessus de ces assises des colonnettes ou des pilastres supportent un entablement. Cette décoration stuquée et peinte se retrouve dans tout le monde grec, à Alexandrie, à Délos, à Priène, à Théra, en Macédonie, dans la Russie méridionale ; elle est le point de départ de la décoration murale des maisons romaines de Pompéï.
     Le mobilier a toujours été rudimentaire. Le Grec, qui vit beaucoup au dehors, ignore à peu près le luxe de l’ameublement. On a des sièges sans dossier, des chaises à haut dossier. Les tables sont basses, le plus souvent rondes et à trois pieds. Le lit est bas, muni de couvertures et d’oreillers. On renferme les vêtements, les objets de toute sorte dans de grands coffres. On éclaire avec des lampes de terre cuite ou de bronze, à une ou plusieurs mèches. On se chauffe avec de hauts braseros de terre cuite.L’architecture publique privilégie la construction de temples, l’absence de palais s’explique par le fait que les Grecs anciens n’ont pas eu de royauté1

°°°

–––– Définitions ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Achéens :
les Achéens sont l’un des premiers peuples Indo-européens à avoir envahi la Grèce. Ils y apparaissent vers 1900 av. J.-C.. Ils sont originaires des régions plus septentrionales et arrivent par l’Ouest. Ils s’installent d’abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils chassent les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire (usage de l’épée au lieu du poignard, usage du bronze). Ils vont ensuite dominer les populations de Béotie, d’Attique et enfin du Péloponnèse où ils vont s’arrêter en Argolide. Un groupe ira même former la population ionienne d’Asie Mineure. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Andrôn :
L’andrôn (du grec ancien ἀνδρών / andrốn) désigne dans l’architecture domestique grecque antique littéralement la pièce ou la partie de la maison réservée aux hommes.
Elle consistait en une cour découverte (aulê), entourée de colonnades, autour de laquelle étaient disposés les divers appartements exigés pour le service du maître et de ceux qui étaient à lui. Elle était séparée de l’autre division, qui contenait les appartements des femmes par un passage et une porte. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

 Doriens :
Les Doriens (grec ancien : Δωριεῖς, Dōrieis, singulier Δωριεύς, Dōrieus) étaient l’un des quatre ethnē majeures de la grèce antique que les historiens de l’époque classique reconnaissaient comme constituant leur propre peuple. (les autres peuples étant les Achéens, les Ioniens et les Éoliens). Ethnos a ici le sens de groupe ethnique. Hérodote utilisait ce mot pour les désigner. Ils sont cependant le plus souvent appelé juste les Doriens dans des textes littéraires aussi anciens que l’Odyssée, qui les localisait à l’époque dans l’île de Crète.
Ils étaient très diversifiés dans leur vie et leur organisation sociale qui allait depuis la cité commerciale de Corinthe connue pour son style ornementé dans l’art et l’architecture, jusqu’à l’état militaire isolationniste de Sparte. Pourtant, tous les Hellènes savaient quelles villes étaient doriennes et lesquelles ne l’étaient pas. A la guerre, les États doriens pouvaient généralement compter sur l’assistance des autres États doriens. Les Doriens se distinguaient des autres grecs par leur dialecte et par des caractéristiques sociales et historiques.
Au 5e siècle avant JC , Doriens et Ioniens étaient politiquement les deux plus importants groupes ethniques. Leur confrontation a abouti à la Guerre du Péloponnèse.
Les opinions quant à leur lieu d’origine sont diverses. Une théorie largement admise dans les temps anciens est qu’ils provenaient des régions montagneuses du nord et du nord-est de la Grèce, en Macédoine et en Épire, d’où, à la suite d’obscures circonstances, ils se seraient déplacés vers le Péloponnèse, les îles Égées, la Grande-Grèce, Lapithos et la Crète. L’origine des Doriens est un concept à multiples facettes. Pour la science moderne, le terme a souvent représenté l’emplacement de la population qui a diffusé le dialecte dorique grec au sein d’une population de langue proto-grecque hypothétique. Ce dialecte est connu à partir de sources classiques issues du nord-ouest de la Grèce, du Péloponnèse, de la Crète et de diverses îles. L’information ethnique et géographique trouvée dans le texte littéraire connu le plus ancien de la Grèce occidentale, l’Iliade, combinée avec les registres administratifs des états Myceniens antérieurs, prouvent à la satisfaction générale que les locuteurs de l’est de la Grèce étaient autrefois dominants dans le Péloponnèse mais ont subi un revers et ont été remplacés, au moins dans les niveaux supérieurs de la société, par des locuteurs de l’ouest de la Grèce. Un évènement historique est associé à ce renversement. Les Grecs classiques l’appelaient « le retour des Héraclides », les historiens moderne le nomment l’invasion dorienne.
Cette théorie du retour ou d’une invasion présuppose que les locuteurs de la Grèce orientale vivaient dans le nord-ouest de la Grèce puis ont envahi le Péloponnèse, remplaçant par leur propre dialecte celui des Grecs qui s’y trouvaient. Il n’existe aucune autre source de l’âge du bronze que les registres mycéniens, l’existence d’un peuplement hellène à l’ouest de la Grèce à cette époque ne peut ni être prouvée, ni être infirmée. Au contraire des Grecs orientaux, ils ne peuvent être associés à aucune preuve d’un évènement migratoire. Cela suggère comme preuve circonstancielle que le dialecte dorien était diffusé parmi les Hellènes au nord-ouest de la Grèce, une région très montagneuse et quelque peu isolée. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

