GIFart


« Avec la paille et le temps se mûrissent les nèfles et les glands. »

Capture d’écran 2017-04-10 à 11.11.21.pngla sculpture numérique originale figée d’Adam Martinakis

George Redhawk - 1441746347GameL_Tribute_to_Adam_Martinakis_reverse.gifGIF animation de George RedHawk sur la création originale d’Adam Martinakis

     J’avoue être dans l’expectative face à la percée des GIF, cet acronyme de l’appellation Graphics Interchange Format que l’on traduit en français par « format d’échange d’images ». Il s’agit d’un format d’image numérique qui offre la possibilité de stocker plusieurs images dans un fichier et en les faisant se succéder sur un écran de permettre de simuler un mouvement en boucle. Les deux représentations d’une œuvre de sculpture numérique d’Adam Martinakis présentées ci-dessus montrant une portion de visage composée de fils métalliques dorés, l’une figée dans un état qui semble stable et finalisé et l’autre, réalisée par l’artiste George RedHawk, en mouvement qui donne l’impression que l’image est en cours de composition posent bien le problème. Quel sens donner à chacune de ces images sachant qu’elles sont à l’origine fondamentalement les mêmes. Il ne s’agit pas en effet, comme dans la représentation des séquences successives d’un mouvement, d’une série d’images chronophotographiques présentant les attitudes différentes d’un sujet unique effectuant un déplacement ou un mouvement comme l’est l’image qui suit réalisée par le photographe Georges Demeny (INSEP, 1902-1907) à partir du procédé inventé par Etienne-Jules Marey en 1882 qui pourrait en format GIP avoir l’apparence d’un film répétitif (comme le montre l’image suivante d’un groupe de danseuses) mais d’une forme unique et stable dont la surface seule est en mouvement, un peu comme si une tête faite de verre transparent voyait sa surface extérieure parcourue par une infinité de filaments dont l’apparition et le parcours se renouvelaient constamment en boucle selon un mouvement répétitif. L’image qui correspond le mieux à cette forme de représentation est le lent écoulement d’un fleuve dont les reflets se renouvellent de manière infinie à la différence près que les images ainsi crées seront toujours différentes. Est-ce un hasard si les GIF apparaissent au même moment que les chaînes d’information qui répètent inlassablement des dizaines de fois par jour les mêmes informations ? On connaissait le triptyque métro-dodo-boulot, sommes-nous maintenant entrés dans l’ère du fonctionnement répétitif en boucle déjà connu en Grèce antique par les mythes du tonneau des Danaïdes et du supplice de Tantale, dont on ne pourra plus s’extraire ?

Capture d’écran 2017-04-10 à 14.57.52.pngGeorges Demeny (INSEP) – mouvement d’un perchiste, 1902-1907

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marilyn3    Qu’apporte cet effet graphique de mouvement à l’œuvre originale? Dans ce cas présent, rien, me semble-t-il, et le résultat me parait même dommageable. L’effet de mouvement accapare l’attention du spectateur par un effet facile d’agitation et l’empêche de se concentrer sur l’œuvre originale avec toute la sérénité et l’attention nécessaire. Avec cette technique ne risque t’on pas bientôt de voir disparaître les portraits traditionnels figés et de les voir remplacés par des visages en mouvement comme l’illustre cette pitoyable et insupportable mimique répétitive de la pauvre Marylin Monroe condamnée à un supplice de Tantale qui tue le charme et la magie de la photographie initiale. Plutôt que de vouloir s’appliquer à des œuvres existantes, il me semble que le GIFart ferait mieux d’inventer ses propres productions originales dans un style et une technique qui lui seraient propres.

Enki sigle

Vincent Van Gogh – la nuit étoilée


Marylin, encore et toujours…


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Marylin Monroe photographiée par Richard C. Miller en 1946
« Belle comme une vierge en assomption »

     Vous voyez Marylin à l’horizontale étendue sur le dos à la surface de l’eau ? Pour ma part je la vois s’élever verticalement dans les airs au-dessus de nos têtes en direction du ciel telle une vierge ascensionnelle des tableaux de Reni, Poussin, Prudhon ou Le Brun… Il ne lui manque qu’une cohorte d’anges, d’angelots et de cupidons se pressant autour d’elle pour l’accompagner et la célébrer. Comparer Marylin à la vierge en Assomption vous semble iconoclaste, voire même blasphématoire ? Tant pis…                         Enki

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Charles Le Brun – L’Assomption de la Vierge, XVIIe siècle

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      En mars et avril 1946, Marylin qui n’est encore que Norma Jean Dougherty pose en maillot de bain rayé rouge et blanc sur la plage et dans une piscine de l’hôtel Sheraton sur Wilshire Boulevard à Los Angeles, sous l’objectif du photographe Richard C. Miller. Elle a vingt ans et les photos seront publiées dans le magazine True Romance. Le photographe écrira à son sujet : « Elle était mignonne et avait fait déjà fait la couverture de plusieurs publications (…) sur la plage, une foule qui comprenait beaucoup d’hommes s’est rassemblée pendant la prise de vues (…)  Elle était très belle, très douce. Elle est venue dîner à la maison. C’était une fille agréable, conviviale puis elle est allé travailler pour les studios et est devenue Marylin Monroe. »

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Musique : le maître des sortilèges


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     Shigeru Umebayashi (梅林茂) est un compositeur japonais. Il fut l’un des leaders du groupe de rock new Wave japonais EX et commença à composer en 1985 après la séparation du groupe. Il est le compositeur de bandes originales de plus de 40 films japonais ou chinois parmi lesquels figurent deux célèbres morceaux présentés sur cette page  : le célèbre Yumeji’s Theme du film In the Mood for Love (2000) du réalisateur hongkongais Wong Kar-Wai et Polonaise tiré du film 2046 produit en 2004 par le même réalisateur.

