Emile Nolde ou le paroxysme des couleurs


Peinture expressionnisme allemande : le paroxysme des formes et des couleurs

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Emile Nolde (1867-1956) – Ciel rouge cuivré sur mer bleu foncé 

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Emile Nolde watercolor

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crépuscule des dieux


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    Ce lundi soir, vers 19h 30 en promenant ma chienne Gracie sur les bords du lac d’Annecy.
    À contempler en écoutant le sublime et poignant «Ich bin der Welt abhanden gekommen»
    de Malher chanté par Fischer-Dieskau – C’est juste après :  7 minutes d’intense bonheur…

Pour plus, c’est  ICI

 


 

le photographe autrichien Heinrich Kühn (1866-1944), pictorialiste génial


Quand la photographie cherchait à imiter la peinture

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Heinrich Kühn – Miss Mary et Lotte sur la crête de la colline, vers 1910

Claude Monet - Femme avec son parasol, Mme Monet et son fils, 1875 (Google Art Project).jpg

   C’est en 1886 que Claude Monet a peint son célèbre tableau « Femme à l’ombrelle« , soit un quart de siècle avant la naissance du pictorialisme. Les pictorialistes, comme Heinrich Kühn souhaitaient élever leur art au niveau de la peinture mais dans un premier temps, ils se sont contenté d’imiter, avec talent pour certains, les grands peintres. Il s’agissait, en travaillant sur le cadrage, l’angle de la prise de vue, la couleur, en recherchant un certain flou et en retouchant les épreuves d’approcher les « effets visuels » spécifiques au dessin, à la gravure ou à la peinture à l’huile. Ce n’est que dans un second temps que la photographie s’affranchira de la copie servile de la peinture et s’attachera à définir un mode d’expression qui lui soit propre.

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Heinrich Kühn – Windblow, 1911 – Photogravure sur papier japonais

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Heinrich Kühn (1866-1944) randonneurs dans la descente, vers 1914 – autochrome

   S’il est un domaine où la photographie peut l’emporter sur la peinture, c’est bien celui de la captation du mouvement. Le plus souvent les peintres impressionnistes se sont attachés à saisir le motif dans sa fugacité et pour cela rendre la variation de couleur ou de lumière des éléments dans les scènes d’extérieurs qu’ils représentaient à l’aide de touches de couleur vibrantes dont le but n’était pas de représenter précisément les phénomènes mais de donner au spectateur « l’impression » sensible de ces phénomènes. La représentation des variations et mouvements élémentaires des éléments de la nature, feuillage, eau, nuages, sous l’action du vent ou de la lumière leur suffisait pleinement et ils  n’étaient guère intéressés à la représentation du mouvement des êtres comme avant eux la peinture historique d’essence romantique avait pu le faire. Ce sont les photographes qui ont investi le champ de la représentation du mouvement grâce aux moyens techniques que leur offrait leur art. Il convient de signaler que les photographies ainsi réalisées sont souvent des « divines surprises », la rapidité du mouvement exécuté ne permettant pas au photographe de savoir à l’avance quelle séquence de ce mouvement sera capturé par la prise de vue.

Heinrich Kühn (1866-1944) - Im Winde (la brise), vers 1915.png
Heinrich Kühn – Im Winde (la brise) , 1915

Heinrich Kühn, On the Hillside (Study in Values), gum bichromate print
Heinrich Kühn – sur la pente de la colline

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   Une jeune femme représentée en pleine nature en robe blanche. Claude Monet a choisi de la représenter assise, figée dans un cadre dans lequel de nombreux éléments mis en valeur par la couleur ou la luminosité annonce le printemps : fleurs de couleur jaune vif au premier plan, taches de lumière en arrière plan. Des reflets de lumière animent la robe. Bien que la jeune femme paraisse immobile, le tableau n’en est pas pour autant statique, il « vibre ». Heinrich Kühn n’a pas choisi de faire poser son modèle ; dans ces conditions de prises de vue, la photo aurait été plate et sans intérêt,  il a choisi de la surprendre en pleine action de la cueillette d’une fleur.