gynécée :
   Le gynécée (du grec ancien γυναικεῖον/gynaikeîon) est l’appartement des femmes dans les maisons grecques et romaines.
    La zone allouée aux femmes est utilisée pour les activités qui leur sont traditionnellement dévolues. La société grecque antique les confine dans des rôles liés au foyer. La pensée grecque les excluait des tâches intellectuelles ou culturelles, comme au théâtre, qu’il soit comique ou tragique, où les femmes étaient interdites de scène — les rôles féminins étaient exclusivement tenus par des hommes —, mais également d’assister aux représentations.
    Comme tout lieu où s’exerce une ségrégation sexuelle, le gynécée est empreint d’érotisme. Ajoutons à cela que lamythologie grecque place nymphes, ondines et déesses sous des formes féminines évoquant leur grâce, il n’en fallait pas plus pour inspirer les artistes se réclamant de cet héritage.

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

herôon :
    Un hérôon (au pluriel Heroa, en grec ἡρῷον) est un édifice d’architecture gréco-romaine dédié à un héros ou à une héroïne et construit au-dessus de la tombe ou du cénotaphe de celui-ci. Il était consacré à la commémoration ou au culte rendu au fondateur de la cité dit aussi œciste. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Ionien :
    L’ionien est un groupe dialectal du grec ancien, parlé dans une grande partie du pourtour de la mer Égée, principalement dans la région ancienne Ionie et ses colonies. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

megaron :
   Le mégaron (μέγαρον) est le nom de la pièce principale (parfois unique) des habitations de l’âge du bronze, en Grèce et en Anatolie. Elle dispose d’un foyer central entouré de deux ou quatre colonnes, et par extension le nom de ce type de maison. Il existe plusieurs variantes du mégaron, à partir d’un type général, qui est la « pièce longue », grande pièce rectangulaire où la porte se situe alors toujours sur l’un des petits côtés. Cette pièce rectangulaire est séparée en deux par une colonnade en bois qui soutient un toit à double pente couvert de bois ou de paille. Un large espace vide entre le toit et le mur de façade permet l’entrée de la lumière et l’évacuation de la fumée car la maison grecque standard n’a pas de cheminée (seuls les riches ont des conduits pour cheminée). Cette configuration pourrait être originaire de la Russie de l’époque paléolithique.
   Chez Homère, le terme « mégaron » ne désigne qu’une grande salle mais en archéologie, l’usage limite aujourd’hui sa signification à une certaine forme architecturale que l’on trouve dans tous les palais mycéniens. Le mégaron mycénien se compose d’un porche (αἴθουσα), d’un vestibule (πϱόδομος) et d’une grande salle abritant un foyer central et un trône. Le porche donne sur une cour à laquelle on accède par un portail ornemental.
    Le temple grec serait peut-être la forme la plus aboutie du mégaron. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Mycènes :
    Mycènes (en grec ancien Μυκῆναι / Mykễnai) est une cité antique préhellénique située sur une colline au nord-est de la plaine d’Argos, dans le Péloponnèse, et entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes). Mycènes donne son nom à la civilisation mycénienne, qui se développe à partir de 1700 av. J.-C. en Grèce continentale. Ainsi, on a retrouvé des vases en céramique et en métal précieux, des perles d’ambre et un masque funéraire en électrum dans le cercle B des tombes à fosse situées près de l’acropole, daté de 1650-1600 av. J.-C. Il témoigne de la transition entre les premières tombes, au matériel relativement modeste, et le cercle A (1600-1500 av. J.-C.), qui a livré une impressionnante quantité d’or et d’objets précieux. Le matériel et l’iconographie des tombes montrent que Mycènes est alors dominée par une aristocratie guerrière, dont les représentants affichent une taille et une force physique supérieures à la moyenne, sans doute grâce à une meilleure alimentation. Elle se distingue par son goût pour les objets de luxe et par l’importance accordée aux monuments funéraires. La cité est gouvernée par un monarque appelé « wa-na-ka » dans la langue mycénienne des tablettes en linéaire B, correspondant au mot (ϝ)άναξ / (w)ánax (« roi ») de la langue homérique. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

