Jadis, on s’habillait comme ça… (Hongrie)


Costumes de mariage

Mariés de Mezokovesd, vers 1900, Les manches du costume de marié étaient, à sa mort, découpées pour lui servir de linceul.jpg

Mariés de Mezokovesd (ville située au N-E de la Hongrie), vers 1900.
Les manches du costume du marié étaient, à sa mort, découpées pour lui servir de linceul


le magazine Jugend de Munich (1896-1940) : I) – portraits de femmes


      La revue Jugend  (Jeunesse) est une revue artistique et littéraire créée par les éditeurs Georg Hirth et Fritz von Ostini en 1896 avec le sous-titre Münchner illustrierte Wochenschrift für Kunst und Leben (Hebdomadaire munichois illustré d’art et de vie quotidienne). L’une des particularités du magazine est de modifier sa page de couverture à chaque numéro en faisant appel à des artistes variésJugend est à l’origine de l’expression « Jugendstil », mouvement qui fut le pendant en Allemagne de l’Art nouveau cependant cette étiquette est trop réductrice pour rendre compte du contenu et de l’orientation de la revue, même au moment de sa plus grande popularité. À côté des illustrations de style résolument moderniste et souvent empreintes d’humour, la revue contenait également et majoritairement des textes satiriques et critiques. Les premiers artistes à collaborer sont Otto Eckmann, Josef Rudolf Witzel, Ernst Barlach, Lovis Corinth, Adolf Höfer, E. M. Lilien, Angelo Jank… puis après 1920, Kurt Tucholsky, Erich Kästner et George GroszPar deux fois la revue va perdre son âme en adoptant des points de vue nationalistes et idéologique : durant la première guerre mondiale et à partir de 1933 en s’alignant sur les positions esthétique du national-socialisme. Elle disparaît en 1940.  (crédit Wikipedia)


    Durant toutes les années de parution du magazine, parmi les principaux thèmes de représentation de la page de garde, on trouvait en premier lieu la femme avec de superbes portraits féminins. Je ne résiste pas à vous présenter aujourd’hui quelques uns de ces magnifiques portraits.

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Jugend – à gauche : numéro 38 du 19 septembre1896 – illustration de Angelo Jank (1868-1940), artiste peintre animalier, graphiste, membre de la Sécession de Munich
Jugend – à droite :numéro 43 du 24 octobre1896 – illustration de Ferdinand von Rezniček (1868-1909) peintre et dessinateur autrichien qui a travaillé pour les magazines Jugen, Simplicissimus et Fliegende Glätter. Son thème de prédilection était la jeune femme élégante et sophistiquée.

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Jugend – numéro 17 du 24 avril 1897 – illustrateur Hans Strüse

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Jugend – à gauche : numéro du 15 janvier 1898 – illustration de Franz von Stuck (1863-1928), peintre symboliste et expressionniste allemand, sculpteur, graveur et architecte, membre fondateur de la Sécession de Munich.
Jugend – à droite :numéro du 4 février 1899 – illustrateur inconnu (illisible)

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Jugend – numéro du 24 juin 1899 – illustration de Franz von Lenbach (1836-1904), peintre portraitiste allemand. Ce portait semble celui de sa fille Marion qu’il a peint à plusieurs reprises.

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Jugend – à gauche : numéro 4 de 1901 -illustrateur inconnu (I.R.V.)
Jugend – à droite : numéro 27 de 1902 – illustration de Gottfried

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Jugend – à gauche : numéro du 16 avril 1900 – illustrateur inconnu (H.H.)
Jugend – à droite : numéro 22 de 1913 – illustration de Leo Putz (1869-1940), peintre allemand qui a intégré durant sa carrière les principaux courants artistiques de la fin du XIXe siècle et de début du XXe siècle : impressionnisme, art nouveau et expressionnisme. Opposé au nazisme, il fut inquiété après 1936 par les autorités du Troisième Reich.

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Jugend – numéro 24 de 1914 – illustrateur inconnu. Ce portrait date de juin 1914, c’est encore l’insouciance qui est de mise mais plus pour bien longtemps. Quelques jours plus tard, le 28 juin, François-Ferdinand, neveu et héritier de l’empereur d’Autriche est assassiné à Sarajevo par un étudiant bosniaque lié aux milieux nationalistes serbes. La guerre mondiale va être déclencher quelques semaines plus tard avec ses vingt millions de morts et ses vingt et un millions de blessés.

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Jugend – numéro 16  et 21 de 1915 – illustrateurs inconnus. Durant la période de guerre, peu de portraits de femmes qui arborent alors des visages graves ou tristes. Le magazine qui a adopté durant cette période une attitude résolument nationaliste montre surtout dans ses pages de gardes des portraits de militaires.

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Jugend – numéro 5 de 1920 – illustrateur indéterminé

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Jugend – numéro 8 de 1920 et 4 de 1925 – illustrateurs inconnus. Années d’après guerre : cheveux courts et sport d’hiver. Durant la république de Weimar, on assiste, comme dans les autres pays européens à une émancipation de la femme et à l’éclosion de la modernité.

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Jugend – numéro 15 de 1925 – magnifique portrait dont l’illustrateur est indéterminé (illisible et non répertorié)

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Jugend – numéro 19 de 1925 – illustrateur indéterminé (illisible)


un instant T dans le passé – les Kennedy…


Une photo, une chanson

tumblr_nhkzy2vZvv1qbfoleo1_1280.jpgJackie’s selfie! Jackie Kennedy with Ethel Kennedy and John F. Kennedy in 1954.

