Femme sauvage


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    Dans l’article précédent consacré à la Calabre, j’évoquais une danseuse au physique et à la gestuelle impressionnants et débordante de sensualité, Anna Dego. Bien que la tarentella présentée et chantée par le ténor Marco Beasley soit de qualité, elle ne permettait pas à mon avis à Anna Dego d’exprimer le meilleur de sa technique chorégraphique et son talent. C’est donc une pizzica endiablée, danse de la région de Salento dérivée de la tarentelle, que je vous présente aujourd’hui, l’une des plus célèbre, la Pizzica di san Vito dei Normanni, dans laquelle la danseuse semble être la proie d’une possession. Rappelons que cette danse qu’est la tarentelle était considérée dans la croyance populaire causée par le morsure d’une araignée locale, la tarentule. Pour chasser « les dangers de l’âme », la tarantata (celle qui a été mordue) doit danser avec l’araignée, se faire elle-même araignée pour livrer un affrontement contre les puissances du mal, affrontement contrôlé par la danse et la musique. Les scientifiques ont révélés que cette araignée était en fait inoffensive. La fable du délire causé par la tarentule n’était en fait que le prétexte trouvé pour justifier et rendre acceptable par la société les manifestations d’hystérie et de libération des pulsions sexuelles exprimées par des femmes dont les aspirations intimes étaient étouffées par les contraintes d’une morale religieuse et sociale répressive. De là les attitudes provocantes arborées lors de la danse. Certains chercheurs rattachent cette pratique aux Dionysies, ces festivités religieuses annuelles dédiées au dieu Dionysos dans la Grèce antique qui auraient été importées par les Grecs lors de leur colonisation d’une grande partie de la Calabre.

Extrait d’un documentaire de 1962 de Gian Franco Mingozzi sur le Tarentisme

Pizzica di san Vito dei Normanni

     La musique est toujours jouée par l’ensemble L’ Arpeggiata de Christina Pluhar mais cette fois en Grèce à l’Athens Concert Hall en novembre 2013 et le chanteur est Vincenzo Capezzuto

     La vidéo suivante présente Anna Dego interpréter l’une de ses performance intitulée  « les dangers de l’âme » sur font musical de l’artiste Daniel Sepe (Titre Sovietica vesuvianità, album Vite Perdite)

***


« Andromeda liberata » de Vivaldi par Jaroussky… Sublissime !


Le contreténor Philippe Jaroussky interprète « Sovente il Sole » (Perseo)
Orchestre Ensemble Matheus sous la direction de Jean-Christophe Spinosi

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Sovvente il sole
Risplende in cielo
Più bello e vago
Se oscura nube Già l’offuscò.
E il mar tranquillo
Quasi senza onda
Talor si scorge,
Se ria procella
Pria lo turbò.

(aria « Sovente il Sole », dall’Andromeda liberata »)

      Dans la musique occidentale, un contreténor (ou falsettiste) utilise le registre le plus aigu de sa voix qu’on appelle de tête (ou de fausset) ainsi appelée parce qu’elle s’oppose à la voix plus habituelle dite de poitrine. Cette technique de chant a connue son heure de gloire au XVIIe siècle durant la Renaissance et la période baroque, surtout en Allemagne et en Espagne pour la musique sacrée. Moins en Italie et En France.


     Précisons que la paternité de l’ensemble de l’Andromeda liberata attribuée à Vivaldi suite à sa découverte en avril 2002 par le musicologue français Olivier Fourès d’un manuscrit ancien daté du 18 septembre 1726 dans les archives du Conservatorio Benedetto Marcello à Venise soulève des questions. Les musicologues semblent néanmoins d’accord pour attribuer le morceau « Sovente il Sole » interprété ci-dessus par Philippe Jaroussky au maître vénitien.

Perseus and Andromeda, 1570 - Giorgio Vasari..jpgGiorgio Vasari – Persée délivrant Andromède, 1570

     Le livret s’inspire de la légende grecque d’Andromède. Celle-ci, célèbre par sa beauté, était la fille du roi d’Éthiopie Céphée, et de son épouse Cassiopée. Celle-ci provoqua la fureur des Néréides, filles de Poséidon et nymphes de la mer, en prétendant que la beauté de sa fille surpassait de loin la leur. En représailles le dieu, irrité, envoya un monstre marin qui ravagea le royaume. La punition ne prendrait fin que quand Andromède serait attachée, nue, à un rocher livré aux fureurs de l’océan et du monstre. Elle sera délivrée par Persée, tombé amoureux d’elle mais dans le livret l’histoire prend des libertés avec le mythe : Andromède avoue à Persée être amoureuse d’un certain Daliso, personnage inventé mais elle sera néanmoins donnée en mariage à Persée.


