« Faire le pont » dans l’Égypte ancienne


Le mouvement des corps dans l’Egypte ancienne.

     En octobre dernier j’avais publié dans ce blog un article sur le célèbre poème de Rilke magnifiquement traduit par Philippe Jaccottet « Les connaître est mourir »  (c’est  ICI ). les recherches que j’avais entamées sur le contexte qui entourait ce poème m’avaient conduites jusqu’à l’Égypte ancienne et en particulier vers la déesse Nout :

     « Déesse du ciel et de la nuit, garante de l’ordre cosmique dont le corps se déploie, comme on peut le voir sur les sarcophages égyptiens, au-dessus de la Terre pour la protéger. Son rire est le tonnerre et ses larmes la pluie. Les extrémités de ses quatre membres, à l’endroit où ils touchent la Terre forment les quatre points cardinaux. Le soir, sa bouche avale le soleil qui va traverser son corps durant la nuit et qu’elle fait renaître au matin en l’expulsant par son vagin. De la même manière, les étoiles traversent son corps pendant le jour. À ce titre, Nout incarne la mort et la résurrection et est maîtresse de la mort et de la vie. »

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Papyrus de Nespakashouty, 

      J’avais accompagné ce texte d’une illustration tirée d’un papyrus ancien, le  papyrus de Nespakashouty exposé au Musée du Louvre qui représentait Nout, la déesse-Ciel, qui s’étirait en forme de voûte au-dessus de son frère époux étendu sur le dos, Geb dieu de la terre, de la fertilité, des plantes et des minéraux. À l’instar du ciel et de la terre, les deux époux sont séparés physiquement par l’air qui est lui aussi une divinité du nom de Shou et qui soutient de ses deux bras levés la déesse. L’air est traversé chaque jour la barque solaire du dieu Rê que Nout avale chaque soir  pour la rejeter chaque matin par son vagin. Entre temps la barque aura parcouru les profondeurs des la terre où le serpent Apophis essaie de la renverser. Il faut croire que Shou se libère de temps en temps de son précieux fardeau car il est écrit qu’au cours de la nuit Nout et Geb s’uniraient, séparés chaque matin par le sourcilleux Shou….

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      Le hasard a fait que j’ai retrouvé deux représentations de cette même scène quatre mois plus tard lors d’une visite au magnifique musée de Turin dédié à l’Égypte ancienne, le Muséo Egizio. Il s’agissait des images réalisées sur le cercueil intérieur et le sarcophage d’un scribe royal du nom de Boutehamon qui a vécu près de Thebes entre la fin du Nouvel Empire et la Troisième période intermédiaire qui débuta à la fin du règne de Ramsès XI. Ce sarcophage fait partie de la série des « sarcophages jaunes » réalisées au cours de cette dernière période, moment où l’on délaissa les représentations murales au profit de celles, très riches, réalisées sur les sarcophages.

La séparation du ciel et de la terre sur le sarcophage du scribe Boutehamon. Musée de Turin, Italie..jpg

    Sur le sarcophage intérieur on peut voir la scène de création du cosmos semblable à celle du papyrus de Nespakashouty conservé au Musée du Louvre à ceci près que  la barque solaire n’est plus représentée et que l’on voit le dieu Shou supporter de ses deux bras le corps dénudé de la déesse Nout. Au sol, est étendu Geb représenté en vert, couleur de la végétation dont il est le dieu. La même scène est reproduite sur le sarcophage extérieur mais avec des variantes : Shou a disparu et le dieu Geb est représenté allongé sur son dos avec son phallus en érection dressé vers le ciel.

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     Les représentations de cette scène mythiques sont légions dans l’iconographie égyptienne. L’une des plus belles sur le plan graphique est celle joliment colorée du tombeau de Ramsès IV  dans laquelle on voit Shou soutenir Nout alors qu’elle avale le disque solaire rouge. À noter que Geb n’était pas présent ce jour là…