       En 1954, année à laquelle a été prise cette photo, Jackie née Lee Bouvier n’est une Kennedy que depuis une année après qu’elle ait épousé John Fitzgerald Kennedy, l’étoile montante du parti démocrate. Ethel Kennedy, ici à gauche de la photo, était la femme de Robert Francis Kennedy, le frère du futur président, un couple avec lequel Jacky était alors très liée.

Et pour vous mettre dans l’ambiance :  Ony You (And You Alone) par The PLATTERS, 1954


Et Brigitte dans tout ça ?


icone : Brigitte Bardot par Thierry Jousse

      À l’occasion des 50 ans de Brigitte Bardot (le 28 septembre 2014), Thierry Jousse avait réalisé un clip plein de tendresse et de nostalgie en hommage à l’actrice sur le thème de la musique et de la danse dans lequel apparaîssent nombre de scènes cultes – Réalisation Thierry Jousse, image Laurent Sardi, montage Antoine Le Bihan, production : camera Lucida – Extraits des films Babette s’en va t’en guerre, Le repos du guerrier, la bride sur le cou, l’ours et la poupée, le mépris, la vérité, Don Juan 73, la femme et le pantin, En cas de malheur, Et Dieu cté la femme, une parisienne, Boulevard du rhume, les novices, Viva Maria.

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Thierry Jousse.png     Après avoir été durant cinq années, entre 1991 et 1996, rédacteur en chef des Cahiers du CinémaThierry Jousse se lance dans la réalisation à partir de 1998 avec trois courts-métrages tout en poursuivant parallèlement une carrière de chroniqueur musical pour les revues Inrockuptibles et Jazz Magazine et à la radio sur France Musique et une émission, sur Arte consacrée au BO de films, Blow Up Il a réalisé par la suite deux longs métrages, Les Invisibles et Je suis un no man’s land en 2005 et 2009. 


Portrait d’une jeune femme par Jean-Jacques Henner


Jean-Jacques Henner - Mademoiselle Leroux

Jean-Jacques Henner – Mademoiselle Laura Leroux * (détail), 1898

Jean)Jacques Henner - Melle Laura Leroux, 1898

 * Laura Le Roux (1872-1936), elle même artiste peintre, était la fille du peintre d’histoire et         portraitiste Louis Hector Leroux. Elle deviendra l’épouse de l’homme politique Louis Revault.

Les dangers d’une taille de guêpe : un conte chatnoiresque d’Alphonse Allais


Et l’on s’étonnera après cela d’avoir perdu la guerre de 1870 contre la Prusse…

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l’actrice et chanteuse Émilie Marie Bouchaud dit Polaire vers 1900

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Pour en avoir le cœur net (conte chatnoiresque)

          Ils s’en allaient tous les deux, remontant l’avenue de l’Opéra.
     Lui, un gommeux* quelconque, aux souliers plats, relevés et pointus, aux vêtements étriqués, comme s’il avait dû sangloter pour les obtenir; en un mot, un de nos joyeux rétrécis.
      Elle, beaucoup mieux, toute petite, mignonne comme tout, avec des frisons fous plein le front, mais surtout une taille…

       — Invraisemblable, la taille !

     Elle aurait certainement pu, la petite blonde, sans se gêner beaucoup, employer comme ceinture son porte-bonheur d’or massif.
       Et ils remontaient l’avenue de l’Opéra, lui de son pas bête et plat de gommeux idiot, elle, trottinant allègrement, portant haut sa petite tête effrontée.

          Derrière eux, un grand cuirassier qui n’en revenait pas.
     Complètement médusé par l’exiguïté phénoménale de cette taille de Parisienne, qu’il comparait, dans son esprit, aux robustesses de sa bonne amie, il murmurait, à part lui :

     — Ça doit être postiche.

      Réflexion ridicule, pour quiconque a fait tant soit peu de l’anatomie.
     On peut avoir, en effet, des fausses dents, des nattes artificielles, des hanches et des seins rajoutés, mais on conçoit qu’on ne peut avoir, d’aucune façon, une taille postiche.
     Mais ce cuirassier, qui n’était d’ailleurs que de 2e classe, était aussi peu au courant de l’anatomie que des artifices de toilette, et il continuait à murmurer, très ahuri :

     — Ça doit être postiche.

       Ils étaient arrivés aux boulevards.
`     Le couple prit à droite, et, bien que ce ne fût pas son chemin, le cuirassier les suivit.
      Décidément, non, ce n’était pas possible, cette taille n’était pas une vraie taille. Il avait beau, le grand cavalier, se remémorer les plus jolies demoiselles de son chef-lieu de canton, pas une seule ne lui rappelait, même de loin, l’étroitesse inouïe de cette jolie guêpe.
        Très troublé, le cuirassier résolut d’en avoir le cœur net et murmura :

       — Nous verrons bien si c’est du faux.

       Alors, se portant à deux pas à droite de la jeune femme, il dégaina.
      Le large bancal, horizontalement, fouetta l’air, et s’abattit tranchant net la dame, en deux morceaux qui roulèrent sur le trottoir.
       Tel un ver de terre tronçonné par la bêche du jardinier cruel.

       C’est le gommeux qui faisait une tête !

À se tordre : histoires chatnoiresques, Paul Ollendorff, 1891.

 * gommeuxÉtymologie incertaine, on suppose que « les gommeux » au XIXe siècle étaient des     élégants qui n’avaient d’autre occupation que de se gommer, de se pommader, de se parfumer

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Polaire – Dessin de 1902 de Ferdinand Bac (?) dans La Vie en Rose,
À croire que le dessinateur avait lu le conte d’Allais