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les oiseaux de Flintcom-Ash


Peder Bake - le mont Stetind dans le brouillard, 1864.jpg

Le mont Stetind, 1864
Le peintre romantique norvégien Peder Bake est l’un des rares peintre qui a su capter l’atmosphère irréelle des vastes étendues désolées du Nord extrême

     La romancière Belinda Cannone dans son essai sur le désir d’écrire, L’écriture du désir, petit livre précieux publié chez folio-essais en livre de poche s’interroge sur la puissance d’évocation du passage, haut dans le ciel, d’un groupe d’oiseaux en provenance du Grand Nord décrit par Thomas Hardy dans son roman Tess d’Uberville. Pour Belinda Cannone, cet événement soudain agit comme un révélateur de la dimension métaphysique de l’existence qui ne peut se manifester que dans un cadre poétique. Celui qui ne s’est pas retrouvé au moins une fois dans sa vie, une sombre journée d’hiver, solitaire dans une vaste étendue désolée couverte d’une neige froide et glacée, où les arbres n’étaient plus que des spectres dressant vers le ciel des moignons noircis, et qui n’a pas entendu, au-dessus de lui les cris rauques d’un groupe d’oiseaux noirs au vol lent comme si leurs ailes étaient raidies par le gel ne peut éprouver ce sentiment métaphysique qui surgit à la lecture de ce passage. Cette description réveille en nous les démons endormis enfouis au plus profond de notre âme depuis des centaines de millions d’année. Chaque homme est dépositaire du vécu de l’humanité toute entière et en particulier des expériences humaines douloureuses que sont les fuites et les migrations dans des contrées étranges et hostiles, le froid, la famine, la soif, l’attaque des prédateurs, le festin des charognards à poils et à plumes qui se délectent des cadavres. Il a suffit de la vision fugitive d’une escouade d’oiseaux polaires pour que ces monstres qui étaient tapis au fond de nous mêmes se réveillent et émergent dans notre conscience avec une force d’autant plus explosive qu’elle était contrainte depuis longtemps. C’est la libération de cette force  qui génère la puissance poétique de cette évocation et provoque notre émotion. Ces créatures spectrales ne peuvent venir que de l’autre monde, le monde des Morts et leur regard est le regard de ceux qui ont vu le pire du pire. Dans ce roman, Thomas Hardy oppose les forces de la vie, de la renaissance représentée par Tess, incarnation de la déesse grecque Cérès, déesse de l’agriculture, des moissons  et de la fertilité aux forces de la nuit, de l’endormissement et de la mort représenté par le dieu des Enfers Hadès qui enlèvera sa fille Proserpine. De là naîtra le cycle des saisons qui correspondent aux périodes de l’année où Proserpine est prisonnière des Enfers (l’hiver) et celles où elle retourne à la surface de la Terre (l’été). J’ai longtemps cherché dans l’iconographie consacrée aux volatiles des images pour illustrer cette apparition. Finalement, ce sont des photos de fossiles d’oiseaux préhistoriques dont les convulsions figées racontent leur fin tragique qui m’ont paru le mieux exprimer l’épouvante générée par ces oiseaux de de malheur.

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    « À cette période d’humidité glacée succéda une autre période de gelée sèche où des oiseaux étranges, venant de par-delà le pôle Nord, apparurent silencieusement sur le plateau de Flintcom-Ash : créatures décharnées et semblables à des spectres, avec des yeux tragiques, des yeux qui avaient contemplé des spectacles d’horreur et de cataclysme dans l’inconcevable grandeur de ces régions inaccessibles, sous des températures glaciales que nul être ne saurait endurer ; qui avaient assisté au fracas des banquises et à l’éboulement des montagnes de neige à la lueur fulgurante de l’aurore boréale, qui avaient été à demi aveuglés par le tourbillon d’ouragans colossaux et de convulsions terraquées *, et dont l’expression conservait encore le souvenir de pareilles visions.
     Ces oiseaux sans nom s’approchaient de Tess et de Marianne, mais ils ne révélaient rien de ce qu’ils avaient contemplé et que l’humanité ne connaîtrait jamais. Avec une muette impassibilité, ils écartaient de leur mémoire des expériences dont ils faisaient peu de cas, pour ne songer qu’aux incidents immédiats qui se passaient sur ce plateau sans beauté : les mouvements des deux jeunes filles qui retournaient les mottes […] »

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The same, in english

     There had not been such a winter for years. It came on in stealthy and measured glides, like the moves of a chess-player. One morning the few lonely trees and the thorns of the hedgerows appeared as if they had put off a vegetable for an animal integument. Every twig was covered with a white nap as of fur grown from the rind during the night, giving it four times its usual stoutness; the whole bush or tree forming a staring sketch in white lines on the mournful gray of the sky and horizon. Cobwebs revealed their presence on sheds and walls where none had ever been observed till brought out into visibility by the crystallizing atmosphere, hanging like loops of white worsted from salient points of the out-houses, posts, and gates.