     Ce jour là, ma visite au Muséo Egizio me réservait une autre surprise heureuse, celle de la vision d’une figure que je connaissais de longue date mais dont j’ignorais la présence à Turin. C’était celle d’une jeune danseuse acrobate au corps gracile et aux longs cheveux bouclés qui reproduit le même mouvement que celui exécuté par la déesse Nout dans la création du cosmos mais inversé. Elle a été découverte à l’endroit même ou vivait le scribe royal Boutehamon, à Deir El-Medina, un village de bâtisseurs de temples et de tombeaux situé à l’est de Thebes. Il s’agit d’un ostracon, ces supports improvisés constitués d’éclats de calcaire, de tessons de poterie sur lesquels on gravait ou dessinait quelques écritures ou motifs. Au départ, ostracon (ostraca au pluriel) désignait en grec ancien la coquille d’huitre mais a évolué par analogie pour désigner ces supports artistiques sur lesquels les ouvriers ou les scribes prenaient des notes ou réalisaient rapidement des croquis ou des miniatures. Ce qui est intéressant dans cet ostracon que l’on date du Nouvel Empire XIXe – XXe dynastie (1292-1076 av. J.C.), c’est que la forme de l’éclat de calcaire utilisé comme support a été choisi (ou reconfiguré) en relation avec le dessin de la danseuse. Les différentes arêtes sont en effet parallèles aux lignes du dessin.

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    Se contente-t-elle de « faire le pont » à l’envers ou bien exécute-t-elle une pirouette, un somersault ? Dans les fêtes égyptiennes, Les danseuses et les acrobates presque nues aux corps élancés étaient choisies pour divertir les convives parmi celles « qui n’ont pas encore enfantées ». On connaît quelques autres de ces ostraka, en voici un autre un peu moins réussi (photo extraite du livre “Carnets de pierre – L’art de l’ostraca dans l’Egypte ancienne”, par Anne Mimault-Gout, Hazan, 2002)

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       Les danseuses ou danseurs acrobates pouvaient aussi être représentés sur les bas-reliefs comme ci-dessous sur le relief de la Chapelle Rouge de Hatchepsut montrant des acrobates. Temple d’Amon à Karnak, XVIIIe dynastie, début du XVIe siècle avant notre ère. (Photo Werner Forman)

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illustres illustrateurs – Les plaisirs sains de la lecture avec Gulliveriana de Milo Manara


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Les plaisirs sains de la lecture avec Milo Manara

     Que faire quand une demoiselle se retrouve par le plus grand des hasards dans le plus simple appareil sur une vieille coque vermoulue venue du fond des âges, genre « hollandais volant » mais heureusement pour elle sans la cohorte de spectres repoussants qui habituellement le hante. Tout d’abord, faire le tour du propriétaire puis, pudeur oblige, penser à se vêtir avec les lambeaux d’un vieil Union Jack qui traîne par là et qui permettra à peine de couvrir l’essentiel et enfin, comme il faut bien passer le temps, se plonger dans la lecture d’un vieux livre : Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift.

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    Hélas, elle ne pourra pas terminer sa lecture… Un violent orage éclate qui s’accompagne d’une violente tempête et le navire va se fracasser contre les récifs. Par miracle, la demoiselle va se retrouver saine et sauve sur une plage et connaître, pour notre plus grand bonheur, de nouvelles aventures, toutes plus rocambolesques et plus déshabillées les unes que les autres..

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Au fait ! Avez-vous lu les Voyages de Gulliver ?


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Gulliveriana, 1996

Scénario et dessin de Milo Manara – Éditions des Humanoïdes Associés (août 2016) et en numérique (mars 2014). Aux États-Unis, publié par Erotica (NBM, New-York)


article lié

  • Les liseuses, un poème d’Enki, c’est  ICI

meraviglia

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illustre illustrateur : Emmanuel Lepage

Emmanuel Lepage et Nicolas Michel - Brésil, Fragments d'un voyage 1 (Casterman)

    Superbe portrait réalisé par ce virtuose de l’aquarelle qu’est Emmanuel Lepage, originaire de Saint-Brieuc, tombé dans le chaudron magique de la bande dessinée en rencontrant à l’âge de 13 ans le dessinateur de Spirou Jean-Claude Fournier qui lui enseignera les premiers rudiments du métier de dessinateur de bandes dessinées. Ce portrait est en-tête de couverture de son carnet de voyage  » Brésil «  qu’il a réalisé en collaboration avec son complice, l’écrivain Nicolas Michel.

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Pour la liberté d’expression, relayons Charlie Hebdo…

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Une de Charlie Hebdo

La Une du nouveau Charlie Hebdo

     Troisième jour que le dernier Charlie Hebdo est en vente et toujours impossible à acheter. Les exemplaires livrés s’arrachent dés les premières minutes de la livraison. Hier, j’avais un rendez-vous à 8 h du matin et me suis trouvé en m’y rendant à 7 h 30 devant un bureau de tabac vendeur de journaux et bien même à cette heure matinale celui-ci venait d’être totalement dévalisé ! Il faudra donc encore patienter pour le découvrir… Idem pour le numéro spécial du Courrier International consacré à l’affaire. L’attente est telle que le nouveau Charlie Hebdo sera finalement imprimé à 7 millions d’exemplaires avec livraison étalée sur plusieurs journées. Du jamais vu ! le journal ne tirait avant cela qu’à 30.000 exemplaires. Ces cons voulaient « tuer » Charlie Hebdo, ils n’auront réussi qu’à remplacer une diffusion discrétionnaire par une diffusion massive et planétaire… L’inverse du résultat escompté.

