Nostalgia – The Ballad of High Noon, 1952


Do not forsake me, My Darling. (High Noon) par Frankie Laine

Le Train sifflera trois fois - critique

     Un western qui a marqué mon enfance, High Noon de Fred Zinnemann sorti en 1952 qui mettait en scène Gary Copper et la délicieuse Grace Kelly dans l’un de ses tout premiers rôles. Gary Copper jouait le rôle du shérif  d’une petite ville du Far West qui renonce par souci du devoir à l’amour de sa jeune épouse et tient tête, abandonné par la population apeurée, à un gang de tueurs sans foi ni loi. Je le vois encore, droit comme un I, avec son chapeau à large bord, son nœud papillon, son étoile  et la chaînette pendante de sa montre de poche, remonter seul, la main droite à portée de son colt, la rue désertée du village. J’étais révolté par la couardise des habitants et l’ingratitude de l’épouse. Mais tout est bien qui finit bien. Les bandits tirent très mal, le bien triomphera du mal et le héros retrouvera sa jeune épouse qui n’a pu se résoudre à prendre le train et n’a pas hésité à faire le coup de feu pour sauver son homme… En français le film avait pour titre « Le train sifflera trois fois » et la chanson d’accompagnement « Do not forsake me, My Darling«  interprétée en français par John William portait le titre de « Si toi aussi tu m’abandonnes« .

Image associée

« Si toi aussi tu m’abandonnes » interprétée par John William –


Folie du Foli : « Tous les choses, c’est du rythme… »


la Folie du Foli : « Il n’y a pas de mouvement sans rythme »
un très beau film des frères Thomas Roebers et Floris Leeuwenberg, 2010

***

La vie a un rythme, elle bouge constamment.
Le mot pour rythme utilisé par les tribus Malinké est FOLI.
C’est un mot qui englobe bien plus que tambour, danse ou son.
On le trouve dans toutes les parties de la vie quotidienne.
Dans ce film, non seulement vous entendez et ressentez le rythme, mais vous le voyez.
C’est un mélange extraordinaire d’image et de son qui
nourrit les sens et nous rappelle à tous à quel point c’est essentiel.

Thomas Roebers

    Rythme se dit Foli en malinké. La vie a un rythme. Ça bouge constamment ! Célébrant le rythme comme manifestation centrale de la vie, le documentaire « il n’y a pas de Mouvement sans rythme  » a été filmé pendant un mois dans la ville de Baro, dans l’est de la Guinée centrale, en Afrique de l’Ouest. Édité pour imiter le rythme utilisé par la tribu Malinké, ce film montre ce mouvement par la répétition des gestes les plus simples qui soient : rythmes battants et palpitants des tambours djembés et des danses festives de Baro.


Deux chansons magnifiques de Tom Waits, chanteur alien…


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     « Bizarre », « cynique », « obscur »… Voilà comment a été qualifié le chanteur de blues américain Thomas Alan Waits dit Tom Waits. Quant à sa voix  elle a été jugée  « Rocailleuse » et « abrasive ». Il est vrai qu’elle possède un effet décapant. Il chante, souvent avec recul et une pointe d’humour, des thèmes mélancoliques et romantiques comme la solitude, le désespoir, la mort. Parmi les 18 albums qu’il a enregistré de 1973 à 2011, on citera Bad as Me (2011) dont le single éponyme a été décrit comme une chanson « brute et déroutante comme jamais avec ce titre cliquetant et déprimant » aux paroles « totalement absurdes  » relevant «  du génie pur », Mule Variations (1999), Bone Machine (1992) qui a obtenu le Grammy Awards du meilleur album de musique alternative de l’année, Rain Dogs (1985), Swordfishtrombones (1983) classé comme expérimental et abstrait, Heartattack and Vine (1980) dont la chanson éponyme a été qualifiée de «  grognée-hurlée », The Heart of Saturday Night (1974) dont La chanson éponyme est un hommage aux fans et à l’univers de l’écrivain Jack Kerouac.


Earth Died Screaming (album Bone Machine, 1992)

Rudy’s on the midway
And Jacob’s in the hole
The monkey’s on the ladder
The devil shovels coal
With crows as big as airplanes
The lion has three heads
And someone will eat the skin that he sheds
And the earth died screaming
The earth died screaming
While I lay dreaming of you
Well hell doesn’t want you
And heaven is full
Bring me some water
Put it in this skull
I walk between the raindrops
Wait in Bug House Square
And the army ants
They leave nothin’ but the bones
And the earth died screaming
While I lay dreaming of you

There was thunder
There was lightning
Then the stars went out
And the moon fell from the sky
It rained mackerel
It rained trout
And the great day of wrath has come
And here’s mud in your big red eye
The poker’s in the fire
And the locusts take the sky
And the earth died screaming
While I lay dreaming of you