oikos :
    Le mot oïkos en grec ancien signifie « maison » ou « maisonnée ». Il désigne le domaine familial avec la maison et les habitants de ce domaine : famille plus ou moins large, esclaves. L’oikos est sous l’autorité du chef de famille, lui-même citoyen. En Grèce antique chaque personne était rattachée à un oïkos, un ensemble de biens et d’hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production, une « maisonnée ». Il s’agit à la fois d’une unité familiale élargie – des parents aux esclaves – et d’une unité de production agricole ou artisanale. Il définissait l’ensemble des biens et des hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production. Le terme désigne à la fois un lieu et une action : l’habitat et les échanges qui fondent le regroupement social. C’est pour cette raison que ce même mot est à la racine des mots écologie et économie. Ces deux disciplines, longtemps considérées comme antinomiques, sont en réalité interdépendantes: pour nous, le développement économique tient compte des ressources naturelles et humaines mobilisées, et la protection de l’environnement suppose de nouvelles dynamiques qui le rend possible.

    En Grèce antique, dès l’époque homérique, chaque personne était rattachée à un oikos (du grec ancien οἶκος, « maison »), un ensemble de biens et d’hommes rattachés à un même lieu d’habitation et de production, une « maisonnée ». Il s’agit à la fois d’une unité familiale élargie – des parents aux esclaves – et d’une unité de productionagricole ou artisanale. Dans l’empire byzantin, le terme sert à désigner les grandes familles d’aristocrates, au sens de « maisons » aristocratiques. L’Oikos était également une sorte de base de ralliement durant les jeux olympiques en Grèce, elle permettait de conserver les prix gagnés sur les sites comme Delphes,Corinthe, Némée etc. mais aussi de réunir les athlètes venus d’une même cité. (Wikipedia)

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

propylon et propylée :
   Du grec ancien προπυλαιον, propylaion (« id. ») de pro- (« devant ») et πυλών, pulon (« porte »), vestibule conduisant à un temple grécoromain et par extension, entrée monumentale.
    Un propylée est à l’origine un vestibule conduisant à un sanctuaire. Aujourd’hui on l’emploie au pluriel, il désigne un accès monumental. C’est la porte d’entrée d’un sanctuaire, la séparation entre un lieu profane (la cité) et un monde divin (le sanctuaire).
Le plus célèbre exemple de propylée est celui de l’Acropole d’Athènes, réalisé par Mnésiclès de 437 à 432 av. J.-C., dans le cadre des grands travaux de Périclès après les guerres médiques. Il est composé d’un vestibule central et de deux ailes de chaque côté. À l’Est et à l’Ouest, il est flanqué de deux portiques avec six colonnes doriques. L’aile nord se nomme lapinacothèque et était une salle de banquet et d’exposition d’œuvres d’art. (Wikipedia)

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Home, sweet home au Japon : vivre à l’abri d’une cascade – architecte Hiroshi Nakamura (2012).

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Non ! M. Le Corbusier, la maison ne pouvait se réduire à n’être qu’une simple « machine à habiter », elle doit aussi être une porte ouverte sur le rêve….