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illustre illustrateur : Lynd Ward, graveur sur bois expressionniste – le roman sans paroles Vertigo (1937).

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Lynd Ward (1905-1985)

Lynd Ward (1905-1985)

     Lynd Kendall Ward était un artiste américain et conteur, connu pour les six séries de « romans sans paroles » utilisant le procédé de la gravure sur bois, de ses trois livres d’images pour enfants et ses illustrations pour quelques deux cent livresSes romans sans paroles ont fortement influencé le développement de la bande dessinée. Il a également pratiqué l’aquarelle, la peinture à l’huile, le dessin à au pinceau et à l’encre et la lithographie. Il est né en 1905 à Chicago d’un père anglais de religion méthodiste émigré aux Etat-Unis en 1891 après avoir lu le livre Aspects sociaux du christianisme écrit par l’économiste progressiste Richard Theodore Ely et d’une mère américaine née dans le Missouri. Peu de temps après la naissance, il est atteint de  tuberculose ; ses parents l’emmènent alors au nord de Sault Sainte Marie au Canada pendant plusieurs mois pour récupérer. Il récupère en partie mais souffrira des séquelles de cette maladie tout au long de son enfance. Dans l’espoir d’améliorer sa santé, la famille déménage à Oak Park, Illinois où son père deviendra pasteur à l’Église méthodiste épiscopale Euclid Avenue. Ward a été tôt attiré par les activités artistiques et a décidé de devenir un artiste après que l’un de ses professeurs lui ait fait découvrir que son nom écrit à l’envers signifiait « draw » (dessiner). Ward étudiera par la suite les beaux-arts à Columbia Teachers College à New York. Il se marie le 11 Juin 1926 avec Mai Yonge McNeer, une future journaliste, peu de temps après avoir obtenu leurs diplômes, et partent en Europe pour leur lune de miel. Ils s’installeront un an en Allemagne, à Leipzig, où Ward suivra des cours à l’Académie nationale des arts graphiques sous la direction des professeurs  Alois Kolb pour la gravure, Georg Alexander Mathey pour la lithographie et  Hans Alexander Theodore Mueller pour la gravure sur bois. Ce dernier exercera une influence déterminante sur la suite de son œuvre. Ward sera également fortement influencé par le travail de l’artiste flamand graveur sur bois Frans Masereel illustrateur de nombreux romans et notamment son « roman sans parole » Mon Livre d’Heures. Lynd Ward - autoportrait, 1930   De retour aux Etats-Unis en 1927, ses productions artistiques éveillent l’intérêt des éditeurs de livres et une première commande lui est confié en 1928 pour illustrer un conte de Dorothy Rowe : le cerf mendiant : contes des enfants japonais pour lequel il exécutera huit dessins au pinceau. Sa femme Mai a collaboré avec lui pour cette production et écrira en 1929 un autre livre de contes japonais, Prince Bantam qui sera également  illustré par Ward. D’autres illustrations ont été exécutés à l’époque pour le livre pour enfants Little Blacknose de Hildegarde Swift, et le livre de poèmes Ballad of Reading Gaol d’Oscar Wilde.     Après avoir découvert l’œuvre de l’artiste allemand Otto Nückel « Destin » (1926), Ward décide de créer son propre roman sans paroles « Homme de Dieu » qui sera publié en 1929 par Smith & Cap, une semaine avant le krach de Wall Street; au cours des quatre années qui suivront, plus de 20.000 exemplaires de l’ouvrage seront vendus. Il réalisera par la suite cinq autres de ces œuvres : tambour de fou (1930), pèlerinage sauvage (1932), Prélude à un million d’années (1933), Romances sans paroles (1936) et Vertigo (1937). Au total,  Ward illustré plus d’une centaine de livres pour enfants, dont plusieurs avec la collaboration de sa femme, Mai McNeer. À partir de 1938, Ward a fréquemment illustré les productions de la société d’éditions « the Heritage Limited Editions Club’s series of classic works ». Il était bien connu pour les thèmes politiques de son œuvre, abordant souvent des questions du travail et de classe. En 1932, il fonde Equinox, une coopérative de presse. Il a été membre de la Société des Illustrateurs, de la Society of American Graphic Arts, et de  la National Academy of Design. Il a pris sa retraite en 1979 à son domicile de Reston, en Virginie où il est décédé le 28 Juin 1985, deux jours après son 80e anniversaire.