   After this season of congealed dampness came a spell of dry frost, when strange birds from behind the North Pole began to arrive silently on the upland of Flintcomb-Ash; gaunt spectral creatures with tragical eyes-eyes which had witnessed scenes of cataclysmal horror in inaccessible polar regions of a magnitude such as no human being had ever conceived, in curdling temperatures that no man could endure; which had beheld the crash of icebergs and the slide of snowhills by the shooting light of the Aurora; been half blinded by the whirl of colossal storms and terraqueous distortions; and retained the expression of feature that such scenes had engendered.

  These nameless birds came quite near to Tess and Marian, but of all they had seen which humanity would never see, they brought no account. The traveller’s ambition to tell was not theirs, and, with dumb impassivity, they dismissed experiences which they did not value for the immediate incidents of this homely upland–the trivial movements of the two girls in disturbing the clods with their hackers so as to uncover something or other that these visitants relished as food.

Thomas Hardy, Tess of the d’Uberville, 1891.


Terraqué :  Composé de terre et d’eau. J’essaie de ressentir cela sur quoi sans doute, au-dessous des rumeurs de feuillages et d’oiseaux, s’ouvre l’énorme et secret pavillon; l’oscillation des eaux universelles, le plissement des couches terraquées, le gémissement du globe volant sous l’effort contrarié de la gravitation (ClaudelConnaiss. Est, 1907, p. 96). Au xviiiesiècle, Voltaire et les autres écrivaient terraquée au masculin« . Étymol. et Hist. 1747 (VoltaireMemnon ds Œuvres compl., Romans, éd. L. Moland, t. 21, p. 100: globe terraqué). Prob. empr. à l’angl. terraqueous « id. » dep. 1658 ds NED, formé du lat. terra « terre » et de l’angl. aqueous « de la nature de l’eau », dep. 1646 ibid., du lat. aquosus comme son corresp. fr. aqueux*, en angl. comme en fr. le terme étant associé à globe*. Fréq. abs. littér.: 11.

Traduction : stealthy : furtif   /    measured glides : glissements mesurés   /  thorns : épines   /    hedgerows : haies vives   /  integument : tégument   /  twig : brindille   /  rind : écorce   /  stoutness : corpulence   /  Cobwebs : toile d’araignée   /  loops : boucles   /  white worsted : blanc peigné    /    salient points : points saillants    /    out-house : appenti    /     spell : épeler    /    gaunt : décharné    /    curdling : coagulation    /    beheld : être tenu     /    whirl : tourbillon     /    terraqueous distortions : distorsions aqueuses    /    feature : fonctionnalité     /    dumb impassivity :   impassibilité muette    /    clods : des mottes     /    hackers : le Merriam-Webster donne la définition dialectale anglaise suivante : a hand implement or hooked  fork for grubbing out roots : « outil à main ou fourchette à crochets pour arracher les racines » (Dans le roman, cette scène se produit alors que Tess et Marian sont en train d’arracher des navets à la terre ingrate.


Thomas Hardy peint par Jacque-Émile Blanche, 1906.png

Thomas Hardy (1840-1928)
peint par Jacques-Émile Blanche, 1906

Thomas Hardy

    Cet écrivain britannique, influencé par les idées de John Stuart Mill,  Charles Darwin, Charles Fourier et Auguste Comte a été classé comme appartenant au courant naturaliste qui à la fin du XIXe siècle tentait d’introduire dans la littérature romanesque la méthode des sciences humaines et sociales naissantes en décrivant les rapports humains de manière pseudo-scientifique et dont Zola fut en France le représentant le plus éminent. La plupart de ses romans ont pour cadre une région rurale imaginaire et idéalisée qu’il a nommé en reprenant le nom d’un ancien royaume d’Angleterre, le Wessex, qui doit beaucoup au Dorset, où il était né et où il se réfugia dans l’écriture pour fuir la société londonienne scandalisée par ses publications et qu’il détestait. Dans ses romans, dans le cadre d’une société bouleversée par les mutations économiques, les personnages sont en but aux conventions sociales et aux préjugés de la société victorienne et connaissent une fin tragique.

     C’est en 1891 qu’il publia Tess of the d’Uberville, roman qui fut dans un premier temps critiqué car il qu’il remettait en question les mœurs sexuelles de l’époque d’Hardy. L’écriture de Hardy illustre le plus souvent « la souffrance engendrée par la modernisation ».


