Gortoz A Ran – J’attends


En route sur le chemin d’écume

Phare de l'île Vierge dans la tourmente

     Ce magnifique chant poétique chargé de mélancolie du chanteur breton Denez Prigent qu’il interprète en breton en duo avec la chanteuse australienne du groupe anglais Dead Can dance, Lisa Gerrard lui a été inspiré par la mer. Il évoque un « cœur blessé » désireux d’un ailleurs sublimé «  entre la mer et les étoiles » qui attend d’être emporté par le courant et le vent chargé d’embruns. La chanson a été utilisée en version remixée dans la bande originale du film de de Ridley Scott, Black Hawk puis dans de nombreux films, série télévisée, reportages et émissions de radio. La chanson fait partie de l’album Irvi sortie en 2000 qui lui vaudra une Victoire de la Musique l’année suivante suivie d’un disque d’argent. Irvi est le pluriel du mot erv qui désigne un chemin reliant deux îles entre elles ou une île au continent, uniquement praticable à marée basse. René Guyomarc’h dans le site des Inrockuptibles compare cette chanson d’où sourd « un sombre tourbillon métaphysique » à la hent eon, autre nom breton du gué de mer qui se traduit par le joli nom de « chemin d’écume ».

Gortoz A Ran,  » J’attends »

Gortozet ‘m eus, gortozet pell                      J’ai attendu, j’ai attendu longtemps
E skeud teñval an tourioù gell                     Dans l’ombre sombre des tours brunes
E skeud teñval an tourioù gell                     Dans l’ombre sombre des tours brunes

E skeud teñval an tourioù glav                    Dans l’ombre sombre des tours de pluie
C’hwi am gwelo gortoz atav                         Vous me verrez attendre toujours
C’hwi am gwelo gortoz atav                         Vous me verrez attendre toujours

Un deiz a vo ‘teuio en-dro                             Un jour il reviendra
Dreist ar morioù, dreist ar maezioù          Par-dessus les mers, par-dessus les champs

Un deiz a vo ‘teuio en-dro                             Un jour il reviendra,
Dreist ar maezioù, dreist ar morioù          Par dessus les campagnes, par dessus les mers
‘Teuio en-dro an avel c’hlas                          Reviendra le vent vert
Da analañ va c’halon gloaz’t                         Et emportera avec lui mon coeur blessé

D’am laerezh war an treujoù                       M’emporter sur les chemins
‘Teuio en-dro karget a fru                             Il reviendra, chargé d’embruns
E skeud teñval an tourioù du                       Dans l’ombre sombre des tours noires
Kaset e vin diouzh e anal                              Grace à son souffle, je serais emporté
Pell gant ar red en ur vro all                        Loin dans le courant, dans un autre pays

Kaset e vin diouzh e alan                              Je serais emporté, grace à son souffle
Pell gant ar red, hervez ‘deus c’hoant      Loin dans le courant, selon son désir

Hervez ‘deus c’hoant, pell eus ar bed        Selon son désir, loin de ce monde
Etre ar mor hag ar stered                             Entre la mer et les étoiles

*
***


Adieu, ma belle planète bleue…


Adieu, ma belle planète bleue…

Capture d_écran 2018-11-15 à 18.35.53

     Sécheresses prolongées, fonte des glaciers et de la banquise, inondations cataclysmiques à répétition, incendies dévastateurs…  Voilà le montage que tous ces événements m’ont inspirés à partir du dessin de Banksy, la petite fille au ballon rouge en forme de cœur peint sur un mur de Londres…
   Aurons-nous le courage de changer radicalement notre mode de vie et lutter pour imposer les solutions nécessaires au complexe socio-économique qui nous conditionne et nous dirige ?
     J’avoue être gagné parfois par le pessimisme…

Enki sigle


l’eau noire


          Et quand vient la fin, quand les ténèbres sont au cœur et dans l’âme, quand les êtres aimés nous ont quittés et que tous les soleils de la joie ont déserté la terre, alors le fleuve d’ébène, gonflé d’ombres, lourd de regrets et de remords ténébreux, va commencer sa lente et sourde vie. Il est maintenant l’élément qui se souvient des morts.           

Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, 1979

La texture de la nuit

IMG_8463.jpg

IMG_8454.jpg

IMG_8500.jpg

IMG_8495.jpg


Éclats et brisures

IMG_8518.jpg

IMG_8459.jpg


La bête

IMG_8464.jpg

IMG_8472.jpg


photos Enki, 14 novembre 2018, vers 17h 30


Été indien en demi-teintes


IMG_8361.JPG

     Après plusieurs mois de sécheresse, les rives du lac d’Annecy se donnent des airs des plages de l’Atlantique et sur les parties où la profondeur était faible il faut maintenant marcher une cinquantaine le mètres pour atteindre l’onde. L’été indien est toujours une période privilégiée par le spectacle coloré de la végétation qu’elle offre et je craignais les effets de la sécheresse sur la coloration des feuillages surtout dans mon jardin dans lequel j’ai planté plusieurs érables du Japon choisis pour la structure de leurs feuillages et leurs coloration printanière et automnale. Depuis quelques jours les arbres ont effectivement engagés leur métamorphose et les résultats sont mitigés.


  • erable-du-japon-dore-aureum-.jpgL’un des plus beaux érables du jardin, l’acer japonicum shirasawa aurum aux feuilles palmées compactes à huit branches très graphiques dont le vert tendre tout le long de l’année vire habituellement à cette époque en un jaune d’or frais et éclatant (voir photo ci-contre) est tout sec  et fait peine à voir avec ses feuilles d’un brun terne toutes ratatinées. 