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

hk_100113_02-630x944

Optical Glass House à Hiroshima, architectes : Hiroshi Nakamura & NAP

°°°

ml_h-nakamura

Hiroshi Nakamura : né à Tokyo, 1974.  Etudes d’architecture au Département d’architecture, diplômé de l’Université de Meiji en 1999. Hiroshi Nakamura a travaillé de 1999 à 2002 en tant qu’ingénieur en chef pour le célèbre architecte japonais Kengo Kuma & Associates En 2012 sa réalisation « Optical Glass House » a obtenu un prix pour l’architecture émergente. 
Prix et récompenses : Grand Prix, JCD Design Award 2006 / Grand Prix, GOOD DESIGN AWARD 2008 / attribution Shinkenchiku 2010 / Conception Vanguard 2010. Hiroshi Nakamura est classé au ARCHITECTURAL RECORD TOP parmi les 10 architectes qui comptent dans le monde (Etats-Unis).

°°°

Information sur le projet

Nom du projet: « Optical Glass House »
fonction : maison d’habitation
conception : Hiroshi Nakamura & co sieste, ltd.
conception de structures : Moribe yasushi
structure : structure en béton armé
façades : verrez et briques de verre
toiture : traitée en terrasse
entrepreneur : société Imai
emplacement: naka-ku, Hiroshima-shi, Hiroshima, Japon
surface du terrain : 243.73 m2
superficie totale de plancher: 363.51 m2
année d’achèvement : mars 2012
crédit photographique : Koji Fujii, Nacasa & Partners.

°°°

–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

A_Modern_Journey_to_the_West6    L’un des contes les plus fameux de la littérature chinoise classique, Le Voyage vers l’Ouest raconte les aventures de Sun Wukong (Son Gokû en japonais) surnommé le Roi des Singes, un singe de nature espiègle né d’un rocher et doué de pouvoirs magiques. Le premier de ses exploits le montre, alors qu’il vient à peine de naître, faire franchir à une troupe de singes une cascade derrière laquelle se trouve une grotte, Huaguoshan Dongtianla Caverne Céleste du Mont des Fleurs et des Fruits dont il fera son royaume et dans laquelle il vivra un moment avec sa tribu. L’un des plus grands illustrateurs japonais, Tsukioka Yoshitoshi a réalisé une série d’estampes mettant en scène les aventures du célèbre singe et l’une d’entre elles le montre en train de traverser la cascade.

    La traversée de la cascade qui cache l’entrée d’une caverne enfermant un trésor fabuleux ou permettant à des héros de se soustraire à la traque de poursuivants est un classique de de l’imaginaire tintin_falls_6859populaire et de la littérature enfantine et nous avons tous rêvé, enfants, qu’après avoir franchi la cascade, comme le font Tintin, le capitaine Haddock et le petit indien Zorrino dans le Temple du soleil, nous retrouver dans un autre monde, un monde fabuleux, comme si nous avions traversé le miroir…

    Voici à titre d’exemple l’extrait d’un dialogue tiré d’un scénario de science-fiction dans lequel deux personnages accèdent à une caverne merveilleuse en franchissant une cascade :

Jack et Tosh entreprirent de faire le tour du lac. Le projet se révéla ambitieux car la végétation était encore plus dense. Il leur fallait par moment entrer dans l’eau le long de la berge pour pouvoir passer. Jack ne lâchait pas la main de Tosh. Elle eut rapidement l’air épuisé. Il la trouvait courageuse, car elle ne se plaignait jamais. Finalement, ils arrivèrent à la hauteur de la cascade.
– Tu sais Jack, j’espère qu’il y a quelque chose derrière, car je ne me sens pas capable de  retourner de suite où nous étions!
– Viens! Approchons-nous! lui dit-il d’un grand sourire charmeur destiné à lui redonner du courage.
Il se faufila le premier derrière les trombes d’eau, tout en se tenant aux rochers afin de ne pas se faire entraîner par quelques violentes giclées. Une fois de l’autre côté, il tendit la main à Tosh qui la saisit avec force. Jack la tira vers lui et la récupéra de l’autre côté.
Tous deux se retournèrent dans un même élan et constatèrent avec stupéfaction la beauté du lieu dans lequel ils se trouvaient.
Une immense caverne se dévoilait devant leurs yeux. Un grand lac se trouvait aussi de ce côté de la cascade. Ils s’approchèrent de l’eau et constatèrent que de la vapeur s’en échappait. Jack approcha sa main de la surface avec précaution afin d’évaluer le degré de température de l’eau. La vapeur étant loin d’être brûlante, il finit par plonger la main.
– Whaou! La température idéale! Bonjour la baignoire! s’exclama Jack.
Tosh, surprise fit de même.
– Un lac chauffé par la roche magmatique profonde! déduisit Tosh.
Alors qu’ils se redressaient, ils réalisèrent que la seule ouverture visible était celle par laquelle ils s’étaient faufilés et qui était en partie masquée par le rideau d’eau.
Pourtant, l’intérieur de la caverne était suffisamment clair. En fait, elle était baignée par une lumière douce et verte. Ce lieu était vraiment aussi beau qu’à l’extérieur! Quelle planète paradisiaque!
– Regarde les parois Jack! On dirait qu’elles sont recouvertes d’une substance fluorescente!
– Il semblerait que ce soit des algues microscopiques! On dirait qu’avec le temps, elles ont colonisé presque toutes les parois de la caverne, répondit Jack en jetant un regard circulaire.