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Belinda Cannone

    Née en Tunisie  en 1958, elle enseigne la littérature comparée à l’université Caen- Normandie et a publié de nombreux romans (dont L’Adieu à Stefan Zweig), essais (L’écriture de désir, le Sentiment d’imposture, s’émerveiller, etc..) et recueils de poèmes  et nouvelles tout en collaborant avec des revues littéraires. Je l’avais découverte en avril 2015 par la lecture de son essai L’écriture de désir et avait écrit à cette occasion un article dans ce blog : Meraviglia : Ho perduta.


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Ils ont dits…


Francisco Goya - Saturne dévorant son enfant

      « Nous ne sommes qu’une bande d’assassins […] Notre inconscient tue même pour des détails […] Nous supprimons journellement et à toute heure du jour tous ceux qui se trouvent sur notre chemin, qui nous ont offensés ou lésés […] La manière dont est formulée la prohibition Tu ne tueras point est de nature à nous donner la certitude que nous descendons d’une série infiniment longue de générations de meurtriers qui, comme nous-mêmes peut-être, avaient la passion du meurtre dans le sang. »

S. Freud, « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », in Essais de psychanalyse, Paris, Petite bibliothèque Payot, 1963 – cité par Marie-Claire Boons-Grafé dans Pulsions d’agression et faillites symboliques. *
Illustration : Saturne dévorant son enfant peint par Goya (1819-23) 


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Ombre et lumière : Angélique Ionatos chantant un poème d’Odysseus Elytis.


     « En général, les occidentaux situent le mystère dans l’obscurité. En Grèce, le mystère se passe en pleine lumière.         C’est cette surexposition de lumière qui crée le mystère. »               
Angélique Ionatos citant Elytis.

     ionatos.jpg   Angélique Ionatos

      Titre extrait de l’album « O Hélios O Héliatoras » paru sur le label « Arc en Ciel » en 1983 Angélique Ionatos : chant, guitare Sur un poème de Odysseus Elytis.


Odysseus Elytis (1911-1996).jpg    Odysseus Elytis (1911-1996)

     Traduction des paroles de la chanson « Omorphi ke paraxeni patrida » , d’après le poème de Odysseus Elytis, prix Nobel de littérature en 1979.

Belle mais étrange patrie

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Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée

Elle jette les filets pour prendre des poissons
Et c’est des oiseaux qu’elle attrape
Elle construit des bateaux sur terre
Et des jardins sur l’eau

Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée

Elle menace de prendre une pierre
Elle renonce
Elle fait mine de la creuser
Et des miracles naissent

Belle mais étrange patrie
Que celle qui m’a été donnée

Avec une petite barque
Elle atteint des océans
Elle cherche la révolte
Et s’offre des tyrans

Belle mais étrange patrie…


Όμορφη και παράξενη πατρίδα

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Όμορφη και παράξενη πατρίδα 
ω σαν αυτή που μου ‘λαχε δεν είδα 

Ρίχνει να πιάσει ψάρια πιάνει φτερωτά 
στήνει στην γη καράβι κήπο στα νερά 
κλαίει φιλεί το χώμα ξενιτεύεται 
μένει στους πέντε δρόμους αντρειεύεται 

Όμορφη και παράξενη πατρίδα 
ω σαν αυτή που μου ‘λαχε δεν είδα 

Κάνει να πάρει πέτρα την επαρατά 
κάνει να τη σκαλίσει βγάνει θάματα 
μπαίνει σ’ ένα βαρκάκι πιάνει ωκεανούς 
ξεσηκωμούς γυρεύει θέλει τύρρανους 

Όμορφη και παράξενη πατρίδα 
ω σαν αυτή που μου ‘λαχε δεν είδα


A beautiful and strange country

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A beautiful and strange country
like the one that luck gave me, I ‘ve never seen

He throws the net to catch fish. he catches birds,
he sets a boat on the ground, a garden in the water,
he cries, kisses the dirt, migrates,
ends up by himself, he becomes a man

A beautiful and strange country
like the one that luck gave me, I ‘ve never seen

He tries to grab a stone, he throws it away
he tries to poke in it, he makes miracles
he takes a little boat, he reaches the oceans
he asks for a revolution, he asks for tyrants

A beautiful and strange country
like the one that luck gave me, I ‘ve never seen

***


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Moins on se connait, mieux on se porte…


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Le Caravage – Narcisse

Imaginez Narcisse, par Raphaël Enthoven, ARTE.

    Ce que raconte l’histoire de Narcisse, c’est que le narcissisme n’est pas un amour de soi, c’est le contraire !


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