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Lynd Ward - Vertigo, 1937

Vertigo, la jeune fille

Vertigo, 1937 : une satire sociale.

    Vertigo est le chef-d’œuvre incontesté de Ward, un roman épique sur le thème de l’individu pris dans la spirale de économie américaine en perdition des années trente. Composé de 230 bois gravés, il a demandé deux ans de réalisation, il est l’aboutissement d’une démarche commencée en 1929 avec la publication et le succès du premier roman sans paroles créé par Ward, la série God’s Man. Vertigo met en scène une jeune violoniste, son fiancé malheureux et un vieux magnat des affaires. Vertigo est divisé en trois histoires : la première, « The Girl », présente la vie d’une jeune violoniste de 1929 à 1935, la seconde, « Mr Ederly », présente une année de la vie d’un magnat de l’industrie âgé, la troisième, « The Boy », présente une semaine au cours de laquelle le petit ami de la jeune fille descend aux Enfers. Trois existences apparaissent ainsi interconnectées. Les images montrent comment a jeune femme et le garçon souffrent du fait des décisions du vieil homme et de la manière dont celui-ci vit du sacrifice des deux amants.

Lynd Ward - Vertigo, le carrousel, 1937

Le Carroussel

la déclaration    

  Après l’obtention de leurs diplômes de fin d’étude, elle caresse le projet de devenir violoniste soliste, lui désire être architecte de la ville nouvelle où poussent les gratte-ciel. Les deux jeunes gens se déclarent mutuellement leur flamme dans une fête foraine après que le jeune homme ait offert un anneau de fiançailles à la jeune fille mais, de la même manière que cette fête subit l’assaut d’un orage estival, leurs projets se briseront contre la grande dépression d’octobre et la tempête financière qui a suivi. Le jeune garçon qui cherchait un emploi dans le but de se marier sombrera dans la précarité et deviendra vagabond. Le père de la jeune fille, licencié, veut de suicider dans une escroquerie à l’assurance au bénéfice de sa fille mais sera sauvé par celle-ci mais deviendra aveugle. La jeune fille se retrouve en charge de cet homme et voit sa carrière compromise, elle devra vendre son violon et faire la queue aux soupes populaires. Quand au magnat de l’industrie, vieil homme solitaire qui tient dans sa main le destin de milliers d’êtres humains et qui, par quelques coups de téléphone, ordonnent vagues de licenciement, répression de mouvements de grève et complots politiques, il deviendra gravement malade mais sera sauvé in extremis par une transfusion sanguine dont le donneur est le jeune homme réduit pour survivre à vendre son sang... Le magnat est au sommet de la pyramide alors que c’est un vieillard mourant, les deux jeunes gens sont à la base, privés de tout espoir d’atteindre le rêve américain auquel ils avaient cru qui se révèle un leurre à l’instar des panneaux publicitaires que le jeune homme côtoie dans sa déchéance… L’histoire se termine de manière ambigüe en boucle, le jeune homme retrouvant la jeune fille dans une fête foraine mais la fête est amère. Le manège dans lequel ils se retrouvent n’est plus le carrousel dans lequel ils s’étaient déclarés leur amour mais un montagne russe où ils se voient emportés, terrorisés, à une vitesse vertigineuse vers le vide.

Lynd Ward - Vertigo, 1937

la jeune fille joue à son père devenu aveugle

Lynd Ward - Vertigo, 1937

les montagnes russes

     La plupart des « romans sans paroles » créés par Ward traitaient du sort d’individus piégés par des systèmes d’oppression et d’aliénation, ou par la pauvreté. Dans la plupart de ces romans, ces forces négatives étaient représentées de manière abstraite, mythique, ou même pas visible. C’est seulement avec la série tambour de Fou (1930) que le système d’oppression est désigné de manière plus claire. Dans Romances sans parole, l’horreur du monde des années 1930  était représentée dans les images terrifiantes, des rats ou des symboles mais c’est dans Vertigo que nous est donnée la représentation la plus complète et réaliste des victimes de la Grande Dépression en Amérique et des causes de leur situation. Les gravures de la série désignent sans ambigüité les puissants dont les actes sont à l’origine de la souffrance. Nous pouvons blâmer «le système» et nous devons le faire mais attaquer « le système » ne doit pas nous empêcher de dénoncer le comportement criminel des responsables.

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La main de Lynd Ward

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Vertigo, le pot-pourri
cliquer sur l’image pour l’agrandir

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