     Dans les deux vidéos présentées ci-après on est saisi par l’alchimie subtile qui lie le lent déplacement des corps des acteurs à la beauté renversante à la musique ensorcelante  par ses rythmes lancinants qui accompagne leurs évolutions. Dans le clair-obscur de la nuit, les corps se croisent, se frôlent et s’éloignent donnant l’impression de ne jamais pouvoir se rencontrer, les regards s’évitent puis se confrontent pour finalement abandonner le combat et s’enfuir. La musique a sur nous les effets d’une onde puissante et douce dans laquelle nous nous sentons immergés et brassés comme dans les eaux d’un fleuve calme et puissant, symbole du temps, qui charrierait les images du passé, les images rêvées et aussi celles des occasions manquées. Une plongée dans un monde onirique comme celui d’une fumerie d’opium dont on ne pourrait se délivrer tant que durerait la musique. Un romantisme sombre et désespéré, une mélancolie poignante et en même temps un délice, un régal des yeux et des oreilles, le plaisir intense et rare et un brin masochiste causé par la captation et la soumission des sens…

Enki sigle


      L’ensorcelant Yumeji’s Theme du film  In the Mood for Love avec comme acteur Tony Leung Chiu-wai qui joue le rôle d’un journaliste qui entretient un relation amoureuse avec  sa voisine de palier, rôle pour lequel il reçut le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. C’est l’actrice Maggie Cheung, alors égérie du réalisateur, qui joue le rôle de la voisine la troublante Madame Chan.


     Ce lancinant morceau intitulé Polonaise est tiré du film 2046 avec le même acteur que dans  In the Mood for LoveTony Leung Chiu-wai qui joue cette fois le rôle de Chow, un écrivain de science-fiction en mal d’inspiration qui s’évade dans le livre qu’il tente de finir dans un lieu imaginaire, 2046, dont on ne revient jamais. Chow se souvient des femmes qui ont traversé son existence solitaire. 2046 est aussi le numéro de la chambre où il avait l’habitude de rencontrer Su Li-zhen, la seule femme qu’il ait sans doute aimée (interprétée par Maggie Cheung et Gong Li), en 1962 à Hong Kong. Quelques années plus tard, fin 1966, il s’installe dans la chambre 2047 et observe ce qui se passe à côté… Le réalisateur hongkongais Wong Kar-Wai était réputé pour ses hésitations au moment des tournages qui mettaient à rude épreuve les nerfs de ces acteurs. Au cours du tournage de 2046, l’actrice Maggie Cheung se brouillera de manière définitive avec son mentor qui en représailles coupera au montage la plupart des scènes où elle apparaîssait.


Twin Peaks de nouveau sur nos écrans en mai 2017…


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David Lynch

L’envoûtante intro de Twin Peaks (1990) accompagnée de l’inquiétante musique d’Angelo Badalamenti –  Acteurs Kyle MacLachlan, Sherilyn Fenn, Lara Flynn Boyle, Sheryl Lee, Peggy Lipton, Mädchen Amick, James Marshall, etc. …

    Twin Peaks ou Mystères à Twin Peaks est une série américaine créée par Mark Frost et David Lynch diffusée pour la première fois sur 2 saison du 8 avril 1990 au 10 juin 1991, et une troisième saison sera diffusée à partir du 21 mai 2017. Dans la ville imaginaire de Twin Peaks, située dans le nord-ouest de l’Etat de Washington, le cadavre de Laura Palmer, une jolie lycéenne connue et aimée de tous, est retrouvé emballé dans un sac en plastique sur la berge d’une rivière. L’agent spécial du FBI Dale Cooper est désigné pour mener l’enquête. Il découvre alors que Laura Palmer n’était pas celle que l’on croyait et que de nombreux habitants de la ville ont quelque chose à cacher. La musique de la série (Twin Peaks Soundtrack) est sortie en CD le 15 avril 1991 sous le label Warner Bros. Elle comporte onze morceaux composés par Angelo Badalamenti et Julee Cruise .(crédit Wikipedia)


Regards croisés – on a marché sur la lune


      « Labor omnia vincit » : En 1902, George Méliès réalise l’un des premiers film de science-fiction « Le Voyage dans la lune » avec une mise en scène burlesque – Extrait du film original sans son ajouté. Depuis, une version remasterisée et colorée a été réalisée.

      Vingt sept années plus tard, en 1929, le dernier film muet de Fritz Lang « Frau im Mond » adapté du roman de son épouse Thea von Harbou Une femme dans la Lune montre également mais de manière plus réaliste les premiers pas de l’homme sur la lune.
     Le très beau fond musical utilisé dans la video est de Elizabeth Bernholz (née Elizabeth Walling) alias Gazelle Twin  depuis 2009, une artiste britannique adepte de la dark pop, des sons électroniques et du surréalisme.

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      Soixante-sept  années après le film de George Méliès, le 20 juillet 1969 :  Neil Armstrong est le premier homme à avoir posé réellement son pied sur le sol lunaire, il déclare « C’est un petit pas pour un homme, un pas de géant pour l’humanité »


MAIN BASSE SUR L’AMÉRIQUE

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TRUMP’S TRIUMPH

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Enki sigle

Les Fauves sont lâchés…

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