  • AcerSangoBark.jpgPour une raison que j’ignore les deux acer palmatum plantés côte à côte ont réagi à la sécheresse de manière tout à fait différente : l’acer palmatum courant aux feuilles très découpées avec leur partie centrale renflée et leur pointe aiguisée arbore sa belle couleur jaune abricot mais son voisin, l’acer palmatum senkaki ou sango-kaku, qui a des feuilles identiques les a déjà perdu mais ses branches commencent à prendre sa jolie couleur rouge corail d’hiver très décorative qui va devenir de plus en plus éclatante (sango signifie corail en japonais)

  IMG_8383.jpg


  • Par chance mon érable préféré, l’acer palmatum lineaborum que j’ai planté juste devant la porte d’entrée de la maison au sommet de l’escalier d’accès est en lui-même comme les automnes précédents une explosion de feuilles rouges éclatantes. Cette coloration va durer une dizaine de jours puis les feuilles tomberont sur le sol qui sera revêtu durant un jour ou deux d’un ravissant tapis rouge que l’on prendra plaisir à fouler.

IMG_8374.jpg


  • En partie basse du jardin, l’acer palmatum dissectum atropurpureum au fines feuilles ciselées a pris sa belle couleur rouille.

IMG_8393.jpg


  • Pour le reste du jardin, le cerisier japonais pleureur déploie ses longues branches tombantes garnies de pendeloques jaunes abricot et les fougères, les sédums et les graminées virent au jaune et au brun. Les grandes feuilles de bananier du magnolia tripetala roussissent et commencent à joncher le sol.

IMG_8395.jpg


  • Pour d’autres plantes, la transition s’étale dans le temps et certains feuillages font de la résistance conservant encore un peu leur vert estival qui contraste avec les jaunes et les bruns passés de leurs homologues. C’est notamment le cas des hostas aux larges feuilles rainurées et des graminées. Dans le lot, une surprise la belle teinte violacée des feuilles de l’année de la pivoine arborescente. Quand au choisya ternata sundance, l’oranger doré du Mexique, l’automne, ni même l’hiver n’ont de conséquence pour lui, il conserve ses feuilles à la belle couleur verte éblouissante et son parfum d’oranger.

Capture d’écran 2018-11-11 à 11.26.41.png


  • Des amis venaient dîner ce soir, de cette promenade au jardin a germée l’idée de réaliser un bouquet…  sans fleurs !

IMG_8417.jpg


articles de ce blog liés


Nostalgia – The Ballad of High Noon, 1952


Do not forsake me, My Darling. (High Noon) par Frankie Laine

Le Train sifflera trois fois - critique

     Un western qui a marqué mon enfance, High Noon de Fred Zinnemann sorti en 1952 qui mettait en scène Gary Copper et la délicieuse Grace Kelly dans l’un de ses tout premiers rôles. Gary Copper jouait le rôle du shérif  d’une petite ville du Far West qui renonce par souci du devoir à l’amour de sa jeune épouse et tient tête, abandonné par la population apeurée, à un gang de tueurs sans foi ni loi. Je le vois encore, droit comme un I, avec son chapeau à large bord, son nœud papillon, son étoile  et la chaînette pendante de sa montre de poche, remonter seul, la main droite à portée de son colt, la rue désertée du village. J’étais révolté par la couardise des habitants et l’ingratitude de l’épouse. Mais tout est bien qui finit bien. Les bandits tirent très mal, le bien triomphera du mal et le héros retrouvera sa jeune épouse qui n’a pu se résoudre à prendre le train et n’a pas hésité à faire le coup de feu pour sauver son homme… En français le film avait pour titre « Le train sifflera trois fois » et la chanson d’accompagnement « Do not forsake me, My Darling«  interprétée en français par John William portait le titre de « Si toi aussi tu m’abandonnes« .

Image associée

« Si toi aussi tu m’abandonnes » interprétée par John William –


Extermination


« Homo demens » : la population d’animaux sauvages a chuté de 60 % depuis 1970_100803744_b15ff511-da68-4450-a12d-23e747b990a1.jpg

États-Unis : montagne de crânes de bisons, 1870


Folie du Foli : « Tous les choses, c’est du rythme… »


la Folie du Foli : « Il n’y a pas de mouvement sans rythme »
un très beau film des frères Thomas Roebers et Floris Leeuwenberg, 2010

***

La vie a un rythme, elle bouge constamment.
Le mot pour rythme utilisé par les tribus Malinké est FOLI.
C’est un mot qui englobe bien plus que tambour, danse ou son.
On le trouve dans toutes les parties de la vie quotidienne.
Dans ce film, non seulement vous entendez et ressentez le rythme, mais vous le voyez.
C’est un mélange extraordinaire d’image et de son qui
nourrit les sens et nous rappelle à tous à quel point c’est essentiel.

Thomas Roebers

    Rythme se dit Foli en malinké. La vie a un rythme. Ça bouge constamment ! Célébrant le rythme comme manifestation centrale de la vie, le documentaire « il n’y a pas de Mouvement sans rythme  » a été filmé pendant un mois dans la ville de Baro, dans l’est de la Guinée centrale, en Afrique de l’Ouest. Édité pour imiter le rythme utilisé par la tribu Malinké, ce film montre ce mouvement par la répétition des gestes les plus simples qui soient : rythmes battants et palpitants des tambours djembés et des danses festives de Baro.