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Heinrich Kühn (1866-1944) – autoportrait en autochrome, 1907

     On peut dire que Heinrich Kühn était né sous une bonne étoile : héritier dès son jeune âge d’une grande fortune, il décide alors d’arrêter ses études de médecine pour se consacrer à ce qu’il aime le plus,  la photographie. Il s’inscrit au « Wiener Camera Club » fondé en 1891 où il rencontrera deux autres photographes de talent Hugo Henneberg et Hans Watzek avec qui il fondera le « Trifolium » qui participera au grand mouvement artistique de la Sécession viennoise. Ce mouvement de portée internationale les mettra en contact avec deux associations d’avant-garde, le « Linked Ring » de Londres et le « Photo Club de Paris. » La grande ambition d‘Heinrich Kühn est celle partagée alors par de nombreux photographes de par le monde qui est d’élever la photographie, alors dévaluée dés son apparition comme un simple procédé technique de reproduction, au statut de medium artistique, à l’instar de la peinture. Il faut « dépasser la simple imitation mécanique et stricte de la nature pour ériger la photographie en un art autonome et distinct des Beaux-Arts traditionnels ». Dés lors, les photographes qui se réfèrent à ce courant de pensée vont tenter de rivaliser avec la peinture. Comme disait Kühn, « L’appareil mécanique n’a pas d’autre importance pour le photographe que par exemple le pinceau pour le peintre ». Ce mouvement né à la fin du XIXe siècle va porter un nom en 1886 né du titre d’un article manifeste écrit en Angleterre par le photographe et écrivain Peter Henry Emerson : the pictorial art qui sera repris en France pour sous l’appellation pictorialismeHeinrich Kühn sera l’un des représentants les plus éminents de ce mouvement pour l’Autriche. Sa spécialité était de rechercher pour ses clichés des effets de flou, de couleur et des angles remarquables de prises de vue en s’inspirant pour cela de certaines œuvres de grands peintres de l’impressionnisme comme Claude Monet et Auguste Renoir. Il a été également très influencés par les photographes d’avant-garde Alfred Stieglitz et Edward Steichen. il expérimentera avec enthousiasme les nouvelles techniques d’impression photographique, particulièrement la gomme bichromate, la platinotypie, la gommogravure, la photypie, le tirage et report à l’huile ou encore les autochromes, premier procédé photographique en couleur inventé par les frères Lumière.  (source : Wikipedia et divers)

Frank Eugene, Alfred Stieglitz, Heinrich Kühn et Edward Steichen regardent une œuvre d´Eugene (vers 1907) recadrée.png
Quatre représentants éminents du pictorialisme réunis vers 1907 : à gauche le germano-américain Frank Eugene, Alfred Stieglitz, Heinrich Kühn et Edward Steichen examinant une œuvre d´Eugene.


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le peintre américain Ed Mell – les grands moyens dans la peinture