°°°


     « Nous étions dans un bus allant à Los Angeles Et il faisait vraiment froid dehors. Il y avait cette personne transgenre, pour être politiquement correct, qui se tenait dans un coin, portant un petit haut court qui laissait voir son nombril, beaucoup de maquillage aux yeux et des cheveux décolorés et une mini jupe. Et ce gars ou fille, dansait tout seul. Et ma petite fille l’a vu et a dit « Ca doit être vraiment dur de danser comme ça quand tu as si froid et qu’il n’y a pas de musique » […] j’ai pensé que c’était une bonne chose à dire dans une chanson. Tenir le coup. Nous nous accrochons tous à quelque chose. Aucun de nous ne veut quitter le terrain. Les mauvaises herbes s’accrochent. Tout s’accroche. J’ai pensé que c’était un vrai point positif à dire. Ce fut une chanson optimiste. Prends ma main, reste là, tiens bon. Nous avons écrit ça ensemble, Kathleen et moi, et c’était bien. Deux personnes qui sont amoureuses écrivant une chanson comme celle-là sur le fait d’être amoureux. C’était bien. »   (Crédit La Coccinelle, pour la traduction, c’est ICI)
°°°
Hold On ( album Mule Variations1999)

« Hold On »

They hung a sign up in our town
« if you live it up, you won’t
live it down »
So, she left Monte Rio, son
Just like a bullet leaves a gun
With charcoal eyes and Monroe hips
She went and took that California trip
Well, the moon was gold, her
Hair like wind
She said don’t look back just
Come on Jim

Oh you got to
Hold on, Hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
You gotta hold on

Well, he gave her a dimestore watch
And a ring made from a spoon
Everyone is looking for someone to blame
But you share my bed, you share my name
Well, go ahead and call the cops
You don’t meet nice girls in coffee shops
She said baby, I still love you
Sometimes there’s nothin left to do

Oh you got to
Hold on, hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here, you got to
Just hold on.

Well, God bless your crooked little heart St. Louis got the best of me
I miss your broken-china voice
How I wish you were still here with me

Well, you build it up, you wreck it down
You burn your mansion to the ground
When there’s nothing left to keep you here, when
You’re falling behind in this
Big blue world

Oh you got to
Hold on, hold on
You got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
You got to hold on

Down by the Riverside motel,
It’s 10 below and falling
By a 99 cent store she closed her eyes
And started swaying
But it’s so hard to dance that way
When it’s cold and there’s no music
Well your old hometown is so far away
But, inside your head there’s a record
That’s playing, a song called

Hold on, hold on
You really got to hold on
Take my hand, I’m standing right here
And just hold on

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la réincarnation de la Viking Lagherta


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Lagertha – lithographie par Morris Meredith Williams (1913)

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     Douze siècles plus tard, réincarnation de Lagertha, épouse du Viking Ragnar Lodbrok (qui a inspiré la série Vikings en Katheryn Winnick, actrice canadienne…

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The Long Road – Mark Knopfler


Ta ta ta ta, tintin…

paysage-decosse-sur-locean-036ae5d8-7e71-42c2-8eef-7102b5e847e2.jpgPaysage écossais en bordure de l’océan

    Cette chanson de Mark Knopfler apparait sur la bande originale du film Cal (1984) et sur l’album Screenplaying (1993) produit par David Puttnam et réalisé par Pat O’Connor.


Vous ne tenez que par l’amidon de votre chemise et le pli de votre pantalon…


    Triste et hilarant ou comment deux monstres sacrés parviennent à tenir à distance la Mort par le talent et la dérision.   Oui, quelle classe !

      Échange poivré entre Michel Serrault (Pompilius, ancien diplomate roumain) et Jeanne Moreau (vieille Lady richissime) dans le film La vieille dame qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann (1991) d’après le roman éponyme de Frédéric Dard.
     Lady M, une vieille femme riche et excentrique, passe ses vacances en compagnie d’un diplomate fané, Pompilius Enaresco. Fière des deux-mille-dix-sept amants qu’elle revendique, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et jette son dévolu sur Lambert, un jeune plagiste attentif et flatteur doté de toutes les qualités du gigolo. Bientôt folle de cet ambitieux apollon, Lady M le met au fait de ses fructueuses escroqueries, sous les yeux furibonds de Pompilius, aussi impuissant que jaloux…  (source Télérama)
      Jeanne Moreau, magnifique dans ce rôle, décédera six années plus tard à l’âge de 89 ans. Michel Serrault lui survivra une dizaine d’années.