   Ces images rêvées que la plupart d’entre nous n’ont fait qu’imaginer, elles existent dans la nature et quelques privilégiés ont pu les contempler.

Animated_Waterfall_1

°°°

Les archétypes mêlés de la cascade et de la grotte
     Dans ce cas particulier nous nous trouvons en présence d’un double archétype, celui des eaux courantes et violentes et celui de la caverne. Les eaux violentes que Bachelard a analysé de manière remarquable dans L’eau et les rêves expriment à la fois les thèmes héraclitéens du mouvement qui anime toutes choses, de la fuite de la vie et du temps et la colère que manifeste parfois les éléments naturels et il est vrai qu’une cascade inquiète; le mouvement furieux et désordonné des eaux qui dévalent les pentes et se ruent bruyamment vers l’abîme est pour nous l’expression d’une folie destructrice qui pourrait nous emporter. Le flux de la cascade est vertical et pressé ; lorsque Héraclite compare le mouvement naturel du monde au flux régulier d’un fleuve : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », ce flux est lent au point que l’on s’en rend à peine compte, ce qui nous permet de ne pas trop nous inquiéter du temps qui passe. Notre sérénité est encore renforcée par le fait que le flux du fleuve se développe sur un plan horizontal qui est celui de la terre où nous vivons, un monde familier et rassurant. Le flux des eaux de la cascade est lui, vertical et rapide, il provient du ciel et se rue vers les profondeurs de la Terre; véritable Axis Mundi, au sens où l’entend Mircea Elliade, il nous met en relation avec les puissances cosmiques supérieures. Les cieux, même pour les esprits matérialistes que nous sommes devenus, sont encore inconsciemment le lieu qui abritent les forces supérieures qui dirigent ou exercent une influence sur nos vies, que ces puissances soient des divinités ou simplement des astres. Les profondeurs de la Terre vers lesquelles se ruent les eaux de la cascade et parfois même s’y engouffrent et disparaissent sont le domaine des puissances négatives et infernales et le séjour des morts. Nul doute que les eaux de la cascade après un long périple dans le monde souterrain finissent par rejoindre le Styx, le fleuve que Caron fait traverser aux défunts sur sa barque pour les conduire au Royaume des Morts. La cascade inquiète par le monde sacré qu’elle révèle et de là vient sans doute le sentiment de vertige que l’on éprouve lorsque l’on s’en approche. En même temps la cascade, par ses eaux claires, bouillonnantes et écumantes venues du ciel est purificatrice et c’est effectivement l’une des fonctions qu’elle assume dans les cultures chinoise et japonaise.
    La grotte, elle, premier abri de l’homme, est le refuge, elle symbolise le sein maternel, la matrice où nous avons vécu un temps en toute sécurité dans notre état fœtal et pour lequel nous éprouvons une nostalgie. Y retourner nous est interdit parce ce désir exprime un refus ou une incapacité d’assumer notre condition d’adulte et est le signe d’une régression. Franchir la cascade est une épreuve ou une initiation, c’est le signe d’une transgression ou d’un passage au même titre que l’immersion par le baptême est le signe d’un changement fondamental, d’une métamorphose. A l’intérieur de la grotte nous sommes en sécurité, le monde extérieur est là, à portée de main, mais nous nous ne le percevons que de manière déformée à la manière des ombres projetées des prisonniers de la caverne de Platon qui apparaissaient déformées sur les parois et donnaient une fausse idée de la réalité. Nous sommes dans un « entre-deux », un « autre monde » situé en dehors de l’espace et du temps et nous sommes exclu de la réalité. Mais il faudra bien qu’à un moment, comme l’a fait l’un des prisonniers de la caverne, nous nous décidions de fuir et pour cela traverser de nouveau la cascade, cette fois dans le sens inverse, et rejoindre le monde réel…