Ed Mell

        Dans l’une de ses interview, le peintre américain Ed Mell annonce la couleur : « J’ai choisi de représenter la Nature, mais parfois je pousse cette représentation un peu plus loin. Vouloir exprimer sa réalité doit avoir beaucoup plus d’impact qu’une simple représentation photographique, pour cela j’aime pousser un peu plus moins et mettre en valeur certains traits marquants de la Nature dans la vie réelle ». Pour cela il va s’attacher à simplifier et épurer les sujets qu’il peint et les mettre en valeur par le traitement des couleurs pour leur faire exprimer l’essentiel ou l’un de leur trait particulier qu’il a souhaité distinguer et mettre en valeur. Le résultat est une transformation formelle complète du sujet au caractère spectaculaire. Dans les nombreux paysages représentés (Ed Mell vit en Arizona), les montagnes voient leur formes simplifiées, à la façon des représentations des peintres cubistes et le tranchant de leurs arêtes est renforcé, ce qui a valu aux USA la qualification de son style comme « angulaire ».  Un ciel d’orage devient une structure géométrique où les nuages et la foudre sont représentés de la même manière structurée et fractale que les montagnes. C’était déjà le mode de représentation adopté par certains membres du groupe canadien des « Sept », en particulier Lawren Harris qui ramenait les montagnes qu’il peignait à des formes géométriques simples. Même traitement pour ses nombreuses représentations de fleurs dont les pétales sont perçues comme des éclats de vitraux et qui font parfois penser au travail de Olivia O’Keffe. Les couleurs sont vives, parfois criardes et le plus souvent contrastées. « Les contrastes donnent de la vie aux choses », dit Mell. « Par exemple, si vous faites une fleur jaune et que vous placez un fond violet sombre, ce qui est le contraire sur la roue de couleur, cette couleur va rendre le jaune plus vivant que toute autre couleur. De plus, le jaune va compter comme une lumière et Illuminer la fleur. Donc, vous avez deux choses à faire pour créer une lueur. » On retrouve ce procédé dans plusieurs de ses paysages où les ciels présentent des contrastes de violets profonds et de jaune moutarde : « Je ne me souviens pas avoir jamais vu un ciel violet comme ça, mais encore une fois, vous avez ce violet contre le jaune et c’est cela qui fait que ça marche. » Faut-il voir dans ce style un peu accrocheur, un souvenir de la période new-yorkaise d’illustrateur en publicité de Ed Mell ? Pour ma part, je dois dire que si je trouve un grand intérêt à la contemplation de beaucoup de ses tableaux, je ne suis pas totalement emballé. Ce n’est pas la déconstruction/reconstruction de type cubiste ou fractale des sujets qui me gêne et que je trouve tout au contraire très intéressante, mais la trop grande agressivité des couleurs dont il abuse et dont le violent impact sur l’œil nuit à la perception sereine du tableau. Comment dit-on, en langue de bois, lorsque le travail d’un artiste tout à la fois nous intéresse et nous plonge dans l’expectative ? À oui !  — « Un travail qui ne laisse pas indifférent »

Enki sigle


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Ed Mell – Eye of storm

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Ed Mell – Canyon Strike

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Ed Mell – Desert Drama et sans titre

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Ed Mell – Storm Elements et Canyon Light and rain

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Ed Mell – Flame Sky Lake Powell, 1990

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Veils of Time 27.5 x 68 Giclée Artist Proof, Very Limited $3,000.00

Ed Mell – Veils of Time

     J’apprécie beaucoup ces deux tableaux surréalistes dans lesquels on ne perçoit aucune différence de traitement entre les masses des montagnes et celles des nuages qui semblent ainsi solidifiées et portées par les piliers de pluie ou de foudre.

Ed Mell - Storm's Downpour

Ed Mell – Storm’s Downpour

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Ed Mell – Towering Clouds

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Dusk Rose by Ed Mell

Ed Mell – Dusk Rose

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La représentation géométrique du jaillissement des pétales fait songer à la structure cristalline de certains minéraux


Voir Sedona dans l’Arizona à travers avec les yeux de Ed Mell – courte video

     Une très courte video montrant la région de Sedona, petite ville de l’Arizona, dont les paysages ont souvent été représentés par le peintre Ed Mell. Né à Phoenix en  1942, il a fait ses études au Art Center College of Design de Los Angeles, puis s’est installé un moment à New York où il a travaillé comme illustrateur en publicité. Ayant passé deux étés à travailler sur la Réserve indienne Hopi en Arizona, il s’est pris de passion pour la représentation des grandioses paysages de cet État. Cette passion l’a incité à retourner vivre en 1973 à Phœnix. L’attraction principale de Sedona réside en ses paysages de formations de grès rouge, les « roches rouges de Sedona » dont la tonalité varie de l’orange brillant au rouge profond entre le lever et le coucher du soleil. L’aspect spectaculaire du site a été choisi par Hollywood pour le tournage de plusieurs westerns. Sedona est considérée comme une « capitale du New Age » aux États-Unis depuis que certains adeptes de ce mouvement pensent avoir découvert« vortex spirituels » dans la zone des canyons de Bell Rock, de Cathedral Rock et de Boynton Canyon.  Une industrie touristique spécialisée pour les adeptes de ce courant spirituel s’est développée dans la seconde moitié du XXe siècle. Ses promoteurs organisent régulièrement des «  convergences harmoniques ».