Petite fleur,
vous êtes une vieille truie en chaleur !
Vous êtes une irrémédiable catin.
Votre sexe ranci se remet à capoter devant les jeunes mâles,
Ce qui devrait faire rire si ce n’était pas à pleurer.
Arrêtez vous un instant devant une glace,
par charité pour vos restes,
Et regardez, regardez à quoi vous ressemblez…
Une vieille jument efflanquée
prête pour l’abattoir.
En vous regardant mon estomac se noue
au point que je me demande si.. je vais dîner

Si vous ne désirez pas dîner,
abominable vieillard glauque et frippé.
Allez vous faire foutre !
Vous ne tenez que par l’amidon de votre chemise et le pli de votre pantalon.
Il ne vous suffit pas de n’être plus aimé,
vous cherchez absolument  à vous faire haïr.
Rassurez-vous, vieux mou, vous êtes sur la bonne voie .

Si ce détrousseur de fossile, vient habiter à la maison
Je partirais…

Il viendra !

Mais croyez vous que ce jeune voyou pourra…
pourra danser la gigue sur votre ventre tout sec, la mère ?
Hein ?  Le Pauvre garçon !
Il aurait l’impression de pénétrer une momie.
Carabosse !

Vous n’êtes qu’un débris avachi dans une rolls.

Et vous, vous êtes la mort, ma princesse.
La mort couverte de bijou et fardée comme une pute de carnaval.

Arrête-toi sinon Je te plante cette fourchette dans les couilles !

Quelle classe !



Sortilèges


Duo de fleurs fatales…

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Le « Duo des fleurs » (1883) est l’air le plus connu de l’opéra en trois actes Lakmé du compositeur français Léo Delibes inspiré du roman de Pierre LotiRarahu ou le Mariage de Loti (1880) et créé le 14 avril 1883 à l’Opéra-Comique de Paris qui conte l’amour tragique de Lakmé, une jeune princesse hindoue pour un officier britannique. L’air qui accompagne une scène qui se passe dans l’enceinte sacrée d’un temple que la princesse s’apprête à quitter pour aller cueillir des fleurs en compagnie de sa servante Mallika est interprété ici par les cantatrices Anna Netrebko & Elina Garanca – Les illustrations sont tirées du tableau de Francis Auburtin, Les Nymphes, la forêt et la mer (1886-1924).


Le livret

Lakmé

Viens, Mallika, les lianes en fleurs
Jettent déjà leur ombre
Sur le ruisseau sacré, qui coule calme et sombre,
Éveillé par le chant des oiseaux tapageurs !

Mallika

Oh ! maîtresse,
C’est l’heure où je te vois sourire,
L’heure bénie où je puis lire
Dans le cœur toujours fermé de Lakmé !


                           Lakmé                                  Mallika

Dôme épais le jasmin                  Sous le dôme épais où le blanc jasmin
À la rose s’assemble,                    
À la rose s’assemble,
Rive en fleurs, frais matin,         
Sur la rive en fleurs, riant au matin,
Nous appellent ensemble.          
Viens, descendons ensemble.
Ah ! glissons en suivant              
Doucement glissons; De son flot charmant
Le courant fuyant;                       
Suivons le courant fuyant;
Dans l’onde frémissante,           
Dans l’onde frémissante,
D’une main nonchalante,          
D’une main nonchalante,
Gagnons le bord,                         
Viens, gagnons le bord
Où l’oiseau chante,                      
Où la source dort.
l’oiseau, l’oiseau chante.            
Et l’oiseau, l’oiseau chante.
Dôme épais, blanc jasmin,        
Sous le dôme épais, Sous le blanc jasmin,
Nous appellent ensemble !       
Ah ! descendons ensemble !


Lakmé

Mais, je ne sais quelle crainte subite,
S’empare de moi,
Quand mon père va seul à leur ville maudite;
Je tremble, je tremble d’effroi !

Mallika

Pour que le dieu Ganeça le protège,
Jusqu’à l’étang où s’ébattent joyeux
Les cygnes aux ailes de neige,
Allons cueillir les lotus bleus.

Lakmé

Oui, près des cygnes
Aux ailes de neige,
Allons cueillir les lotus bleus

***


Cinéma

Les_Predateurs.jpg     Une séquence magnifique et torride du film « The Hunger » (Les Prédateurs) réalisé en 1983 par Tony Scott à partir du roman de Whitley Strieber mettant en scène Catherine Deneuve et Suzanne Sarendon (on y voit aussi David Bowie) utilise de manière heureuse en bande sonore ce morceau de l’opéra de Léo Delibes interprété par Anna Netrebko & Elina Garanca. Le rythme lancinant de la mélodie accompagne merveilleusement la scène d’amour entre les deux femmes, rythme qui va peu à peu être altéré par une cacophonie angoissante et s’accroître jusqu’à devenir insupportable lors de la scène finale de la morsure de la vampire (voir ci-dessous la suite).


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