la symbolique de la cascade dans la peinture chinoise, coréenne et japonaise
   La cascade est l’un des thèmes essentiel de la peinture chinoise et ceci très tôt dés le VIIe siècle avec la dynastie des Tang. Dans le couple fondamental qui fonde le paysage formé par la montagne et l’eau, la cascade s’oppose au rocher, comme le yin et le yang. Son mouvement descendant équilibre le mouvement ascendant de la montagne et la dynamique de son flux équilibre l’immobilité et la passivité du rocher. La cascade apparaît comme le mouvement élémentaire, indompté, des « courants de forces » qui animent l’univers et qu’il convient de canaliser et de domestiquer en vue d’un profit spirituel. Certaines légendes originaires de Chine lient les carpes Koi, les cascades et les dragons. C’est en réussissant à franchir les rapides et les cascades dans les lieux appelés « les Portes du Dragon » que les carpes Koi se métamorphosent en dragons d’eau et deviennent ainsi les symboles de lutte, de courage et d’aspiration à atteindre des objectifs élevés. 

°°°

Les rites shintoïstes de purification au Japon
  Le shintô ou « voie des Kami » (voie des dieux) est la religion indigène du Japon. Fortement marqué par son animisme originel, il voue un culte à de multiples divinités naturelles locales et se réfère à trois grandes valeurs essentielles : le culte de la nature avec laquelle il faut rechercher l’harmonie, la pureté rituelle au travers de laquelle on atteint la simplicité dans la vie et l’harmonie avec la nature. et la communion de l’homme avec les divinités, les kamis. Pour le shintoïsme, l’univers est le jeu le jeu d’énergies indestructibles apparaissant en un changement constant dans les phénomènes naturels qui sont des divinités qu’il convient de vénérer pour obtenir leurs faveurs. Parmi ces phénomènes naturels, la cascade constitue l’un des phénomènes naturels sacrés car l’eau purifie l’ascète et le régénère.

°°°

symbolisme de la cascade glacée
   De nouveaux sports de glace sont apparus il y a une vingtaine d’année : l’ascension de cascades gelées et l’exploration des crevasses des glaciers. Avec la cascade glacée, on pourrait penser qu’Héraclite est mis en défaut puisque le flux vital qui anime la marche du monde et le corps des choses a été stoppé. Il en est rien, d’abord parce que la glaciation et l’état de repos forcé de la matière qui en résulte n’est que momentané même si ce moment peut paraître très long à l’échelle humaine. La fonte des glaces polaires causé par le réchauffement climatique met à jour, fait fondre et recycle des glaces figées depuis de très longues périodes qui libèrent des spores dont certaines ont conservé leur capacité de germination. On ne peut traverser la paroi de glace, on ne peut accéder à la grotte qu’en la contournant, le flux d’eau vivante qui se purifiait et se régénérait par l’afflux d’oxygène n’est plus qu’une masse pétrifiée, figée dans la petite mort de son endormissement. Pour le locataire de la grotte, c’est la vie qui s’est enfuie et son lieu d’accueil a désormais l’apparence d’un sépulcre. Le phénomène de distanciation avec le monde extérieur, la réalité, s’est encore amplifiée. Les contes et les légendes foisonnent de ces situations de ralentissement ou d’endormissement du cycle de la vie. C’est tantôt le soleil qui ne revient pas et qui laisse la place à une nuit éternelle, une princesse qui tombe dans un sommeil profond dont on ne peut la tirer, un royaume où le cycle des saisons s’est interrompu. Toutes ces situations ne font que reprendre le thème du mythe grec de Perséphone, enlevée par Hadès le dieu des Enfers dont la mère Déméter avait interrompu par représailles le rythme des saisons et réduit la terre à la famine. La cascade glacée est un symbole de mort. Les fées ou les reines des glaces sont en général des créatures du mal…